‹ Le serment des hommes rouges [microforme]Chapitre 36 sur 66 · TU M · texte numérisé non relu

TU M

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Ni, dans cette lutte, un des Hommes Rouges avait pro fité du tumulte pour l'emporter! .,

Elle avait pe l

eheore plus que du comte.

Officiers s'étaient retirés, et le né chez elle,

Et voila ywe maintenant Ba

Puis, peu À comte l'avait

ette et sa mère lui apprenaient qu'une tentative allait être faite contre elle et

qu'une nouvelle bataille allait engager entre Tony et ses persée ü Es | Si cette fols Tony allait succomber!

Telle était la situation perplexe de la marquise, quand

tout à coup des pas précipités retentirent dans le couloir que niasquait le tableau,

La marquise frémit.

—Avant de trembler, s’écria cour:

igeusement Réjane, sachons ce qu’il en est,

Et la jeune fille, au grand étonnement de la marquise, ouvrit d’elle-même ce tableau que nous Jui avons vu refermer derrière Maurevailles.

La marquise aperçut la bonne f sa un cri de joie et s’6] vers un libérateur...

M ns à dix pas derrière le Gascon. dans la nuit du couloir, marchait un second personnage, et l’insuffisante lumicre que le soldat tenait à la main ne laissait voir de ce personnage qu'une chose, le manteau rouge qu'il portait sur ses épaules, l'odieux signe de ralliement qu'elle avait appris à tant redouter.

Elle crut comprendre la terrible vérité. Tony et ses amis avaient été tués. Les Hommes Rouges venaient recueillir le prix de leur victoire.

Elle s’élança vers la porte et l’ouvrit viol

igure de La Rose, pousança vers le brave soldat comme

emment.

—Au secours! cria-t-elle, à moi, comte, à moi! Maurevailles veut...

Elle n’acheva pas. Comme un ouragan, les muets, V’ar

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au poing, avaient déjà fait irruption dans la pièce.

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Le magnat renversa La Rose qui barrait le passage du couloir et s’élança, suivi de ses sbires, à la poursuite de l'inconnu au manteau rouge, qui ne pouvait lutter seul contre une telle avalanche,

—Ah! s’écria La Rose en se relevant tout mourtri, qu'avez-vous fait, madame?,.. Vous venez de condamner à mort mon capitaine... votre mari... le marquis de Vilers!, ..

La marquise poussa un cri déchirant et tomba 6vanouie,

Dans le passage secret, la poursuite continuait !

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C'était bien, en effet, le marquis de Vilers et nos lecteurs l’ont déjà reconnu.

On se rappelle que Tony, en pénétrant dans le caveau des morts au Châtelet, avait dit au gardien que l’homme qui était là, sur la dalle, était un marquis.

Ce mot avait frappé le gardien, et surtout, sa femme.

Un marquis, un homme probablement très riche. sur les dalles de pierre du caveau, cela ne se voyait pas tous les jours.

La pâture habituelle des curieux qui allaient voir les cadavres ne se composait guère que de pauvres diables morts de misère, tués accidentellement dans leur travail ou recueillis dans la Seine...

Le peuple seul allait à la Morgue; c’était une bonne fortune inouie que d'y loger un marquis.

La gardienne n’y put tenir, elle voulut voir de près son locataire, et, décrochant sa lampe, elle s’approcha de la dalle.

Le marquis était là, inerte, les yeux fermés, semblant dormir.

— Pauvre garçon, dit la gardienne. Il n'avait pas l’air méchant, au contraire, Quel dommage!...

Ce mort ne lui faisait pas l’effet des cadavres ordinaires, affreux, hideux, repoussants, Elle prenait plaisir à le regarder,

—C’est certainement pour quelque affaire de femme qu'il aura été tué, se disait-elle. Ce joli garçon-là devait avoir plus d'une bonne fortune avec les belles dames de

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la cour... Quel air distingué ! Quelles petites maïns pour sa taille...

Sans y penser, la gardienne s'était penchée et avait pris dans la sienne la main du marquis.

Chose étrange! cette main n’était pas glaciale comme celle des autres morts; elle conservait encore quelque reste de chaleur.

Tout à coup la gardienne laissa tomber sa lampe et poussa un cri terrible. +

—$Seisgneur Dieu! dit-elle, il a remué!...

