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TROUBLES VASCULAIRES

Hypertensions artérielles

Dès 1879, ALBERTONI signale, après injection intraveineuse de venin de Vipère, une hypotension brutale et si forte qu’elle peut être fatale. WEIR-MITCHELLE et REICHERT ainsi que KAUFMANN la confirment.

En 1905, ROGER enregistre une diminution de la pression artérieile chez le chat et le lapin après injection d’une très grande dose de venin de Naja bungaris.

L'esprit curieux continue à interpréter,

MM. Errior et ArrHus tentent d'expliquer ces phénomènes.

BOUCHÉ et HUSTIN croient en l'intervention chligatoire du sympathique,

Re nt

En 1934, MM. H. VERNES et KorEssios mettent en lumière le mode d’action du venin de Cobra. En effet, ils administrent du venin de Cobra à des malades cancéreux. Dans le service du Professeur Roussy, ils ont constaté, nous l’avons vu, la disparition momentanée d’un œædème du bras, chez une malade atteinte d’un cancer du sein. Chez une malade de Mlle le D° Lévy, ils observent une dilatation des veines superficielles de la main qui persiste deux jours. Frappés de ces curieuses COnstatations ils réalisent des expériences.

A) PARTIE EXPERIMENTALE

En collaboration avec Mile Lise WuRMSER (1934), au Laboratoire homéopathique d’Asnières, ils font une étude sur la pression artérielle du lapin. Voici les conclusions que nous donne N.-T. Korgssios : « Les graphiques de la courbe de la pression artérielle du lapin pratiqués en vue d'étudier le mécanisme de l’action physiologique du venin de Cobra montrent :

1° Une action hypotensive des plus nettes, consécutivement à l'injection au lapin de doses variant entre un centième et un cinquantième de milligramme de venin de Cobra par kilogramme d'animal.

2° Cette action hypotensive persiste après vagotonie double ou après injection de sulfate d’atropine au lapin.

3° L'action hypertensive de l’adrénaline est diminuée après injections consécutives de venin de Cobra. :

4° L'action hypotensive durable du venin de Cobra, observée chez l’homme, semble être due à une action élective directe du venin de Cobra sur les vaisseaux périphériques, indépendamment du vague.

MM. GauTRELET et HALPERN, tant pour le venin de Cobra que pour celui de la Vipère, insisteront sur cette même indépendance. Rapportons ici les résultats des travaux personnels de M. HALPERN exposés dans son travail de thèse : « Le Venin

de Vipera aspis » (1936).

« 1° Le venin de Vipera aspis, injecté par voie endo-veineuse, produit, aux doses non immédiatement mortelles, aussi bien chez le lapin que chez le chien, mais surtout chez le chien, une chute marquée et durable de la pression artérielle.

2% L’hypotension n’est pas sous la dépendance du système nerveux sympathique, car elle a lieu avec la même intensité après section des vagosympathiques, après injection d’atropine ou de certains sympathicolytiques (ergotamine, diaminophénoxyéthane).

3° L'étude de la pupille et des vasomoteurs de l’oreille ne révèle d’ailleurs aucune modification de lexcitabilité du sympathique cervical du lapin. |

4° Elle n’est pas due à l’intervention des zones vasosensibles.

5° L’hypotension n’est pas le résultat d’une action du venin sur les centres bulbo-cérébraux, comme le semble prouver la technique de circulation céphalique croisée.

6° Une vasodilatation péripnérique marquée et constante est concomitante de la chute de la pression artérielle.

7° Le venin de Vipère produit une vasodilatation intense dans le domaine splanchnique.

8° Il produit, par contre, une consitriction du rein, mais surtout très intense de la rate.

9° On constate une hyperglobulie et un accroissement de la viscosité sanguine après l’injection du venin.

10° L’exploration du cœur du chien, de la tortue, de l’escargot prouve que les troubles circulatoires ne sont pas dus à un fléchissement primitif aigu du myocarde,

11° L'action du venin, analogue à celle de l’histamine, semble se localiser, comme l’action de cette dernière, sur les capillaires. L’étude directe des capillaires de la grenouille et les modifications hématologiques plaident en faveur d’un tel mécanisme. »

Enfin, nous tenons à signaler les travaux de M. AMACHAS- TÉGUI, à Cordoba, réalisés en 1940: Il étudie l’action du venin de Cobra sur le cœur et la dynamique circulatoire, Elle se traduit par :

1° Une hypotension artérielle et une hypertension veineuse concomilantes. À son avis, elle indique une diminution de la capacité fonctionnelle du myocarde.

2° Des altérations électro-cardiographiques graves et précoces sont enregistrées.

3° Les effets seraient dus à des actions cardiaques et vasculaires, La première est profonde et primitive.

Il étudie aussi l’action du venin de Bothrops allernatus sur le cœur et la dynamique circulatoire. I] Via

1° Production chez le chien d’une insuflisance circulatoire périphérique par vaso-dilatation générale.

2° Perturbations cardiaques qui semblent une conséquence de lanoxie due à l’insuflisance cardiaque,

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B) PARTIE CLINIQUE

Les expériences effectuées ont révélé l’action manifeste du venin de Cobra comme hypotenseur. Des essais en, clinique sont réalisés. MM. H. VERNES et Koressios (1934) appliquent le traitement au venin de Cobra à des hypertendus, et succès HENTA.

En effet, il n’y a pas seulement une baisse évidente, mais éphémère ; il s’affirme une action hypotensive durable, due à une action élective du venin sur les fibres musculaires lisses des vaisseaux ou sur le système vasculaire périphérique, indépendamment du vague. Cette observation était capitale.

Ecoutons N.-T. Koressios (1935) nous donner lui-même le résultat de ses travaux.

« Nous avons remarqué :

1° que chez les individus normaux qui possèdent un système régulateur de la pression en bon état, les variations de la pression artérielle étaient insignifiantes, à mesure que l'on s’éloignait du moment de l'injection ; ;

2e chez les individus no ennement hypertendus, chez lesquels le système régulateur, sympathique et vagal fonctionne encore, on obtient des résultats vraiment remarquables et durables. Ce sont les meilleurs sujets à traiter. Ils supportent bien le venin. Les résultats sont rapides. Il suflit de très peu d'injection de venin pour maintenir leur tension près de la normale ;

3° chez les individus très hypertendus il ne faut pas escompter un abaissement rapide et ‘brutal de la pression artérielle. Au contraire, en employant dé très petites doses de venin, on arrive à obtenir une baisse légère de la pression artérielle. Cette baisse est durable, mais elle ne dépasse jamais un certain EUR qui est différent pour chaque malade ;

4 chez les hypertendus cardiaques, il faut être très prudent. Nous trouvons, en général, que, chez eux, le venin est mal supporté et nous nous abstenons de les traiter. »

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