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—Un — autre — était — caporal... répéta Tony sans broncher,
—L'appel de ce matin les aura fait connaître sans doute, fit observer Lavenay.
— (est certain, dit le colonel qui mordillait sa moustache grise, et du moment que ces hommes sont gradés, leur faute n'en est que plus grave. Peste!... des basofficiers aux gardes qui veulent tuer leurs supérieurs, c'est sérieux, cela! Vous n'avez aucun soupçon, capitaine ?
Lavenay hésita une minute et lança un coup d'oeil vers Tony qui, la plume en arrêt, attendait tranquillement sa réponse sans avoir le moins du monde l'air de s'y intéresser,
—[1 faisait trop noir, prononça-t-il enfin,, je n’ai reconnu personne,
—Soit, dit Langevin, je vous remercie de vos explications, capitaine, A vous, monsieur de Lacy.
Mare de Lacy était fort pâle; il confirma d'une voix sourde ce qu'avait raconté Lavenay.
La moustache du colonel disparaissait tout entière dans sa lèvre inférieure, Les rides de son front se creusaient de plus en plus profondes. Il hu fallait tout l’empire qu'il avait sur lui-même pour pouvoir se contenir.
Quand vint le tour de Maurevailles, l'orage éclata.
—Ah! par la sambleu, c’est trop en écouter, s'écria le colonel en arrachant des mains de Tony les dépositions des officiers et en les déchirant avec colère. Vous ne signerez pas cela, Messieurs, car tout cela est faux et inensonger. Non, on ne vous à pas attirés dans un piève: non, vous n'avez pas été attaqués par vos soldats; non, vous n'ignorez pas les noms de vos adversaires. Vous êtes des menteurs et des lâches, vous vous êtes faits, sous prétexte d’un honneur de convention, les bourreaux d’une femme... Si nous n’étions à la veille
d'une bataille, j'oublicrais mon grade pour vous jeter nes gants à la face!..,
Colonel! s’écrièrent les [ommes Rouges menacants,
Lavenay surtout ne se conten:it plus,
Colonel, dit-il avec hauteur, vous oubliez que, avant d'étre officiers, nous sommes gentilshommes, et que, si les subordonnés doivent écouter vos mercuriales sans murmurer, le chevalier de Maurevailles, les comtes de Lacy et Lavenay ont le droit d'exiger plus d’égards.
Eh! respectez vous-mêmes votre blason, si vous vonlez que les autre: je respectent, riposta le marquis. Avez le droit de vous dire gens d'honneur, avant de faire sonner si haut votr qualité de gentilshommes!... Mais brisons là, Messieurs, ces douloureux débats qui n’ont déjà que trop duré, De ma propre autorité, j’annule vos dépositions mensongères: ne me contraignez pas à en invoquer de plus véridiques... Encore une fois, restonsen là! Nous sommes en guerre, Ta France a besoin de vos épées, Je vous ordonne d’être d'autant plus braves que vous venez de l’être moins...
Colonel, s'écria Maurevailles, nous n’avons pas besoin d'une telle exhortation pour faire notre devoir... Nous n'avions pas besoin surtout qu’elle nous fût faite devant cet enfant dont vous subissez en ce moment l’influence. .
Nous serions criminels en vous demandant raison de cette injure. On doit compte à la patrie de la vie d’un homme comme vous... Mais il est au monde des gens dont l'existence est moins précieuse que la vôtre... et c’est votre secrétaire, notre accusateur réel, qui paiera tout ce qui vient d’être dit...
Comme le malheureux Pivoine, son premier adversaire au régiment, j’oublierai mes épaulettes pour eroiser le fer avec lui, en bon et loyal combat, Sa bravoure
jeter
mena-
avant ue, si sans Les de 3 VOlI- Avez » 80N- Mais n’ont le vos à en tonsin de raves
8 be- ..., faite l’in-
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et son premier succès m’autorisent à le faire. Je le tue-
rail...
