‹ Le sergent Mathieu. Comédie-vaudeville en trois actesChapitre 9 sur 39 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LES MÊMES , MULOT , Conscrits , quelques - uns ont une veste y un schako , ou. un bonnet de police.

LE COMTE

D'où vient ce bruit?

MATHIEU

Mille z'yeuxî ce sont des conscrits qui reviennent en désordre, ^^les arrêtant.) Où allez-vous, vous autres? MULOT , son fusil à la main y et tremblant.

Où nous allons? dame , je uc sais pas, moi. Dites donc, les autres, où allons-nous?

LE COMTB.

"Vous prenez la fuite , je crois !

MULOT

Non, Général, je puis vous jurer que ce n'était pas notre intention.

MATHIEU

Tu trembles , poltron!

MTTLOT.

Non , non , sergent • c'est que j' suis nerveux , et puis , que v'ià les Autrichiens.

LE COMTE

Je cours aux avant-postes. Sergent , ralliez ces hommes , et venez me rejoindre.

( Il sort.)

MATHIEU

Mille tonnerres , conscrits, vous n'êtes pas encore des

braves !

MULOT

Dame , écoutez Jonc , sergent..... le Général nous a donne huit jours pour çà, et il n'y a encore qu'une heure et demie que nous sommes incorporés.

MATHIEU

Eh bien ! moi , je vous donne trois - quarts d'heure , et le premier qui bronchera, ventrebleu, je lui coupe les oreilles! A vos rangs. . . Portez armes. . . croisez bayonuettes. . . en avant , marche !

( Les conscrits après avoir exécuté gauchement ces moiivemens , sortent en courant. Mathieu les suit , la hayonnette ou hoiit (u fusil, et fait hâter le pas aux traînards. Aussitôt après cette sortie , on entend, en dehors , des coups de fusil. )

SCEi^^E VII.

ÉVELINE, seule.

(^ Elle paraît quelques înstans après le départ de MatJii eu; accablée par la fatigue ^ elle semble se traîner à peine. Son costume, par sa simplicité et son désordre , se ressent des suites d'un long voyage. Elle paraît à la porte de la cabane, et s' appuyant péniblement. )

Secourez-moi. . . ayez pitié de moi . . . Personnel Dieu ,

que la route est longue ! J'ai tant marché ,tant SonfTert! . 77 ( elle entre. ) Je ne puis plus me soutenir. Le froid de la nuit. . . la fatigue. . . Ah ! je me meurs ! . . .

( Elle va pour s'asseoir sur un banc qui est devant elle , et tombe auprès , privée de sentiment. )

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