‹ Le Serpent en Matière MédicaleChapitre 10 sur 60 · NAISSANCE · texte numérisé non relu

NAISSANCE

Les conditions économiques et sociales se révèlent plus exigeantes. L'homme évolue, essaie de se dégager d’une naïve superstition, Le mystère des Asclépiéions n’est plus possible ; leurs prêtres confient leur traitement. Hippocrate va synthétiser toutes les connaissances antérieures et son nom rayonnera dans toute l'antiquité. Ainsi, au début du v° siècle avant l'ère chrétienne, la Médecine n’est plus uniquement un art divin ou magique ; elle ouvre une autre fenêtre. C’est l’ébauche d’une science. Le Serpent, animal divinisé, va-t-il s’éclipser ? D'une exceptionnelle grandeur, il ne s’avoue pas vaincu. Pas à pas, il se fraie une autre route et, Île premier, il aidera à confirmer le succès de ces idées nouvelles.

Les Egyptiens ne prescrivaient-ils pas, depuis longtemps déjà, les bouillons et la chair de Vipère contre l’éléphantiasis et la lèpre ?

Hippocrate a observé et jugé ses qualités bienfaisantes. Dans son traité des « Maladies des femmes », toute espèce de lichen est enlevée par la dépouille de la Vipéère, affirme-t-il avee conviction.

L'Ecole de Cos, fidèle aux pensées de son Maître, usera sans nul doute, déjà, de formules ophidiennes. Si leurs caractères gravés sur les temples se sont estompés, les bienfaits du Serpent rejaillissent sur toute l’époque. Sa vogue se poursuit et gagne d’autres cieux.

Rome aussi appréciera ses vertus. Nous voici au 1° siècle avant Jésus-Christ.

MP ouees

Annibal de Carthage, en guerre avec Caïus-Claudius Néron, pour se rendre maître du combat naval, à l’idée ingénieuse de jeter des Vipères vivantes sur les bateaux ennemis. Très inquiet, et des morsures causées et de l’épouvante provoquée, le Général romain prie son médecin Andromacus de créer quelque antidote au venin.

Fortement nourri de l'hypothèse du contraire, chère aux physiologistes de l’époque, Andromacus tente de chercher le remède dans le mal lui-même et réussit à mettre au point une préparation dite yx\nvv, qui, par son nom, affirme son pouvoir calmant, Nicandre, médecin et poète grec, l’appellera plus tard « Thériaque ». Elle vivra jusqu’au début du xx° siècle.

Quel autre remède peut-il se targuer d’une aussi longue existence ? Quelle est donc la recette, quel est donc le secret de sa popularité et de sa réussite ?

Inspirée du «< Mithridate », drogue fameuse du Roi de Pont, elle ne renfermait pas moins de so'xante-quatorze substances soigneusement pulvérisées et mêlées. Doucement humectées du bon vin de Falerne, elles étaient enfin réduites en pâte, agglutinées par du miel d'Athènes. De composition très complexe, cet électuaire renfermait comme élément capital une grosse quantité de chair de Vipère.

ANTIDOTA THERIACA

Formule :

Érochiicoruin ASCMINTIéOTHRS AR uncias fex — Viperarum

no — Hedichroi | de :

Piperis longi àà uncias tres Opii Thebaïci | Opobalfami veri | \ Agarici albi Iridis Florentinæ à Cinnamomi acuti LR DE Scordii tt

femi

Rofarum rubrarum exungulatarum & exficcatarum Seminis Buniadis Succi Glycyrrhizæ

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Radicum Pentaphylli

Cofti Arabici

—— Zinziberis

— Rhapontici veri Caftiæ ligneæ Calaminthes montanæ Foliorum Dictamni Cretici Verticillorum prafhi

Nardi Indicæ aà Schœnanthos Croci

Seminum Petrofelini Macedonici —— Piperis albi ES —"wnigri Myrrhæ Troglodyticæ Thruris mafculi Terebinthinæ Chiæ Radicum Gentianæ | — Acori veri = Mei Athamantici — Valerianæ majoris == Nardi Celticæ Foliorum Chamæpithyos — Chamædryos == Malabathri Comarum Hypcrici — Polii montani Amomi racemofi Carpobalfami Cardamomi minoris Seminum Ammeos — Thlafpeos — Anifi — Fœniculi = Sefeleos Maffiltenfis Succorum Hypocyftidis — Acaciæ Styracis calamitæ Gummi Arabici = Sagapeni Terræ Lemniæ Chalcitidis uftæ Radicis Ariftolochiæ tenuis Comarum Centaurii minoris Dauci Cretici Opopanacis Galbani Caftorei Bituminis Judaïci

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