‹ Le Service Public de la Distribution de l'ÉnergieChapitre 3 sur 64 · TE SP · texte numérisé non relu

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RELECET ES

ces considérations engagent, on sera lenté de conclure que toute la production des richesses est fonction de l'énergie.

1° Lorsqu'on étudie le premier de ces trois facteurs classiques que l'économie politique donne à ja base de la production, et qu'elle appelle tantôt la terre, tantôt la nature, on s'aperçoit que l'énergie en est un élément particulièrement actif que nous dénommerons l'élément évolutif. I ne faut pas s’y tromper, le milieu, le terrain, les matières premières, les forces motrices, qui sont des divisions d’études habituelles, valent plutôt par les commodités qu'elles apportent à un exposé historique de la production, que comme bases définitives pour l’analyse de la production elle-même. Au fur et à mesure que l'homme à appris à manier l'énergie, il a changé l'importance que l’on se plaît à donner à tous ces : éléments historiques. C’est ainsi, en ce qui concer-

- ne le milieu, que par la transformation de l'énergie,

en chaleur, en froid, en lumière, il apprend à rendre tous les milieux climatériquement satisfaisants à l'évolution de sa race. On peut fort bien entrevoir l'époque où il sera indifférent à l’homme d'exercer son activité dans les régions les plus froides aussi bien que les plus chaudes, qui avaient été considérées jusqu'alors, comme échappant à sa domination. Par la facilité avec laquelle il a su adapter l'énergie à tous moyens de transport, il supprime en plus, les difficultés géographiques que le milieu

pouvait offrir à son économie. La direction des fleu-

ves, la situation des chaînes de montagnes, ne sont plus des facteurs de son développement. Aïnsi, la question du milieu tend, grâce à l’utilisation évolutive par l’homme de l’énergie, à perdre l'importance qui lui était donnée dans l'étude de la production.

L'emploi de l'énergie a une action analogue sur cette considération du terrain qui est une des préoccupations d'école. Les progrès réalisés ou en espérance par l'adaptation de l'énergie chimique ou biochimique aux pratiques de la culture, amendements des terrains, à la nutrition des plantes, activité donnée à leurs facultés d'absorption, à la germination ellemême, ont fait peu à peu disparaître les soucis que l’on avait au sujet d’un accroissement de production du sol non proportionné à l'accroissement du chiffre des populations. La science qu’acquiert l’homme dans l’utilisation de l’énergie agit également pour enlever à la question de la matière pre-

mière une grande partie de l'intérêt que l’économie

politique lui accordait. Grâce à elle, en effet, les matières se transforment les unes dans les autres de toutes façons et ces mutations équivalent à de véritables créations. Bien mieux, par la chimie, l’'homme parvient synthétiquement à créer les matières premières, et quand il n'arrive pas à créer une maère exactement identique à celle qui, jusqu'alors, avait donné satisfaction à un besoin, par l'analyse du besoin lui-même, il trouve le moyen de lui substituer une matière de remplacement. La dernière distinction que l’on faisait enfin dans l'étude des manières d’être de la nature, celle des forces motrices, est une distinction qui peut arriver à paraître suranée ou du moins à ne plus correspondre à la façon d'envisager l'étude de la production.

Finalement, on voit très bien le chapitre réservé à la nature, se résumer ainsi. La nature que l’économie politique considérait comme le facteur « passif » de la production des richesses se présente sous le concept énergétique comme une vaste réserve de matières mise à la disposition de l'intelligence hu-

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