‹ Le Service du Génie RuralChapitre 24 sur 35 · PR. PE UE · texte numérisé non relu

PR. PE UE

exagérer l'intervention financière de l'Etat. C’est qu'en effet, la seule mesure de lutilité d’une entreprise, c’est l’effort financier que les intéressés sont disposés à lui consacrer. Ce critère est sans doute imparfait, car il y a des entreprises dont l'utilité ne fait pas de doute, mais qui exigeraient des dépenses hors de proportion avec les facultés de ceux qui en seraient les bénéficiaires. Au fond, ces cas ne sont pas tellement fréquents qu’ils ne puissent faire l’objet de solutions d’espèce, sans créer de précédents fâcheux.

L'on peut affirmer, en règle générale, qu’une entreprise de génie rural est saine quand les intéressés eux-mêmes n'hésitent pas à lui consacrer un large concours financier. Une adhésion sanctionnée par une forte contribution est le signe manifeste d’un intérêt certain. On sait compter à la campagne, peut-être même compte-t-on un peu trop. Il y a des risques qu’il faut savoir courir et il est avéré que le cultivateur français fait preuve d’une prudence excessive. Si donc, il apporte son adhésion et sa quote-part de dépenses, c’est qu'après avoir balancé les charges et les profits, il a reconnu que l’entreprise était avantageuse pour lui; il est prêt, non seulement à contribuer pour sa part, à la formation du capital, mais aussi à l’entretien des ouvrages établis. Dès lors, l'Etat peut, sans crainte, apporter, à son tour, sous forme de subvention ou de bonification d'intérêt, son aide financière: celle-ci servira à accroître la richesse publique.

Ceci posé, quelle importance faut-il donner au concours financier de l'Etat? Cela dépend essentiellement du principe directeur qu’on pose à la base. Nous

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