‹ Le ShinntoïsmeChapitre 15 sur 44 · G2 LK 8HI.NM4MSMK · texte numérisé non relu

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présttiilent un sens qui parfois pourniil bien être celui du mythe*, mais qui, le plus souvent, parall d*autanl plus probable qu'il s'éloigne davantage de ce dernier'; enfin, au sommet de cette échelle où nos élymologies légendaires se classent tout naturellement d'après leur degré d'invraisemblance, vous trouvez, en pleine lumière, des noms dont la siguiiication originaire semble évidente pour quiconque a voyagé au Japon*. Mais dans tous les cas, à un sens vulgaire,

prépare? C'est ce que Motoori iui-mt>aie n'a pu élucider; el lur ce poÏDl, le passage correspondant du N J, 30i-305) ne nous apporte aucune lumière. — Autres cas d^etyoïulogies si recberclii!'es qu*on ne les comprend plus : K, 211, 256, 3d<), etc.

1) Ou tout au moins, de quelque fait rêei qui aurait inspiré à la fois Tètymo* logie t.*l la légende, i'ar exemple, Miké» le pays de •> TArbre auguste " (tov. N, I, \W)\ Midzousluma, '> Tile de l'eau » (déeouverle d'une sourca dans la rocher : .N, I, 19^;; etc.

l'y LViiiptTeur Younakout'iaiit en ?oya>;e, ■ une jeune Qlle le rencontra en chemin ; ot aus^ilùt, voyant le pabSHge impérial, elle courut sa cacher au cdté d'un monticule. Alors il composa un auguste clunl. Ce chant disait : « Oh ! le mooti* culeoù se cache la jeune tille I Oh! cin<]cenl:} liéctiesile métal, pourladéterrar! » C'est pouri|uoi l'cndruit fut appelé Kanaiouki no Oijoka(le Monticula de la Bêche lie mi'ial). " ^K, 320*321.; — LVmpercur Ninntokuu trompe sa femma» tandis que celle-ci vuf^ue (Kiisiblement sur un bateau cliarge de feuilles d'aralias, qu'alla a cueillies pour servir d'assiettes à un feslin ^cf.» pour cet usage, K, 24S atpcM» et Parker, Ijc, i:it.,p, 44; . Sur ces antre faites, on vient avertir l'imperalrica qua «Je Céleste souverain, s'élaiit uni a Yala-no-ouaki-iralsoume, s'amuseavac alla jour ai nuit.» Alors Timpriatriot," ^Tamlement vexée et furieuse, jeta daoi la mer toutes las feuiiies d'ardiiasijuVMie avail iii\>i*s à bord de Tau^usie va is:^aau. C'est pourquoi cet en<iruil lui appe.é .Mii<ou nu saki (k' cap .Milsou). » K, 273-274. En effet, miti'iu si^nilie > irois • , el les !'>uil:t's d'aralia, mityjun^-yashikaf sont tripannées. .Mii6ou du.t venir d>' mitstu^ • auicusie port i*. Mais cf. plus bas» p. 263, n. i;^, un ji-u de uiuls analogue sur k; mul Mi*tit'*.) — .\ulres exemples aneora : K, L'3& i>l N, I, ZSd Oumi , K, isi ^Mzjunii;; K, IM et N, I, 158 (Hafousuiio. ; N, 1, i'M Hi KO Kouni; ; N, I, l.iO ^Ka.lzjuraki ; cf. K, 153, 31i)); etc.

3^ La princesse Kiorissanle mol au m^n le ses trois lils dans la fournaise (voir oi*dL*i»sus, ]». 11«, n. 1;. c Alurs, avec une lame tle bambou, alla leur coupa le cufilun oinbiln al. El de ct* cjiiteaa de hanibou, qu'elle jeta ensuite, un bosquet d«' bambous surgil. C'est pourquoi c>>l endroit fut appelé laka-ya yla maison des bambous . " ^N, I, 85-iSi5.^ li n'(ia;t pas besoin d'aller chercher si loin l'origine d'un iium si :iimple. ^ .\ulres ras non moins clairs : la Cascade (•:i-ilos»uus, p. 19<s, n. 2', le Palais des jeunes censiers (p. 1*J7, n. 2), la Baie des pins ^p. 10'<, n. 3), la Hivière des Cormorans (Ou-Aa^a, dont le K, 181, n liésite pas à expliquer le nom en disant qu'après une batiiiie, les cadafrea des gaerriers ^i llotlaient comme des cormorans » sur celte nvière), etc., etc.

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nos raconteurs préfèrent un contre-sens brillant. Plus une explication est alambiquée, plus elle les ravit'. Pour Tobtenir, ils ne reculent devant rien : ils font ilëche de tout bois, empruntant de toutes parts les éléments d'une philologie extravagante, que n'effraie aucun détail absurde' ou bizarre*.

i)<( Le Céleste souverain (Innghiô, première moitié du v* siècle), déplorant les transgressions survenues dans les noms de famille et dans les noms de clan de tout l*empire, fit mettre des vases d'eau bouillante (pour l'ordalie décrite dans le N, I, 316-317) à Amahashi no kotO'ya'SO^maga-tsoU'hi no saki, et daigna établir les noms de famille et les noms de clan des quatre-vingts têtes de compagnies. » (K, 294-295.) La nouvelle désignation que reçoit, à cette occasion, la Pointe d'Amakashi (cf. K, 194), signiûe : la Merveilleuse Pointe des quatrevingts Maux en Mots d'Amakashi 1 Et en effet, il s'agissait bien ici de 80 grandes lignées, d'un mal auquel avait voulu remédier Tempercur, et d*un abus concernant les mots, c*est-à-dire les noms de famille.

