‹ Le serment des hommes rouges [microforme]Chapitre 64 sur 66 · RES · texte numérisé non relu

RES

te Bretagne, tandis que l’autre allait prévenir le baron de Chartille à l'hôtel.

»: Bref, Tony et La Rose venaient de sauter dans le a jardin.

' Le Normand et Pivoine gardaient la muraille, prêts + j à leur prêter main-forte au besoin.

fie À A l’extérieur, Goliath et les exempts surveillaient la n- ! la petite porte et tout le quai.

Enfin, le baron de Chartille arrivait à la tête des ke gens de l'hôtel pour organiser une battue. nt Lacy ne pouvait échapper.

de , sur ter) 1x

Et à l'instant même où la poursuite allait commen- 1- cer, la marquise mettait au monde un fils...

Féjane s’enfuyant tout émue, était arrivée à l’hôtel juste au moment où l'enfant de Vilers naissait à la vie.

Effrayée de la poursuite dont elle venait d’être l’objet, terrifiée de la rencontre de Tacy qu’elle croyait son mortel ennemi et dont la présence dans le jardin à pareille heure, justifiait les accusations de Maurevailles, elle ne songeait qu'à s'emparer de cet enfant pour le mettre en sûreté.

N’attendant pas la nourrice qui devait l’accompagner, elle profita du moment où tout le monde s’empressait autour d'Haydée; elle saisit ie nouveau-né et s’enfuit avec lui.

Dans le jardin, le baron dé Chartille, Tony et les gardes-françaises marchaïent, l’épée nue d’une main, une torche flamboyante de l’autre. Réjane s’occupa surtout de les éviter, et, chargée de son précieux fardeau, elle put, en suivant les murs tout autour du pare, arriver sans encombre à la petite norte.

Ah, le coeur lui battait bie: rt. Si Maurevailles n'avait pas eu le temps de se su:ver? Si l'enfant au salut duquel elle se dévouait allait tomber entre les mains de son morte enne:ni ?

Cependant il fallait se presser ; les lueurs des torches se rapprochaient. Dans quelques minutes, le baron et ses amis allaient arriver près «elle.

Elle se hasarda à frapper doucement à la petite

porte.

Cette porte s’ouvrit à demi.

— Etes-vous là? murmura faiblement Réjane.

—J’'y suis, répondit une voix.

En même temps, sur le seuil, un homme apparut, enveloppé d’un manteau rouge.

Réjane ne douta pas que ce ne fut Maurevailles; lui seul avait la clef de cette porte.

Elle donna l'enfant et voulut s'enfuir, en rasant les maisons, comme elle était venue.

Mais, à peine la porte fut-elle refermée, qu'un bruit la fit tressaillir.

De l’autre côté de la petite porte, elle entendit le bruit des pas de plusieurs hommes, un cri étouffé, puis un cliquetis d’épées.

Haletante, Réjane se colla contre la porte. Un homme était là, acculé dans l’'embrasure, se défendant contre plusieurs autre.

Maurevailles avait done été attaqué au dehors!

Mais la lutte ne dura pas longtemps. Bientôt elle entendit plusieurs voix s’écrier :

— Nous le tenons.

—Ce n’a pas été sans peine...

—-Ne lui faites pas de mal, mais ne le laissez pas échapper cette fois! dit une voix grêle.

Il n’y avait pas à en douter. Maurevailles ne pouvant se défendre à son aise, paralysé par l’enfant qu’il tenait dans ses bras et qu'il était obligé de protéger de son Corps, avait été arrêté par les gens du dehors, probablement par des sbires de Lacy….

L'enfant était tombé entre les mains d’un traître!

Eperdue à cette pensée, Réjane s'enfuit comme une folle à travers du jardin et courut se réfugier dans sa chambre au second étage de l’hôtel.

Mais, comme elle venait d’ y arriver pantelante, folle

ŒIiIrr < 7 LIU

de désespoir, dans tout l’hôtel de Vilers un cri de déso-

lation retentit :

—L’enfant a disparu, l'enfant a été enlevé!.

