LA LIGNE DE CONDUITE DES CHEKCHKIJRS KHJ
utilisables et viables. Ce n'est pas ainsi que la vie originelle surgit dans L'humanité. On ne la crée pas artificiellement : elle naît lorsque des semences de vérité lèvent dans une àme que son ardente aspiration a préparée à les recevoir. Il en est de même de sa propagation : elle est Tenet d'une évolution créatrice et homogène.
Que ceux qui s'efforcent de suivre les traces de Jésus renoncent donc à tout travail de démolition : critique, polémique, abolition, révolution, pour autant du moins qu'ils veulent servir à l'évolution créatrice «le l'homme véritable. Ce n'est pas ainsi que se crée l'ordre nouveau. Le devenir seul est créateur, et la vie. qui fait surgir des réalités nouvelles. La constitution future de l'humanité .a son origine dans les profondeurs cachées de la vie personnelle et ne dépend pas de telle ou telle organisation de nos conditions d'existence. Quelque forme qu'aient donc assumée dans un peuple c<r la loi et les prophètes ». laissons-les subsister en paix, aussi Longtemps que cela est possible. La vie nouvelle est une semence jetée parmi nos conditions anciennes. A mesure qu'elle; s'y épanouira, elle créera une organisation nouvelle de la vie qui rendra tout naturellement superflues les institutions surannées : elles s'écrouleront, ou voleront en éclats sous son action victorieuse.
Ne nous attaquons donc point à L'édifice social. Lavé-nement de L'homme véritable rendra insoutenable tout ce qui n'y est pas digne de lui. En quoi l'ordre social actuel entraverait-il la vie de communion qui doit s'instaurer parmi les hommes? il ne saurait empêcher des relations toutes nouvelles de s'établir entre supérieurs
et subordonnés, patrons et ouvriers, par exemple : au contraire il tombera lui-même en désuétude, dès que ces relations se seront créées. Et l'Eglise, quel que soit l'état de choses qui y règne, pourrait-elle retarder la venue du royaume de Dieu quand la vie nouvelle se répandra dans les âmes ? Il se peut quelle devienne superflue, il se peut aussi qu'elle subsiste, refuge d'un culte et d'une religiosité superstitieuse. Il serait absurde, en tout cas. de chercher à l'anéantir pour taire place au royaume de Dieu. Mais surtout à quoi bon lutter contre un point de vue ou une doctrine? Lorsque se lèvera la lumière, c'est-à-dire la vie dans sa vérité, ils pâliront tous devant ce soleil divin.
Mais si l'entreprise de Jésus n'est point le renversement de l'ordre de choses existant, elle n'en est pas davantage le parachèvement ou le redressement. Elle tend à une nouvelle création, à la révélation de la nature originelle de l'homme et à son déploiement dans tout ce qui est humain. Aucune puissance civilisatrice ne saurait les produire, mais seule une impulsion créatrice jaillissant des profondeurs de l'être. Aussi pour mesurer l'intelligence que nous avons du dessein de Jésus, suffit-il de nous demander si nous cherchons à utiliser à cet ellet nos institutions et nos moyens de culture et à les réformer' or selon son esprit». Car rendons-nous en compte : les expédients, les mesures de défense contre le chaos, réussissent tout au plus à protéger l'ordre nouveau, ils ne sauraient le susciter: il vient sur une voie toute dilférente. celle que nous montre le Sermon sur i;i montagne.
N'en concluons pas cependant que Jésus ail voulu