2) f< La raison pour laquelle Oh-tata-né-ko (prêtre du grand dieu de Miwa, au temps de Soudjinn) était connu pour être Tenfant d'une divinité, est la suivante. La princesse Ikou-tama-yori (Vie-joyau-bonne, cf. K, 176) avait une beauté d'une régularité parfaite. Un jeune homme, qui estimait la majesté de son aspect hors de comparaison avec tout ce qu'on eût pu voir à Tépoque, vint sondainement la visiter au milieu de la nuit. Comme ils s'aimaient et qu'ils vécurent ensemble, la jeune fille fut bientôt enceinte. Son père et sa mère, étonnés de ce fait, l'interrogèrent, disant : « Tu es donc enceinte par toi-même ! Ck>mment as-tu un enfant, toi qui ne connais pas d'homme? » Elle répondit ; t€ J'ai conçu d'une manière naturelle ; car un beau jeune homme, dont je ne sais ni le nom ni le prénom, est venu ici chaque soir et 8*esl attardé auprès de moi. » Alors le père et la mère, désirant connaître cet homme, donnèrent leurs instructions à leur fille, en lui disant : « Répands de la terre rouge devant ta couche, puis prends un écbeveau de chanvre, passe le fil dans le trou d'une aiguille, et avec cette aiguille perce le pan de son vêtement. )> Elle fit comme il.lui avait été ordonné; et, le matin suivant, en regardant, on vit que le fil mis dans l'aiguille était sorti à travers le trou du loquet de la porte, et que tout le chanvre qui restait n'était que de trois enfilées. Àussilot, sachant comment le jeune homme était sorti par le trou du loquet, ils se mirent à sa recherche en suivant le fil, qui, arrivant jusqu'au mont Miwa, s'arrêtait au temple du dieu. l\a connurent ainsi qu'Oh-tata-né-ko était le fils du dieu de l'endroit. Et à cause des trois enfilées de chanvre qui restaient, ce lieu fut appelé Mi-wa (3 enfilées). » (K, 177-178.)

3) Le chef de Tarmée impériale vient de tuer le chef d'une armée rebelle, qui s'enfuit alors, en pleine déroute; et les guerriers vaincus sont poursuivis jusqu'au bac de Kousouba, « où, harassés, ils lâchèrent leurs excréments, souillant leurs hauts-de -chausses. C'est pourquoi l'endroit reçut le nom de Kousobakama (excréments, hauts-de-chausses). On l'appelle maintenant Kousouba. » (K, 181, qui donne encore d'autres xplications non moins fantaisistes, ainsi que

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Tn nom de lieu est-il rchelie an calembour? Knire la légende et ce nom, ils établissent un autre nom. arbitraire, un Iraild^inion factice qui ménage la transition ; après quoi, ils déclarent que ce mot inventé était le mol primitif, qui, plus tard, s*est transformé par Tusage'. Quelquefois, fauteur du récit, ayant négligé de se relire^ nous donne lui-même la preuve du faux sens qu'il a forgé ' ; et d^ailleurs, à défaut de

le pasiage correspondant du N, I, 158. Cf., dans l'Inde. Apvâ, la déesse de la Panique, donl )f* nom peut évoluer la nii> me image réaliste : V. Henry, op, cit., 151, 15 i;. — Voy. aussi N, I, 150 (le Tombeau de la haguette : ci-dessous, p. 271. n. 1), elc.

1) Tantôt ce proc^Mié ressort tout simplement de l'inlicalion successire des deux nomâ, tantôt il St* trouve pri-cisé, d'unf manière* formelle, par le rédacteur* Exem[i!e du premier cas : •• Le (léli'Ste souverain (Souïninn) flt appeler les

au;;usles pn !4Si':< IIiIkisuu. <Mo, Oiilakuri et Malonou, filles du prince Mi tclii-

nu-o(jïi|ii, en tout (pialre diviiiiti*?. Kl il K'«'>rd.i deux divinités, les augustes princesses Ililia^ou et (Wo; niais quant aux dfux «Kitres divinités, les plus jeunes reine», li les renvoya à leur Ii**u de naissanci*. (larce qu'elles étaient tout & fait hideuses. Alors, la piinresse MatuniMi, inurt:li"e, dit : « (juand on saura dans les vtllaffes voisins que. parmi les t^injrs ii'une même fannlle, nous avons été n-nvoV' es à cause d** notre lai>ieur, ce Sfr.i pnur nous le comble de l'bumiliatiun. > C'est pourquoi, en arrivant à Sa^araka, danf la terre du Yamashiro, elle essaya d^* se suicider en se pendant à une branche d'arbre. Cet endroit fut donc nomnir San':iriki. <>n rapft'lîe maintenant Sa^^araka. Ensuite, parrenue à Olokuuni, i'll<> liiiil p.ir ie donner la mort en tombant (en se jetant) dans un ëla!)>;pr«)foti'l. Cet endri>it fut donc nommé Otcbikouiii. Onrappelle maintenant Ot«)k.)iini. •• {K iy7- l'.H. Sajat i-A/, pL-n l.ml-arlire. Oirhi-k'mni, tombant-pays). Cf. K, l;iJ, ISI, l't.î... I!xeiiin!i' ilii 8- ronl cas : ■ l/e:npereur (Keikd) parvint au viiia^'e d'Ikoiha, nu il prit s>ii repis. («•• jour-i i, les serviteurs laissèrent (leni<re eux uni> c.iMi\to ,i lioin*. C/esl |iOuri{iiui les liomiues do ce temps appelèrent Ouk'Uitia !•' iieu un li «uupt* avait ri»' i uMi>-e. Le nom actuel, Ikoulia, en est une oMrrii|<tion. .N, 1,200. nuk'Hloi. f'Xjpe à boire, dans le langage aîoîi.»h|iie lie VlUi de Tsoukousiii). Voir aijs>i N, I, 113, 158, 227. etc.

J M l/eni{M>ri'iir (Hilchiou) lit [iieMr>' a l'eau dans l'elang dTtcbishi, à iliare, 1.' haie m fjuroln c'. N, I, 2i»7 : hiie.iu rrens-*, sous Ninntokou, dans un t:ro3 trono d'arhre birur<{ué en de.ix hran hes ; et il se plaça à l'ua des côlés de la loiirche, avec la «'omrubine inipêria'.o de l'autre côté, pour festiner. Le ^rand maître de !a oour, Areshi, présenta du vin de rii à l'empereur. A ce moini'nt, une llt?ur de cerisier tomba dms la CDUp* impériale. L'empereur t*ea eli)iin;i, et. faisant appeler Mononohé no Na;::iniak'? no Mouradji, il lui commanda, ilisaiit : «' Ci-tte fleur est venue liors de saison. D'où vient-elle? Cherche-le. » Nai^amake no Mouradji alia dono lui-même à la recherche dea tleurs. 11 les découvrit sur le mont tJuaki-Kamou-no-mouro, et les présenta à

