MAT SE
re que charmant officier autrichien. aide de camp du major
nnue, Bergheïm, le commandant de Fraulen.
ui Jui Le lieutenant Hinch, tel était son nom, s'était pris pour moi, dès les premiers jours de trêve, d’une grande sympathie, que je lui rendais, du reste.
er au —Mon cher lieutenant, lui dis-je en Jui montrant la avant belle Hongroise qui valsait en ce moment au milieu d’un groupe d'admirateurs enthousiastes, quelle est cette jeus fait 4 ne fille ?
: Il me regarda en souriant.
| Ah! je vous y prends, vous aussi! me dit-il, î —(Qjue voulez-vous dire ?
rions : —(Jue vous êtes amoureux.
l’es- : —Passionnément.
ulle- | — Vous avez cela de commun avec les cinquante ou 4 soixante officiers de l’armée impériale qui sont ici ce dée, À soil.
; —0Oh! mais vous aussi, sans doute ?
, ï —Oh! non, dit le lieutenant, et cela tient à ce que % j'ai laissé à Vienne une blonde fiancée que j'aime... # —Eh bien, tant mieux!
ivers À — Pourquoi ?
1 —Je craignais que nous ne fussions rivaux.
$ — Oh! mon cher, répondit le lieutenant, je crois que rroi- j ni vous ni personne ne réussirez jamais auprès d'elle. uire 1 —Bah! fis-je avec la fatuité dun officier de vingt- | six ans, (Comment se nomme-t-lle votre Hongroise ? | de 4 —Haydée, comtesse Mingréli.
“1 —Le nom est joli.
[are —C’est la fille de ce vieux comte Mingreli qui est appuyé là-bas, à cette colonne, et rrarde danser. ta- —Je l'ai déjà vu. Ainsi vous lite. jue Haydée.. où — Passe pour avoir un amour nystérieux.
—Diabie !
—On ne sait pas quel est celui qu’elle aime, mais on
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| sait bien qu’elle a refusé 1
main des plus riches et des plus nobles seigneurs de
l'empire, 4
— Est-ce qu'elle habite Fraulen ? E:
—Non; elle vient même assez rarement ici et ne quitte guère le manoir de son père, situé sur les bords du Danube, Ah! continua le lieutenant en riant, si vous ' voulez en faire Je siège et tenter d'enlever Ja comtesse, “4 vous ne serez pas le premier qui en aura eu l'idée, — Vraiment !
—Un magnat des environs. après avoir demandé sa main et avoir été refusé. a lait un sièce en régle du chàteau, —Et il à été repoussé ?
—Le vieux comte Mingréli lui a envoyé, à cent pas de distance, du haut d'une tour, une Malle dans le front ! Si le coeur vous en dit... - ï — Mais, mon cher, n'écriai-je, tout ce que vous me dites là, loin de me décourager, irrite ma passion naissante, À —C'est assez l'ordinaire. à Est-ce que vous ne pourriez pas me présenter ?.., 4 —Au comte ?
; — Non, à sa fille,
% su — Oh! très volontiers. Vous serez bien accueilli, car
elle me sait un gré infini de ne point mourir d'amour
pour elle, comme tout le monde. Tenez. Justement la valse finit, venez...
Le lieutenant m'entraîna vers le milieu du grand salon.
La belle Hongroise remerciait alor
s son danseur, qui n'était autre que le magnat, maître de la maison, et elle s’apprètait à rejoindre son père lorsque nous 1 dâmes,
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C’est ainsi que la fille du comte Mingréli était comtosse,
Elle atteignit le lieutenant Hinch avec un charmant sourire,
—Comtesse, lui dit-il, permettez-moi de vous présenter M. le marquis de Vilers, un ennemi que j'aime de tout mon coeur,
Elle reporta sur moi ce regard et ce sourire dont elle avait salué le jeune lieutenant.
