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le chauffage par foyer au charbon sera supplanté par le chauffage par le gaz et que la distribution gazière aura trouvé dans le développement des utilisations de chauffage la clientèle perdue par elle en lumière. Mais les agglomérations de moins de 1.500 habitants malgré cela ne mériteront pas l'installation d'une usine de distillation. En faisant sans doute état de ces différentes considérations, M. Jean Rey estime que le gaz pourrait amener une économie possible de 3 à h millions de tonnes sur la consommation en combustibles des foyérs domestiques et nous croyons que ce chiffre doit être retenu.
Mais à côté du gaz, il ne faut pas négliger et nous revenons à notre sujet exact, ce que l'électricité est appelée à réaliser encore d'économie sur ce chapitre. Certais trouvent téméraire de préconiser de suite l'emploi de l'électricité au chauffage. Nous re- ‘levons cependant cette recommandation faite en 19157, et en Angleterre, pays d'électricité presque entièrement d’origine thermique, par le rapporteur de la commission créée au sein du Gouvernement pour étudier le moyen de restreindre la consommalion du charbon.
A s'en lénir aux rendements purement caloriques, il semble que l’on devrait abandonner l'idée de chauffer par l'électricité. Une note très suggestive lue en mars 1919, par sir Dugald Clerk devant la Royale Sociéty of Arts sur la distribution de la chaleur, de la lumière et de la force motrice par le gaz et l'électricite, semble prouver de façon péremptoire, non seulement l’infériorité de l'électricité surle gaz mais l'infériorité définitive de l'électricité en ce qui con-
cerne le chauffage. La chose est plus que discutable,
et il faut mettre de côté le parti pris professionnel. Si nous corrigeons le chiffre trop pessimiste du
Re
gazier, qui ne tient pas comple comme il le devrait du rendement voisin de un des appareils électriques, on peut dire que le rendement de l'électricité au chauffage pourrait atteindre 17,6 au lieu de 10,45 chiffre donné par Sir Dugald Clerk mis en comparaison avec le rendement du gaz qui serait de 30,6. L'électricité d'une façon générale semble donc très inférieure au gaz pour l'utilisation au chauffage. Néanmoins d’autres considérations que le rendement calorique. peuvent retenir laltention. Le gaz, indépendamment de l'économie calorique, s'impose par la souplesse d'emploi qu'il présente et qui permet d'économiser par la facilité des allumages et des extinctions, un nombre considérable de calories inuti- -lement perdues dans les ‘foyers domestiques. Mais par sa- plus grande souplesse encore, l'électricité pourra arriver dans certains Cas, à concurrencer le gaz lui-même. Elle le pourra notamment lorsqu'il s’agira, dans certaines conditions, de maintenir des températures exactement conservées, car les radiateurs électriques, mieux que les radiateurs à gaz, permettent d'obtenir toute la gamme des températures et de limiter exactement le nombre de calories cédées à un millieu au nombre de calories perdues par ce milieu soit par rayonnement, soit par conductibilité. Enfin, au point de vue hygiénique, le gaz est encore un moyen barbare de produire la chaleur par l’encombrement des gaz brûlés. Il est essentiel d'évacuer ces gazs et il est même fort possible que le rendement indiqué par sir Dugald Clerk ne tienne pas suffisamment compte des pertes subies dans l'appareil d'évacuation lorsque surtout la température du milieu où agit l'appareil de chauffage est atteinte. Dans ce cas, i faudrait diminuer le chiffre de 30,6 et on se rapprocherait de celui de 17,6 donné par l'électricité. On
pourrait se demander alors si la perte à la différence des rendements caloriques ne serait pas compensée par le point de vue hygiénique toujours en faveur de l'emploi de l'électricité. Il faut avouer cependant que dans l’ensemble les électriciens doivent céder le pas au gaz pour l’économie à réaliser dans l'utilisation des combustibles aux foyers domestiques, dans le cas où d’une part le gaz peut assurer une distribution et où d'autre part, il n’est concurrencé que par de lélectricité d’origine thermique. Mais il y a tous les cas des foyers que le gaz ne peut atteindre et que l'électricité peut alimenter. Il y a enfin ceux pour lesquels l'élec-
tricité d'origine hydraulique se porte alors en con-
currence victorieuse du gaz.