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tels indices précis, ne suffi t-il pas de remarquer que presque toute cette nomenclature de fantaisie se trouve groupée juste ment autour des histoires les plus légendaires : DjimmouS Yamatc-daké>, Djinnghô'. Déjà parait l'esprit singulier de ce

l'empereur. L*empereur fut charmé d'avoir une chose si rare, et il en fil le nom du Palais. C'est pourquoi on Fappela le Palais des Jeunes Cerisiers (Ouakazakoura) d'ibaré. Telle fut l'origine de ce nom. '> (S, I, 306-307, qui ajoute que, ce même mois, le titre originaire de Nagamaké no Mouradji fut changé en Ouaktzakoura Bé no Miyakko, et que le grand maître de la cour, Âreshi, regutle nom de Ouakazarakoura Bé no Omi). En nous contant cette historiette, qu'il raUache à Tannée 403 après J.-C, le rédacteur oublie qu'il a déjà écrit, soai l'année 203 : t La capitale fut établie à Iharé. On l'appela le Palais de Ouakazakourt. » (N, I, 241.) Même contradiction entre le N, I, 343 et le N, I, 134; entre le K, 317 et le K, 23-24; etc. C'est ainsi que, dans la Bible, le nom même de lahvé est représenté, tantôt comme révélé pour la première fois à Moïse, tantôt comme invoqué par les hommes avant le déluge (Genèse, iv, 26, Exode, vi, 2-3; et cf. A. Réville, Prolég., p. 78).

i) Djimmou et son frère Itsou-sé débarquent avec leurs boucliers : l'endroit s'appellera Taté-dzou (le hAvre des boucliers; nom réel, Tadé-tsou, c'est-àdire, sans doute, le havre des renouées). Peu après, Itsou-sé, blessé à la main, se lave dans la mer de Tchinou : ce nom voudra dire « la lagune du sang » (dérivation plus probable de tchi-noumaj lagune des eulalies, comme le propose M. Chamberlain). Bientôt Itsou-sé meurt à l'embouchure d'une rivière : étant donné qu'il a expiré « en vaillant homme », cette embouchure portera le nom de Duo (homme). Etc. Voir K, 132 seq.

2) La dernière maladie de ce héros est racontée comme il suit : u En descendant (du mont Ibouki, voy. ci-dessus, p. 236, n. 3), il atteignit la source fraîche de Tama-koura-bé, s'y reposa, et son auguste cœur se réveilla un peu. Cette source fut donc appelée la source de Ouï-samé (repos et réveil : cf. K, 63-64). Lorsqu'étant parti de là, il parvint à la lande de Taghi, il dit : « Mon cœur a toujours éprouvé le sentiment de voler dans le ciel; mais maintenant, mes jambes ne peuvent plus marcher : elles ont pris la forme d'un gouvernail. y> Ce lieu reçut donc le nom de Taghi (du mot rare taghishi, gouvernail, bien que la véritable étymologie, évidente ici, soit le mot taki, cascade, adouci par le nigori : une cascade bien comme existe, en elTcl, à cet endroit). Et comme, s'étant avancé un peu plus loin, il s'en trouvait très fatigué, il s'appuya sur un auguste bâton pour marcher un peu. C'est pourquoi ce lieu fut appelé Tsouwé-tsouki-zaka (la pente où l'on s'appuie sur un bilton)... Lorsqu'il arriva au village de Mihé, il dit encore : « Mes jambes paraissent triplement tortues et sont bien lasses. » L'endroit fut donc nommé Mi-hé (triple). Etc.. (K, 217 seq.).

3) L'impératrice s'avance pour attaquer HashiroKouma-ouashi (plume-blanche, aigle-ours; voy. plus haut, p. 157, n. 8). « Ace moment, un tourbillon s'étant élevé soudain, son auguste chapeau fut emporté par le vent. Les

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|)<Mi|jle, amoureux dos jeux de mots, qui fondera sur eux tout son système poélique*, qui mettra toute sa finesse en calembours. En attendanU il multiplie les récits qui ont en \ue des explications verbales; toute historiette s'achève par une 6lymob»gie: cl ces mille petits détails épars viennent tout nalurollemcnl s*a(;ré^er aux grandes masses directrices d<; la b'^grnde sacrée, comme les molécules répandues en un liquide saturé s'assemblent d'une manière spontanée et s'ordonnent autour d*un cristal.

lùifin, après tous C( s mythes explicatifs que nous venons de parcourir, aprcs tous ces récits dont le but commun était de répondre aux innombrables questions de la curiosité primitive sur les choses de la nature et de Thomme, sur les phénomènes physiques (*t sur les êtres vivants, sur les ori- ^ines du monde et les commencements de Thistoire, sur la société et s(*s coutumes, sur l'expérience acquise, sur les mots traditionnels, bref, sur tout ce qui, plus tard, constituera Tobjet multiple des sciences, il ne nous reste plus à signaler qn*uiR^ dernière catégorie légendaire, moins impor-

liommcs (le l'époque appelt*rent donc cel endroit Mikast (auguste chapeau) •. Elle taille en pièces le brigand. « Alors, elle dit à aei courtisaDt : « Mon esprit (?sl en p-iix, maiiitenanl que nous avons pris Kouma-ouaihi. » C'est pourquoi rot «*ndroit fut appeli* Yasou (paisible). >» Bientôt après, étant à la P'-clie (voy. ci-dessus, p. 25i, n. *J)> ^^^^ attrape une truite : « L'impératrice dît alors : « C'est une chose étrange. •> Aussi les hommes de ce temps appelèrentilti l'endroit Medzoura mirlzourashiki, étrange). Le nom actuel, Mataoara (contraction évidente pourtant de maisou-oura, baie des pins)» n*eit qu'une corruption de l'autre. » Un peu plus loin, elle fait creuser un canal d'irrigation, quand un rocher arrête l'ouvrigc; cependant les dieux, invoqués» déchaînent la foudre, qui frappe le rocher et le brise en deux, livrant panage aux eaux. « Cest pourquoi les hommes de l'époque appelèrent ce canal le Canal de Sakouta (champ coupé). »> (N, I, 226. 227, elc).