—Vous!... s’écria le colonel en s’élançant vers Maurevailles,
Mais Tony l’avait prévenu. Avec une dignité parfaite, il s'approcha des trois Hommes Rouges et répondit
—Me battre aujourd’hui? Non, Messieurs. J'ai été fou déjà de risquer pour une futilité ma vie contre Pivoine, Ma vie ne m'appartient pas. En attendant que je l'offre à la France, elle est à la marquise, que j'ai promis de protéger. Comme vous, je vais à la guerre. Si je reviens des Flandres, je me mettrai à votre disposition, mais seulement le jour où la marquise jugera ma tâche terminée, Et j'espère que vous n'aurez pas besoin, ce jour-là, d'oublier la distance qui nous sépare. Cette distance, je l’aurai effacée.
—Bien, Tony! dit le marquis. Et ma ntenant, allez, messieurs, j'ai lieu de croire que je puis com fer 4Ur VOtre silence en cette affaire.
Et les trois officiers se retirèrent, la rage dans le
coeur...
Dès qu'ils eurent refermé la porte derrière eux, Maurevailles et Lacy donnèrent un libre cours à leur colère
Lavenay, quoique sombre, semblait calme.
— Et maintenant, Messieurs. qu'allez-vous faire ? demanda-t-il à ses amis.
—Je retourne au camp, dit Marc de Lacy, je ne veux Pas rester une minute de plus dans ce château maudit.
—Moi non plus! s'écria Maurevailles.
Lavenay eut un rire amer.
— Et vous ne voulez pas vous venger ? demanda-t-il.
— Nous venger? (Comment? De qui? De ce vieux marquis de Langevin qui nous a attirés dans un traquenard pour nous insulter à loisir! Sa mort causerait un scandale énorme dans l'armée. Et puis, comme il a dit, nous nous devons tous en ce moment à la France.
— C’est vrai... On nous a même singulièrement exhortés à faire notre devoir, riposta Lavenay avec amertume,
—Mais que faire ? que faire ? demanda avec rage Marc de Lacy.
— Venez avec moi, dit Lavenay.
I les entraîna dans une salle éloignée.
— Nous avons fait trois tentatives, reprit-il, et nous avons subi trois échecs.
La première fois, c'est le vieux magnat qui, pendant que nous nous livrions à une lutte inse. sée dans l'hôtel de Vilers, est entré paisiblement par la grande porte et a enlevé la marquise dans mon carrosse
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— Il est vrai qu'il te l’a payé... fit observer Lacy avec un sourire sardonique.
—La seconde tentative, reprit Lavenay, est la tienne, Maurevailles, Tu as découvert la retraite de la marquise; tu as réussi à pénétrer dans ce château si bien gardé; tu t'es emparé d'elle, tu l'as emportée... Un grain de sable t'a fait échouer. Ce grain de sable, c’est ce misérable gamin que, par un inexplicable caprice, le marquis, notre colonel, a attaché à sa personne...
—Oh! quelle terrible vengeance je tirerai de ce drôle, dit Maurevailles.
— En attendant, il t'a joué: il s’est introduit presque en maître dans le château, et il a capté la confiance de la marquise. La dernière entreprise, nous l’avons faite à nous trois. Elle devait réussir... Elle nous a couverts de honte !...
—(C'est à croire que le diable protège cette femme contre nous!... Marc de Lacy. :
—Que le diable la protège s’il le veut, ce n‘est pas cela qui me fera reculer, dussé-je entamer la lutte conps à corps avec lui! s'écria Maurevailles.
—Ne perdons pas un temps précieux à nous lamenter, reprit Lavenay. Il faut absolument en finir. C’est mon avis, et je crois que c’est aussi le vôtre...
—Oui, oui!
— Voici donc le plan que je vous soumets:
Tout le monde nous suppose abattus par notre défaite... le magnat a qui notre bien-aimé colonel, le marquis de Langevin, a su donner une demi-satisfaction par son enquête; la marquise qui se croit protégée par ses nobles amis contre toute nouvelle tentative, et jusqu’à ce Tony qui, triomphant et beau parleur, a paraphrasé le discours patriotique du vieux marquis pour éviter nos épées qui, certes, nous en auraient débarrassés.
Ayons l'air d'accepter la situation. Tenous-nous tranquilles jusqu’au départ des régiments. D'un instant à
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l’autre peut arriver le maréchal de Saxe qui doit nous emmener. Quand battra le tambour, quand sonneront les fanfares du départ, quand le magnat se croira à tout jamais délivré des gardes-françaises, quand le colonel, faisant piaffer son cheval, se mettra à la tête de ses troupes, arrangeons-nous pour être là, nous, aux aguets, et comme adieux, de gré ou de force, devenons les maîtres de la marquise.