Il convient de s'arrêter sur les premiers de ces cas qui seuls peuvent prêter à une eêrtaine controverse. Dans une note publiée Île #1
septembre 1920, dans la Revue Générale d'Electri-
cité, M: pE LABROSSE, Inspecteur Général des forces hydrauliques, reconnaissait que 1 kilo de charbon brûlé dans une chaudière vaporise 5 kilos d’eau, tandis que si on chauffe l’eau avec du courant électrique produit dans une centrale, on ne vaporise que 1,33 kilo d’eau par kilogramme de charbon brûlé dans la centrale et que le chauffage électrique des chaudières fait donc consommer 5 à 6 fois plus de charbon que Ie chauffage direct. Cette observation très juste émise par l’éminent ingénieur servirait complètement con: tre la thèse que nous avons dit pourtant soutenue en Angleterre qui demande à l'électricité le soin d’économiser du charbon par son utilisation au chauffage domestique. Mais M. de La Brosse ajoutait, chose que certains détracteurs de l'électricité ont omise lorsqu'ils se sont appuyés sur son autorité
« [l'est évident que l'écart. pourrait changer de
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« sens s'il s'agissait d’un foyer... comme certains « foyers domestiques ». C’est qu’en effet, si, à admettre les chiffres de Sir DucaLn CLERK, l'électricité n'est Capable de transmettre, avec des améliorations successives à obtenir, que 17,6 % des calories du combustible, les foyers domestiques directs de construction et d'emploi fort éloignés du type des chaudières. sont souvent incapables de rendre 10 % des calories contenues dans le même combustible. Le cas du chauffage central excepté qui donne une excellente ütilisation mais qui ne peut s'appliquer à la cuisine, laquelle absorbe des quantités considérables de combustibles, le rendement d’un foyer varie de 5 à.10 %. l'électricité fait donc réaliser là une économie moyenne de 5o %. À l’époque des saisons intermédiaires, on peut même dire que le rendement du combustible au chauffage est inférieur à 5 % pour le chauffage des appartements. Il ne faut pas enfin s’arrêter seulement à l'économie que permet déjà de réaliser l’éléctricité sur l'emploi direct toutes les fois qu'on envisage des utilisations identiques. L'électricité réalise encore des économies par suite de la souplesse qu'elle permet d'obtenir dans Futilisation du chauffage. Elle substitue à un foyer constant maintenant inutilement la chaleur d’un appartement même lorsqu'il est inoccupé,un foyer instantanément mis en activité suivant les besoins de l'occupant. À un fourneau consommant sans utilisation aucune du combustible dans l’atteñte du mets à préparer, elle substitue l'appareil chauffant lui-même le mets au moment précis de sa préparation, etc...
N'y aurait-il pas lieu de tenircompteaussidetousles perfectionnements que la science peut apporter comme économie du combustible dans la production de l'énergie par les grandes centrales. Il est vrai que
nous nous sommes placés déjà au niveau du rendement maximum de 17,6 % en calories retenu par Sir Duaazp CLERK, mais là n’est pas le dernier mot. À Ja machine à vapeur proprement dite, dontle rendement restera toujours inférieur, bien que l’on puisse prévoir une amélioration dans le chauffage des chaudières pour lesquel la substitution du gaz distillé au charbon serait déjàtrès intéressante, on pourra dansunavenir prochain substituer des groupes de fortes puissances utilisant soit l'explosion des gaz fabriqués par le combustible, soit toute autre découverte basée encore sur la combustion des houilles, par exemple les airs chauds inutilement perdus et produits dans certaines industries. Nous mettons délibérément de côté, pour en resler au point de vue strict auquel nous nous somimes placés, l’utilisation des comburants autres que le charbon. On peut également espérer enfin des perfectionnements dans l’utilisation de l’énergie électrique elle-même pour le chauffage qui pourrait se servir non plus de l’effet Joule d’échauffement des conducteurs que traverse le courant, mais d'actions indirectes et d'ordres chimiques de l'électricité sur la matière. L Il reste indéniable que dans son ensemble actuel l'électricité d’origine thermique est capable d’apporter dès aujourd'hui, une économie très sensible dans l'utilisation des combustibles aux foyers domestiques. Néanmoins, nousn'en ferons pas état pour l’instantet nous nous contenterons de retenir pour les économies réalisables dans l’utilisation des combustibles par les foyers domestiques, montant à 11.929.000 tonnes, les 4.000.000 de tonnes que M. Jean Rey a mis sur le compte seul du gaz.
4°. — Nous nous réservons pour un des chapitres importants d'utilisation des combustibles au sujet du
quel aucune objection ne peut plus être soulevée et qui est celui des industries diverses, absorbant à lui seul 19.811.000 tonnes, auquel nous joindrons, dans la même étude, le chapitre des consommations des chemins de fer venant sur le total pour 9.069.000 tonnes et le chapitre des imines absorbant 5.054.000 tonnes. Nous abordons ainsi des économies réalisa: bles sur un. tonnage de 33.934.000.
Cette consomimation était faite en 1913 par 3.039.086 H. P. répartis en 81.540 machines d’une moyenne de 43,3 H. P. dans les établissements industriels ou miniers et par 11.993.000 H. P. répartis en 20.000 machines d'une moyenne de 599,7 H. P. dans les chemins de fer. La puissance unitaire moyenne des machines est extrêmement importante pour pérmettre d'apprécier d’une façon générale la consommation de houille qu'elles nécessitent par unité d'énergie.
