‹ Le serment des hommes rouges [microforme]Chapitre 30 sur 66 · LA · texte numérisé non relu

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Et le cheval galopait à travers les halliers, emportant l'officier des gardes-françaises et Ja marquise de Vilers,

—Qui êtes-vous? s'écria celle-ci en faisant un mouvement pour se dégager.

Mais le cavalier l’enserra plus étroitement encore en répondant :

—Je suis lun de ceux qui t’aiment et qui donneraient leur sang pour toi. Je suis l’un des Hommes Rouges. Souviens-toi de Fraulen, Je suis le chevalier Albert de Maurevailles.

La marquise, épouvantée, poussa un grand cri.

A ce cri répondit une autre exclamation.

Et des broussailles sortit, à vingt pas en avant du cheval, un jeune homme portant, lui aussi l'uniforme des gardes-françaises.

Il s'élança pour barrer le passage, mais Maurevailles fit faire à son cheval un bond de côté et lui enfonca ses éperons dans le ventre...

Le cheval était passé... Le soldat à pied, ne pouvait espérer le rattraper, ni même le suivre.

Mais il eut une inspiration subite.

ii tira son sabre, et avec la rapidité de l'éclair, Îe lança par la pointe vers les jambes du cheval.

L’arme tournoya en sifflant jusqu'à ce qu’elle eût atteint son but...

L'animal venait de s’abattre..….

Il'avait un jarret coupé.

Ce jeune homme, arrivé si à propos pour arrêter la fuite de Maurevailles, on l'a deviné, c'était Tony...

Tony qui, voyant Lavenay et Lacy retenus par leur service auprès du marquis de Langevin, s'était dit :

—Le danger n'est plus ici, il est Jà où va Maurevailles,

Où se rendait Maurevailles,—officiellement du moins — Tony le savait bien.

En sa qualité de secrétaire du colonel, il avait luimême rédigé les pleins pouvoirs avec lesquels l'officier était parti.

Mais, dans le temps que lui laisserait l’accomplissement de son devoir, qu'allait faire Maurevailles ?

Cela ne laissa point que d’intriguer le jeune homme,

Aussi se promit-il de se servir de la première circonstance qui lui permettrait ou de rappeler Maurevailles ou de le rejoindre, Elle ne se fit pas attendre.

Le lendemain, le maréchal de Saxe, sous qui maintenant étaient les gardes-françaises, ordonnait au marquis de Langevin d'attendre le gros de l’armée à trente-cinq lieues de Paris, sur la route des Flandres. Tony alla trouver le colonel-général et lui demanda d’être le messager qui irait dire au chevalier de Maurevailles de ne pas continuer sa route au delà de trente-cinq lieues et choisir pour l'état-major des logements convenables, appropriés à un séjour plus ou moins long.

Bien qu'il lui en coûta un peu de se séparer de son se-

Et Tony, muni de son ordre, partit immédiatement au grand galop, dans la direction qu'avait prise Maure. vailles.

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On à vu comment il était arrivé à point nommé dans la forêt de Blérancourt,

En s’abattant, le cheval avait entrainé, sur la mousse du hallier, Maurevailles et la marquise,

Rompu aux exercices du corps, toujours prêt à tout accident, le capitaine n'avait eu qu'à ouvrir les jambes pour se trouver debout et sans aucun mal,

Quant à la marquise, qui était en travers du pommeau de la selle, elle avait simplement glissé à terre.

Tony s'élança pour la relever.

Mais déjà: Maurevailles avait mis l’épée à la main. D'un bond, il se plaça devant elle,

Et Tony était désarmé !

Le cheval était tombé sur son sabre, sur lequel il se tordait dans les douleurs que lui causait sa blessure,

—Ah® petit misérable, s'écria Maurevailles, tu te trouveras done toujours sur notre route! Jeevais te guérir une bonne foi de ta manie de te mêler de ce qui ne te regarde pas.

Et il fondit sur Tony, l'épée haute, Te jeune soldat n'eut que le temps de bondir en arrière.

—-Au secours! cria inconsciemment la marquise.