—J’ai ouf parler de vous, monsieur, me dit-elle.
— En vérité, comtesse ?
—D’abord, me dit-elle, vous êtes un des Gentilshom- IIeS roues, Comme on vous nomme depuis votre belle défense de la redoute,
—Oui, comtesse.
— Ensuite, je vous ai connu à Paris.
—AÀ Paris? fis-je avec étonnement.
Le lieutenant Hinch, en galant homme qu'il était, s'était déjà mis à l'écart pour nous laisser causer.
— Chut! me dit tout bas Haydée: je vous conterai cela plus tard... à moins que vous ne vouliez me faire danser.
—Je vous le demande à genoux. répondis-je ébloui de sa beauté et prêtant l'oreille à sa voix qui était mé lodieuse comme un chant slave.
—Parlez-vous le hongrois? me demanda-t-elle, car elle m'avait adressé la parole en français, et, comme tous les Slaves, elle parlait cette langue aussi purement qu'une Parisienne élevée à Versailles.
— Un peu, répondis-je,
—Vous devez être une excs:tion dans votre armée ?
—À peu près.
—C’est comme ici les Autrichiens: il y en a fort peu qui parlent le hongrois.
—Ah!
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—Et si nous nous servons de cette langue, nous courons le risque de n'être entendus de personne,
Les préludes d’une danse nationale, que, à Paris et à Versailles, nous avons nommée la hongroise, se firent entendre alors,
Haydée plaça dans ma main sa main gantée et je l’entraînai dans le tourbillon.
Comtesse, Iui dis-je alors, vous êtes done allée à Paris ?
-L'hiver dernier,
— Pourtant nous étions déjà en guerre ?
—Oui, mais mon pére avait un sauf-conduit du maréchal de Belle-fsle, votre général.
Ah! cest différent; cependant...
—Je sais ce que vous allez me dire, interrompit-elle en souriant.
—Peut-être...
— Vous allez me dire: Moi aussi, j'étnis à Paris et à Versailles l'hiver dernier, et il est impossible que des gens comme nous ne se soient pas rencontrés.
—En effet... vous êtes si belle, que, après vous avoir vue une seule fois, on ne saurait plus vous oublier.
—Flatteur !
Elle prononca ce mot sans irritation, d’une voix plutôt émue que railleuse, et je ac demandai si c'était bien là cette femme qui, disait-on, était insensible à tous les hommages.
— Oui, reprit-elle, J'étais à Paris, et je vous ai vu.
—Oh ! c'est impossible !..
—Regardez bien mes cheveux blonds,
—Je tressaillis.
—(C'est tout ce que vous avez vu de moi...
—Ah! m'écriai-je, je me souviens... c'était vous?
Pour vous expliquer ces paroles que nous avions &i rapidement échangées, il est nécessaire que je raconte une aventure qui m'était advenu Phiver précédent.
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Un soir de décembre, Je ie rent |
et mes porteurs longcaient la ruc Jens, r à la hauteur de la rue aux Ours. J'éntendis tout à des cris, des supplications et tout le tapage, en un
Ho!
d'une rixe nocturne.
Plusieurs voleurs avaient entouré une chaise à porteurs dans laquelle une jeune femme se débattait et pelait au secours,
Les voleurs lui disaient :
Donnez votre argent, vos pierreries, vos bijoux, Madame, et il ne vous sera fait aucun mal.
La jeune femme était masquée, ce qui était une preuve qu'elle se rendait au bal de l'Opéra,
À la première attaque, les porteurs de la dame talent enfuis.
Je sortis de ma chaise et je fondis l'épée haute, sur les bandits en criant :
Je suis le marquis de Vilors, et j'ai rossé le ue trop souvent pour n'avoir point fait bon marché de drôtels que vous.
Je tuai Fun des voleurs: les autres prirent la fuite. Alors joffris ma chaise à la jeune femme. qui l'accepta, et Je marchai à ses côtés Jusqu'à l'Opéra.