— Bravo, Lavenay! le projet est bon, dit Lacy. Mais les moyens de le mettre à exécution ?
— Les moyens? Il y en a mille. Qu'aurons-nous à redouter# Le magnat?.., 1] sera occupé à entrerrer ses muets. Ecoutez, nous sommes... trois...
— Vous en oubliez un!!! dit une voix...
La portière se leva et livra passage à un homme enveloppé dans un manteau rouge,
C'était le marquis de Vilers.
Il était pale encore de sa blessure et de ses fatigues, Mais sur son visage était empreinte une mâle énergie.
-Lui! s'écrièrent les trois Hommes Rouges en portnt la main à leur épée.
Vilers les arrôta du geste.
—Un instant, Messieurs, dit-il lentement, vous ne Savez pas ce qui m’amêne. ici,
J’aurais pu, si j'avais contre vous des intentions hostiles, faire assister à ce complot le marquis de Langevin... Mais laissons-là les représailles, où l'honneur est toujours le conseiller qu’on écoute le moins.
Je viens au contraire à vous, le coeur franc, les mains ouvertes. J'ai beaucoup réfléchi à ma conduite passée. I y a dans ma vie une ombre, une tache. .. J'ai failli à un serment librement prêté, j'ai trahi mes amis. Cette
tache empêche mon bonheur. Je veux la faire disparai-
te, —Des remords? murmura ironiquement Lavenay.
—Des remords, comme tu dis, chevalier, Si ton épée
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it nous aneront roira à | le cotête de IS, aux venons
y. Mais
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m'avait ôté la vie, ma punition eût été juste. Mais si Dieu va laissé en ce monde, c’est qu'il a voulu me donner le temps de réparer ma félonie.
Nous nous étions confiés au sort... Un ‘es quatre billets avait été tiré. Sur ce billet, il y avait un nom... et vous vous en doutez, ce nom n’était pas le mien.
-Quel était-il ?
Qu'importe? A quoi bon affliger celui que le sort avait favorisé ?.,., J'ai mal agi, vous dis-je. Ma seule excuse, c'est lamour... Jaime Havydée de toutes les forces de mon âme... Elle aussi m'aime,
La voix du marquis s'était altérée, mais il fit un effort et poursuivit:
—Ecoutez... Ah! c’est horrible, le sacrifice que je fais... Sachez m'en gré... Je vous ai trahis, pardonnez-moi, Pexpie en cet instant quatre années de bonheur; mais je reprends mon honneur de gentilhomme.
Voulez-vous, comme moi, rayer de votre mémoire ces quatre années ? Nous allons de nouveau refaire les billets, Si le sort me désigne, vous n'aurez plus rien à me reprocher, S'il ne me désigne pas...
Fi hésita de nouveau, et reprit d’une voix sourde:
-Si le sort me condamne... j'aurai toujours le droit de réclamer ma place dans l’armée... Je partirai sans revoir aydée et je vous le jure... à la première bataille... je me ferai tuer...
Est-ce dit, Messieurs ? Et écrivons-nous les billets ?
La surprise des trois Hommes Rouges fut grande, à la simoulière proposition de Vilers,
[ls se regardèrent, se demandant si leur ancien ami ne railla.: point,
Mais il
Le premier, Mare de Lacv, s'avança vers lui et rompit le silence,
attendait leur décision, sombre et silencieux.
Parles-tu sérieusement ? fit-il d'une voix émue. Je vous |
ai dit, dans l'immense bonheur que me donnait la
possession d'une femme ardemment aimée, une ombre faisait tache: la honte de ma déloyauté. J'avais sacrifié l'honneur à l'amour. J'immole l’amour à Fhonneur!...
—Æt iù veux reprendre nos conditions d'autrefois ?
Je le veux... en vous suppliant de m'exempter de cette clause qui voudrait que J'apportasse au gagnant aide et protection... Ne le favoriserai-je pas suffisamment en me faisant {uer pour la France à la tête de ma compagnie ?...
