‹ Le Serpent en Matière MédicaleChapitre 11 sur 60 · OT TR · texte numérisé non relu

OT TR

drachmas fex

unciam femi

drachmas duas

Mellis Narbonenfis defpumati .......... drachmas triplum VINIAILDARIEL. APR IE NN quantitatem fufficientem

Diffolvendis fuccis, & gummi diluendis. ze | Mel in vino Hifpanico dilutum coquatur. Opium vino fenfim diluatur: Gummi & reliqui fucci fimul vini fuflicienti quantitate diffolvantur.

Primo opium dilutum cum toto melle permifccatur ; poft fuceus glycyrrhizæ folutus ; deinde gummis poftca chalcitis ; tandemque balfamum, tritique pulveres non affatim, fed paulatim adjiciantur.

Maffa vero rite fubacta per annum in fafe claufo ad fermentationem reponatur.

Telle est la Thériaque : « Ce chef-d'œuvre de l’'empirisme, nous dit BORDEU, composé monstrueux qui dure encore et qui. durera toujours, qui toujours sera l’écueil de tous les raisonnements, de tous les systèmes et qu’on ne bannira jamais, elle est pour ainsi dire suivant le cœur, suivant l'instinct ou le goût des hommes... Les médecins de toute autre ‘secte que les empiriques l’attaqueront tant qu'ils voudront, ils prouveront que cette composition n’a pas le sens commun suivant les règles de la bonne pharmacie, mais le langage de tous les siècles est plus fort que les plus belles dissertations. »

Il semble, en effet, étonnant que ce remède extraordinaire ait eu une aussi longue histoire. Andromachus, Archiater (Prince des Médecins), n’a-t-il pas eu la chance ou le mérite de voir en la Vipère elle-même son propre antidote et de toucher déjà du doigt les Principes qui seront plus tard à la base de la sérothérapie antivenimeuse ? Un monde encore isolait lobservation de l’expérimentation.

< Superbe chaos d'ingrédients, miracle embrouillé, fatras Pompeux, magnifique songe des veilles d’Andromaque. » (RIOLLET), tantôt remède, tantôt aliment, néanmoins, elle marque une étape intéressante vers un horizon nouveau qu'est l'avenir de la pharmacopée. Ce remède merveilleux et universel oblige inévitablement la posologie à prendre pied, L'Empereur Antonin, tous les jours, et à jeun, en prendra gros comme une fève, Notons déjà certaines conditions précises : à observer. Le choix d’une quantité Optima est saisi et la limite des doses, entre un maxima et un minima, se fait jour. < Aller depuis un serupule jusqu’à une dragme ».

Ses propriétés étonnantes, elles les doit à « cet assemblage. d’un grand nombre d'ingrédients, nous dira LÉMERY, d'espèces et de vertus différentes, lesquels, quoiqu’ils semblent mal

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appropriés, ne laissent.pas de produire tous ensemble un bon effet sur toutes les maladies ».

Elle a soutenu les efforts des premiers médecins, elle à encouragé leurs succès et, indirectement, elle a été la conséquence même de la préparation denombreuses autres drogues.

La science des médicaments était entrevue et estimée. Il-Yy avait foi et confiance en elle. Rien n’allait plus arrêter la lutte . contre le mal. La Vipère.y occupera le premier rang.

CRATÉRUS, ami de CICÉRON, donne avec succès.des Vipères, en guise de poisson, à l’un de ses domestiques dont la chair se séparait des os. : :

ARCHIGÈNE, au 1* siècle de l’ère chrétienne, nous laisse un traité.intitulé : « De viperarum usu et pruritibus ».

ARÉTÉE, dé Capadoce; y conseille cet aliment et médicament précieux. Antonius MUSA, médecin d’'Auguste, guérit les ulcères-et recommande à ce sujet l'emploi prolongé de la chair de Vipère. 3

CELSE, un de ses contemporains, mieux connu sous le nom « d'Hippocrate latin »; trouve en lui un remède certain.

PLINE, dans son Histoire Naturelle, nous traduit les idées de son temps.

Laissons causer et-lécrivain et le naturaliste : « La tête d’une Vipère, même d’une autre que celle qui a fait la morsure, est'un topique dont-l'utilité n'a pas de limites (LXXIX)... De plus, ilest certain que ceux qui ont une fois avalé un foie de Vipère cuit ne sont jamais à la suite blessés par les Serpents. » (LXXID): Il ajoute : « Il est aussi très avantageux de tenir la bête même avec un bâton, à la vapeur de l’eau, on dit qu’elle rappelle son: enchantement. On peut encore employer en topique la cendre de Vipère. » (EXXIX).

Il nous donne même une idée de la cuisine pharmaceutique de l’époque. « On fait avec la Vipère des pastilles, nommées, par les Grecs, Thériaques. Pour cela, on. coupe l'animal à trois doigts de la tête et de la queue, on vide les intestins et la livi-. dité adhérente à l’épine ; le reste du corps se fait cuire dans une terrine avec de l’eau et de l’aneth ;:on retire les os: on ajoute de la farine de froment et on forme des pastilles qu’on fait sécher à l’ombre ; elles. servent dans plusieurs médicaments. Il est bon de faire remarquer que cette préparation ne se fait qu'avec la Vipère. »

GALIEN, après HIPPOCRATE, allait-il rester insensible à cette évolution thérapeutique ?

La Thériaque a fait ses preuves. Elle a déjà des sœurs et il existe des Thériaques. Pour tous, c’est une panacée. Le célèbre médecin l’ordonne contre l’éléphantiasis. « Elle sert, si l’on veut, pour frotter la peau et arrive parfois à en détacher les écailles, comme se détache chez les Serpents ce que l’on nomme la vieille peau. » (De la Méthode thérapeutique à * Glaucon, I]).

Dans son traitement des fièvres quartes, « à ceux qui ne peuvent pas vomir, après les avoir purgés plus énergiquement par le bas, GALIEN ordonne de boire le médicament aux Vipères » (Theriaque Trad Daremberg).

Il nous indique même la « façon de préparer des Vipères à la sauce blanche comme des anguilles. Dans un plat : versez beaucoup d’eau, un peu d’huile et, avec l'huile, du poireau et de l’aneth. Il convient évidemment de faire bouillir la chair des Vipères jusqu’à ce qu’elle devienne parfaitement molle. »

Enfin, il conseille l’emploi de la femelle qu’il croit moins venimeuse,

Excellent praticien, GALIEN a ses disciples et, sur la foi de leur Maître, la Vipère ne perdra pas ses droits dans leurs prescriptions.

Nous terminerons ce modeste aperçu sur la Pharmacopée antique en jetant un coup d'œil sur la portée de sa renommée chez ces peuples insatiables de conquêtes.

Lisons FLAUBERT dans Salambô. Nous sommes à Utique. Hannon, le Suffète, s’il est vainqueur, est aussi un grand lépreux en proie toujours à une soif incessante. « Son médecin : l’homme vêtu de jaune, ne céda pas à cette envie et lui tendant une coupe d’or où fumait un bouillon de Vipère : Bois, dit-il, pour que la force des Serpents, nés du soleil, pénètre dans la moelle de tes os et prends courage, à reflet des Dieux. »

Il n’est pas douteux que tous les pays conquis subirent directement leur influence et, à travers les mers, le ‘bienfait inespéré de la Thériaque et du Serpent court cent lieues à la ronde.

« De tous les animaux, l’homme n’eut pas de plus cruel ennemi que le Serpent, mais Dieu, par une grâce infinie, voulut-il qu'il devint le remède le plus parfait ? »

Dre

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