ZONE DES ARMÉES
Brancardiers régimentaires. Si
Leur nombre sera augmenté dans la proportion de 1 à 5; les nouveaux brancardiers-^ régimentaires seront pris dans les cadres des corps de brancardiers divisionnaires et ded’corjDS d’armée, dont le plus grand nombre se trouveront inutilisés. Le matériel de ro transport, notamment les brancards roulants, brouettes, etc., seront améliorés etifl] augmentés dans les mêmes proportions. .Ibi
Isai
Postes de secours.
Les brancardiers régimentaires transportent les blessés aux postes de secours. Ces' postes de secours seront établis, autant que possible, dans des endroits où pourront arriver les voitures légères d’ambulances automobiles.
On y appliquera le pansement individuel après désinfection locale avec la teinture|,j^ d’iode dédoublée ou la liqueur de Labarraque à 20 p. 100. Le médecin auxiliaire du poste de secours arrêtera les hémorragies par la ligature du membre (garrot) et fera les v pansements des blessés gravement atteints.
Section de voitures d’ambulance automobiles. p
bé,
Des voitures d’ambulance automobiles légères, en nombre suffisant pour chaque division, prendront les blessés, assis ou couchés, aux postes de secours, et les conduiront rapidement à la formation chirurgicale mobile. Chacune de ces voitures aura deuxj.^^ conducteurs, pouvant faire également office d’infirmiers brancardiers.
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Formation chirurgicale automobile
Chacune de ces formations doit comprendre : L
i° Pour le cas où l’on ne disposerait pas de locaux couverts, plusieurs tentes d’cnvîroi^ 15 métrés sur 5, subdivisées chacune en trois segments pour la réception et le triage ** général des blessés, pour la toilette des plaies et le pansement des blessés légèrement atteints, qui seront immédiatement évacués, tandis que les blessés gravement atteint*^ seront réunis dans un local spécial, où ils recevront les premiers soins. - |
2° Salle d’opérations. — La salle d’opérations sera disposée à côté des locaux de 5 s; triage. Elle sera munie de tout le matériel antiseptique nécessaire. Les chirurgiens y procéderont : à l’ablation des corps étrangers facilement accessibles, aux incisions libéraile tices, à la mise en place des mèches et des drains, au tamponnement antiseptique des » es plaies anfractueuses et aux opérations d’urgence.
Les Les fractures seront immobilisées de manière à ce que les blessés puissent être évacués .es sans souffrance.
lé. Les opérés seront hospitalisés, pendant le temps indispensable, dans des locaux 76, appropriés ou bien, à leur défaut, dans des tentes-hôpitaux, munies du confort nécessaire. .eS“^û l’absence de locaux convenables, chaque tente de 15 mètres sur 5 peut abriter 24 lits, lit, Lorsqu’une ou plusieurs divisions de l’armée resteront au repos, le médecin-chef de l’armée pourra réclamer, par l’intermédiaire du médecin-chef du corps d’armée, qui transmettra l’ordre au médecin divisionnaire, une ou plusieurs des formations chirurgicales inactives, qui iront doubler les formations chirurgicales surchargées (1).
Section de voitures d’ambulance automobiles pour l’évacuation des blessés couchés.
îrsv Les blessés légèrement atteints seront transportés immédiatement vers un dépôt deH’éclopés, vers un hôpital temporaire de l’avant ou vers la gare la plus voisine par les de poitures d’ambulance automobiles légères du service de l’avant. D’autres voitures d’ambuet nnce automotrices, spécialement installées pour le transport des grands opérés de la jhrmation chirurgicale divisionnaire, serviront à leur évacuation dès qu’elle pourra se faire sans danger et les transporteront dans les hôpitaux les plus proches de la zone de l’arrière ;les armées, où ils demeureront le temps nécessaire.
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ntj L’hôpital de la gare d’évacuation.
( Les blessés légèrement atteints seront examinés de nouveau à l’infirmerie et à 'hôpital de la gare d’évacuation, qui devront être munis de toute l’installation antisep- %ue et chirurgicale nécessaires et seront sous la direction technique d’un chirurgien de ^^ifârrière. •
Chaque pansement sera vérifié; les blessés qui ne pourront pas être envoyés imméüiatement vers, les formations de l’intérieur seront hospitalisés, afin de recevoir les soins Nécessaires.
(1) Cette réforme du Service de Santé de la zone des armées, dont j’avais tracé les grandes lignes à la fin l^loetobre 1914, doit .être réalisée avant que la guerre de siège ait fait place à une offensive soutenue.
Les salles d’opérations automobiles, du modèle Marcille-Hallopeau et du modèle Gosset ne pouvant pas ‘tre terminées en nombre suffisant dans un bref délai, celles de ces formations qui seront prêtes devront être (Enexées aux armées désignées par le haut commandement.
j Les divisions qui ne pourront pas recevoir de ces salles d’opérations, dernier modèle, recevront tout le matériel stérilisation indispensable pour l’organisation immédiate d’une salle d’opération aseptique, à laquelle seront neiées les voitures automobiles, les locaux de triage et d’hospitalisation qui constitueront avec la salle d’opérans aseptique l’ensemble de la formation chirurgicale mobile divisionnaire, telle qu’elle a été décrite.
ZONE DE LINTÉRIEUR
Les trains sanitaires.
Évacuation des blessés vers les gares de répartition.
Aucun blessé ne sera envoyé vers les hôpitaux de l’intérieur sans avoir été l’objet de Cf double examen, le premier dans une formation chirurgicale de l’avant, le second à la gare d’évacuation.
