‹ Le serment des hommes rouges [microforme]Chapitre 38 sur 66 · COU · texte numérisé non relu

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Pour les muets eux-mêmes, la disparition du marquis et de La Rose avait eu quelque chose de si inattendu qu'elle interrompit la poursuite,

Tout le monde, Tony comme les autres, se rangea au bord du puits, sondant les profondeurs de ce gouffre,

Mais une femme, fendant la foule, vint se placer au premier rang,

Cette femme, c'était la marquise,

La marquise, qui, au comble de l'anxiété, avait suivi les péripéties de la poursuite et de la lutte et qui, n’entendant plus rien que des exclamations de surprise, avait voulu voir ce qui se passait,

— Mon mari! s'écria-t-elle éperdue, Qu'avez-vous fait de mon mari ?

Le magnat ouvrait la bouche pour lui répondre, mais Maurevailles le prévint,

— Votre mari, madame, dit-il avec un affreux sourire, nous à épargné cette fois la peine de le punir, Et désignant du doigt le gouffre, il ajouta :

—Ï]l est là!...

— Ah! sécria Haydée désespérée, eh bien, je mourrai avec lui! Et elle s’élanca.

Maurevailles la saisit par le bras, Mais avec une force que le désespoir décuplait, elle allait l’entraîner avec elle dans l’abîme quand Tony, bondissant à son tour devant eux, s’écria :

— Attendez, je vais le sauver on mourir!

Et tandis que Lavenay et Lacy aidaient Maurevailles à contenir la marquise, il se précipita dans le gouffre béant.

Instinctivement chacun se tut.

En dépit de toute inimitié, le magnat et les Hommes Rouges sentirent une profonde émotion s'emparer d'eux.

Ils eussent voulu, en ce moment, sauver ceux qu'ils cherchaient à massacrer tout à l'heure!

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Se perchant sur le bord du puits, ils essayèrent de porter jusqu'au fond la lumière des toréhes . “à Au-essous d'eux, l’eau coulait noire et profonde... Et au milieu, des plissements causés par sa chute, ‘T'ony nageaït, fort et confiant...

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Cependant, la fête terminée, le marquis de Langevin avait pris congé du comte de Mingréli et s'était retiré avec tous les officiers.

Les uns, que leur service appelait au camp, avaient quitté le château, Ceux qui étaient libres étaient rentrés dans les appartements que le magnat avait mis à lear disposition,

Le marquis de Langevin venait de regagner sa chambre et commençait déjà à se dévêtir, lorsqu'un bruit sourd et continu attira son attention.

Il prêta l'oreille. Peu à peu, pour lui, vieux soldat, blanchi sous le harnais, ce bruit prit une signification.

C’était celui d’une lutte, Il y avait, à quelques pas de lui, des gens qui se battaient avec acharnement.

Deux ou trois coups de feu qui, bien que fort assourdis, arrivèrent jusqu’à lui, ne lui laissèrent bientôt aucun doute,

—Qu’y a-t-il? demanda avec inquiétude le colonel. Cette fête aurait-elle caché une trahison et massacreraiton ici mes officiers !

[1 se rhabilla à la hâte et appela l’homme qui était de garde dans le corridor.

Celui-ci, comme le colonel, entendait bien le bruit de la bataille et cherchait depuis un instant à deviner d’où venait ce bruit; mais il n’avait pu y parvenir.

Le marquis J’envoya à la découverte. Au bout d’un instant, le Soldat rentra tout déconcerté, I1 n’avait absolument rien vu.

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—Je ne rêve pourtant pas, dit le marquis.

—Mon colonel, je vais vous sembler fou ; mais on dirait que c’est dans le mur.

M. de Langevin prêta l’oreille, En effet, le bruit semblait provenir dans la muraille...

Le marquis, de plus en plus intrigué, boucla son ceinturon et se rendit chez Je magnat pour lui demander l’explication de cet événement étrange,

Le comte hongrois était dans la pièce où nous l'avons VU naguère commencer avec la marquise ce repas qui s'était terminé par l'enlèvement d'Haydée.

Malgré l'opposition des muets qui gardaient la porte, M. de Langevin arriva jusqu’à Jui.

I ne Jui fallut qu'un regard pour voir combien son arrivée embarrassait le comte,

C’est qu'en effet la visite du

marquis contrariait singulièrement les

projets du vieux Hongrois.

Le magnat avait espéré que le brut de la lutte n verait pas jusqu'au colonel. e pée.

En reconnaissant la hâte, refermé le loirs, et il se dem

’arri- {son attente avait été trom-

Voix du marquis, il avait, À la tableau qui Mmasquait l'entrée des couandait quelle réponse il allait faire, Cependant son parti fut vite pris, il se décida à déclarer nettement la situation.

— Colonel, dit-il, il m'est pénible d'avoir à vous le dire; il y a parmi vos officiers des traîtres!.

—Des traîtres, s’écria M. de I ce début,

— Des traîtres. répéta | pitalité que je leur ai œ

angevin stupéfait de

é Magnat, qui, abusant de l’hosénéreusement donnée, ont voulu en profiter pour me ravir ma fille. :,

Le colonel tressaillit.

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Je ne sais comme it ni par qui, les su que des couloirs, crew. s, donnaient accès dans cette pièce, et ils

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Y ont pénétré nuitamment, comme des voleurs, comme des bandits, pour enlever l’aînée de mes filles...

—Ïs ont enlevé Ja marquise! s’écria M. de Langevin, qui, involontairement, Songea aux Hommes Rouges et aux craintes de Tony.

— Heureusement je veillais, continua le magnat, Mes sens étaient sur leurs gardes, et c'est dans le chemin méme par où ils ont voulu me ravir mon bien le plus précieux que mes serviteurs poursuivent ces félons et leur font expier leur audace. C’est un acte de justice auquel, j'en ai l'espoir, votre loyauté bien connue vous empêchera de vous opposer !..,

Le marquis à son tour se trouva plongé dans un grave embarras,.

Quel que fût leur motif. ceux qui avaient ainsi profité de l’hospitalité du comte pour mettre leurs projets d’enlèvement à exécution, avaient commis un acte misérable, auquel il lui répugnait de s'associer. même par un simple mot d’excuse,

Mais, d’un autre côté, ces hommes étaient ses officiers, ses meilleurs peut-être : il en devait compte à la France. Et à la veille d’une guerre, il ne pouvait les laisser ainsi massacrer.

Au moins il voulut les connaître.

—Et quels sont, monsieur le comte, ceux qui, selon vous, se sont rendus coupables de cette infamie ? demanda-t-il avec une froideur apparente,

—Je ne les connais paa.

— Alors, il faut que je les voie. Je veux moi-même l'aire justice d'eux.

—Epargnez-vous cette peine, colonel; mes gens s’en chargeront,

—Mais peut-être vous trompez-vous ?, ..

—J'ai vu l'uniforme de votre régiment. Si ceux qui le portent l’ont volé, laissez-moi faire, Ils ne sortiront

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