NOS RELAXIONS AVEC DIEU
quels se révèlent les lois de l'être nouveau, la continuité de révolution transformatrice. Ils ont l'avant-goût d'une conduite nouvelle, de relations vivantes avec le prochain, du bouleversement de nos conditions d'existence qui en résulte, des forces et des clartés qu'on en retire, ils pressentent, par conséquent, la l'évolution qu'opère la personnalité de Jésus, et sa portée incommensurable pour la régénération de l'humanité . Et chacune de leurs expériences nouvelles évoque en eux une aspiration fervente en laveur de la grande famille humaine : Ton règne vienne !
Leur requête devient d'autant plus pressante que le spectacle de la prétendue «extension du royaume de Dieu» suffit moins à apaiser leur désir. Elle n'est en eflet qu'une propagation du christianisme, d'une conception du monde et d'une manière de vivre imprégnées d'idées chrétiennes, mais qui ne créent point un ordre de choses nouveau, qui laissent au contraire dans l'état ancien les hommes et l'économie générale du monde. Leur sens de la vérité ne leur permet pas de s'accommoder comme on le fait d'une rédemption par Christ qui n'en est pas une en réalité, d'une nouvelle naissance qui n'a pas lieu véritablement, d'une vie chrétienne où ne se réalise aucune des lois naturelles de I être originel, d'une constitution de la personnalité qui ne triomphe point (\u désaccord intérieur, d'un progrès de la vérité qui n'est qu'une acquisition théorique de la théologie, «1 une religion qui relègue le royaume de Dieu dans un impénétrable au-delà.
On les accuse d'exaltation et d'orgueil. Cependant ils ne veulent que la vérité, lis ne voient à l'œuvre au-
curie (les lois du royaume de Dieu : l'homme ne subordonne point tous ses intérêts au salut de son âme et à la réalisation de sa vocation divine ; il ne prend point une position affirmative et créatrice à L'égard de la vie; il ne considère [tas la fortune comme un dépôt, mais comme une propriété ; il n'admet ni le droit absolu du prochain sur lui, ni la prééminence de l'union intérieure que crée la vie nouvelle sur les liens du sang-; la recherche du royaume de Dieu ne prime pas pour lui toute autre considération : il ignore l'organisation nouvelle dans laquelle chacun ne veut exister qu'en tant que membre d'un corps et ne voit de grandeur et de dignité humaine qu'à s'assujettir aux autres pour les servir. Et cependant partout où ces lois de la vie originelle ne portent et ne modèlent pas la vie. il n'y a pas de règne de Dieu; il n'y a que le règne de l'être fermé à l'action divine, qui ruine et se ruine. C'est pourquoi l'élément nouveau que les hommes du devenir sentent fermenter en eux se révolte contre cette institution soi-disant fondée par Jésus, qui porte le nom de christianisme, et ils sont l'emplis d'une aspiration passionnée au règne de Dieu qui est vie et vérité.
«Que la volonté soit faite sur la terre comme au ciel ! »
De même que dans la sphère infinie du divin, rien n'a de valeur déterminante à coté de Dieu, ni surtout contre lui, de même dans le monde fini, sa volonté doit régner exclusivement, totalement, absolument. Cette requête s'ajoute tout naturellement à la précédente : le