LAMOUROUX
aie
qu'une vieille chienne trop âgée pour reproduire. En fait de chien, je n’ai plus que Prince. »
En 1875, c’est-à-dire deux ans avant sa mort, il écrit au même M. Rothwell : « Je suis complètement désespéré des pertes que je viens de subir. Six étaient vraiment incomparables. Il ne me reste plus que Prince et une chienne orange Cora. Depuis trois ans que j'habite ici, sur trente chiens, je n’ai fait qu'un élève, j’ai cependant tout ce que je puis désirer : mon chenil est excellent, mes chiens peuvent s’ébattre en liberté dans la campagne ; leur perte.me semble donc une fatalité puisque aucune dépense n’est épargnée pour leur procurer tout le bien-être et le confort possible. »
Nous voyons par là que, malgré les bons soins et lexcellent chenil, la fatalité (style LAvERACK) ou plutôt les résultats d’une longue consanguinité mal surveillée, arrivaient à l’extinction de la race.
L’un des plus grands cynologues de l’époque, M. Purcell LLEWELLIN, comprit les dangers de cette consanguinité, et il croisa le Setter Laverack avec d’autres Sétters : telle est l’origine de : Ranger, à M. Macdonna, le plus célèbre Setter qui ait été présenté au public.
Voici l’avis très compétent de M. Pierre MÉGNIN sur ces croisements pratiqués par M. LLEWELLIN et sur leurs résultats :
« Le Setter décrit par LAvVERACK est un animal bas sur pattes, d’une grande profondeur de poitrine, mais offrant un aspect un peu lourd par suite du défaut de proportion qui existe entre la hauteur de l’épaule et la longueur depuis l'extrémité du nez jusqu’à la naissance de la queue. Le Setter Laverack de l’ancien type résiste admirablement parce que sa poitrine énorme lui donne le souffle nécessaire, et que son rein très
fort lui procure la force indispensable pour entretenir sa quête ardente.
« À tort ou à raison, le premier type a été modifié et le chien que nous rencontrons aujourd’hui (1904) dans les Expositions est sensiblement différent : la taille s’est élevée, par suite le chien est devenu plus léger, plus élégant, mais souvent aussi, malheureusement, sa poitrine a diminué de volume et le rein s’est allongé et surtout affaibli.
« Ce changement du Setter Laverack est la conséquence des croisements. M. Purcell LLEWELLIN ayant croisé des chiens Laverack avec « Dan », un Setter du chenil de M. Armstrong, obtint des produits qui joignaient aux qualités de nez et de résistance, distinguant la race pure, une apparence plus élégante. Cette variété, que son créateur désigne sous le nom de : « chien de fields-trials >» par excellence, fut très vite en faveur. Quelques autres éleveurs, suivant la mode, affinèrent les formes de leurs Setters Laverack sans pour cela recourir à des croisements ; ce fut l’origine d’un type nouveau. Ces chiens diffèrent de ceux décrits plus haut par une plus grande longueur de jambes et une plus grande élégance ; ils sont plus fournis de poils qui doivent être absolument fins sans la moindre trace d’ondulation. »
Ces chiens de type nouveau, ces chiens de fieldstrials par excellence, sont donc en quelque sorte le stade intermédiaire entre ceux d’hier (Laverack pur) et ceux de demain.
Quels sont les fields-trials qui ont changé la conception du Setter anglais ? Quel est l'avenir de ce chien et comment peut-on le concevoir dans le futur ?
C’est ce que nous allons examiner maintenant.
SVP ENT
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