‹ Le serment des hommes rouges [microforme]Chapitre 34 sur 66 · LOI · texte numérisé non relu

LOI

revailles, je vous ai dit que j'ai des intelligences dans la place.

Donnez-moi seulement un quart d'heure, Toi, Lavenay, Vois si le magnat continue à surveiller la marqrise; toi, Lacy, va demander ton congé

au colonel Langevin ; MOI, je vais décider mon homme

, celui qui, dans quelques instants, à la fin de la fête, nous conduira sans difficultés et sans danger, à la chambre de Ja belle Haydée,

—Mais où nous retrouverons-nous ?

—Dans les fossés du château à l'endroit où le tonnerre a jeté un tronc d'arbre, dans une heure,

— Soit, où tu dis, dans une heure !

Les trois officiers sortirent.

— Que faire, se demandait-il. pour sauver la marquise 2 Prévenir le magnat? C'était Pinviter à redoubler la surveillance dont Havdée était l’objet ; c'était s’enlever à lui-même les moyens de lui venir plus tard en aide, Aller avertir le marquis de Langevin? N’était-ce pas un peu tôt Pinitier à ses aff

Tonv resta seul atterré.

aires intimes et s’exposer à compromettre Un appui qui pourrait devenir précieux ?

Ah! combien Tony regrettait de ne pas avoir accepté l'offre que le Gascon La Rose et le Normand lui avaient laite de venir avec Jui...

— Eh ! mais, pensa-til tout à COUP, j'ai devant moi une heure, En une heure on entreprend bien des choses, Que ne Vais-je pas les prévenir ?

Et il courut à toutes jambes chercher ses deux amis.

En le voyant arriver tout essoufflé, les braves gens ne demandèrent pas d'explications ; ils bouclèrent leur ceiniuron ef le suivirent,

Tony les conduisit sans mot dire Jusque dans la cour du château, où, à la faveur de la fête, ils purent pénétrer sans être remarqués.

-Attendez-moi là un instant, leur dit-il.

Il courut vivement à l'appartement de étaient restées Bavette et maman mots 1ls les init au courant de Les deux femmes jurère

la marquise où

Nicolo. En quelques

la situation.

nt qu'on n’arriverait à la mar-

quise qu'en marchant sur leurs cadavres.

—Du reste, ajouta Tony, je connais Je

lieu de réunion des Hommes Rouves, et

J y serai avant eux. Ils ont ur secret que j'ignore pour pénétrer dans les souterrains par où M. de Maurevailles a déjà une première madame de Vilers, Ce secrot, naître, et qui sait? peut-être | qu'ils ont ourdie,

fois enlevé grâce à eux, je vais le conrofiterons-nous de la trame

Prenez garde, monsieur Tony, s’écria Bavette tout émue à l'idée du danger qu'allait courir ral. Le vieux seioneur à dû | ribles,

le jeune caporendre des précautions ter- SI vous alliez tomber dans un pièce...

Que voulez-vous dire ?

I doit avoir, comme vous. remarqué que les Fi mes Rouges avaient quitté la fête

QUE : car tout à l’heure il a

pourtant 11 Lui avait d’abord donné l’ordre de ne pas perd

fait demander son intendant et

re de vue les appar-

tements où nous sommes, Ma foi. je n'ai pas eu peur de m'attirer une mauvaise aventure : J'ai été sur la pointe du pied jusqu'au bout du couloir.

— Eh bien?...

—-Eh bien, j'ai vu un grand nombre de muets se pos-

ter, le pistolet au poing, dans le grand corridor qui est au bout, prêts à obéir au premier signal, Tous ceux qui servent dans la salle de réception ont une arme à la ceinture. Il paraît qu’il est très féroce, ce vieux selgneur-Jà, Si la moindre alerte allait amener un massacre général !...

—Bah lil n° aura pas d'alerte, Tout. pour le moment, do't se passer entre nous et les Hommes Rouges : ils sont

trois, nous serons trois. La Justice est de notre côté.

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Dans une heure, la comtesse n'aura plus rien à craindre d'eux.

—Et si le cliquetis des armes attire l’attention des serviteurs ju comte ?,..

Qu'importe? La partie est engagée, il est trop tard pour reculer, Maman Nicolo, Bavette, une dernière poignée de main.

