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l’agriculture, c’est encore donner au cultivateur les moyens d’avoir des bâtiments d’habitation clairs et aérés, des bâtiments d'exploitation où le travail soit commode; c’est mettre l’eau et l’électricité — le gaz si possible — à la disposition du paysan. En un mot, c’est lui permettre d'améliorer ses conditions d’existence, d'augmenter le rendement de son travail et de diminuer ses prix de revient. Mieux encore, c’est lui permettre d'obtenir des produits de qualité. Enfin, c’est relever le paysan à ses propres yeux.
C’est, en vérité, un problème très vaste, aux aspects les plus divers et depuis longtemps les paysans les plus avisés ont cherché à le résoudre, au moins en partie, pour leur propre compte. Mais, dans la faible mesure où le leur permettaient leurs moyens, les résultats obtenus ne récompensaient guère les sommes de travail et d’ingéniosité dépensées. Aussi bien, il faut le reconnaitre, l’on avait fait peu de choses jusqu’à ces dernières années et la situation de nos villages français en administre la preuve irréfragable.
Depuis longtemps — en Europe centrale notamment — le problème de l'équipement agricole se posait en termes sensiblement pareils et divers Etats en avaient abordé la solution. Des corps de fonctionnaires spécialisés apportaient à cet effet leur aide technique aux agriculteurs qui les sollicitaient, Quelquefois, l'Etat luimême encourageait ces effors à l’aide de subventions. Les remarquables résultats ainsi obtenus amenèrent la création en France, d’un Service des Améliorations Agricoles qui prit, après la guerre, le nom de « Corps du Génie Rural »,
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Quels services le Génie Rural peut-il rendre à l’Agriculture française? Quelles questions doit-il résoudre? Par quels moyens? Tel est l’objet de cette étude. Mais avant de aborder, deux observations liminaires s’imposent.
D'abord, il convient de signaler que le Génie Rural français est un service déjà ancien: il a aujourd’hui plus de trente années d’existence et son histoire est la suite d’une série d’adaptations successives à des besoins toujours nouveaux. Si, dans un domaine qui lui est propre, le Génie Rural n’a pu encore arriver à son état d'équilibre, c’est qu’il a eu la fortune de mettre en évidence des besoins latents à mesure qu’il s’efforçait de répondre à ceux qui s’étaient révélés. Le rôle du Génie Rural, en effet, s’ajuste trop nettement aux besoins les plus profonds et les plus durables de l’agriculture française, pour ne pas subir la réaction directe des améliorations qu’il lui apporte. Aussi bien, nous ne pouvons chercher ici qu’à fixer un moment de l’évolution du Génie Rural, sans prétendre en définir les limites éventuelles, ni les moyens d’y atteindre.
Ensuite, il y a lieu de remarquer le taux exceptionnellement bas auquel le Génie Rural a su réduire le prix de revient de son intervention. Il est admis, aujourd’hui, que les traitements du personnel du Génie Rural représentent à peine quatre et demi pour mille du volume des travaux étudiés et réalisés sous son contrôle. Et, au delà du volume des travaux, il faut noter, sans pouvoir les chiffrer, l'augmentation de la richesse publique, l'amélioration des conditions d’existence et de travail à la campagne, la valeur des orientations fournies
me ji aux entreprises et, enfin, l’économie qui résulte de tous les contrôles opérés.
Sous le bénéfice de ces deux observations, nous nous proposons d'examiner tout d’abord le. problème des améliorations agricoles dans son ensemble, afin d’en dégager les traits principaux et de justifier ainsi l’intervention d’un corps d’ingénieurs spécialisés. Nous montrerons ensuite que ce problème des améliorations agricoles n’est pas spécifiquement français: au contraire, au travers d’aspects variables avec les conditions propres à l’agriculture de chaque nation, on retrouve toujours la nécessité d’une direction bien adaptée aux besoins du monde agricole et irréductible aux disciplines des grands travaux publics. La question étant bien définie, nous examinerons l’organisation du Génie Rural français et nous montrerons comment, depuis sa formation, son développement n’a fait que répondre aux services toujours plus nombreux que les agriculteurs attendent de lui.
Dans une deuxième partie, nous étudierons, très brièvement, les diverses entreprises auxquelles s’intéresse le Génie Rural. Chacune d’elles pourrait donner matière à de longs développements. Nous n’en retiendrons que les traits essentiels afin d’en souligner l’intérêt.
Après avoir montré la nécessité du Génie Rural et défini ses caractères, après avoir passé en revue les différentes entreprises qui constituent le domaine de son action, il nous faudra montrer comment les ingénieurs atteignent le but qui leur est assigné. En un mot, il faudra montrer comment le Génie Rural étudie et
El réalise des entreprises de génie rural. A cet effet, outre la formation appropriée, à la fois technique et agricole du personnel, il dispose de moyens d’action juridiques et financiers. En examinant successivement ces moyens d'action, l’on verra tout le parti que les ingénieurs ont su en tirer. Il sera démontré, en même temps, que l’action du Génie Rural s’analyse finalement dans une collaboration de l’administration et des cultivateurs français. Mais cette collaboration trouve sa justification dans le fait qu’elle s’inspire exclusivement de l’intérêt général et non pas de quelques intérêts égoiïstes. Augmenter la fécondité du sol national, perfectionner les moyens de production de lagriculture française, tels sont le but et la limite de l’action poursuivie par les ingénieurs du Génie Rural.
Sans autre ambition que celle de servir, ils contribuent ainsi à augmenter la richesse et la force de la nation tout entière.
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