— Ah! s'écria Mare de Lacy, ce sacrifice est noble et beau, Vilers. 11 me réconcilie avec toi pour toujours... Ami, que tout soit oublié! Puisque nous nous retrouvons vraiment, tels que nous étions, embrassons-nous comme autrefois.
L’élan était donné. Maurevailles et lavenay ouvrirent, eux aussi, leurs bras au revenant.
—J'avais juré ta mort, dit le premier. Ce serment,
ande, à en ami
ncieux, ‘t rom-
lue.
[ue me aimée, té. J’anour à
refois ?
ter de ienant fisamde ma
ble et "uvons *omme
ouvri-
rment,
j'ai bonheur à le rétracter ainsi qu'à presser contre mon coeur l'ami fidèle que je croyais à jamais perdu.
—J'ai croisé mon épée contre la tienne, dit à son tour Lavenav, Pour la première fois de ma vie, je me félicite que le coup n'ait pas été mortel...
Les quatre amis de Fraulen, les quatre inséparables d'autrefois, les quatre Hommes Rouges enfin, étaient de nouveau réunis.
Après la réconciliation, il y eut un long silence. Comprenant quel immense sacrifice Vilers était venn accomplir, les trois tutres n'osaient pas aborder le sujet terrible...
Ce fut lui qui v revint le premier.
—Eh bien! dit-il, vous avez entendu ma proposition. Etes-vous prêts à v satisfaire ?
Maurevailles et Lavenav hésitèrent à répondre. Mare de Lacv murmura :
—N'y aurait-il pas moyen d'annuler ce fatal serment?
—Xon! s'écria Vilers, c'est une réhabilitation que je suis venu chercher... c’est ma réhabilitation ane ÿexiwe... Assez longtemps je vous ai laissé le droit de me donner le nom de traître, assez longtemps j’ai dû courber la tête sous men parjure... Je veux porter le front haut, Messieurs, dussé-je payer de ma vie ce retour à la loyvauté!... Ecris les billets, Lavenay!... Je le veux; écris-les tout de suite, I faut que le hasard, aujourd’hui comme autrefois, décide de mon sort. J'étais venu ici pour revoir Haydée. Si le destin m'est défavorable, je partirai sans l'avoir vue. Pour elle je suis mort... Mort je resterai. Lavenav, écris vite!
Maurevailles déchira quelques pages de ses tablettes, et passa le papier et le crayon à Lavenay.
Celui-ci se mit à faire les quatre billets et les plia . minutieusement,
qi É 4
— Ji —
Mais, au moment de ‘es jeter dans Je chapeau, qui devait, comme à Fraulen, servir d'urne, Lavenay se ra- Visa :
— Un instant, dit-il, mes amis. Moi aussi, j'ai des scrupules...
Lorsque nous avons, échangé notre fatal serment, nous avons bien légerement disposé de la femme que tous quatre nous aimions. [] fallait que le bonheur de Pan causât le malheur des trois autres: donc, rien de plus juste que de laisser en cela le choix au hasard... Mais, avions-nous le droit de condamner'du même coup celle dont nous avions fait l'enjeu de notre loterie ?
—Certes, tu as raison, observa Maurevailles, il et été plus rationnel de chercher chacun isolém. nt à plaire à la comtesse Haydée, puis de nous unir en bons et loyaux amis pour aider celui qui aurait eu le bonheur d’être aimé d'elle. Malheureusement il n'en a pas été ainsi, A quoi bon revenir sur ce sujet ? Ce qui est fait est fait...
—Soit, répliqua Laven: ‘, indis ce serment prêté par nous quatre, si nous ne le brisons, nous pouvons au moins le modifier, Si Vilers a été corpable, je confesse, moi, pour ma part, que je le suis aussi, J'ai manqué d’indulgence envers lPamour parlagé j'ai mis mon égoïsme à la place du devoir. Quand j'ai tiré l'épée pour tuer Vilers, faut-il le dire? c'était presque plutôt pour mon propre comple que pour celui de tous.
Et ce que j’ai fait, avouez-le, Messieurs, vous auriez fait aussi...
—Où veux-tu en venir ? interrompit Maurevailles.
