HORS
surtout dans les syndromes hémophiliques. On serait donc autorisé, en pareille occurrence, à songer à administrer par voie intraveineuse une solution diluée de venin de B. atrox. L'emploi de celte solution de venin semble particulièrement recommandable quelques heures avant une intervention sanglante caez des sujets bémophiles. »
A la même époque, il tente des recherches sur l’emploi comme hémostatique des mélanges de venin de Bothrops atrox et de sérum antibothropique. Les expériences sont effectuées sur le lapin et il nous dit :
« Le mélange conserve une action coagulante in vivo très nette... et il semble que de telles préparations pourraient être utilisées comme hémostatiques. »
La coagulation du sang par le venin de Bothrops atrox est due à l’activation de la prothrombine. En effet, M. FRÉDÉRICQ, en 1946, relate les données récentes sur la coagulation du sang, en particulier par les venins de Serpents. Certains sont les activateurs de la prothrombine,
Les venins actifs sont ceux de Notechis scutatus, Bothrops atrox, Bothrops jararaca, Crotalus terrificus, basiliscus et certains Micrurus. La vitesse d'activation de la prothrombine est directement proportionnelle à la concentration du venin, mais la quantité ultime de thrombine formée ne dépend que de la quantité de prothrombine employée. Cette activation de la prothrombine par les venins s’accomplit en l’absence de calcium et est, de même, indépendante de la présence ou de absence des plaquettes ou d'extrait tissulaire. Les venins accomplissent donc ce qui est normalement effectué par le système plaquettes et calcium.
Après HANUT, ROSENFELD et RUBINSTEIN (1941) ont étudié le facteur coagulant du venin de Notechis scutatus et trouvent de même qu’il active la prothrombine en thrombine, en l’absence de calcium. Mais, il existe pourtant un venin dont l’action en l’absence de calcium est contestée, mais se manifeste peut-être aux fortes concentrations, Il s’agit du venin de Vipera russellii ou Daboia ; en milieu calcifié, ce venin est le plus puissant activateur de la prothrombine que l’on connaisse (Hogson et Wirrs, 1941). Après les études de TRÉVAN, Mac- FARLANE (1936) et Wirrs et HoBsoN (1940-1942) et ali, l’action coagulante du venin de V. russellit est due à une protéine hydrosoluble, dont l'action est fortement augmentée par
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l’addition de lipoides tels que lait, extraits de tissus ou lécithine.
B) PARTIE CLINIQUE
Ici encore, le venin de Vipera Daboïa se place au premier rang. Il est d’ailleurs le seul officiellement utilisé en thérapeutique. LAIGNEL-LAVASTINE, HUET, KORESSIOS, TRAMUSET en France, MACFARLANE et BARNETT en Angleterre l’ont introduit en thérapeutique. Le venin de Daboia coagule le sang des sujets hémophiles ; quelques centimètres cubes d’une solution de venin de Vipère au 1/50.000° coagulent, en une minute, 10 à 20 centimètres cubes de sang humain. Son action serait due à un ferment complexe, combinaison de sérozyme (ferment hépatique) et cytozyme (ferment cellulaire). Le venin employé à des dilutions de 1/10.000° et à 1/50.000° est dénué de toxicité.
Rapportons une observation du D' TRAMUSET, transmise à la Société de Laryngologie de Paris, le 16 mars 1936 :
« Mme G.., 40 ans, hémorragie alvéolaire grave et persistante. L’extraction dentaire remonte à 5 jours et l’hémorragie a débuté à cette date. Le dentiste et, ensuite, le médecin traitant, ont essayé tous les moyens mécaniques, physiques, chimiques, biologiques. Un traitement d’ordre général (anthéma) a été fait sans plus de resultat.
Nous voyons une malade très affaiblie, très anémite, avec un pouls filant.
Temps de saignement : 13 minutes. é
Nous curetons l’alvéole, faisons un lavage pour débarrasser cette cavité et remplaçons la mèche par une autre imprégnée de venin, sans tassement. Arrêt de l’hémorragie au bout d’une minute. Nous envoyons d’urgence cette malade dans notre service, à l'Hôpital de Reims, en observation.
L'hémorragie ne s’est pas reproduite.
Cette malade, très fatiguée, quitte le service au bout de huit jours, sans nouvel accident.
Cette observation semble indiquer que le venin n’agit pas seulement comme coagulant du sang, mais exerce une action modificatrice sur les tissus qui saignent. »
Le venin de Vipera Daboia trouve des indications en :
a aies Mastoïdectomie.
Oto-rhino-laryngol08ie | à mvydalectomie.
Stomatologie.
Chirurgie maxillo-faciale,
EN Dies
Vers 1922, BoucHÉ et HusTiN attirent l'attention sur deux observations où ils ont obtenu un arrêt de l’écoulement sanguin après injection de venin de Crotale. Dans l’un des cas, le diagnostic posé est une métrite hémorragique (post-abortum), salpingo-ovarite. Traitement : injection sous-cutanée de 3/10° de milligramme de venin de Crotale. Gonflement et rougeur assez forts pendant trois jours. Deux jours après, il ne persiste plus ni érythrorrhée, ni leucorrhée. |
KorEssios (1935) remarque que des malades cancéreux de l’utérus traitées au venin de Cobra ne présentent plus de métrorragies. Sa conclusion est positive pour ce cas là ; toutefois, il reste prudent et ne cache pas que dans un cas, le venin de Cobra semblait déclencher des épistaxis.
Souhaitons que le venin de Cobra et le venin de Crotale trouvent d’heureux effets en clinique comme hémostatiques.