A ce cri, son mari accourut effaré, la croyant folle.

Mais elle avait toute sa raison; le marquis avait remué, en effet.

Il était maintenant sur son séant, jetant un regard vague autour de lui, comme un homme qui cherche à deviner un mystère...

Il se demandait où il était. Il allait revivre...

Le coup d'épée de Lavenay avait occasionné une hémorragie très forte, à la suite de laquelle le reste d’émotion profonde causée au marquis par l'apparition de l'Homme Rouge avait produit une syncope,.

[nanimé, exsangue, d’une raideur tétanique, M. de Vilers offrait tous les symptômes de la mort. On n’avait donc élevé aucun doute sur son état, et on l’avait fait porter au Châtelet.

L'accès de catalepsie était passé. Vilers revenait à lui...

Le devoir du gardien était tout dicté. Il n’y avait qu’à aller sur-le-champ avertir le greffier du Châtelet. Il allait sortir quand sa femme le retint.

—Tu es fou, lui dit-elle en l’entraînant dans un coin.

— (Comment cela ?

—Aimes-tu donc tant ton métier que, pour tout au monde, tu ne veuilles pas le quitter ?

—Eh Î tu sais bien ie contraire.

—Ne serais-tu pas heureux d'aller vivre dans quelque

coin aux environs de Paris, loin de ces vil bées qui me donnent le cauchemar ?

—Parbleu,

ains Maccha-

oui; mais où la chèvre est attachée. —

— Eh! nigaud que tu es, elle se détache! Mais il faut &avoir profiter de l’occasion, Voilà un bomme, un seigneur, qui à certainement une grande fortune et qui te tombe entre les mains...

—Eh bien ?

—Eh bien\ on te l’amène mort ; 1l ressuscite, ., vas-tu le laisser mourir de nouveau ?

—Non pas, puisque je vais prévenir le greffier...

— Belle idée!.., Mais tu ne comprends donc pas que si le marquis n’a pas été porté chez lui, que si on n’est pas venu le reconnaître, que si ce joli petit jeune homme qui pleurait près de lui hier soir, n’a pas osé le réclamer, C'est qu'il y a dans tout cela un mystère.

—Tiens, c’est vrai, pourtant, dit le bonhomme intrigué et émerveillé de la sagacité de sa femme.

— Eh bien, si tu le laisses entre les mains du greffier, ça fera du bruit, ou saura qu'il est vivant, ça ennuiera celui-ci ou celle-là et peut-être bien le marquis lui-méême. Et qu'est-ce que nous y gagnerons ?

—Mais que faire ?

—Ne rien dire, le cacher et le soigner. Ses ennemis le croiront mort, ils ne se méfieront pas de lui et il déjouera leurs canaïlleries. Naturellement il ne sera pas ingrat... Comprends-tu ?

[ n'y avait rien à répondre à une si belle logique. Le gardien se rangea à l’avis de sa femme.

M. de Vilers, sorti du caveau, fut porté dans leur logement,

Grâce à leurs soins, il reprit rapidement des forces, et au bout de quelques heures, il put parler.

Ce qu'il leur confirma de point en point les hypothèses de la gardienne. Dans l’état de faiblesse où il était, le

le

marquis avait le plus grand intérêt à ce qu'on ignorât qu'il vivait encore. Un malade ne se défend pas.

Mais, comme il ne voulait point être à charge aux braves gens qui l'avaient sauvé, il se mit en mesure de leur fournir les moyens de quitter le Châtelet.

I demanda une plume et du papier et écrivit quelques lignes.

— Prenez ceci, dit-il au gardien, et portez-le à l'hôtel de Vilers, rue Saint-Louis-en-l’Isle. Vous demanderez Joseph.

Le gardien envoya un de ses amis, auquel il raconta une histoire de fantaisie.

Une demi-heure après, l’ami revenait avec les dix mille livres que l’on sait.

Le soir même, le gardien remplissait de terre le cercueil destiné au marquis, prétextait une maladie quelconque et donnait immédiatement sa démission.

Dans la nuit il transportait, avec l’aide de sa femme, le blessé à Palaiseau, où le grand air lui rendit promptement ussez de forces pour qu’il pût essayer de reparaî-

tre,

Pendant ce temps-là, le bon Joseph gardait l’hôtel de Vilers où il continuait, non plus à pleurer, mais à être l’homme le plus stupéfait de France.

