‹ Le Service Public de la Distribution de l'ÉnergieChapitre 36 sur 64 · NON O · texte numérisé non relu

NON O

prononcé à l’Assemblée Générale du Syndicat des In- ” dustries Electriques, en 1917 : « Pas de renaissance « économique, s’écriait-il, si l'on ne met en exploi- « tation les forces naturelles considérables qui exis- « tent dans ce pays. Cette mise en exploitation est « une des choses qui intéresse le plus directement « les ouvriers des différentes compagnies des sec- « teurs électriques (cette diversion assez inattendue « s'explique par le milieu devant lequel parlait le « Secrétaire de laConfédération du Travail), maisilne « s’agit pas seulement, à l'heure présente, de réaliser « le grand projet de transport de la force électrique « de la région lyonnaise à la région parisienne. Le « problème est plus vaste. Il s’agit de créer sur l’en- « semble du territoire un immense réseau électrique « apportant à toutes les industries la force dont elles « auront besoin pour permettre leur développe- « ment... Il s'agit, en un mot, de mettre complète- « ment en état nos forces hydrauliques et de savoir « si cette mise en état se fera selon les principes sé- « culaires de la propriété individuelle, au détriment « des intérêts supérieurs de la collectivité... » Malgré un accord qui dans tous les milieux paraît se faire, il faut attendre jusqu'au 16 octobre 1919, pour voir aboutir la loi relative à l’utilisation de l'énergie hydraulique qui donne enfin, après 22 ans, un statut légal à un des éléments les plus notoirement importants de l'évolution économique. Nous ne ferons pas l’étude de ce cette loi qui sépare à tort la producton de la répartition dans le service de la distribuüon. I nous suffira de noter que, bien qu'amendé par des atténuations successives, le principedel’intervention de l'Etat reste acquis dans presque tous les domaines et que l’on peut espérer que, par les moyens qui lui sont laissés et dont elle peut d’ailleurs aug-

menter considérablement lefficacité, l'Adiministralion supérieure est en mesure de réaliser sur la ques- Uon hydraulique un programme d'ensemble dont la loi de 1906 sur les distributions d'énergie électrique ne lui laissait guère l'initiative.

Nous voyons ainsi passer au premier rang des préoccupations, le souci de tirer une pleine utilisation de nos richesses hydrauliques. Les quelques eitalions que nous venons de faire montrent que ce souci était lié fort justement à celui de créer ce grand secteur auquel de précédents développements ontconduit. Les deux ordres de considérations aboutissent au mème résultat. Un secteur réunissant en un vaste réseau tous les besoins d'énergie afin de les satisfaire par une production unifiée : telle est la fin du programme que l’on doit se fixer.

Elles ne peuvent aller les unes sans les autres. Seule, la constitution d’un tel secteur est d’ailleurs de ñature à faire valoir enfin les avantages présentés par l'utilisation des forces naturelles dont les secteurs divisés de l’organisation condamnée par les syndicälistes n'avaient putirer profit. Il convient, pour s’en rendre compte, de se reporter à la formule de comparaison que nous avons établie entre hydraulique et thermique. Nous nous étions placés alors dans le cas des secteurs tels que les présente l’industrie privée. Leur multiplicité nécessite que l’on équilibre à peu près exactement la puissance thermique de secours à la puissance hydraulique dont on dispose. Une telle obligation n’est plus réclamée dans le cas d’un secteur réunissant l’ensemble de nos chutes équipées. Nous avons vu, en effet, qu’elles se secourent les unes les autres par suite du régime hydraulique très différent de nos divers bassins versants. Certes, des usines thermiques s’imposeront. Ne serait-

ce que celles placées dans les régions industrielles du Nord ou du Centre utilisant les gazs perdus des hauts fourneaux ou bien encore celles qui, sur le carreau des mines, peuvent tirer partie avec une économie extrêmement intéressante de poussiers ou qualités de charbon de valeur marchande inférieure. D'autres usines encore, aux portes de certaines agglomérations, pourront avoir une-utilité sociale pour parer à des circonstances imprévues ou même à des attentats d'ordre politique. Mais l'importance globale de ces usines ne mérite plus dans notre formule L'introduction d'un facteur d’immobilisation de valeur À que nous avions été amenés à considérer. La formule des’charges hydrauliques se réduit ainsi de ARE HR) NA GTR):

à - Bien mieux le facteur R.

100 100 | que nous avons retenu parce quedanslesystème de dis- tribution un fééder devait être spécialement construit pour réunir l'usine hydraulique au centre de gravité de l'exploitation est appelé lui-même à disparaître puisque nous ne considérons plus le centre de gravité d'exploitation et que dans le vaste secteur que nous envisageons les centres de production se trouvent réunis indépendamment de tout autre besoin par les grandes lignes d'alimentation. Le premier facteur d’inégalité entre moyens hydrauliques et moyens {thermiques se trouve dans ces conditions encore considérablement diminuéetréduità 3 AT/100. ILest entendu que nous négligeons alors le poids des immobilisations d'ordre ‘thermique, secours seCOndaires d’une utilisation hydraulique complète, ce qui est aller un peu loin. Nous pourrions faire la supposition suivante, en rémarquant que la valeur à fixer à K peut s’écrire I + i, c’est que i pourrait être pris

égal à la couverture, ramenée au cheval hydraulique équipé, des immobilisations consacrées en usines thermiques. Remplaçons alors R par sa valeur dans le premier terme inilial de l'inégalité, et, au lieu de les négliger tenons compte des immobilisations en thermique dans notre sysltème final. Nous pouvons

écrire :

A(SI + i) À (4I + R) (x) —— au lieu de — © 100 S ‘TOO et A(3 I + i) 3 LA (2) 2 au lieu de

On voit alors que lorsque l’on passe de l’organisation d'avant guerre (1) à une organisation de secteur général (2) le premier terme de l'inégalité diminue de

AE 2 soit sensiblement des LOT +) S ; D et que l'équipement hydraulique prend nettement des avantages sur l'équipement thermique.

Mais il ya mieux, l'établissement du grand secteur que nous envisageons, non seulement agit par la diminution des immobilisations au cheval hydraulique installé, il agit par amélioration du rendement. La satisfaction donnée aux besoins les plus divers par un secteur unique puisant aux mêmes réserves pour l'ensemble du pays, permet une utilisation sans cesse croissante des puissances installées. Le dernier terme de notre inégalité de comparaison thermique et hydraulique pour l'industrie de distribution d'avant guerre tenait compte d’un facteur 2 correspondant à 2000 heures d'utilisation qui était alors un rende-

ment très heureux pour l’ensemble des installations. Le rendement peut et doit facilement gagner des valeurs de 4000, voire même de 6000 heures. Le second terme de l'inégalité augmente, donc considérablement alors que le premier diminue. L'avantage de l'équipement hydraulique ne manquera pas ainsi considération d'immobilisations seule retenue, à devenir extrêmement marqué tandis qu'auparavant une telle considération le faisait rejeter.

Page 1