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jardinier qui fait sa ronde, Profitons de son départ pour nous séparer avant qu’il revienne.
—Oui, car je suis inquiète de ma soeur!
—C'es juste, courez vite... mais n'oubliez pas nos conventions,
—Non, certes: où vous trouverai-je ?.., ici?
—Non... à la petite porte. Je la tiendrai entrebâillée. Aussitit que vous m’aurez remis l'enfant, je courrai le porter en lieu sûr.
-—C'est convenu... au revoir.
Réjane s'élança à travers de jardin, mais pas assez vite pour que Tony, du bout de l'allée, ne l’aperçût.
IT courut après elle et la rejoignit.
—Vous, Réjane, ici? s’écria-t-il en la reconnaissant.
—Silnece, je vous en supplie! .. murmura-t-elle en tombant à genoux.
—Malheureuse enfant, d'où venez-vous? ou plutôt avec qui étiez-vous dans ce kiosque où chaque soir un homme se rend pour vous trouver !...
— Grâce, au nom du ciel, ne me trahissez pas, ne me perdez pas, dit Réjane.
—Vous trahir, vous perdre, Réjane! Je viens au contraire pour vous sauver... de vous-même peut-être, pauvre enfant,
—Alors, laissez-moi rejoindre au plus vite ma soeur qui souffre et qui m'appelle,
— Votre soeur? C'est sur elle que je venais veiller: mais, Réjane, vous ne m'avez pas dit avec qui vous étiez dans ce kiosque tout à l'heure...
—Dans ce kiosque, j’étais seule...
—Ne cherchez pas à me tromper... ce serait inutile. Votre voix dément ce que dit votre bouche... Je le eais. un homme vient ici chaque soir... un homme avec qui vous étiez enfermée... Réjane, quel est cet homme ? —Je ne puis le dire. ..
— Vous pouvez me le dire, à moi, dont vous connais-
pe.
sez le dévouement à votre famille, à moi qui donnerai: mon sang pour vous et pour votre soeur... Réjane, ce secret est donc bien coupable, puisque vous ne pouvez le faire connaître ?
ia jeune fille baiïsea la tête sans répondre,
— Écoutez, reprit Tony, sur mon salut éternel, je ne révélerai pas ce nom que vous allez me confier ; mais : faut absolument, il faut que je le connaisse,
Nouveau silence,
—Si vous ne voulez pas, si vous ne pouvez pas me le dire, venez le faire connaître au moins à un homme à qui vous devez n'avoir rien à cacher. Le baron de Chartille est là ; je vais vous conduire à Jui...
— Ah! à lui moins qu'à tout autre, s’écria Réjane défaillante. Monsieur, je vous supplie, ne lui dites rien, au nom de Dieu!...
—Eh bien, le nom de cet homme ?
—Je ne puis le dire...
—Je vais done aller le lui demander à lui, s'écria Tony ; car il est resté 1à à vous attendre sans doute. Il aura, comme tout à l'heure, fermé la porte ; mais je sauai bien la lui faire ouvrir!...
Et sans écouter les supplications de Réjane, demi folle de douleur +t de frayeur, Tony s’élança vers le kiosque et er :e:oussa violemment la porte.
Le kiosque tait vide.
Presque en ième temps que Réjane, Maurevaille: était sorti et, pendant que Tony courait après la jeune fille, le chevalier avait gagné la petite porte du jardin. I louvrit rapidement, la referma sur lui... et se trouva én face de... Mare de Laery.
—Ah! tu ne m'attendais pas, lui dit Marc en jouissant de son effarement.
—Que viens-tu faire ici? demanda Maurevailles.
—Savoir quelles menées tu me caches avec tant de
soin depuis quelque temps, et jue je vais enfin connaître,
De quel droit? Notre pacte ne te lie-t-il pas à moi €! i-je pas de par Le sort to d'employer pour ar: ver à marquise les moye ne semblent bons :
—C est vrai, mais ces moyens, moi, je veux con naïtre.
Et moi, je me refuse à te les apprendre. J'ai le droit de requérir ton aide, j'ai celui de m'en passer. — Tu médites quelque infamie —Que t’importe ?
Il importe si bien que je veux t'en empêcher.
Ah! tu veux, toi aussi, t Ne.
—Je ne veux pas m'associer lâcheté!...
—C'est un mot qui, sans no umitié et notre ser-
ment, t’aurait déjà coûté cher, dit Maurevailles avec ironie,
Notre amitié, je la brise; quant à notre serment. il ne: ôte pas le droit de te passer mon épée au travers du ps'... s'écria Lacy furieux.
Ah! nous en sommes là ?
—Oui, parle ou mets-toi en garde. 1H faut en finir.
Mais Maurevailles, tout en parlant, était resté appuyé contre la petite porte, et passant la main derrière le dos, il avait mis la clef dans la serrure. I] la tourna tout doucement ; la porte s’ouvrit et il s’engouffra tout à coup dans le jardin.
Lacy voulut le suivre; il se buta contre la porte refermée violemment sur lui,
Un instant il eut l’idée d’enfoncer cette porte, mais elle semblait solide, et il réfléchit que le bruit qu'il ferait pourrait attirer les sens de l'hôtel. qui, infaïlliblement, [ui supposeraient le mauvaises intentions.
Furieux néanmoins, et ne voulant pas se laisser jouer
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par Maurevailles, il chercha, comme autrefois Tony, un point de la muraille qu’on pût facilement escalader.
Le vieil arbre était toujours là, offrant sa branche; Lacy la saisit et sauta dans le jardin. Puis il s’élança à la poursuite de son ancien ami.
Celui-ci, stupéfait de le voir reparaître, voulut lever l’épée contre lui. Mais Lacy, qui avait détaché son manteau, le jeta comme un filet sur le chevalier et l’en enveloppa.
Maurevailles, abasourdi, essaya vainement de se débattre, les plis du manteau lenserraient et paralysaient ses mouvements.
Profitant du moment, Lacy l’enleva comme un paquet et, malgré ses efforts, l’emporta jusqu'au vieux kiosque.
Là, il lâcha les deux bouts du manteau. Maurevailles roula à terre tout meurtri.
Refermant alors la porte du kiosque sur le chevalier réduit à l'impuissance, Lacy se dirigea vers la petite porte du jardin, afin de l’entre-bâiller pour se ménager une issue en cas de surprise...
Mais au moment où il y arrivait, deux hommes apparurent sur la crête du mur.
Lacy n'eut que le temps de se jeter de côté pour se cacher derrière un arbre.
Les deux hommes sautèrent dans le jardin, et derriére eux, sur le mur, en surgirent deux autres.
En même temps, du côté de l’hôtel, Lacy vit briller des torches et aperçut un groupe de gens armés, au milieu des quels dominait la haute stature du baron de Chartille...
C'était le nain, toujours le nain, qui, de son poste l'observation, avait vu la querelle de Lacy et de Mau-
Il s'était empressé d’avertir les exempts et l’un d'eux avait couru chercher les gardes-françaises auxArmes de