1) Ce procédé se trouve déjà dans nos vieux recueils. Par exemple, le bon empereur Ninntokou, regardant s'éloigner sur mer sa concubine la princesse Kouro, chante ces vers : u Au large, il y a des rangées de petits bateaux. Ma femme de Kourozaki s'en va vers sa patrie. » (K, 271. Kouroxaki, le cap Noir, n'est évidemment ici qu'une allusion discrète à Kouro'himé^ la princesse Noire). Cf. aussi la poésie fameuse du K, 6i (sur laquelle voy. Chamberiain» loc. cit., n, 6, Aston, SAin^o, p. 106), etc.

tante d'ailleurs et moins intéressante pour le psychologue moderne : celle des mythes qui ne visent pas à satisfaire le désir de savoir, mais seulement le plaisir de conter; qui n'ont pas pour (in d instruire, mais d'amuser ; qui sont le résultat de l'imagination travaillant à vide, sur des données quelconques, sans autre mobile qu'un goût enfantin pour les mensonges ingénieux; d'un mot, les mythes qui ne sont plus orientés vers la science, mais vers la littérature, et qui représentent tout à la fois l'épopée et le roman de nos primitifs ^ Nous retrouvons ainsi dans la légende japonaise, sans parler des grands mythes héroïques qui tiennent de plus près à l'histoire qu'à la fiction % tous les contes secondaires qui composent et caractérisent surtout le trésor narratif des peuples dits sauvages : les récits familiers où les objets s'animent', où les animaux parlent ^ viennent au secours des héros', où ces héros eux-mêmes accomplissent des exploits qui sont de perpétuels miracles % et lorsqu'ils ont assez étonné la terre par leurs prouesses merveilleuses, font

1) M. Lang distingue d'une pari les mythes explicatifs naturistes, d'autre part les contes héroïques et romanesques, parmi lesquels il range les légendes explicatives de coutumes [op. cit. y p. 583). Mais il est plus logique de classer dans une même catégorie tous les myihes explicatifs en général, quMls concernent la nature ou l'humanité, et de séparer au contraire ces myihes explicatif! de choses humaines des simples contes qui n*ont aucun objet sérieux.

2) Voy. plus haut, p. 252 seq.

3) Voir ci-dessus, p. 37, n. 1 ; 111, n. 3 ; 133 seq. ; 181 seq. ; 194 seq. ; 212 seq,

4) Références supra^ p. 137, n. 2, et pass,

5) Le lièvre blanc d*Inaba (K, 68; sup., p. 160, n. 7); la souris d*Oh-kouni- Douabi (K, 73; sup., p. 161, n. 1); les mollusques qui viennent guérir le même personnage (K, 70; sup,» p. 163). Est-il besoin d'ajouter que ces interventions d^animauz ne sont pas d'origine bouddhique? (Réfutation de la théorie contraire, qui avait été soutenue pour d'autres pays, dans Sidney Hartiand, The seienee of fairy taleSt 1891). Cf. d'ailleurs Lang, 372 seq. (Michabo, le bon lièvre blanc des Algonquins), 595 (l'universelle souris bienfaisante), 601 (les poisBOoa aecourables), et 584 pour la généralité de cet élément typique des contes primitifs.

6) Par exemple : K, 85 seq. (stiprà, p. 188, n. 3); K, 102 {ibid.f p. 47, n. 3) ; etc.

2r)K LE SlllM?(TOÎSllE

rasct^nsion du Tiiel' ou visilent les Knfers*; le tout, avec ces éternelles ressemblances de siluations, d'incidents, d'intrigues qui rapprochent si étrangement les contes populaires des races les plus diverses, les plus distantes les unes des autres dans l'espace comme dans le temps*. El nous découvrons aussi, dans cet antique et lointain Japon, les récils plus brillants peut-élre, mais au fond si proches des précédents, qua illustrés chez nous la culture classique : Persée délivrant Andromède qu'un monstre des eaux allait dévorer*;

I) K, 45;N, I. IM^elc.

2; Mylli** il Izanaghi : K, 3& se«] supra, p. 104, 110. 127, 136, eU.). Cf. aussi K, 71 sof}.

3' IVir exemplt* : Oh-kouni-nouslii persocuU^ par ses frères :K, dS seq.): Il" (iiTi 1*1 lln-oii'iri (sufra, p 117 . .iwc ifs traits habituels de Tarbre pii'> «il* l'i p-Tds «!u puits où so retlèlt^ limoge flu visiteur (K, 121, N, I, 93 : LariL', ('usl''tu au'l Myth, p 91. 9*.» \ i\e la pri'fi'rfnce accordée au cadet des deux fur» s vK, 1*J5. N. I, 9i : AFton, Shint", \ IT» . du départ lîe l'amante dont les rerntninrin*1ationpn*i»nt pas ^l*- ol»f*»rvt^o« K, 127, N, I, 95:Lang, t6i(i.,8l); etc.

i- V Ayant été expuls** (du r:ol : voir ci-det^us, p. 70\ Tauguste Szannoô d<>src:ii|it t*n un lii'u appe'i* Tori-kinii Jiuftpe doiseau, s*il fallait se fier aux caractères i(i<^(igraphif(uos\ aux sources île la rivière Hi (ou llii), dans la trrro. d'Idzounio. A ce inomont, um* baguette à manger passa, flottant au cours dp IVau. I/aiiijuste SrannoiN, pensant donc qu'il y avait des êtres humnins à la soiirct^ de la rivifre, montait à leur recherche, lorsqu'il se trouva en présenro d'un vieillanl et il'uue vieille femme qui avaient une jeune fille enlrc rux d( ux, «'t qui plfuraieiit. Il daigna leur demander : « Qui ètes-vous? » Li> vieil ar 1 n'pondit : •< Votre serviteur est un dieu terrestre (ou local, kouni n-' kaini , eurant du dieu Sei.L«'neur des frrandes montagnes {suprà, p. 122, n. 1, i.'i, n .') . On nr.ippelie Ashi-iiadzou-trhi; ma femme se nomme Tt*-nadzou-tch'; et ma tille, Koushi-nalahimé (iia'ia, sans doute pour Inada, nom de litMi qui ^:i^'nllie «' rizii*>re m; A it/H/ii, dans le sens de peigne ici, en raison de riii:ïtoire qui suit » II demanda encore :<i Quelle est la cauie de vos ianientalions? » Le vieiliard répondit : i- J'avais pour enfants huit jeunes niles. Mais le serpent à huit fourches de Kosiii (région plus au nord, habitée par les Ainous) est venu chaque année en dévorer une, et c>st le moment où il doit revenir; voilà pourquoi nous pleurons. <« II lui demanda : u Quelle forme a-t-il? » (Suit la description du monstre : voir plus haut, p. 148, n. :\). Alors l'auguste Szannoô dit au vieillard : •• Si c'est ta tille, veux-tu me l'olTrir.' n Le vieillard répondit : •< Je su;s très honoré; mais je ne connais pas ton auguste nom. » Il lui dit : » Je suis le fn-re aîné de la f^rande et auguste Amatéras; et je viens ilc descendre du Ciel. «> Les diviaiti's Ashi-nadzou-tehi et Té-nadzou-tchi lui répondirent : « S*il en est ainsi, nous te l'offrons avec rea«

