‹ Le serment du Jeu de paume: fac-similé du texte et des signatures d'après le procès-verbalChapitre 13 sur 76 · XXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVIII INTRODUCTION

noblesse nettement déclaré qu'il ne reconnaissait d'autre juge de ses pouvoirs que les trois ordres réunis, entrait un des premiers au feu de Paume pour prêter ce serment fameux que Mounier repentant qualifiait plus tard d*attentat contre la Monarchie. » Si M. CosU de Beauregard avait eu sous les yeux les planches que nous publions, il n'aurait pu commettre une semblable méprise, en opposition avec les faits le nom de Virieu ne figurant sur aucune liste publiée jusqu'à ce jour et avec ITiistoire. Aucun député de la noblesse, nous l'avons déjà dit, ne parut à l'Assemblée nationale avant le 22 juin. Les acclamations qui accueillirent ce jour-là le marquis de Blacons et le comte d'Agoult témoignent de l'enthousiasme qui eût accueilli le comte de \'îrieu ; une séparation aussi éclatante eût provoqué, d'autre part, les protestations de la Chambre de la noblesse : on ne trouve aucune trace de manifestations de ce genre concernant de \Trieu. Le député daupEinois mérita, par la noblesse de son caractère, l'estime de ses plus violents adversaires, et ceux mêmes qui ne partagent pas ses doctrines doivent regretter que ses souvenirs aient été transmît à la postérité défigurés par de nombreuses inexactitudes *.

Un autre gnenre d'erreurs provient d'ouvrages écrits au temps même de la Révolution par des hommes au-dessus de tout soupçon, et se trouve par suite difficile à déierminer. L'abbé Jallet, par exemple (n* 479. a laissé mu Journal * dans lequel on lit. propos de la séance du 20 juin vP- 95 1^^ lignes suivantes : » H ny avait de curés que M.Lecesrc.M D:uon^ M, Grégoire et moi. MM, Clerget et foubcrty vinrent dans rapr>s-m:di, * L'abbé Jallet mourut en 1791 ; l'époque où son journal fii: êrri:. sans être fixée, se trouve

I. L'auteur du Roman «Tare rc^alisit corfcod as débet de son liTre les deux journées ce? 4 et 5 mai. c'e<t-à-^re la priv«ss:cn des Etats çêiiéranx et rouTcrturc. Une autre phrase de son Lvre la.'^ztDe :e pe^ de siretê de sa méthode. On lit (p. 117' : «. On nazai: fzs i^zsmZf /cv^/ sa: I7>^ Za fcrmml^ ^m^ 2^ silemcs des peuples est 7j *V,\ik dfs ^-cîs. » La vrwai.V se trouredass VOr^issm fumèhre de Louis XV, le b:eK-Js:^è, f*-*- «*"€.-/ J^%s rif^ise Sr rj^'hsre rsyxZe d£ Satmt" Dtnis. Je «7 fuillet ty'^j. fj^ wKessz'-e 7.-5, Ci^'-.V^-.VjrrrV de Be-xmrais^ èveque de Sene^ Pans. Desprei. :--4, ia-i'. p. 55 . Le mot fat repris dans la séance deTAssemblce caiionale d^ :^ -;:illet :*2c. les urs âîseat par 3firabeau. d*autres par rêTèq-e de Chartres, L'erècue de Seaer c:z: arait été éla dépnté aux Etats p.ir la préTÔté de Paris h.-*rs-Ie*-z:^rs, n'ea êtaLÏt pe^a-étre Ininmème que le réédite ur.

2. Journal de Jallet f'i.K;/ ^j*- .V. S^ezte. Fv-^ztecaT-ie^oaiîe, i5*i. is-S». On y trouve cette note : ». Jour:: al i=ê>d;t de ce c-i s*est passe daas 1a chambre du Clerg^é. dont une c»:p:e prise s.:r I\"r: jr-:^^ e: rrcTeni^t des papiers de Fabbé Grég^oire, se trouve cct;:elle2:rt:t e-:re les nii-s de M. H. Cara:t- dèpcté de la Seine, qui nous l'a co=iz:;:=ic-j-e. •

INTRODUCTION xxix

ainsi limitée ; il est bien étrange, on en conviendra, que sur un si petit nombre de personnages, Tauteur ait commis autant d'erreurs. Comment Jallet peut-il avoir omis de citer Besse, curé de Saint- Aubin (n* 446) et Simon, curé de Woêl (n** 448), dont les signatures se peuvent voir dans les deux minutes ? L'abbé Dillon (n"63i) n'a signé, d'autre part, que le 22 juin avec les autres députés qui, au dire du procès-verbal, avaient été absents le 20 juin « par maladie ou par d'autres empêchements insurmontables ». Comment se fait-il que Jallet assure l'avoir vu au Jeu de Paume ? Quant à Clerget et à Joubert, ils ne signèrent pas le Serment ; nos tables le prouvent. Si véritablement, comme le déclare Jallet, ils assistèrent à la séance du Jeu de Paume, leur abstention en cette journée devrait être considérée comme une défection. Ils avaient en effet soumis l'un et lautre leurs pouvoirs à la vérification des communes dès le 16 juin, et il semblait dès lors qu'ils étaient engagés plus que tous autres à suivre la fortune du troisième ordre.

Il ne faudrait pas sans doute prendre à la lettre ces remises de pouvoir et les considérer comme des adhésions sans retour. Les circonstances obligèrent en efiFet les élus du clergé qui se présentèrent au tiers état avant le 19 juin, à retourner aussitôt dans la Chambre du clergé pour y combattre le bon combat. Jallet luimême raconte dans son Journal qu'il fut un des plus ardents conseillers de cette façon d'agir *. Mais le cas de Clerget et de Joubert, désignés nominalement comme ayant assisté à la séance du Jeu de Paume, doit être classé à part. On peut remarquer, comme suite à cette idée, que deux curés qui ont adhéré au serment les 20 et 22 juin ne s'étaient pas présentés aux communes avant cette date, si l'on s'en rapporte au procès-verbal ; ce sont : Simon, curé de Woêl (n« 448) et Bouillotte, curé d'Arnay-le-Duc (n* 617) ». Si l'on considère, d'autre part, l'ensemble des curés qui s'étaient réunis au tiers état avant le 20 juin, on remarque que, sur I9 adhérents indiqués par le procès-verbal, 7 ont signé le serment : Jallet (n* 479), Lecesve (n** 478), Ballart (n*6i6), Besse (n* 446), Grégoire (n<>468), Dillon (n'63i) et Joyeux (n* 580).

1. Le fait est constaté aussi par Grégoire : « Ce fut d'après son avis [Bailly] et celui de plusieurs membres des communes que, même après une réunion effective, je retournai dans la salle du Clergé, où ils jugeaient ma présence nécessaire pour entraîner la majorité de cet ordre. » (Mémoires de Grégoire, t. n, p. 379.)

2. Royer, curé de Chavannes (n* 582), ne peut être compris dans cette classification; il n'était alors que député suppléant, et. ne fuK admis à TAssemblée qu'en mars 1790, en remplacement de Bruet, curé d'Arbois, démissionnaire.

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