‹ Le sérum polyvalent de MM. Leclainche et Vallée dans la "maladie des chiens"Chapitre 5 sur 44 · I. — Généralités · texte numérisé non relu

I. — Généralités

La maladie du jeune âge du chienest vraisemblablement en pathologie vétérinaire le plus bel exemple de ces affections où les microbes habituellement saprophytes de l'organisme deviennent pathogènes sous l’action de l’agent spécifique.

Les dénominations les plus diverses lui ont été attribuées. Jadis, en raison de sa contagiosité elle était dénommée « peste canine » «épidémie des chiens ». Certains auteurs, parl’analogie qu’elle offre avec d’autres maladies l’appelèrent gourme, fièvre thyphoïde, coqueluche, variole, etc... Toutes ces appellations sont abandonnées et c’est sous le nom de « maladie des chiens» ou « maladie du jeune âge » qu'on la désigne aujourd’hui.

Elle affecte, en eïfet, principalement l'espèce canine où elle sévit à l’état sporadique, euzootique -ouù épizootique et les ravages qu’elle cause sont très grands. De plus, à de rares exceptions près, elle -frappe les chiens âgés 1e moins de deux ans.

7, La maladie reconnaît dans son étiologie deux

groupes de causes : les unes favorisantes ou prédisposantes, les autres déterminantes ou occasionnelles.

Les causes prédisposantes sont très nombreuses. Parmi les plus importantes il faut mentionner en premier lieu l'espèce. La maladie est spéciale aux carnivores : chien et chat surtout ; elle est constatée chez le renard, le chacal, le loup. Les animaux de race distinguée y sont très sensibles, la maladie . prend d'emblée chez eux, une allure grave, à tel point que la broncho-pneumonie chez un chien de race distinguée entraîne un pronostic en général fatal. Une condition primordiale est le jeune âge du sujet. Chez le chiot elle est rare. Elle est exceptionnelle après deux ans. Ajoutons enfin que toute cause qui diminue ou affaiblit la résistance de l'organisme favorise l'apparition de la maladie.

Quant à la cause déterminante, elle n'a été connue qu'en 1905, à la suite des travaux de M. Carré, Bien avant cet auteur de nombreuses théories avaient été émises : Mathis croit que le coccus qu'il découvrit dans les pustules, en 1887, était l'agent de la maladie et Trasbot, pour qui la vésico-pustule était la lésion essentielle, en faisait une affection comparable à la variole humaine, Kitt et ensuite Carré montrèrent que le coccus de Mathis, inoculé à un chien, s’il reproduit la même lésion cutanée, ne le met nullement à l'abri de la réceptivité. Or, l’observation séculaire a montré qu’un chien même alleint d'une forme bénigne de la maladie acquiert de ce fait une immunité qui le préserve durant toute son

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existence. M. Carré a d'ailleurs pu reproduire ces vésico -pustules en inoculant au chien d’autres virus comme le virus aphteux.

D’autres auteurs accusèrent la Pasteurella mise en évidence par Lignières ; Le Dr Phisalix du muséum, en 1901, décrivait comme agent causal de la maladie un cocobacille se rapprochant du bacille découvert par Lignières. Ces théories sont aujourd'hui abandonnées, Lignières a reconnu lui-même que si la pasleurella pouvait créer une affection cliniquement semblable à «la maladie », l'agent spécifique paraissait bien être le virus filtrable de M. Carré.

Ces dernières années, des auteurs étrangers Mac Gorvan, Ferry et Torrey ont indiqué comme agent de la maladie le bacillus bronchisepticus qui trouve son milieu d'élection sur la muqueuse du tractus respiratoire et n’envahit qu’accidentellement les autres organes ; mais les magnifiques travaux de

M. Carré détruisent toutes ces théories et démontrent d’une façon péremptoire que l'agent causal de la maladie des chiens rentre dans le cadre des microbes filtrants, Ce virus, qui existe à un certain moment dans le sang, intervient tout d’abord, infecte l'organisme et disparaît. C'est à la faveur de cette infection générale que les microbes habituellement saprophytes de l’organisme deviennent pathogènes. Le passage du virus dans le sang est dénoncé par

Ahyperthermie. Si l’on prend le sang d’un chien lors de l'élévation de température et qu'on l’inocule à

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