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JasoD ravissant à Eélès son fameux trésor, avec le secours de

pect . » Alors l'auguste SzaDDoô, prenant la jeune fille et la changeant aussitôt en un peigne aux dents nombreuses et serrées qu*il planta dans Tauguste nœud de sa chevelure (cf. supra, p. 202, n. 2), dit aux divinités Ashi-nadzou-tchi et Té-nadzou-tchi : « Vous autres, distillez une liqueur huit fois raffinée. Faites une palissade en cercle; dans cette palissade, pratiquez huit portes; à ces portes, attachez huit plates -formes; sur chaque plate-forme, mettez une cuve à liqueur; dans chacune des cuves, mettez de la liqueur huit fois raffinée; et attendez. » Et comme ils attendaient après avoir ainsi préparé toutes choses selon Fon commandement, le serpent à huit fourches arriva vraiment comme le viellard avait dit, et sur-le-champ plongea une de ses têtes dans chaque cuve, et but la liqueur. Sur quoi, il fut enivré par la boisson, et toutes. ses tétcs se penchèrent pour dormir. Alors Tauguste Szannoô tira le sabre, long de dix largeurs de mains, dont il était ceint augustement, et tailla le serpent en pièces ; si bien que la rivière Hi coula transformée en un fleuve de sang. Or, quand il coupa le milieu de la queue, le tranchant de son auguste sabre fut ébréché. Trouvant cela étrange, il fendit le corps avec la pointe, puis il regarda; et il y avait là un grand sabre acéré. Il prit donc ce grand sabre, et pensant encore que c'était une chose étrange, il en informa respectueusement la grande et auguste Amatéras. C'est le grand sabre Kousanaghi (cf. ci-dessus, p. 223). » (K, 60-Ô'i; N, 1, 52-58). — Celte légende si répandue pourrait être classée avec les mythes explicatifs, si elle n'avait entièrement perdu, à l'époque où elle fut rédigée, son sens originaire probable. Il semble, en effet, qu'avant de se présenter comme un simple récit épique, elle ait eu pour but de rappeler Tabolition des sacrifices humains offerts aux divinités thériomorphiques (ci-dessus, p. 144, n. 1], notamment aux esprits des eaux conçus sous forme animale (E. S. Hartland, The legend of Perseus, vol. 111, ch. xvm, et Marillier dans Rev. cChist. des religions, t. XXXIV, p. 401-402). Or, la description du monstre de Koshi paraît bien être en réalité, comme l'a fait observer M. Aston {SkintOf p. 105), une représentation poétique du fleuve lui-même, avec son cours serpentin, ses affluents nombreux, ses rives boisées et ses eaux profondes, dévoratrices d'êtres humains. En tout cas, nous retrouvons ici les traits essentiels du mythe grec, dont notre récit se rapproche notamment par la présence d'armes magiques (voy. N, I, 56, 57), tandis qu'il s'éloigne des versions populaires, plus primitives, par l'absence des animaux secourables qu'on y voit intervenir (cf. Hartland, op. cit,, vol. III, ch. XVI ; et par contre, vieille tradition du Oudji Shoui Monogatari^ supra, p. 144, n. t), — On peut comparer également l'exploit de Szannoô à celui d'Héraklès tuant l'hydre de Lerne. Pourquoi Szannoô prend-il tant de précautions pour réduire à Timpuissance, en même temps, les huit têtes du reptile? Parce que, s'il avait essayé de lei trancher une à une, les têtes restantes ou renaissantes l'eussent dévoré (problème universel dans ce genre d'aventures : voy. E. H. Carnoy, Lts serpents et les dragons dans les croyances et les traditions populaires, Rev. d'hist. des religions, t. IX, p. 98). Le héros grec, après de vains essais, n'aboutit que par la force brutale, en

270 LE SHIl«?(TOÎSMB

Médée*; Kros, le prétendu serpent, dévoilé par la trop

tbâlUnilet sept tétei de Tliydre, d'un muI coup de ta terrible massue; le héros japonais a recours à la ruse, et e*est assomoié par le saké que le monstre tombe à ta merci. (Cf. variante du N, I, 66, où il dit au reptile : t Tu es une divinilé redoutable; comment oserais-je négliger de te régaler? » Après quoi, il prend huit jarres de saké, les rerse dans les huit gueules, puis tue le serpent endormi.) Quand au fameux sabre « Dompteur des herbes •» qui reparaîtra dans une autre grande légende héroïque, celle de Yamato-daké, il nous rappelle <*ncore les flèches qu'Ht^raklés rainqueur trempa dans le sang de Thydre et qui désormais furent toujours mortelles pour ceux qui en étaient frappés.

I) Oh*kouni-noushi, ayant obtenu en mariage la princesse Yakami, est persécuté de toutes façons par ses quatre-vingts mauvais frères [iuprà, p. 160, n. 7); mais il échappe à leurs embûches cl, finalement, descend auxEnfers pour y chercher conseil auprès de son grand ancêtre, Ssannoô. « Lors* qu'il arriva à Tauguste résidence de Taugusle SsannoA, la fille de oe dernier, 1b princesse Souséri (peut-être de ^ouivumou, avancer, ee qui répondrait bien au caractère hardi que nous allons observeri sortit et le vit; ils échangèrent des regards, et furent mariés; et, rentrant, elle dit à son père : » Un dieu très beau esl venu >*. Le grand dieu sortit alors, regarda, et dit : « C*esl Ashihara-shiko-ouo (le vilain dieu mAle des plaines de joncs. » : et aussitôt, i*appelant à l'intérieur, il le fit coucher dans la chambre des serpents. L& dessus sa femme, Taugusle princesse Souséri, donna a son époux une écharpe à serpents, en lui disant : n (^hiand les serpents seront sur le point de te mordre, chasseles en agitant cette écharpe trois fois. » El comme il fît selon ses instructions, les serpents s<> calmèrent; si bien qu'il reparut après de doux sommeils. De nouveau, le soir du jour suivant, il fut mis dans la maison des mille-pattes et des guêpes ; maid comme elle lui donna encore une écharpe à mille-pattes et à guêpes, et qu'elle Pinstruisit comme auparavant, il sortit avec tranquillité. Kiisuite, l'auguste Sz:inooA lança une floche sifflante {nari*kaboura^ flèche à tête fiercée d'un ou plusieurs trous qui la faisaient résonner dans son vol, Hepbuni, v* kaboura-ya) au milieu d'une vaste lande; puis, il l'envoya la cher* cher, et aussittM après son entrée dans la lande, il y mil le feu tout autour. Tandis qu'il était là, ne sachant par où sortir, une souris vint et dit : « L'intérieur est creux, creux; le dehors esl étroit, étroit. » A cause de œtU parole, il piétina le sol; sur quoi, il tomb«i dedans et se cacha; et pendant ee temps, le feu passa sur lui. Alors la souris lui apporta dans sa bouche et lui présenta la flèche sifflante. Les plumes do la flèche furent apportées dans leur bouche par tous les enfants de la souris. Sur ces entrefaites, sa femme la prin* cesse Souséri arriva, portant l'appareil des funt'railles et se lamentant. Son père le grand dieu, croyant que l'autre t'tait déjà mort et que c'en était fait de lui, sortit et se tint sur la lande; sur quoi, Oh-kouni-noushi apporta la flèche et la lui présenta. Alors le grand dieu, le prenant avec lui dans sa demeure et l'introduisant dans une vaste salle large de huit pieds, lui fit enlever les poux de sa tête: et en regardant la tête, il y avait beaucoup de millepattes. Et comme sa femme lui donnait des baies do l'arbre moukou et de la

