‹ Le sermon sur la montagneChapitre 33 sur 65 · NOS RELATIONS AVKC DIEU 2O · texte numérisé non relu

NOS RELATIONS AVKC DIEU 2O

prouver et de le faire éprouver en vivant de sa vie, on ne le démontre point victorieusement. Où sont-ils de nos jours ceux qui voient Dieu, ceux auxquels la nature ou l'histoire, la vie humaine ou la prédication communiquent l'impression immédiate du divin ? Les paroles et les pratiques qui sont censées le faire connaître, nos institutions et notre activité religieuses, ne sont-elles pas de nature à provoquer plutôt la négation, tant les manifestations qui se [tarent de son nom sont vulgaires, affectées, impies et mensongères?

Le sanctifier, c'est au contraire le laisser déployer largement en nous sa vie, pure de tout élément étranger, exempte de toute hypocrisie et de toute impiété, sans lâcheté et sans partage. Toutes ces choses sont aussi incompatibles avec elle que l'eâu avec le feu. Ceux qui cherchent à les concilier ne rendent point hommage à Dieu, quel que soit d'ailleurs leur empressement à le confesser et à célébrer son nom.

Il règne parmi nous, sous ce rapport, une indifférence et une insensibilité tout à lait incroyables. La nature divine n'apparaît dans l'homme que travestie et obscurcie, mais cet état de choses ne fait point l'etlet d'un sacrilège et d'une injure envers Dieu; on le déclare inévitable. La dégénérescence du caractère du Père dans ses enfants ne fait plus éprouver une impression pénible : on s'est si bien habitué à cette «imperfection humaine» qu'on la considère comme l'état normal. Le christianisme est ainsi devenu, sans qu'on s'en aperçoive, la profanation organisée et aveuglément pratiquée du nom de Dieu.

En présence de toutes ces choses, comment ceux qui

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ont trouvé le Père ne feraient-ils point monter vers lui cette ardente prière : Ton nom soit sanctifié ! et n'ajouteràient-ils pas :

« Que ton règne vienne ! »

Quand le Père est reconnu et manifesté purement, la vie nouvelle s'épanouit, l'humanité s'organise selon la pensée divine, du chaos ténébreux surgit une terre nouvelle.

Voir le dessein poursuivi par Jésus se réaliser dans l'histoire générale comme dans l'expérience individuelle. l'évolution véritable s'accélérer, l'être humain se constituer selon sa vérité, la vie collective s'ordonner harmonieusement, et toutes choses se réédifier sur ces bases nouvelles, tel est le vœu exprimé dans cette seconde demande.

Car un même désir enflamme tous ceux chez lesquels commence à poindre la nature du Père : que le mouvement créateur se transmette à l'humanité, que la vie originelle devienne une puissance, que ses lois innées régissent notre existence, qu'en vertu d'une nécessité interne elle s'épanouisse sans obstacles dans tous les domaines, jusqu'à ce que la gloire divine soit enfin « faite chair» au sein de l'humanité.

Ce désir impétueux ne reste pas chez eux à l'état d'enthousiasme abstrait. 11 revêt une l'orme concrète et une signification personnelle conformes à leurs expérienriences intimes. S'ils brûlent de voir se lever un jour nouveau, c'est qu'ils le sentent poindre en eux. Ils connaissent en quelque mesure la vie originelle et son instinct délicat de la vérité, les élans spontanés dans les-

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