On peut admettre que dans les installations particulières de forte puissance, la consommation de combustible par cheval-heure moyen utile varie entre 1 kilo 5 et > kilos et que dans les petites installations inférieures à celles d’une centaine de chevaux unitaire, cette consommation varie entre 4 et 10 kilos avec moyenne se fixant à 5 où 6. Il faut noter que sur l'ensemble des installations les petites et moyerines installations l’emportent de beaucoup en non!tbre. Il convient, au surplus, de remarquer que les machines locomotives des chemins de fer bien qu'étant de forte puissance (la moyenne marque 660 H. P. mais beaucoup, des plus utilisées car des plus récentes, marquent de 2.000 à 3.000 H. P.) dilapident des quantités de charbon et que le cheval utile x absorbe à peu près 4 kilos de combustible (f)
(5) Dans un article de vulgarisation, publié en juillet 1921 dans I Revue Science et Industrie, sous la signature de M. Paul Leboucher,
es
Ce chiffre de 4 kilos par cheval-heure utile aux jantes des locomotives est même inférieur à la réalité. Mais à ces chiffres de consommation moyenne, dans l’industrie du combustible de 1,5 de 2, de 4,5 ou 6 kilogs par cheval-heure utile fourni par une machine, suivant sa puissance, il convient de ne pas ou-
ingénieur du Génie maritime et ingénieur en chef des services techniques du matériel de la traction de la Compagnie des Chemins de fer du Midi, on essaye d’établir des chiffres de consommalion de combustible par cheval heure d’une locomotive en s'en référant à des essais faits à l'étranger.
« La seule statistique importante que nous connaissons à été faite « en 1910 par la Chicago Milwoukée and St-Paul Railway (Note de « M. Armstrong, au Bulletin du Congrès des chemins de fer, en « août 1910). Elle a duré un mois. On a cherché à déterminer la re- « lation entre le travail en cheval heure et la consommation en « charbon et eau. On a constaté que les pertes dans les stationne- « nements augmentaient de 430 % la consommation en service com- : « mercial et que finalement Ja consommation par cheval heure aux « jantes des roues motrices était de 4,66 kilos de charbon. Il en ré- « sulte que la consommation par kilowat-heure aux jantes est de « 6 kilos 34 et que dans le cas d’une transmission électrique dans la- « quelle le rendement entre la jante ct l’usine serait de 55 %, la « consommation à la source par kilowatt-heure serait de 3 kilos 43.»
Nous remarquerons d’une part que le rendement entre la jante et l’usine pourrait être relevé, célui de 55 % étant véritablement choisi bien bas et qu'un rendement porté à 750 % pourrait fort bien ne pas paraître exagéré. . :
Dans ces dernières conditions, plus voisines, semble-t-il, d'une réalisation possible (la question des rendements aux Etat-Unis jouait un rôle secondaire en rg10) l'usine thermique pouf donner des: résultats équivalents à l’exploitation par locomotives avec foyers au point de vue consommation serait donc autori&e à consommer h.,37 kilos par kilowatt-heure. |
D'autre part, il ne faut pas manquer également d'observer que par sa souplesse (utilisation d'énergie au moment même de l’emploi) et par les facilités de dégagement que donne l'emploi de l’électricité, les pertes en stationnement et en manœuvre sont singulièrement dimiunées. Portées à 30 % avec l’utilisation des locomotives à fou, elles pourraient fort bien, semble-t-il, être ramenées à 15 % avec l'emploi des moteurs électriques. Cette économie auloriserait une centrale électrique à consommer plus de cinq kilos de charbon par kilowatt-heure pour arriver aux mêmes consommations que celles actuellement obtenues.
En supposant le cas même défavorable pour l'avenir des grandes centrales actuelles faisant une consommation de r kilo par kilowattheure à la sortie de l'usine, l'économie réalisée par l’électrification des chemins de fer et le rattachement de leur système à l’ensemble d’un vaste réseau électrique serait donc des h/5 de la consommation qu’ils nécessitent aujourd’hui. |
blier d'ajouter un nouveau chiffre représentant Lous les services accessoires et indispensables à la pre duction de l'énergie. Nous entendons par là le charbon consommé par les manutentions nombreuses qui séparent le fond de mine du lieu d'emploi. Il ne faut pas manquer de compter, au surplus, tout le charbon consommé pour la construction et l'entretien en bon état des nombreuses machines l’utilisant.
La seule manutention d'extraction du fond sur le, carreau de la mine demandait, en 1913, une consommation de charbon égale à ro % de la quantité extraite. Rapprochons donc le chiffre de 5.054.000 tonnes absorbées par les mines françaises de celui de 42.000.000 tonnes qu'elles produisaient.
Ce chiffre de 10 % était retenu assez généralement en moyenne dans les usines productrices de houilles. [II faut reconnaître que les nouvelles installations l'améliorent]. Il en résulte que du seul fait de l'extraction, la consommation vraie des machines que nous avons indiqué précédenrment doit être augmentée de ro % lorsque l’on se place sur le terrain de l'économie générale. N
À côté du travail d'extraction, il y a toute la dépense d'apport du charbon du carreau des mines à pied d'œuvre et cette dépense est loin d’être négligeable. Le premier souci de l’organisation créée en 1913 en Angleterre pour obtenir une économie des com: bustibles fut d'élaborer un règlement concernant l'économie à espérer de ces transports. La consommation du charbon devait avoir lieu aussi près que possible du lieu d'extraction. Le mouvement du trafic devait suivre les lignes principales et se faire dans des directions bien déterminées. Une région produisant une quantité de charbon insuffisante à sa