LE SHINNTOÏSMK 271

curieuse Psychés* lous les contes poétiques qui bercèrent

terre rouge {supra, p. 149, n. 2)| il écrasa les baiei en les mâchant, et il les cracha avec la terre rouge qu*il tenait dans sa bouche; si bien que le grand dieu crut qu'il m&chait et crachait les mille- pattes ; et, sentant qu'il Talmait bien dans son cœur, il s'endormit. Alors, saisissant la chevelure du grand dieu, il l'attacha solidement aux diverses poutres de la maison ; puis, bloquant le plancher avec un roc qui n'aurait pu être soulevé que par cinq cents hommes, et prenant sa femme la princesse Souséri sur son dos, il emporta le sabre de vie et les flèches de vie du grand dieu (cf. sup , p. 209, n. 4), et aussi son céleste luth-parlant {amé no nori-goto : voy. Cbamberlain sur K, 74), et il s'enfuit au dehors. Mais le céleste luth-parlant frôla un arbre, et la terre résonna. Le grand dieu, qui dormait, sursauta au bruit, et renversa la maison (cf. la légende de Samson, Juges^ zvi, 13-14, 29-30); mais tandis qu'il dégageait sa chevelure liée aux poutres, ils étaient déjà loin. Alors, le poursuivant jusqu'à la Pente unie des Enfers {YomO'tsoU'hira-saka, sortie du monde souter* rain, cf. K, 37, 39), et le regardant de loin, il appela le dieu Oh-na-mouji ((( Possesseur d*un grand nom >», un des cinq noms d'Oh-kouni-noushi, K, 67-68), en lui disant : « Avec le sabre de vie et les flèches de vie, poursuis tes demi-frères jusqu'à ce qu'ils se terrent contre les augustes pentes des collines, et poursuis-les jusqu'à ce qu'ils soient balayés dans toute l'étendue des mières, et toi, misérable! deviens le dieu Maître du grand Pays [Oh^kouni' noushi^ en raison de cette investiture); et de plus, devenant l'Esprit de la terre des vivants {Oulsouski-kouni-tama, cf. K, 68), et faisant de ma fllie la princesse Souséri ton épouse légitime^ plante solidement les piliers de ton palais au pied du mont Ouka, jusqu'à la base des plus profonds rochers, érige les poutres entrecroisées de ton toit jusqu'à la Plaine des hauts cieux, et habite là, toi, manant! » Alors, portant le grand sabre et l'arc, il poursuivit et dispersa les quatre-vingts dieux; il les poursuivit jusqu'à ce qu'ils fussent couchés contre les augusles pentes de toules les collines; il les poursuivit jusqu'à ce qu'ils fussent balayés dans toutes les rivières; et il cornmença à faire le pays (voy. en effet supra^ p. 187). » (K, 72-75). — Ëst-il besoin d'insister sur Tévidente ressemblance de ce récit avec le mythe grec et avec toutes les légendes analogues? (Voy. Lang, CuBîom anil myth^ chap. « A Fartraveiled Taie. ») Les épreuves que doit subir le héros, l'assistance que lui prèle la fille du chef et les procédés magiques qu'elle emploie, la fuite des deux amants, avec leur précÎMZ butin, la poursuite finale du père, tout concourt à former un parallèle curieux. Cette concordance persiste dans la suite du récit, où Souséri se montre aussi jalouse que Médée (voy. K, 75, 79) . Cependant le narrateur japonais, plus doux, épargne à Souséri le meurtre de son pèff«^ qui pardonne; Yakami, terrifiée, abandonne son enfant et rentre dans son ptys, mais ne périt pas, comme Giaucé, dans une robe de noces empoisonnée; et les scènes de ménage entre les divins époux s'achèvent par une réconciliation charmante : c alors ils s'engagèrent l'un à l'autre par la coupe, avec leurs mains sur le cou l'un de l'autre; et ils sont en paix jusqu'au temps présent » (K, 81).

I) tf La princesse Yamato-toto-hi-momo-so (une tante de l'empereur, qui

872 Li s■l5T^oî^xR

TeofaDce des peuples en Yamato comme en Grèce, et que r histoire, élargie, fait apparaître comme le patrimoine commun de Kl

