‹ Le serment du Jeu de paume: fac-similé du texte et des signatures d'après le procès-verbalChapitre 12 sur 76 · Arch. nat. Bill · texte numérisé non relu

Arch. nat. Bill

3. Voir en particulier Tarrôté du Comité du 24 fructidor an II, déléguant deux députés auprès de Tallien qui venait d'être Tobjet d'une tenUtive d'assassinat (Arch. nat., F. 8/4540, pièce 22).

XXVI INTRODUCTION

L'Assemblée nationale n'avait autorisé les suppléants et les députés non jugés à signer le serment, que parce qu'elle supposait que, le cas échéant, ils pouvaient avoir qualité pour travailler à la Constitution rêvée.

Collombel n'ayant aucune sorte de pouvoir, la présence de sa signature au Jeu de Paume constitue donc un de ces petits problèmes d'histoire impossibles à résoudre. Que fut au ro juin, le futur conventionnel ? Vraisemblablement un brave homme, qui crut en danger la cause de la liberté, et qui se figura que le péril commun justifiait toutes les adhésions et toutes les audaces. Les Collombel à ce moment-là formaient légion.

OUVRAGES DIVERS. — l'aBBÉ d'aURIBEAU. — LES DÉPUTÉS SUR TROIS RANGS. — LE SERMENT DU JEU DE PAUME A LA DATE DU 2} JUIN. — LE COMTE D'aNTRAI- GUES PAR M.L.PINGAUD. — LE DICTIONNAIRE DES PARLEMENTAIRES, DE ROBERT. — LES SOUVENIRS DU COMTE DE VIRIEU, PAR M. LE MARQUIS COSTA DE BEAU- REGARD. — LE JOURNAL DE L*ABBÉ JALLET. — REMISE DES POUVOIRS DES DÉPUTÉS DU CLERGÉ AUX COMMUNES AVANT LE 20 JUIN. — ÉTUDE COMPARA- TIVE DES SIGNATURES.

Il serait impossible, même en donnant à ce travail des proportions inusitées, de résumer les erreurs sans nombre qui ont été répandues sur les actes de la Constituante, particulièrement à cette période si décisive pour nos libertés. Quelques-unes dépassent les bornes de la vraisemblance.

Un auteur qui a raconté par le menu les « principales opérations de la majorité des États généraux, se disant Assemblée nationale Constituante », l'abbé d' Auribeau, a cru, par exemple, que, à l'assemblée d'ouverture des États, les membres des trois ordres se tenaient sur trois rangs, et il raconte le plus sérieusement du monde que les membres du tiers état « s'obstinèrent opiniâtrement à rester sur le premier rang », et qu'alors, « M. de Brezé, pour réparer autant qu'il était en lui leur manque d'égards et de convenance, fit adroi^ ment transporter^ le second rang et le troisième en avant, de manière que le tiers état se trouva, malgré lui, à la seule place

INTRODUCTION xxtii

qui lui convînt dans une pareille assemblée » '. Une telle citation dispense de discuter ce qui, dans cet ouvrage, concerne le serment.

Ce n'est pas sans surprise, cependant, que Ton remarque de nos jours les plus singulières méprises dans des livres qui sembleraient à l'abri d'inexactitudes. L'auteur d'un travail sur le comte d'AntraigueSy qui, récemment, n'a pas été sans faire quelque bruit, place le serment du Jeu de Paume au 23 juin 1789 *. L*erreur pourrait être mise au compte d'une coquille, si on ne lisait, quelques pages plus haut : « On sait les événements qui suivirent ; la constitution des communes en Assemblée nationale, la protestation de la Chambre

de la noblesse, la déclaration royale du 23 et enfin le Serment

du feu de Paume (p. 68). » C'est la réédition d'une confusion faite par Robert^ dans la notice consacrée au marquis de Brezé : « A la séance du 28 (23), le roi enjoignit aux députés de se retirer immé* diatement ; la noblesse et le clergé obéirent, mais les députés du tiers et ceux qui s*étaient déjà réunis à eux restèrent à leur place, et Mirabeau leur fit jurer de ne pas se séparer avant d* avoir donné une Constitution à la France '. »

Les erreurs qui visent de faux signataires du serment sont peutêtre plus nombreuses encore que celles qui ne s'appliquent qu'aux faits. M. le marquis Costa de Beauregard a publié récemment, non pas les mémoires du comte de Virieu, mais une histoire anecdotique de sa vie écrite à l'aide de lettres particulières et de documents divers*. On lit dans cet ouvrage (p. 120) : « Pressé, bousculé, haletant, Virieu qui, dès le 6 mai, avait dans la première séance de la

1. Mémoires pour servir à V histoire de la persécution française^ recueillis par Us ordres de N. T, S. P. le Pape Pie VI, et dédiés à S. S. par M. Tabbé d'Hesmivy-d'Auribeau^ archidiacre et vicaire de Digne. Rome, 1794, 2 vol.in-8* (Bibl. nat. L' 3/165) [t. I, p. 148]. On lit quelques pages plus loin que u MM. les évèques d*Ypres et de Tournai siégèrent à TAssemblée tant qu*elle tint ses séances à Versailles ; à Paris, elle décida que ces prélats, étant sujets d'une puissance étrangère, ne devaient plus être admis ». La décision de TAssemblée qui annula les électioDS des évèques étant du 20 juillet 1789, il est permis de se demander à quelle date Tauteur place le retour de l'Assemblée dans la capitale.

2. Un agent secret sous la Révolution: le comte d'Antraigues^ par M. L. Pingaud. Pion et Nourrit, 1893, in-8, p. 131.

3. Dict, des parlementaires, t. II, p. 409. Dans une série de notes anonymes sur les Constituants conservées à Bibl. nat., on lit de même : « Ce fut alors que M. de Brezé, grand maître des cérémonies, leur intima Tordre d'évacuer la salle et qu^eut lieu la mémorable retraite des députés au Jeu de Paume. » (Mss. nouv. acq. fr., n* 5050. Note sur le duc de La Rochefoucauld,)

4. Le roman d*un royaliste sous la révolution. Souvenirs du comte de Virieu, Pion, 1892, 2 Yol, in-8*.

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