— Ah ! jour de Dieu, mieux que cela, mon garçon, s’écria la cantinière, Laisse-moi t’embrasser, c’est de bon coeur, etembrasse aussi Bavette, Moi, sa mère, je ty autorise. ,

Baveite tendit la oue, rouge comme une cerise.

En y appuyant ses lèvres, Tony éprouva une sensation étrange, qu'il ne connaissait pas encore, C’était son jeune ‘sang qui affluait à son coeur. nus

Mais il secoua brusquement la tête, et courant de nouveau, rejoignit ses deux amis, La Rose et le Normari, qui Pattendaient dans la cour.

— Camarade, dit-il, il va falloir en découdre cette nuit, Ceux qui ont tué le capitaine de Vilers s’attaquent à 6: veuve, Elle, nous la sauverons, Lui, il faut le venger.

— Il faut le venger! répéta le Normand.

— Et, sacredioux, tu peux compter sur nous pour cela, s'écria le Gascon. Müis où sont-ils ,nos adversaires ?

—Nous allons les attend:e à leur lieu de rendez-vous... Venez.

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foi, tant pis pour Jui, Il faut le tuer!...

Dix minutes après, Tony, La Rose ct 1 étaient échelonnés non loin de revailles,

Chacun des humbles défenseurs de Ja marquise s'était posté de son mieux pour se dissimuler voir sans être vu.

6e Normand l'endroit désigné par Mau-

dans l'ombre et

Ramassés sur eux-mêmes. prêts cachée le long de la cuisse, les veux sondant les ténèbr mieux entendre,

L'ordre donné était bien simple :

où ensemble les trois alliés, les terr le temps de se reconnaître, bâillon avec des mouchoirs Maurevailles le s

à bondir, —l’épée nue — ils guettaient, le cou tendu, es, reténant leur haleine pour

surprendre un à un asser sans leur donner uer Lavenay et Lacy préparés dans ce but et obtenir de ‘cret de l'entrée du souterrain,

Dans le cas, où on ne pourrait se rendre maître d’eux sans bruit,—tuer !

Donc, ils étaient là depuis quelques minutes, lorsqu'un pas rapide se fit entendre du côté du Normand.

Un homme s'avançait.

Quand il arriva en face du soldat, celui-ci s’élança sur (ur.

L'homme fit un bond en arrière et tir épée dont la lueur brilla dans les ténèbres,

—Manqué! grommela le Normand avec regret, Ma

a vivement son

Et, l'épée haute, il attaqua.

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L'inconnu par: ‘‘vement en s’écriant :

—J’en tiens un!..,

— Nous allons bien voir, dit le Normand en portant un vigoureux coup de seconde qui, malgré la parade, alla trouer le manteau rouge, que l’homme avait rejeté sur son épaule gauche,

— Oh cette voix! s’écria l'inconnu. Le Normand, c’est toi ?

— Vous savez qui je suis? Tant pis. Raison de plus pour que je vous tue,

—Mais tu ne me reconnais donc pas, toi ?

—Si, parbleu, vous êtes officier, Mais qu'importe ? Ici, il n’y a plus ni officiers, ni soldats, Nous sommes deux hommes, dont l’un va tuer l’autre... Et l’autre, ce sera Vous, Car il faut que je venge la mort de mon brave capitaine,

le Gascon n’était plus là, le Normand se rattrapait en parlant pour son propre comte. Mais cela ne semblait point lui réussir, car il se tut brusquement.

Son épée, liée par celle de l’inconnu, venait de voler à dix pas.

Cependant l’homme, au lieu de frapper, le saisit par le bras et murmura un mot à son oreille,

— Vous! vous! ! vous !!! s’écria par trois fois le gardefrançaise abasourdi, vous, monsieur le. ,

—Chut,, dit l’inconnu en Pembrassant,. Il est des noms qu'il ne faut pas prononcer trop haut. Et, maintenant, mon brave, dis-moi, que faisais-tu-là ?

—J’attendais trois hommes qui doivent passer par ici pour enlever de force la marquise de Vilers. En voyant le manteau qui vous enveloppe, je vous avais pris pour l’un d’eux. ,

—Eux, toujours eux! L’enlever! Je ne m'étais donc pas trompé! fit l’inconnu agité. Mais tu n°es pas seul ?

—Non, parbleu ? La Rose est là-bas. Vous savez bien, le Gascon, langue bavarde, mais fine lame. Ce n’est pas

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