‹ Le serment des hommes rouges [microforme]Chapitre 20 sur 66 · CORRE · texte numérisé non relu

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—ÆEst-ce que ce monsieur qu’on vient d'emmener ne serait pas mort? Veux-tu que je me lève ?

Il faut croire que cette excellente femme n'avait pas une foi très grande dans la bravoure de son époux ; mais le commis de dame Toinon l’ayant entendu faire cette réflexion et voulant lui épargner la peine de prendre froid, sortit de sa cachette et se montra timidement à la porte de la loge.

—Au secours! s’écria le gardien.

—N’ayez pas peur, dit Tony, je ne vous veux que du bien,

——Eh lil à l’air gentil, ce petit-là, fit la gardienne. Ecoute-le done pour voir.

Azès leur avoir raconté comment il se trouvait devant eux, le commis à mame Toinon ajouta :

—Je connais le gentilhomme qu’on vient de placer dans le caveau.

—Eh bien, grommela le gardien. ce n’est pas à cette heure ici qu’on fait les déclarations,

—Aussi ne suis-je pas venu pour en rédiger une. .

—Qu'est-ce que vous demandez alors ?

—Pour des raisons particulières, il ne faut pas que la femme de ce gentilhomme, madame la marquise, soit informée de sa mort avant que je vous le dise.

—Comment, c’est un marquis! s’écria la gardienne.

—Et très riche! répondit Tony. Je vous promets, au nom de sa femme, une forte somme si vous vous arrangez de façon qu’on ne reconnaisse pas le cadavre avant demain à midi. Songez done, on le lui porterait. Jugez de la douleur de la pauvre femme qui croit son mari en parfaite santé.

Et Tony donna de si excellente raisons, sentimentales et pécuniaires, que le gardien et la gardienne, dans l'es-

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qu'une bonne action lui promirent tout ce qu’il voulut.

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— Alors une dernière prière, ajouta le jeune homme. Permettez-moi de le voir ce soir.

—Ca, c’est plis facile que le reste, dit le gardien, qui commençait à exagérer l'importance de ses services pour être mieux récompensé.

Et il fit pénétrer le jeune ami du marquis dans le caveau des morts.

Sur une dalle de pierre, à côté de cinq ou six autres cadavres, reposait l’infortuné dont Tony possédait le secret.

Pâle et blême, les yeux encore ouverts, le marquis avait, dans la mort, une expression de douceur et de beauté qui impressionna vivement le témoin de sa dernière heure,

Tony, d’abord lui ferma les yeux, puis l’embrassa et s’agenouilla.

Quelle inspiration d’en haut lui vint pendant sa courte prière ? Nous ne saurions le dire. La vérité est qu’en se relevant, le jeune homme s’écria :

—Monsieur le marquis, je demandais qui protégerait votre veuve et qui vous vengerait. Eh bien, ce sera moi.

Et Tony, étendant la main sur le cadavre, ajouta 80lennellement :

-—Je le jure!!!

Puis il déposa un dernier baiser sur le front du gentilhomme, remercia de nouveau le gardien et sortit.

Un quart d'heure après, Tony entrait chez mame Toinon et lui disait :

—Je veux aller à l'Opéra !...

La costumière jeta un cri de joie, sans avoir le sou p-

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«0 Le bal de Opéra était, en ce terips-[à, le rendez-vous . de la cour de la ville. à Les femmes de qualité, les orandse soioneurs SV pres- s Saient. ô | Les abords de Opéra, alors situé où se trouve à pré- Pi sent le théâtre de la Porte-Saint-Martin, étaient, ce soir. ii là, dès minuit, encombrés de litières, de carrosses ct À | d'une foule compacte de nasques, Fe Deux litières arrivèrent à peu près en même temps 4 ‘à à et Sarrôtèrent devant le péristvle, .

és À Deux femmes et un homime, ce dernier paraissant âgé | | À 1 et très embarrassé de ga personne, sortirent de l’une. ï Un jeune homme et une ronde commère sortirent de # Æ | l'autre.

h. Les deux jeunes femmes et leur suivant portaient des 1 Costumes villageois que reconnurent la ronde commère 1 et le jeune homme qui l'accompagnait.

| Car ces costumes provenalent de la boutique de mame il Foimon, et le jeune homme en question n'était autre ki que notre ami Ton, il Mais Tony était Mmétamorphosé, Au lieu de son ha- E bit de droguct et de ses bas de filoselle,

lony portait un gilet à ramages,

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