Les trains d’évacuation seront à intercirculation ; chacun d’eux aura le personnel et le^ matériel nécessaire pour assurer aux blessés les soins urgents. y
Eépartition des blessés dans les hôpitaux du territoire.
A l’arrivée de chaque train de blessés, ceux-ci seront répartis : les plus graves dam i les grands centres et dans les hôpitaux déjà désignés pour les recevoir, les moins graves dans des villes plus éloignées.
Aussitôt après leur hospitalisation, un premier examen permettra de modifier la répar tition première conformément à Tintérêt des blessés. y
1° Grandes opérations y j,
Tous les blessés qui auront besoin de grandes opérations seront rassemblés dans ]es| hôpitaux spécialement installés et l’on réunira dans les mêmes salles les grands blessési suivant la région atteinte : plaies du crâne, plaies de la face, plaies du cou, plaies du thorax plaies de l’abdomen, grands fracas osseux et articulaires, etc... j
2° Traitement des fractures ; - (
Les blessés atteints de fractures doivent être réunis dans des salles spéciales, dirigée ( par des chirurgiens compétents ; les fractures du bras, celles de. l’avant-bras et des os de lîj ( main, les fractures de cuisse, puis celles de la jambe et des os du pied seront traités côte il côte; ainsi la surveillance de ces blessés sera singulièrement facilitée et ils seront moin ( exposés à des consolidations vicieuses, telles qu’on les observe aujourd’hui par milliers.
3° Blessures des yeux : c
Les blessures des yeux seront traitées dans des services spéciaux et par des spécialistes^ j 4“ Blessés légèrement atteints :
Les blessés très légèrement atteints seront répartis dans des formations d’une installa’ tion plus sommaire, où ils seront'placés sous la surveillance d’un chirurgien qui devra le^ faire transporter d’urgence, à la moindre complication, dans un des hôpitaux désignés poui les interventions chirurgicales.
Cette répartition judicieuse des blessés ne se fera pas sans soulever des protestation: de la part des médecins et chirurgiens des hôpitaux du territoire qui, pour la plupan veulent des blessés gravement atteints afin de faire beaucoup d’opérations. ^
Le strict intérêt des blessés militaires exige cette mesure. Il est temps que le corp médical observe le grand précepte du Christ : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrai pas quon te fît ».
Les devoirs des médecins envers l’humanité, déjà formels dans la pratique civin^ sont plus impérieux encore lorsqu’ils deviennent, pour traiter les blessés de guerre, l| mandataires de l’État. j.
Instructions générales pour les grandes opérations et les amputations.
« Nulle opération grave, nulle amputation ne sera pratiquée sans un protocole de I consultation entre le chirurgien et deux des médecins militaires du plus haut grade qui ® pourront être réunis en temps opportun. » La consultation écrite, revêtue des trois signatures sera envoyée au Directeur du Service de Santé régional, qui la classera dans un dossier spécial. »
Si cette formalité, que j’ai formulée en septembre dans la 10® Région et qui a été *1 proposée à la 7® Direction, avait été adoptée, les mutilations inutiles auraient immédia- ! îement cessé (1).
Mais le ministre avait à ménager partout des influences et certaines personnalités; c’est ainsi que les blessés militaires sont devenus très souvent, comme Je l’ai démontré, de véritables sujets d’expérience.
pari
Cure radicale de hernie. — Appendicectomie.
T Ces opérations, qui exigent une asepsie rigoureuse, ne peuvent être pratiquées que ^ I dans les salles d’opérations réservées aux blessés non infectés.
Opérations plastiques. — Chirurgie nerveuse et tendineuse.
! Les autoplasties, la réparation des fistules et de certaines difformités, les opérations de libération .ou de suture nerveuse, les réparations-tendineuses ne doivent être tentées fée-' que dans des hôpitaux spéciaux; elles seront confiées à des chirurgiens d’une habileté et e lîj d’une compétence incontestables. . ‘
te U Tout chirurgien appelé à déterminer les indications opératoires dans ces circonstances )in| délicates doit faire le raisonnement suivant :
« Est-il certain que l’opération n’aggravera pas l’état antérieur? Quel est le bénéfice : « que le blessé pourra retirer de l’intervention ? » Il devra considérer en outre qu’il engage, tes! par son opération, la responsabilité de l’État, qui lui donne sa confiance. Il eût été à i,souhaiter que le médecin inspecteur Delorme observât ces prescriptions. lia'
Cal vicieux. — Fistules osseuses, salivaires, intestinales, urinaires, etc.
oui
Les cals vicieux et les fistules osseuses peuvent exiger des opérations très spéciales, qui réclament une grande expérience pratique.
^ Ces cas doivent être divisés en deux catégories, suivant qu’ils sont aseptiques ou qu’il y a encore une fistule suppurante.
^ Les opérations osseuses aseptiques doivent être faites dans des services spéciaux,
^ où ne seront pas admises les fistules osseuses suppurantes.
Les fistules osseuses seront opérées dans d’autres hôpitaux, et la plaie sera traitée ^ par le tamponnement, sans sutures. La suture en effet est généralement suivie de récidive.
(1) C’est aussi dès le début de septembre 1914 que j’ai précisé la technique du traitement de toutes les variétés ie blessures de guerre, telle qu’elle a été ultérieurement adoptée par la majorité des chirurgiens (voir p. 5).
Les fistules salivaires, intestinales, urinaires, etc., ne seront opérées qu’au moment opportun.
Mécanothérapie. — Rééducation.
Des centres de mécanothérapie et de rééducation ont été créés dans ces derniers mois. Leur organisation est souvent insuffisante ; elle doit être améliorée sans retard.