Là, elle me remercia chaudement, mais elle n'ôta point son masque, et je la perdis de vue dans le bal.
Toute la nuit, je la cherchai. Ses cheveux blonds avaient fait sur moi quelque impression.
Mes recherches furent vaines.
Elle avait disparu.—et je Poubliai.
— Ainsi, murmurai-je en regardant la comtesse avec exatse, C'était vous ?
C'était moi, me répondit-elle, Vous VOVeZ que nous sommes (de vicilles connaissances,
ii ine seinbla alors que sa voix trahissait une légère émotion, et il me passa par l'esprit ct par le coeur un ardent espoir. À
er
de.
—Qui sait? me dis-je, si je ne suis pas cet homn qu’elle aime et dont nul ne sait le nom?..,
Mais, en ce moment, j'aperçus la figure railleuse de Gaston de Levenay qui m’observait attentivement, et je sentis mon sang se glacer...
Je me souvenais du serment odieux que j'avais fait !
homm
use de , et je
s fait!
La jeune Hongroise n'avait remarqué, disait ensuite le manuscrit, ni los regards de nous, ni le trouble que m'avait fait éprouver cette espèce de surveillance,
La danse finissait,
mes amis braqués sur
- Voulez-vous que je vous présente à mon père ? me demanda la comtesse,
—Je vous en serai reconnaissant. répondis-je,
Elle continua à s'appuyer sur mon bras et me condui- «it jusqu'à cette colonne contre laquelle le magnat était demeuré appuyé depuis que sa fille dansait.
—Mon père, lui dit-elle, je vous présente M. le marquis de Vilers,
Le magnat me salua avec la courtoisie d’un homme bien né, mais il n’y eut rien dans son geste, son regard où sa voix qui pût me laisser croire que mon nom eût été déjà prononcé devant lui.
—Îl paraît, pensai-je, que la belle comtesse n’a pas Jugé convenable de lui parler du petit service qu: je lui ai rendu à Paris,
Puis, comme le magnat ne m'adressait que quelques paroles insignifiantes et semblait désirer que sa fille demeurât avec lui, je pris congé :
—Comtesse, dis-je en me retirant, m’accorderez-vous cette nuit, l'honneur de vous faire valser ?
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lie, €n Menveloppant de ce sourire qui m'avait déjà enivré. Venez me chercher quand on valsera.
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Elle prit alors à sa ceinture le petit bouquet que chaque danseuse, en Allemagne, a coutume de confier à son danseur, et elle me le donna en ajoutant :
— Vous me le rapporterez.
Je m'éloignai et voulus me perdre dans la foule, mais Gaston de Lavenay me frappa sur l'épaule.
— Hé hé me dit-il, tu fais un peu trop tes affaires personnelles, marquis, il me semble...
— Moi? pas du tout.
—Te voilà présenté... tu nous présenteras, j'imagine,
—Parbleu! dit Maurevailles qui s'approchait avec Mare de Lacy.
—(C'ela va de soi, Fu dois nous présenter l’un après l’autre.
—Noit, répondis-je.
—Nous avons eu nos renseienements, nous aussi, dit Gaston de Lavenav.
— Ah!
La belle à un amour au coeur...
Je tressaillis.
—Klle aime, nous a-t-on dit, un petit cousin à elle...
Ces mots me firent éprouver un éblouissement, et le sang fouetta mes tempes avec violence,
—ÆEtes-vous sûr de cela ?
—On dit tant de choses!
Mais qu'importe | dit Gaston de Lavenay, il fau-
dra bien qu’elle se résigne à aimer celui de nous qui...
Moi, interrompit Maurevailles, je vais vous donner
un autre renseignement,
—\V'oyons ?
Ja belle Hongroise habite un château en aval du
Danube, sur la rive gauche, et à la frontière de lPempire.
—Je sais cela.