‹ Le serment des hommes rouges [microforme]Chapitre 62 sur 66 · PE CINE UP EE · texte numérisé non relu

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Celui-ci le reçut couché et lui demanda, tout ému. ce

Las A qui pouvait nécessiter une visite si pressée, 5 Goliath le mit promptement au courant de la situation.

Lo —Je viens à vous tout d’abord, dit-il en terminant, nire parce que est vous qui m'emplissez la poche et que ns vous êtes le premier à qui je doive compte de mes ae- Fais tions. Mais n’êtes-vous pas d'avis que je devrais aussi “vu aller tout dire à mon brave ami, mon lieutenant, M: Tony? Y consentez-vous ?

es “ —Si j'y consens, morbleu! s’écria le baron en sau- : tant à bas de son lit, mais c'est-à-dire que je le veux absolument. Nous allons même y aller ensemble. . Comtois, Lapierre! qu'on m’habille au plus vite et qu’on 5 #4 fasse atteler !

Les valets s'empressèrent d'obéir. Le baron se vêtit à la hâte, dre —Tony ne sera de trop dans une expédition, dit-il en it de ceignant son épée et en se préparant à partir. Allons, . petit, Yes-tu? Va voir si ces fénéants ont attelé,

Le carrosse était dans la cour. Goliath essaya de se an u hisser à côté du cocher. Le baron le retint par le bras. OUT : So

k —Non pas, non pas, mon brave, dit-il, monte avec

se moi. Je n'ai peut-être pas bien saisi tout ce que tu ss L m'as raconté tout à l'heure, j'étais à demi endormi ena à core. Reprends de nouveau ton récit et n’épargne pas 4 les détails, — Le nain, tout confus, se blottit dans un coin du car- Rene . rosse, n'osant bouger, se k Cependant, au bout de quelques minutes, il se remit por de son émotion en se disant que l'honneur qui lui était ; fait, était, au bout du compte, bien dû à son intelligenbd ce. Puis, profitant de autorisation qui lui était oc 48 re troyée de donner des détails, il raconta minutieusement .. l'affaire, sans en oublier un seul incident. au-

—(C’est inouï, disait le baron. Pourquoi Vilers se cacherait-il ainsi de sa femme?... Et ces paroles à Réjane? II faut éclaircir tout cela !...

On arriva chez Tony, qu'il fallut aussi éveiller. Il ne fut pas moins stupéfait que le baron.

—Si c'est le baron, se disait-il lui aussi, pourquoi se cache--11 7 Ah! nous le forcerons bien à se montrer... Est<e sa faute si jamais la mort n'a voulu de lui? Personne ne la plus bravement affrontée, personne ne s'est mieux battu...

—Mais peut-être cet homme n'est-il point Vilers ?.. Si c'était Maurevailles ou Lacy que Goliath aurait pris pour le marquis!... Monbleu !mon épée déjà s'ennuie !

Ils discutèrent longuement sur le parti à prendre, il fut convenu qu'on attendrait la tombée de la nuit pour éclaireir le mystère.

En attendant, comme le baron ne voulait pas se montrer dans Paris, Goliath alla commander un déjeuner qu'il servit dans la chambre même de Tony.

La journée se passa en hypothèses et en projets. Le soir venu, on allait partir, quand le baron demanda tout à coup:

—Dites done, Tony, et ces braves gens qui, au camp, vous croyant mort, étaient venus me demander de faire prier pour vous ?

—La Rose, le Normand et Pivoine ?dit en souriant l'ancien commis à maine Toinon.

Justement. Que sont-ils devenus? Sont-ils à Paris ?

Oui. Nous pourrions les trouver à leur caserne, à deux pas d'ici.

Si nous les prenions en passant. On ne sait pas ce qui peut advenir. Ni l’homme qu'a vu Goliath avait avec jui des ais où des spadassins !. .. Nous avons be-

oin d'être en force, ne fût-ce que pour placer des sen-

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tinelles à toutes les issues, afin qu'il ne nous échappe pas.

—Je ne demande pas mieux, dit Tony. Attendezmoi un Instant, je vais les prévenir.

Quelques minutes après, les trois gardes-françaises arrivaient.

En route! dit le baron.

— Pardon, fit observer le nain. Je ne vais pas avee vous, moi.

—('omment cela, tu nous abandonnes ?

—\on, mais je vais opérer de mon côté... J'ai aussi

mes hommes à diriger, moi.

[1 disait cela avec orgueil. On sentait l'importance qu'il avait dans l'affaire.

—Soit, dit le baron. A tout à l'heure.

—A tout à l'heure, sur le quai, derrière les jardins!

La nuit était tout à fait venue.

Le baron, Tony et les trois gardes-françaises, tous armés, étaient échelonnés dans l'ombre, le long du mur des jardins de Vilers.

Sur la berge, se dissimulaient de leur mieux, les exempts de La Rivière attendant pour marcher le signal de Goliath, qui, hui, veillait près de la petite porte.

Enfin, Maurevailles enveloppé dans son manteau savançait avec précaution, tandis qu'à vingt pas derrière lui, Mare de Fac, l’épiant, réglait sa marche sur la sienne,

On allait se trouver en présence.

La nuit était venue; une nuit d'hiver, froide et noire.

Maurevailles, impatient d'en finir, avait devancé l'heure accoutuimée. TT attendit dans ie vieux kiosque la visite de Réjane.

Comme 1! l'avait dit à Marc de Lacy, il touchait au

but, et, cette fois, il espérait bien qu'aucun obstacle ne viendrait se dresser devant lui pour l'arrêter.

