C) INDICATIONS
Hypertensions d’origine vasculaire. — Nous apportons lobservation du D' KORESSIOS :
€ Mme P.. Marthe, 65 ans. Hypertension qui date de la ménopause. | f
Le 4 avril 1934, — Tension artérielle générale : maximum 17,0% minimum 9.
Une unité physiologique de venin de Cobra,
Le 8 avril 1934. — Tension artérielle générale : maximum 14 ; minimum 8.
Sa tension s’est maintenue aux chiffres précédents pendant vingt jours. Elle suivait, longtemps avant et pendant le traitement, le régime habituel des hypertendus. »
Hypertlensions d’origine rénale. — N.-T. KORESsIOS nous communique l’observation suivante :
« Mme G.…, 54 ans. — Le 6 novembre, tension initiale : maximum 18 ; minimum 8. Urée sanguine : 0 g. 64 (procédé à l’hypobromite de soude).
Injection d’une unité physiologique de venin de Cobra.
Le 17 novembre : max. 15, min. 8. Urée sanguine 0 g. 55. Repos
Éér20/n0vempré max 7400 Fin PRE ARR D Repos
BePASno emhreremax lb D NI OR TRS Repos
Lc“1%décembre max. 17,-min.10.
(une unité physiologique de venin de Cobra).
Le 20 décembre : max. 14,2, min. 9,5.
Lea décembremax 415. 2Mm0in 00 5e DEP EE Repos MON vienE ma M EMI SE PRE ER Repos Le 26 %anvier max 17 ni 0 De PR RP Repos Le ranvieneEmaselOS NII PE RE Repos Le sfe vien mar Ein MORE PURE E Re Repos I Mine ones LES crane OS Lots do da noou con Repos LONT AP MATS SANT 220 DID DD RE NO Repos
Le 13 avril : max. 19, min. 10 (une injection d’une unité physiologique).
Conclusions. —— Dans ce cas, que nous avons longuement suivi, nous pouvons constater :
1° que le venin de Cobra à maintenu la tension autour de 16 (au lieu de 18, chiffre initial) pendant plus de deux mois après la deuxième injection d’une unité physiologique ;
2° laissée à elle-même, la tension est remontée lentement à son chiffre initial ;
3° comme la malade a toujours suivi un régime strict (avant et
pendant le traitement), cet abaissement durable de la tension pourrait être mis sur le compte du venin. »
Hypertensions d'origines diverses. —— Observation de N.-T. KorEssios :
€ Mme L.. Pression artérielle se maintient d'habitude aux alentours de 25 et 30. Elle a suivi un régime très sévère et présente, au moment de notre examen, le 29 novembre, maximum 21, minimum 13.
Une demi-unité physiologique de venin de Cobra.
Le 6 décembre : maximum 16,7, minimum 11,5. — Repos.
Le 13 décembre : maximum 17, minimum 11,5, — Perdue de vue.
SO
Conclusions. — Abaissement de la pression artérielle, après une seule injection, ayant duré deux semaines. Il est intéressant de noter, à propos de cette malade, Pabaissement concomitant de la maxima et de la minima. »
En conclusion, le venin de Cobra à petites doses produit un abaissement durable de la pression artérielle et peut rendre des services dans certaines hypertensions élevées, réfractaires à tous les médicaments. Ici encore, abaissement et durée de cette baisse varient suivant les individus. Le venin de Cobra est un médicament très personnel, précisons-le encore une fois de plus. Ses modalités d'action joueront un grand rôle.
Affections vasculaires de l’œil
Par un heureux concours du hasard, une application nouvelle allait être entrevue. Dans le Service du Professeur Laï- GNEL-LAVASTINE, un malade présente un syndrome d’encéphalomyélite, accompagné d’un spasme douloureux du membre supérieur droit et aussi d’hémorragies récidivantes du vitré qui masquent la pupille et ne lui laissent plus que la perception lumineuse.
Le D' Koressios essaie de combattre le spasme par traitement au venin de Cobra. A la suite de la première injection intramusculaire d’un cinquantième de milligramme, il a la surprise de constater que ce malade, qui présentait en fait une cécité complète, peut se diriger seul dans les salles du service. La poursuite du traitement permet à cette amélioration de se stabiliser pendant six mois et de ne cesser qu'après de nouvelles hémorragies. Cette observation curieuse ouvre la voie de prochaines recherches effectuées au Quinze-Vingts dans le Service du D’ BAILLIART.
A) PARTIE EXPERIMENTALE
N-T. Koressios démontre l’action effective du venin de Cobra sur l'œil du lapin et conclut (1935) :
« Chez le lapin, consécutivement à une injection sous-conjonctivale d’un cinquantième de milligramme ou une instillation de quelques gouttes d’une solution du cinquantième de milligramme de venin de Cobra pour 1 cm d’eau distillée, nous notons :
1° Contraction très vive de l'iris pendant une demi-heure environ ;
2° Elévation momentante de la tension oculaire.
3° Dilatation des artérioles du fond de l'œil. »
B) PARTIE CLINIQUE
N.-T. KorEssios détermine l’action du venin de Cobra sur Pœil humain où ses effets se révèlent multiples :
« 1° Action sur la pupille humaine. — Dix minutes après l’injection dans les muscles du bras d’un cinquantième à un centième de milligramme de venin de Cobra dilué dans 2 em3 d’eau distillée, l'hippus physiologique est aboli. L'iris est en contraction intense, la réaction dure demi-heure environ. Le venin de Cobra agit ici par son pouvoir excitant sur les fibres musculaires lisses.
2° Action sur la tension oculaire humaine. — En principe, il ne s’accuse pas de variation sensible de la tension oculaire.
3° Action sur la pression artérielle rétirienne. — Une élévation de la pression apparaît, dure demi-heure environ et se traduit en
gain d’acuité visuelle, Ce gain est plus accentué pour un œil pathologique. |
4° Action sur les artérioles du fond de l'œil. — Chez un sujet normal, il n'apparaît aucune modification du calibre des artères.
Chez un sujet pathologique (lésion des capillaires du fond de l’œil), à une première phase de contraction des artérioles succède une seconde phase de vaso-dilatation moins sensible. »
En fait, le venin de Cobra n’aura pas de pouvoir curatif visà-vis de certaines lésions, par exemple : atrophies optiques (post-névrétiques), arachnoïdite optochiasmatique.
Mais, par ses effets fonctionnels, il sera susceptible d’améliorer souvent l’état visuel du malade, C’est déjà beaucoup.
C'est aussi l'avis du D' CHassaING (1935), qui à consacré son travail de thèsé « au traitement des affections vasculaires de l’œil par le venin de Cobra ».