— À ceci, que si Vilers renonce à un bonheur que nous seuls avons Je droit de ne pas appeler légitime, nous ne devons pas être en reste de sacrifice avec lui. Je voudrais done qu'avec le bulletin portant son nom. chacun de nous mit un bulletin blanc... Si ce bulletin blanc sort, le statu quo subsiste... Vilers, lavé de sa faute. reprend sa femme. Nous, sans avoir le droit de l’accuser, comme
aut fra ma not con
ia
RSI
eau, qui 1y se ra-
j'ai des
serment, me que heur de rien de sard
me coup rie ?
t loyaux
d’être ainsi, A fuit...
rêté par 1 moins se, moi, d’indulme à la Vilers, propre
lauriez
Iles.
1e nous 1ous ne oudrais cun de ne sort, reprend comme
autrefois, nous continuons la lutte, et loyalement, sans fraude ni tromperie, nous essayons de reconquérir la marquise, nous aidant mutuellement et gardant entre nous trois les conditions passées, Que dites-vous de mon compromis ?
— (est pente subtil, dit Marc de Lacy en souriant, mais qu'importe! Pour ma part, j'accepte.
—.Paccepte aussi, dit Maurevailles.
— Et toi, Vilers?
— Je suis à votre disposition. Ce que vous déciderez sera loi pour moi.
— Va donc pour les huit billets! s’écria Lavenay. Et à la justice de Dieu!
!l'arracha de nouvelles pages des tablettes de Maurevailles, les plia méticuleusement et mit quatre bulletius blancs dans le chapeau où se trouvaient déja les quatre noms.
—Mais qui va tirer, cette fois? demanda Marc de Lacy.
— (est vrai, nous ne pouvons pas aller demander à la marquise, que le magnat a sans doute placée sous bonne garde,
— Hé! il ne faudrait pas nous en défier. Sa garde et lui ne nous empécheraient pas, si nous le xoulions bién, d'arriver jusqu’à la prisonnière,
—Messieurs, dit le marquis de Vilers, vous avez oublié que je ne dois pas revoir la marquise avant que le sort ait décidé...
—('est vrai, mais, encore une fois, comment faire ?
— Attendez, dit Maurevailles.
IT alla ouvrir la porte et parcourut du regard les couloire,
Au loin apparaissait un groupe qui semblait se diriger vers la pièce où se trouvaient réunis les quatre Hommes Rouges. Au centre de ce groupe était Réjane..….
Réjane qui venait de se lever, ignorante de tous les
événements de cette nuit si terrible et si remplie, et qui, à peine levée, se rendait entourée de muets et de muettes dans les appartements de sa soeur, Maurevailles S'AvANnGÇ: Jusqu'à elle,
En le voyant, elle tressaillit, mais avec une exquise
politesse, il la supplia de vouloir bien se déranger un instant de sa route pour leur rendre un service. Lequel? demanda la jeune fille en souriant.
—Celui de plonger votre petite main dans le chapeau que tient mon ami M. de Lavenay, et d'en retirer un des billets qui s’y trouvent,
— Une loterie, alors? dit Réjane,
—Justement, C’est bien facile, vous Je voyez,
Aux muets qui laccompagnaient, Réjane fit signe de rester dans le couloir et, par la porte grande ouverte, pénétra dans la pièce,
En la voyant entrer, M. de Vilers s'était voilé le visage d’un pan de son manteau. Elle ne le reconnut pas.
Gaston de Lavenay lui présenta le chapeau qui contenait les billets. Elle en prit un qu’elle allait lui tendre quand, se ravisant :
— Et l'enjeu, quel est l'enjeu ? demanda-t-elle.
L'impatience des quatre Hommes Rouges était indescriptible, Quel était ce billet que Réjane tenait entre ses doigts effilés? Portait-il un nom et lequel ?
IS durent se contenir pour ne pas l'arracher des mains de da jeune fille,
Et elle, jouant avec leur impatience, ne se pressait pas, insistant pour savoir ce qu'aurait le gagnant...
— Mademoiselle, dit Lavenay, prenant un parti, de ce billet dépendra peut-être la vie où la mort de l’un de nous...
— Ah! mon Dieu! s'écria Réjane épouvantée.
Elle déplia le billet et lut tout haut: MAUREVAIL- LES !
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