MTAit prévoir l'areoir, d'après le N, I, iZ6], dcrint la femiDe do dieu Oh-inoDO- Doathi Maître du Qrar.«j esprit, lor lequel cf. ?r. I, 81, 152, 154). Or, ce dieu ■'état jarr.ais aperçu pendant le jour, mais renaît «eulement la nuit. La prineette du Yamato d:t à son èpoaz : • Comme on ne ?oit jamais mon Seigneur p^n'iiLt !e jour, je ne puis distinguer sa physionomie auguste. Je le sopplie donc d'attendre un peu, pour qu'au matin je puisse enfin contempler sa beauté majestueuse. ^ Le Grand di^-u repondit : • Ce que tu dis est juste. Demain matin, j'entrer.>i dans ta toilette et je m'y tiendrai. Je te prie de ne pas t*alarmer â ma vue. » La princesse du Yamato s'étonna secrètement dans son cŒur. Elle attendit jusqu'au pomt du jour, et regarda dans sa toilette. Il y avait là un beau petit serpeLt» long et mince comme le cordon d'un TéteoBent. A!ors, e!le fut efTra\ér rt poussa un cri. Mais ie Grand dieu, confus, prit souda:n la forme humaine, et parlant i sa femme, lui dit : «• Au lieu de te contenir, tu ni'.i5 ren-pii de ti'rite : je va's donc le rendre honteuse à ton tour » El foulaiil ie Grand Vide, il s'r!eva au mont .Mimoro. La princesse du Yamato, le? veux levés wtrs «on ascension, était accablée de remords. Ei!e s*al>attit sur un siège, et, 5ais:ssa:.l une bagt;rlte à man^r, elle s'en frappa aux parties intimes: en sorte «)u*ei!e mourut. Un l'ensfrelit à Oh-tchi; et les anciens appf^i'Tont ce lieu !e Tombeau de la Ki^uelle. Ce tombeau avait été construit par .t^s hommes pendant ie jour, et («endant la nuit, par les dieux, a (N, I, 15H-irf9. Cf. les amours de Zeus, détruise en serpent, avec sa Q.ie, et le râle du serpent dans certains mystères grecs : Lang, 265, 481.) Dans le K» 197, l'histoire est renversée : « L'auguste enfant (llomou-tchiouaké, Qls de Souîninn) s'unit à la princesse Hinagha, pour une nuit. Et dans l'intimité, regardant la i>e!]e jeune fille, c'était un feraient! A celte vue, il s'enfuit, alarmé. La princesse* Hinagha en fut vHzée; et illuminant b plaine des mers, elle le poursuivit en hateau, etc.. >- Autre r'-cit an%lo:?iie : • La princesse Toyo-tama entra dans la hutti* d'accouchement. Et qu.ind vint l'heure de sa délivrance, elle dit à Keu- baissant : " Lorsqu'une élrangi^re va enfanter, elle prend sa forme native. C'est ce que je vais faire. Ne me regarle pas! » Mais lui, trouvant ces paroles étranges, j»'la un coup d'œil furlif juste au moment où elle enfantait, et où, s'étant transformée en un crocodile de huit pieds de long, elle rampait et se déballait avec des contorsions. Terrillé â cette vue, il s'enfuit. Alors la princesse comprit qu'il avait regardé, et elle se sentit pleine de honte; et aussilùt, abandonnant l'auguste enfant qu'elle avait mis au monde, elle dit au prince : « J'avais toujours désiré venir à loi par les chemins de la mer; mais en surprenant ma forme, tu m'as outragée <. Kl, !\.'rmant la barrière qui sépare la terre des eaux, elle redesce'ndit sous les profondeurs. » (K, il^6-^27. Cf. N, F, 95 seq., en particulier 107 : ci-dessus, p. 23-t, n. 5. Dans la variante du N, I, 98, le prince se fait une torche d'une dent de peigne allumée, comme Izanaghi aux Enfers, ce qui rappelle la lampe de Psyché). Ici cnrore. nous sommes en présence d'un mythe qui devrait être rangé parmi les légendes explicatives

Le shinmtoïsme 273

Celle analyse des mythes vient de nous montrer déjà, dans une certaine mesure, leur synthèse; car les groupes généraux que nous avons distingués devaient fatalement correspondre, sur divers points, aux grandes masses successives du récit indigène ; et si, sur d'autres points, les conditions mêmes de ce récit devaient entraîner, soit un renversement complet de Tordre logique suivant lequel nous venons de procéder^ soit un émiettement des contes d'une même famille, dispersés maintenant autour de mille épisodes, il n'en reste pas moinsque notre classification abstraite des légendes, fondée surtout sur leur formation psychologique, explique d'avance, dans toutes ses lignes essentielles, l'œuvre instinctive des rédacteurs japonais. Ce qu'ils placent en tête du récit sacré, ce sont naturellement les mythes cosmogoniques. Il est bien probable que ces explications louchant l'origine du monde furent cherchées et trouvées, au Japon comme ailleurs^ après celles qu'éveillaient des phénomènes moins lointains. Mais, à l'exception d^un passage chinois que nous avons avons déjà signalé", rien n'autorise à croire que ces mylhes des premiers dieux aient été importés du continent ' ou inventés par des prêtres indigènes \ L'esprit japonais n'est

de coutumes, si nous avions des preuves ôertaines qu*il s'agit, non pas d'une simple histoire fondée sur le sentiment de la pudeur, mais bien d'une règle de iqariage interdisant à l'un des époux d'apercevoir l'autre sans voiles (Lang, op, cii.f p. 155). Pour ce principe, d'instinct ou d'étiquette, dont la violation enlrttoe le départ de Tun des amants, cf., outre le récit d'Apulée, la légende hindoue (Urvftsi abandonnant Purûravas parce qu'il s'est montré à elle dévêtu), dans Max Muller, Essais sur la mythologie comparée, trad. G. Perrot, 131; Lang, Customand myth, 81, et Cupidand Psyché; Ch. Ploiz, dans Rev. d'hist. des religions^ Xlll, 40, et Lang, ibid,^ 203; etc.. Bien de plus général d'ailleurs que cette idée, qu'on retrouve aussi bien chez les Bassoutos que chez les Japonais ou chez les Grecs (voy. E. Jacottet, Contes populaires des Bassoutos ^ p. 214 seq., et Rev, d^hist. des religions^ t. XXXIII, p. 391). i) Exemple, la Genèse : A. Réville, Prolég,, 59 seq., 67, 77.

2) Voir ci-dessus, p. 245, n. 4.

3) Cf. supra^ p. 244, n. 1.

4) Voir plus haut, p. 19, n. 3. » Dans les religions comme dans les livres, dit très justement M. Chamberlain» c'est rarement la préface qu'on écrit en premier lieu » (Jloc^ cit„ p. uv). Mais, de ce que certains mythes, imaginés

*i74 ut SHixTruïSiiu

pas aussi rebelle qu'on la dit* aux persooaifieations d*id<es abstraites \ et si les dieux antérieurs au couple pcimilir, si Izanaghi e( Izanami eux-mêmes ne jouent ensuite ft*ift rôle effacé dans la légende' comme dans le culte \ c*Mt atm doute seulement parce que d'autres figures plus brillantea du drame mythique les ont écrasés de leur éclat*. Nous voyons en eff^et apparaître aussitôt le Soleil, la Tempête, et toutes les grandes divinités naturistes, qui, après avoir inspiré les mythes les plus antiques, reprennent dans la légende le rôle qui leur appartient. Ces mythes de la nature se mé-

après d'autres, ont été ensuite placée avant aux dans un récit logiquement présenté, il ne s'ensuit pas qu'ils aient été forgés de toutes pièces.

1) Chamberlain, toc. cit., p. Lzrii seq. : Aston, Shinto^ pp. 21-24; etc.

