EMPLOI DU SÉRUM POLYVALENT EN MÉDECINE HUMAINE
Le sérum polyvalent de MM. Leclainche et Vallée est d’un emploi si fréquent en médecine humaine qu'il nous paraît indiqué de le mentionner dans un chapitre spécial de ce travail.
Nous ne relaterons pasiciles observations innombrables qui sont rapportées dans les revues, publications ou thèses, nous essaierons de faire un résumé succint des résultats obtenus par l'emploi de ce sérum.
L'efficacité du sérum polyvalent s’est affirmée d’une façon indéniable dans le traitement des plaies de guerre constamment infectées. Il suffit de consulter les revues médicales de ces dix dernières années pour être fixé à cet égard. Tous les praticiens qui en firent usage le recommandent. En applications sur les plaies larges, sur les plaies infectées dans les fistules,les ulcères, les phlegmons, etc...,les résultats furent excellents ; la guérison survient toujours beaucoup plus rapidement qu’à l'ordinaire
lorsque ces mêmes plaies sont traitées par les antiseptiques, et, jamais l’on enregistre aucun accident sérieux survenu à la suite d'application de ce sérum.
Son usage n'exclut d’ailleurs pas les interventions
Des
chirurgicales auxquelles il faut satisfaire parfois. Si M. Basset, sur des blessés porteurs de lésions anciennes traitées par le sérum, vit apparaître des abcès qui donnèrent lieu dans 31 cas à une élimination de débris vestimentaires, de séquestres osseux ou de projectiles (M. Basset aurait ainsi expulsé sans une seule intervention 377 corps étrangers), il faut reconnaître que malgré ces heureux résultats,le traitement chirurgical, lors d'extraction reste le procédé de choix.
Pour Besredka, l'emploi du sérum polyvalent est contre indiqué dans la chirurgie cérébrale, Chez les sujets ayant reçu primitivement une injection de sérura antitétanique par exemple, le cerveau réagit à l'introduction d’une nouvelle quantité de sérum, mais ces accidents sont rares et toujours bénins : cette contre-indication s’applique d'ailleurs à tousles sérums.
Tous ceux qui ont faitusage de ce sérum en application sur les plaies, n’ont eu qu'à se louer de ses effets, notamment MM. Bazy, Delbet, Legueu, Monprofit, Cain, Soulier, Gaghy, Pasteau qui relate
‘9 cas de guérisons, Joubrel qui cite dans sa thèse 30 observalions, ete..., tous soni unanimes avec M. Fleury à reconnaitre les résultats extrêmement nets et tels qu’on n’en oblient pas avec les moyens thérapeutiques employés jusqu'ici pour le traitement des plaies infectées. « On note comme signes principaux l’abaissement de la température, la ces-
salion des douleurs, une modification très nette des
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surfaces, le bourgeonnement rapide, la suppression à peu près complète de la suppuration et une accélé: ration de la cicatrisation». MM. Leclaincheet Vallée insistent sur ce fail « que le mode d'action du sérum implique la nécessité d’un contact direct avec les tissus lésés ».L'action sera donc favorisée lorsque l’on aura eu soin de mettre les plaies à découvert et de réduire autant que possible les anfractuosités.
L'emploi du sérum polyvalent en injection hypodermique ou intraveineuse, à titre curatif est dû à
l'initiative médicale, Le premier, M. Legueu, dès1916, injecte du sérum polyvalent dans la veine d’un malade qui se mourait d’une septicémie chirurgicale. L'intervention fut couronnée de succès: le malade guérit et l’auteur communiqua le fait à la Société de Chirurgie.
Dans letraitement de l’érysipèle de la face, M. Basset eut recours aux injections hypodermiques, « la guérison,dit-il,survint beaucoup plus vite que cela ne s'observe en général, lorsque ces mêmes infections aiguës sont traitées uniquement par des moyens locaux ».
Nombreux sont les chirurgiens qui font des appli- ‘cations de sérum polyvalent sur les plaies et qui complètent l’action par des injections sous-cutanées ou intra-veineuses de ce même sérum. Les hautes doses semblent donner les meilleurs résultats. MM. Delbet et Basset en injectent 30 à 40 centiapètres cubes. Ces injections peuvent être renouvelées
chaque jour, Cazin fait des injections malin et soir.
Certains auteurs Gosset, Berger, Bergeron, Basset recommandent de ne pas cesser les injections immédiatement après la chute de température. « Il arrive en effet, disent-ils, que les phénomènes septicémiques s’atténuent que la température s’abaisse après une seule injection mais cette amélioration n’est que passagèré ». Il est donc prudent de continuer les injections de sérum polyvalent deux à trois jours.
M. Bazy, emploie le sérum à titre préventif; la veille de l'opération il recommande de faire des injections desérum polyvalent; les guérisons seraient de ce fait plus nombreuses et plus rapides. Pour lui, la méthode présenterait deux inconvénients à savoir : l’anaphylaxie, — il ne l’a jamais observée — ei les accidents sériques qu'il a constatés furent toujours fugaces et peu inquiétants. ARE
Il n’est pas inutile de rappelerici que nous devonsla connaissance de l’anaphylaxie à l’expérience type de Richet et Portier rapportée en 1902à la Société de Biologie. Dans son rapport sur les (injections sériques » présenté à la Société médicale des hôpitaux en 1915, Louis Martin conclut à l'innocuité presque de règle dans les injections sous-cutanée de sérum. M. Basset, dans « sa note sur l'efficacité des injections hypodermiques de sérum Leclainche et Vallée » déclare que sur € 16 malades traités aucun n’a présenté de réaction générale après la piqûre ». Il n’a jamais observé de réaction anaphylactique, MM. Gosset Berger et Bergeron n'ont « jamais eu d'accidents sérieux à la suite d’injections sous-cutanées qui ne donnent