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virOn 1.400.000.000. Nous avons tenu compte du facteur de diminution de rendement de la main-d'œuvre que nous avons estimé à sa valeur faible de 20 %. Mais il ne faut pas mettre en ligne seulement le capital investi dans la mine et les frais d'exploitation dont nous ne venons d'envisager que la part allant ar comple de la main-d'œuvre, il faut considérer également tous les frais de capitaux correspondant à ces deux chapitres capital et exploitation dans les manutentions de transport en premier lieu et en second lieu dans tous ces services que nous avons appelés accessoires de l'emploi des machines à vapeur. On per- : çoit alors que l’économie réalisée dans la combustion des houilles se répercute par une économie extrêmement importante dans les capitaux investis et dans les frais corrélatifs à l'exploitation de ces capitaux. ll s'agit là d’une économie considérable réalisée dans l'utilisation de l’ensemble de la richesse nationale. C'est là un 3° point de vue dont l'importance ne saurait être négligée. () .
4°. — Un quatrième point de vue est celui qui résulte d’une plus juste estimation du patrimoine national. Le charbon est une richesse de la collectivité dont la quantité est exactement limitée par la nature du sous-sol du pays. Or, il faut remarquer que l’uti-
($) En ce qui concerne l’économie à réaliser du côté des services accessoires, on pourrait objecter que si un système généralisé de distribution d’énergie supprime les machines motrices particulières à feu ou à vapeur installées dans l’industrie, il ne fait que remplacer ces machines par des machines d’un autre type que sont les transformateurs et les moteurs électriques. L'objection est évidemment à retenir, Mais on ne peut manquer de remarquer que les organes électriques sont des organes extrêmement robustes d’une façon assez générale et qu'il est plus convenable de les assimiler aux organes de transmission qu'à des organes de production. Ils sont en tout point assimilables aux premiers, par la facilité de leur installation et de leur entretien. L’assimilation est d'autant plus naturelle que l’électrification d’une usine entraîne parallèlement une diminution des organes de transmission.
lisation des charbons à la libération de l'énergie potenlielle qu'ils possèdent, fait un très mauvais usage
de cette énergie. Dans une étude extrêmement inté-
ressante, parue le 23 avril r92r, dans la Revue Gé
nérale d'Electricité, sous le titre « Utilisation Intégrale des Forces hydrauliques par l'Electrification des chaudières », M. BercERoN, professeur à l'Institut Eleciro-Technique de GRENOBLE, et DUssAUGEY, Ingénieur civil des mines, font ressortir que l’utilisaüon de l'énergie potentielle du charbon transformée en énergie mécanique par la vapeur est actuellement de 11 % environ, alors que l'énergie potentielle existant dans une chute d'eau par exemple et transformée en force motrice serait de 60,5 % environ. On perd donc avec nos moyens actuels 89 % de l'énergie emmagasinée dans la houille et que des connaissances. ultérieures pourraient nous apprendre à utiliser. La chose est d'autant plus importante que l'emploi de l'énergie de la houille-n’est pas le seul emploi que
Jon puisse faire de cette matière dont la quantité est
si exactement comptée dans notre patrimoine. L’avancement des connaissances scientifiques pourrait être de nature à nous faire regretter amèrement, plus tard, la mauvaise utilisation que nous aurons faite d'un minerai qui pourrait nous rendre des services d'un autre ordre. N'oublions pas qu'il y a à peine deux siècles que nous utilisons les houilles comme combustibles. L'Etat, propriétaire du patrimoine, doit veiller à ce qu'il n’y en ait pas une dilapidation. Ti entre dans ces attributions, qui dérivent de la pérennilé qu'on lui accorde, de représenter les intérêts perpétuels par la défense du patrimoine et de les sauveoarder contre l’imprévoyance des intérêts présents. Dans l'Etat moderne et ses fonctions, M. P. LEROY-BEAULIEU écrit : « L'individu ou plus tôt un
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« grand nombre d'individus cèdent souvent à [a tentation des jouissances immédiates et leur sacri- « fient un bien-être... Quand ils détériorent ainsi les conditions générales d'existence de la nation dans
« l'avenir, l'Etat manque à son évidente mission en « s'abstenant ». Nous ne croyons pas qu'on puisse faire une meilleure application de l'idée exprimée par le chef de l’école libérale.
3° LA CRISE CHARBONNIÈRE CONDUIT A ENVISAGER DE SUBSTITUER LES MOYENS DE CAPTATION DE L'ÉNERGIE AUX MOYENS DE CRÉATION PAR LE CHARBON.