On se rappelle qu’il était descendu avec maman Nicolo et Bavette au caveau de la famille de son maître.

Depuis, il avait fait toutes les démarches possibles. Il avait remué ciel et terre et pour découvrir ce qu'était devenu le marquis et pour trouver l’endroit où pouvait ètre la marquise.

[Il n’était parvenu à aucun résultat.

Le sixième jour pourtant, il eut un commencement de joie.

Un homme, vêtu comme un courrier, botté et éperon-

né, paraissant avoir fait une longue course, se présenta à l'hôtel et le demanda.

Il apportait à Joseph une lettre de la marquise,

Une lettre! T1 allait donc revoir son écriture, avoir de ses nouvelles, apprendre où elle était.

É: Non. La lettre se taisait sur ce dernier point. bi - La marquise lui écrivait simplement qu'elle se portait Le bien, qu’elle n'était point matériellement malheureuse h et lui donnait l’ordre de confier Réjane au messager, E chargé de la lui amener.

4 Evidemment cette lettre avait été écrite sous les yeux : du magnat.

; Où était la marquise! La missive le taisait et le mes- \ + sager refusait de le dire. Mais quoi d’étrange à cela ? Le magnat, qui croyait le marquis vivant, ne pouvait logi- | 1h auement pas lui indiquer le refuge de sa femme. à — Enfin, pensa Joseph, ma pauvre maîtresse aura au M D moins la consolation d’embrasser sa soeur. 4 Et il supplia Réjane de ne point dire à la marquise que Vilers était mort. Il avait jugé prudent de ne ,

point révéler même à la jeune fille, l’histoire du cer- è eueil plein de terre. |

— Un dernier mot, dit le messager en mettant Réjane en voiture, J’ai l’ordre de suivre le carrosse à cheval et de ramener mademoiselle à l’hôtel, si je m'aperçois que Je suis suivi.

È Et la voiture s’éloigna.. Dans la solitude, la jeune } ] 14 fille au moins put préparer à l’aise les saints mensonges : 1 avec lesquels elle consolerait sa soeur... ] Ut A Blérancourt, hélas! le magnat allait avoir sur Réire Jane le même pouvoir que sur la marquise. ’ 1e | La jeune fille n’aurait le droit d'écrire que devant lui.

sa Elle ne connaîtrait même pas, d’ailleurs, le nom de l’endroit où était situé le château.

Mais le magnat comptait sans Tony, dont le principal

14 soin, après sa première entrevue avec la marquise, avait

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été d’expédier à Joseph le récit de tout ce qu’il avait vu, en prévision du cas où Vilers reparaîtrait,

Or Joseph venait de recevoir ce volume quand un paysan frappa à la grande porte de l’hôtel.

Ce payson, dont la figure disparaissait à moitié sous un large bandeau noir, insista tellement qu’on appela Joseph. En le voyant, l’homme écarta son bandeau.

—Miséricorde!... s’écria le vieux serivtcir, monsieur le...

— Chut! dit le marquis, car c'était lui, mène-moi dans ta chambre, j'ai à te parler.

—Ah'je le savais bien, que vous n'étiez pas...

—Chut!te dis-je, Je t’expliquerai tout. Mais au nom du ciel, il ne faut pas qu'o nme voie tout de suite. Ma femme serait trop bouleversée, Viens dans ta chambre,

Joseph guida son maître dans l'escalier de service. Arrivé chez Joseph, le marquis, le rassurant, lui conta tout ce qui s'était passé et par quelle miraculeuse fortune il était encore de ce monde.

--Mais ma femme, ma femme, demanda-t-il à Joseph. Il faudrait doucement l’avertir.

Le pauvre vieux demeurait muet.

— Eh bien, qu’attends-tu ? demanda le marquis étonné.

Joseph se décida alors à lui faire connaître à son tour ce qui s'était passé et termina en lui montrant les deux lettres de la marquise et celle de Tony.

—Blérancourt, s’écria le marquis, dès qu’il eut jeté les veux sur ces lettres, Elle est à Blérancourt! Vite, mon épée, un cheval! TT faut trois jours pour aller à Blétancourt. J’y serai demain!!!

Et il y fut,

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