MODE D'EMPLOI
Le venin de Cobra est un, médicament très spécial et très capricieux, il doit répondre à deux exigences : ‘une absolue inocuité et un résultat rapide.
Il est utilisé en injections, en instillations, et en applications externes.
Nous allons exposer la méthode suggérée par DumaATRaAs dans un traitement par injections de venin de Cobra.
Avant tout il s’agit d'atteindre le seuil d'efficacité et ensuite la dose optima.
l° Traitement d’attzque
Tout traitement de début sera commencé par une dose faible de 1/2 cem° contenant 1/10° d’U.S. A la suite de la première injection quatre éventualités restent possibles :
a) La sédation totale est réalisée : interrompre tout ‘traitement et ne le reprendre que si la douleur réapparaît.
b) Reactivation de la douleur : le titrage adopté est trop fort; diminuer de moitié le volume à injecter.
Si résultat, ne pas augmenter la dose. k
- Si échec, augmenter faiblement et progressivement.
Ce dernier cas est très rare,
c) Sédation nulle : continuer les injections et augmenter la dose de 1/4 cm° à chaque nouvelle piqûre et tant ue la sédation reste négative.
d) Sédation partielle : augmentation quotidienne du volume injectable par fraction minime de 1/10 de cm, jusqu’à la dose optima où la douleur cesse.
2° Cure d’entretien,
La durée du traitement cest relativement courte, les résultats en général, apparaissent en moins d’une semaine et sont de longue durée. Dans des cas particulièrement rebelles et tenaces,
les injections pourront être continuées à des intervalles suffisants pour expecter le seuil d’intolérance,
Ainsi le D' B.., à Toulouse, atteint d’une radiculite depuis 32 ans, ne souffrait plus grâce à une dose d'entretien de 15 US. tous les 20 jours.
Lieux d'irjection. — Les injections ont lieu le plus souvent par voie hypodermique. Même dans les algies cancéreuses, l’injection à distance de venin de Cobra, donne d’aussi bons résultats que la piqûre in loco dolenti et avec juste raison, BILLIOT- TET pense qu’elle est plus facile à réaliser.
La voie intra-musculaire n’est pas recommandée, le liquide ne présente pas une diffusibilité assez rapide, vu l’action vasoconstrictive initiale, signalée, en particulier, par N.-T. KORESs- SIOS.
La voie intra-veineuse est jugée encore avec beaucoup de réserve, elle ne conduit pas à de meilleurs résultats et les ph£nomènes de choc sont encore craints. A. LUMIÈRE affirme son inocuit{, mais le D' LAVEDAN signale, qu’une injection accidentelle, dans un vaisseau, détermine l’apparition de troubles passagers, pâleur, sueur, pouls petit et rapide, quelque fois tendances syncopales.
Enfin en 1933, les D'° J. GIBERT, GUÉRALTO et C. POLALEU, à l'hôpital clinique de Barcelone, ont appliqué une nouvelle voie : la voie intradermique. Cette méthode a l’avantage d’utiliser de faibles doses. Elle travaille dans le derme, le nerf ne possède plus sa gaine de Schwann mise à nu, sa terminaison s’épanouit en arborescence de filets ténus qui portent des corpuseules sensitifs. La voie intradermique a pour but de les toucher. Cette technique a été mise au point par les D" TAGUET et DUMATRAS. Les zones de sensibilité des territoires nerveux, les plus appropriés sont en particulier la fosse sus-épineuse, la région deltoïdienne et la région fessière supérieure. La région externe de la cuisse n’est pas recommandable, vu son pouvoir de résorption trop lent,
2,68 injections sont pratiquées loco dolcnti ou dans la région des nerfs intéressés ou dans un plexus.
L’aiguille utilisée doit être courte, de un centimètre environ, terminée par un biseau de longueur moyenne.
I faut attaquer le derme très horizontalement, presque parallelement et enfoncer alors l’aiguille dont le biseau doit
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pénétrer entièrement dans le derme. Après l'injection de quelques gouttes de liquide, une petite papule, blane nacré, auréole le Fout de l'aiguille : c'est le phénomène de la peau d'orange, Ainsi se confirme par ce test très simple, que l’injecticn est bien intradermique. La papule s’agrandit, offre un cercle rosé, puis, la piqûre terminée, reperd sa coloration blanche, se teint en rose pâle et enfin, rapidement, la peau retrouve sa couleur normale. Cette technique permet d'utiliser le venin à très petit volume et à micro-doses ; elle peut être très utile dans de grandes algies localisées.
Signalons, maintenant, le mode d'emploi en oeulistique du venin de Cobra par instillations.
Le D BILLIOTTET nous donne sa technique « instiller deux ou trois fois par jour la solution de venir dans le cul-de-sac inférieur ».
Cette voie a donné aussi d’excellents résultats au D° GRE- LAULT, dans un traitement de rhume des foins : par instillations dans le cul-de-sac palpébral inférieur de chacun des deux yeux.
M. BILLIOTTET signale qu’il a apporté une modification à un traitement et qu’il a utilisé directement le venin dans les fosses nasales. « Ce coryza, pourtant très prononcé, fut guéri après trois instillations, très bien supportées, de deux gouttes chacune. »
Enfin‘nous noterons une méthode nouvelle relatée par le D' BiLLioTrET. Il s’agit d'appliquer une pommade à base de venin de Cobra dans certaines dermatoses, en particulier les plaies atones ou infectées, les tumeurs de la peau ulcérées ou non.
Il suffit, après enlèvement de la croûte, d’étaler directement ja pommade sur l’ulcération. Le traitement sera suivi quotidiennement. Et, le D' A, d’Asnières, a obtenu un résultat rapide dans la guérison d’un cancroïde de la narine, en moins de dix jours.
Le D' TAGUET a constaté l'efficacité de ce traitement local sur un volumineux cancer du sein profondément ulcéré.
Nous nous permettons de remarquer que le venin, en général pour les allopathes, n'offre pas d’intérêt par la voie buccale.
La bile et le suc pancréatique détruiraient les principes actifs des venins. (Nous l’avons déjà signalé au chapitre des incom-
patibilités).
Nous conclurons en insistant sur le rôle essentiel d’un mode d'administration dirigé avec prudence. Les praticiens ne devront jamais oublier de déterminer le seuil d'efficacité et d'utiliser toujours au début les doses faibles.
« La meilleure Cobrathérapie est celle qui utilise les doses eflicaces les plus faibles possible. »