—Mort de ma vie! dit le vieux baron, ce bandit a accompli son crime! [1 est dans le jardin. 11 nous le faut mort ou vif!

Et la battue recommença plus ardente encore, sous les yeux de Réjane à demi tuée.

Cependant elle se disait que si la malédiction de Dieu avait voulu que l'enfant fût pris par les hommes de Lacy, au moins Maurevailles était sauf. Elle avait entendu quelqu'un, qui devait être un chef, donner l’ordre de lépargner, de ne pas lui faire de mal...

—Maurevailles vivant, disait-elle, Maurevailles, connaissant les projets de Lacy, déjouera ses menées et protégera ma soeur...

Mais tout à coup dans le jardin, des cris de triomphe la terrifièrent,

—Par ici! par ici! criait Tony, nous le tenons.

—Ne le laissez pas échapper cette fois, répondit le baron. Il faut en finir avec le tourmenteur de femmes.

A la lueur des torches flamboyantes, Réjane vit au Join l'homme au manteau rouge serré de près par les gardes-françaises, tandis que Tony et le baron se préparaient à lui couper la retraite.

—Ah! se dit la pauvre Réjane. (C’est Maurevailles qui a pu échapper à ses ennemis, et qui accourait nous prévenir de la perte de l'enfant! Il va être victime de son dévouement.

Elle eut un mouvement pour courir se jeter entre lui et ses bourreaux. Elle voulait embrasser les genoux du baron, lui avouer tout, justifier son amant, proclamer qu'il était le plus noble des honnñes...

Mais l’homme au manteau rouge avait fait un effort désespéré. Passant entre Tony et le baron, non sans laisser à leurs épées des lambeaux de sa chair, il s’enfuit du côté de l'hôtel.

—Ah !Dieu est juste, il s'échappe. Il va se réfugier ici! dit Réjane,

ont

ACs le

sous

hieu s de

enl’or-

20npro-

phe

bames.

au les pré-

illes nous e de

» Jui OUX >cla-

fort sans sen-

gier

—Mort Dieu! je ne suis plus bon à rien! hurla le vieux baron avec coière, Allons, Tony, vous qui êtes jeune, des jambes, morbleu! des jambes !

La poursuite recommenca de plus belle,

Ce n'était pas Maurevailles que le baron et les vardes françaises traquaient ainsi.

C'était Mare de Lacy. ù

On se rappelle que Mare, après avoir porté Maurefailles dans le kiosque, av’ cherché à se sauver et avait été obligé, par l’arrivée des exempts, à se cacher. Les gardes l'avaient débusqué près du kiosque.

Il avait pu leur échapper au premier moinent. Mais ils le serraient de près et, la nouvelle de l'enlèvement de l’enfant les rendant furieux, ils étaient décidés à l'avoir à tout prix.

Lacy s’enfuyant au hasard, à travers les allées, avriva bientôt jusqu’auprès de l'hôtel, presque sous la fenôtre où se tenait Réjane.

Là, sa retraite lui était coupée une seconde fois.

—Misérable ! s'écria Tony en arrivant le premier sur lui. Où est l’enfant ?

—Lenfant ? dit Lacy surpris, car il était certain que Maurevailles, enfermé par lui dans le vieux kiosque, n’avait pu accomplir le rapt.

—Oui, l'enfant de Vilers, que tu viens d’enlever. Rends-le, si tu tiens à la vie,

—Sur mon salut éternel, je vous jure que je ne l’ai pas !

—Allons donc! dit le baron de Chartille qui arrivait à son tour. Pas de subterfuges, monsieur, vous vous êtes déjà joué de moi au camp devant Namur ; mais je vous ai montré qu’on ne se moquait pas de moi impunément. Répondez catégoriquement: Qu’avez-vous fait de cet enfant ?

Lacy était entouré complètement, La Rose, le Nor-

Be re es. —

# Ge CL

Sr. GO ae

Page 1