Aussi était-il dans un état d’agitation fébrile.

——Si elle n'allait pas venir... se disait-il; si nos rendez-vous avaient été surpris!... si on la surveillait !..,

Un bruit de pas légers se fit entendre, la jeune fille apparut.

—Enfin! ne put s'empêcher de s’écrier le chevalier.

—Ah! mon ami, ne me grondez pas, dit Réjane avee émotion. (Ce n'est qu'avec beaucoup de peine que jai pu parvenir à m'échapper. Ma soeur souffre horriblement et les médecins sont là autour d'elle. Ils disent que l’enfant peut venir au monde d’un instant à l’autre. Toute la maison est sur pied; je ne pouvais m'éloigner sans risquer d'être aperçue...

La figure de Maurevailles se rassénéra.

—Qui songe À vous accuser, mon doux ange ? ditAl en mettant dans sa voix toute la séduction possible. Ne sais-je pas combien est difficile notre situation à tous deux? Et cela par ma faute, par suite de ma folie passée !... Ah! si queiqu’un mérite un blâme, ce n’est pas vous, Réjane, c’est moi!...

—Ne parlez pas ainsi, Albert. Ne vous ai-je pas accordé sans restriction votre pardon ?

Mon pardon dont j'étais indigne, mais que je tiens

à mériter en vous rendant à vous et à votre sœur un important service... Car il ne faut pas oublier, Réjane, que nous avons un devoir à remplir...

Je ne l’oublie pas, mon ami. La nourrice est là, prête à recevoir l'enfant. Mais elle nous est acquise. Aussitôt qu'elle aura l'enfant, elle m’avertira: elle sait qu’elle doit m’accompagner jusqu'ici pour le remettre entre les mains d’un cavalier....

Etes-vous sûre de la discrétion de cette femme? s’écria Maurevailles effravé.

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dit-1l e. Ne à tous : folie e n'est

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est là, cquise.

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pnime ?

— Absolument sûre. Je l’ai achetée par des présents, et elle a la promesse d’une bonne récompense, si nous réussissons.

— Fort bien. Que Dieu nous protège dans cette entreprise. Le bonheur de tous en dépend.

—Mais vous, Albert, vous me répondez en retour que toutes vos précautions sont prises pour que l'enfant ne coure aucun danger ?

—Ÿ pensez-vous, Réjane ?... Compromettrais-je par une imprudence tout un avenir d’amour et de bonheur ?

Pendant que Maurevaïlles causait avec Réjane, les exempts, postés aux alentours du jardin, se deinandaient quelles pouvaient bien être les ombres qu'ils voyaient rôder aux environs.

Cependant, comme aucune de ces ombres ne paraissait avoir l’intention d'entrer et que leur mission à eux consistait surtout à surveiller la porte, ils se dirent que, la marquise étant sur le point d’accoucher, ils avaient peut-être affaire à des curieux ou à des amis attendant l'événement.

Goliath, qui savait à quoi s’en tenir et qui avait recu de La Rivière 1ù haute main sur cette expédition, las rassura sur € sujet et les confirma dans cette idée.

Les ombres, du reste, ne tardèrent pas à diminuer et à s’écl'pser tout à fait.

Le baron de Chartille ++ ses amis s'étaient en effet concertés. Ils avaient eu d'aord l’idée d'agir ensemble. Mais ils avaient promyiement reconnu que c'était là une chose impraticable.

Ne sachant en aucune façon ce qui se passait et à qui ils avaient affaire, songeant que l’imprévn peut à tout instant modifier le plan le mieux concu, ils décidèrent d’asir isolément.

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Pivoine, le Normand et La Rose furent renvoyés aux Armes de Bretagne, avec consigne d'avoir l’oreille au guet et de se tenir prêts au premier signal.

Le baron qui pouvait officiellement pénétrer dans l'hôtel, se chargea de veiller dans une des pièces voisines de la chambre de la marquise.

Le nain retourna avec les exempts, afin de pouvoir, au besoin, les mettre au service du baron et de ses amis, et les empêcher, au contraire, d'intervenir au cas où on aurait intérêt à ce que la police ne se méêlàt pas de ce qui se passerait.

Quant à Tonv. il demanda à être partout à la fois, et pour commencer, entrant avec le baron par la grande porte, il se rendit dans le jardin afin de faire une ronde intérieure, tandis que les exempts, restés seuls sur le quai avec Goliath, faisaient la surveillance à l'extérieu”.

Se rappelant ce que lui avait dit le nain, au sujet du vieux kiosque, ce fut là qu'il porta d’abord ses pas.

Maurevailles et Réjane qui causaient à ‘demi-voix l’'entendirent :

—On vient, s'écria la jeune fille, je suis perdue!

Maurevailles tira son épée.

—Pour arriver jusqu’à vous, il faudra passer sur mon corps! dit-il résolument.

—Chut!... attendez... on s'arrête...

Tony s’arrêtait, en effet, à la porte du kiosque. TI la poussa doucement et sentit qu'elle résistait. [gnorant si elle était fermée d'habitude, il s’approcha et prêta l'oreille.

Il n’entendit rien.

Allons! se dit-il, il n°v a encore personne là. Pentêtre ne sera-ce que pour plus tard.

Réjane et Maurevaïlles l'entendirent s'éloigner.

—On me cherche! murmura Réjane avec désespoir. Mon Dieu, on se sera aperçu de mon absence !

Non, dit le chevalier, rassurez-vous, c’est quelque

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