Si grâce à un emploi rationnel, se traduisant par l'organisation générale de la production et de la répar tition de l'énergie d’origine thermique, on peut arriver à réaliser une économie de combustibles dont l'importance aux différents points de vue national, économique et social est exactement saisie aujourd'hui, il va sans dire que la meilleure économie que l’on puisse réaliser est encore celle qui consisterail à supprimer l’utilisation des charbons dans la production même de l’énergie. |
On peut se demander pourquoi retirer d'un corps inerte, très difficile à extraire, très lourd à transporter et cela au prix d’un déficit énorme.de rendement, l'énergie qu'il contient en puissance, alors qu'autour de nous tant d'énergie en mouvement se trouve irrémédiablement dissipée, qu'il suffirait de capter pour satisfaire à nos besoins. Plus de patrimoine à dépenser. Canaliser des puissances sauvages qui sans cela se heurtent et se dispersent, causant parfois même des dégradations et des dégâts considérables, tel devrait être et aurait dû être depuis longtemps le but
de nos efforts. Il y a une quantité de ces puissances qui s'offrent à notre étude. Le vent dont on apprend à étudier géographiquement les grands courants, nous montre une source presque inépuisable d'énergie. Les marées qui journellement viennent battre l'étendue de nos côtes dont notre France est si bien pourvue, dépensent des quantités énormes d'énergie qui, à elles seules, suffiraient et pour longtemps à ré-
pondre à tous nos besoins. La chaleur même du sol (f
. Certaines décompositions chimiques qui libèrent sans souci de production des énergies laissées sans emplor, etc... sont autant de sources d'énergie inutilisées dont on devrait avoir pour premier but de tirer parti. Nous pourrions faire entrer dans cette dernière catégorie d'énergie perdue les gazs encore utilisables sortant des hauts-fourneaux. Le docteur Imbeaux, ingénieur en chef des Ponts-et-Chaussées, à propos d’une étude sur les forces hydrauliques du Jura, des Vosges et de l’Alsace-Lorraine, parue dans l'Annuaire de la houille blanche, 1919-1920, estime à 4.500 mÿ les gazs's’échappant d’un haut-fourneauxel:à 2.100 m la quantité perdue. Domestiquer l'énergie et non plus la créer : il semble bien que ce soit là véritablement l'avenir. Il est même fort possible que dans quelques années, les moyens perfectionnés que nous utilisons pour retirer l'énergie du charbon paraissent
tout aussi barbares que ceux utilisés il y a quelques siècles pour retirer, par l'esclavage, pleine utilisation de l'énergie humaine. Ainsi que nous l’avons déjà dit, la date à partir de laquelle nous avons su tirer
($) Dans le Génie civil du 8 janvier 1928, M. P. Caufourier étu-
die l'emploi des eaux thermales comme source d'énergie. C'est une utilisation de la chaleur amenée des profondeurs de la terre. Il signale que les seules sources thermales de Hamman-Meskoutine en Algérie situées dans le département de Constantine permettraient de réaliser une puissance utile de 12.200 chevaux qu'il estime largement suffisante pour électrifier le réseau algérien Bône-Guelma.
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parti et encore de façon si grossière de l'énergie en: puissance dans la houille est fort récente. Avec le retrait des années, le régime du charbon jouant un rôle dans la production de l'énergie pourra peut-être paraître avoir été bien éphémère.
Les sources naturelles d'énergie dont nous venons de faire mention n'ont donné lieu, jusqu à présent, qu'à des essais assez timides. Toutefois il est bon de signaler les efforts industriels nettement dirigés vers l'utilisation des marées. Le gouvernement français à déjà promis son concours et des sociétés se sont constituées ou sont en voie de constitution pour utiliser les situations particulièrement favorables que présentent nos côtes de Bretagne. Dans cette voie, il semble que l'Italie défavorisée d’une façon presque complète, au point de vue charbonnier, mais favorisée si heureusement du fait du développement de ses côtes, veuille de suite essayer de tirer parti de la force de la mer. D’après une information fournie par le Journal du Four Electrique et des Industries électrochimiques, à la suite d’une visite faite à une installation d'essais qu'un ingénieur italien, M. François Cattanec, a élablie, à Gênes, pour les besoins de. sa villa, le Ministre de la Marine italienne aurait passé un contrat avec M. Cattanéo pour la construction à l'arsenal de la Spezzia d'une première station de 5oo chevaux. Un syndicat Italo-Américain se serait même créé à Gênes pour former une société Italienne au capital de 50.000.000 lires, en vue de l’exploitation du brevet Caltanéo. Nous sommes intimement persuadés que d'ici quelques années la puissance hydraulique des marées sera utilisée.
Mais nous avons une source naturelle d'énergie particulièrement étudiée et qui est celle des forces hydrauliques de nos glaciers et de nos rivières.
IL est compréhensible qu'en même temps qu'elle poussait les esprits vers la vision d’une utilisation enfin rationnelle du combustible par les moyens d’une production concentrée et de la répartition, la crise charbonnièreaitplacéen un plan supérieur des préoccupalions l'intérêt qu'il y avait à mettre au plus tôt en pleine exploitation la première de ces énergies sauvages que l’homme avait su depuis longtemps dompter Lout au moins partiellement. La guerre donna à la question, dite de la Houille blanche, une importance particulière. Nous avons tenu à la séparer de ce qui a été dit précédemment. Nous relevons en effet deux choses distinctes, deux idées neuves que ces dernières années ont mis en grande actualité. D'une part c'est l’idée du monopole, d'un trust s’accordant avec l'idée du secteur que nous venons de voir naître. D'autre part c’est l'idée d'obtenir l'énergie non plus par des moyens artificiels mais par caplation des sour; ces naturelles. Cette dernière idée d’ailleurs renforce la première comme nous allons le comprendre en étudiant la question de l'utilisation des forces hydrauliques à la distribution de l'énergie.
4° ÉTUDE DE LA CAPTATION DE L'ÉNERGIE HYDRAULIQUE ELLE CONDUIT ÉGALEMENT ;