—Tiens, tiens, dit railleusement Tony, il paraît que nous ne reculons pas au besoin devant l’assassinat, monsieur le capitaine ?...

—-Défends-toi!... cria le comte en le poursuivant.

—Me défendre? Avec quoi?... Ah !de capitaine aux gardes-française, devenir voleur de femmes et spadassin, pour un gentilhomme, la chute est lourde!... Tonv, en fuvant d'arbre en arbre, avee l’aoilité

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d’un gamin de Paris et en évitant les atteintes de Maurevailles, qui, écumant de colère, le poursuivait toujours.

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—Au secours! au secours ! continuait de crier la marquise affolée,

—Je te clouerai comme un hibou 1, long d’un de ces arbres! hurlait le capitaine en courant après Tony.

Mais le gamin, toujours railleur. répliquait :

— Vous ne clouerez rien du tout! Dites donc, capitaine, et moi qui vous apporte un ordre du colonel

Un furieux coup d'épée habit. Il gagna au lar

léchirer le revers de son

—Sapristi, vous avez justement failli le trouer. Si C'est comme ça que vous recevez les messagers, . ,

Il fut de nouveau obligé de s’effacer derrière un arbre,

— Ah! c'est ennuyeux, à la fin, dit! baissant et en ramassant vivement une grosse pierre, il faut que je remplisse ma mission, moi!...

Et la pierre lancée avec une sûreté de coup d'oeil infaillible, alla frapper l'ennemi en plein front.

Maurevailles poussa un véritable rugissement en portant les doux mains à son visage.

Tony profita de l'instant et bondit sur lui pour le désarmer.

Mais ce mouvement lui fut fatal. I] glissa et tomba à la renverse,

Maurevailles, triomphant de sa douleur, lui mit un pied sur la poitrine et leva son épée...

La marquise eut un cri terrible et ferma les yeux.

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Inévitablement Tony allait mourir, quand un grand bruit de gens et de chevaux se fit entendre,

Maurevailles, surpris et prêtant l'oreille, n’abaissa point son épée...

Qui done pouvait venir ?

C'était le magnat qui, aussitôt après la disparition de 4 Inarquise, avait mis sur pied ses muets et les avait lancés dans toutes les directions.

Bien que le nain, complice cle Maurevailles, eût fai son possible pour diriger les recherches dn côté opposé à celui par où le capitaine avait pu fuir, il n'avait pas été difficile de retrouver les traces du cheval qui, lourdement chargé, enfonçait ses sabots profondément dans e sol, et dont les pas ne pouvaient se confondre avec les diitres,

En voyant arriver sur lui les gens du magnat, M. de Maurovailles abandonna tout à fait Tony pour leur tenir têt

\ comment lutter, un contre vingt ?

Lans l’e1 "n d’un mur où l’on a ses ennemis 4 If face, il y a moven de résister,

Dans une forét où l’on peut être entouré et frappé par derrière, c’eût été folie d'essayer.

ik capitaine ne s'en tira que par un coup d’audace

N'attendant pas l’attaqn choisit son adver re,

Fondant sur l’un de ceux qui «e trouvaient le plu ‘loignés de lui, il le frappa de son épée, le renversa,

14 ss.

sauta sur le cheval et par un bond prodigieux s’élanca : hors du hallier,

‘ Mais, avant de faire ce bond, il eut le temps de crier ; : dl à la marquise:

? -Vous m'échappez cette fois encore, ma juise,.., Mais vous serez aussi malheureuse que moi... Celni | que vous aimez, votre mari, est mort!!! Si vous ne me croyez pas, demandez à votre ami, le courtaud de bou- x tique ! s

Et désignant Tony d'un geste méprisant, il disparut, sans qu'on le poursuivit ette fois, le seul ordre qu'a- Vaient les muets étant de retrouver madame de Vilers.

Hi Tony s'était relevé, è

Délivré de Maurevailles, sa situation ne valait guerre : mieux, car les gens du magnat l'entouraient et mena- ° Gaient de lui faire un mauvais parti. :

Ni le jeune homme eût eu une arme, il eût certes, :

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