2) Au point de vue philologique, M. P. Ehmann a prouvé Je contraire par des exemples nombreux Japan Èlail, toI. XL, p. 483). M. Cbamberlain (/oc. Cl/.) semble croire que les Aryens seuls ont eu le don de persoDoificatioD mythique; mais Tétude des religions comparées démontre qu'il d'cd est rien. Même chez certains peuples qui, trop longtemps, furent considérés comme de purs sauvages, on trouve des légendes qui témoignent d'un souci métaphysique évident. Les Mangaïens personoilienl le m Premier commencement », dont les descendants deviennent des dieux proposés aux divers départements de la nature (Gill, Myth$ and Songs from the South Paci/ic) ; à Samoa, « TEspace » est si bien une personne qu*il possède un tabouret ,Lang, 179-181; ; en Noa- Tilla 7fîliiniiT. les hymnes maoris sur Torigioe des choses recèlent toute une phikMûffei» qu'Heraclite n'eût pas désavouée (Taylor, Stw^Ztaland^ 110 seq.! Waitz. VI, 217; Lii^t, 15-:, 22t. 3i6 .

3) Sfttow (T. VII. part. 2, p. 1:>7), Aston ^Shinty, p. 86), Chamberlain (loe. cit., p. I.XV , insistent tous sur ce point. Mais Timportance mythique d'un de ces dieux primordiaux. Taka-ini-mousoubi (ou Taka-ghi. K, 96), diminue singulièrement la force de Tobjectioii (voy. en efTeti supra^ p. 71 et pasf.).

\) Voir notaoïoient Satow, T, III, app.. p. 58. Il faut remarquer oepeadaoi que plusieurs d'entre eux ligurenl dans la iiste des huit dieux adorés par le Djinnghi-Kouan. ou ministère du culte, au début du x* siccle ^Aston, pp. 69, 174. et cf. N. 1, 7, Kl, 114); que Taka mi-mousoubi, en particulier, n*eat nul* lemeiit oublié (voy. en effet N, I, 122, 39J, HX. 59, etc.); et que si ces grandes divinités génératrices obtiennent la faveur du monde officiel, le couple primitif, de son côté, reçoit les offrandes populaires {supra, p. 109, 161), en attendant qu'il devienne, à notre époque, le suprême objet de dévotion pour les quatorze cent mille adeptes du Tennrikyij (Enseignement de ta Raison céleste : voy. D. C. Greene, dans T, XXIII, p. 24 seq.). 5) Phénomène pareil à celui que nous avons observé pour le dieu de la

Lie SkiNNTOÏSME 27o

langent à leur tour d'éléments anlhropomorphiques, à mesure que les explications physiques se combinent aux détails traditionnels ^ Pareillement, la transition s'établit entre les dieux célestes et les dieux terrestres^et les scènes ébauchées au-dessus des nuages viennent s'achever dans l'archipel*. Toute l'épopée humaine se déroule alors, à comiûencer par les origines mêmes du peuple, pour passer de là aux règnes légendaires qui déjà renferment de précieuses parcelles de vérité^ puis aux règnes pseudo-historiques où le merveilleux persiste encore, et pour arriver enfin, par gradations insensibles, aux événements positifs'. Enfin, à chaque anneau de celle longue chaîne directrice, viennent s'accrocher des grappes de mythes secondaires qu'elle semble atlirer comme un aimanl : légendes explicatives d'un phénomène naturel moins important, d'une coutume, d'une superstition, d'un proverbe, d'une étymologie, ou contes épiques et romanesques auxquels un point d'attache est d'autant plus néces^ saire qu'ils ne répondent à aucun objet précis. C'est qu'une mythologie^ produit de l'esprit humain, obéit à la loi d'évolu** tion qui régit rinlelligence elle-même, comme toutes les choses de l'univers ^ : les légendes s'organisent ^ajt «khéi^ gration où s'accroissent à la foi» kvr nome ef leur cohérence * ; les grands noms divins ou héroïques deviennent

Lune, daas ses rapports avec la déesse du Soleil (p. 79-80); et pourtant, nul n'osera soutenir que Tsouki-yomi n'est pas un des plus anciens dieux nalU'^ ristes.

1) Exemple typique : supra^ p. 71 seq.

2) Cf. en Chine, de Groot» op. cit,, p. 680.

3) Il est bien évident que nous ne pouvons accepter la ligne de démarcation rigide qui aurait séparé « Tàge divin » de « Tftge humain ». Chose curieuse, . Hirata proteste aussi contre cette distinction traditionnelle» mais pour d'autres raisons (voy. T, III, app., p. 47).

4) Voir H. Spencer, Sociologie, I, 576, 577, 579.

5) On peut saisir cette opération psychologique sur le vif chez les tbéolo* giens modernes. Par exemple, Hirata, considérant que la mystérieuse pousse de jonc primitive allait plus tard donner naissance au soleil, suppose aussitôt qu'elle devait être déjà « pure, translucide, étincelante m (T, III, app., p. 42). Ce simple détail sufiit à montrer comment rimagination tend à relier les légendes les plus diverses, et comment les mythes les plus brillants, l'irra*

2i76 LE SHlIt?ITOÏS)tE

comme des noyaux d'aUraction qo! gouvernent les récils secondaires'; finalomenl, tout le ciel du Shinnlô gravite autour de la déesse du Soleil.

Nous assistons ainsi à une organisation du plan général des mythes, par agrégation des menues historiettes populaires à des légendes plus importantes, de ces légendes aux grands mythes sacrés, et de ces mythes cardinaux euxmêmes au mythe solaire central, qui est le point culminant, la clef do voûte de Tensemble. Mais si nous recherchons par quels procédés psychiques cette vaste construction a pu s*ériger, nous sommes amenés à constater que la logique obscure des esprits ne fut pas la seule cause de Tintégration observée. A côté de Télément intellectuel qui, d'instinct, tendait à mettre en harmonie les parties incohérentes du récit, nous découvrons un élément émotionnel, qui ne contribua pas moins à établir ce système de mutuelles dépendances. Le sentiment qui intervint ici, et qui nous apparaît comme un agent capital de celte assemblage souvent facticei n*est autre que la vanité. Au Japon, en effet, comme dans tant d'autres contrées*, les hommes mirent leur fierté àdes^ cendre des dieux. Les familles voulurent faire remonter leur origine jusqu'aux plus hautes sources de l'épopée religieuse. D'où un dernier facteur, dont on ne saurait exagérer l'importance : le rallachemeut ancestral.

C'est la dynastie impériale qui, comme il convient, repré. sente le mieux ce mouvement. Quand les anciennes tribus eurent confondu leurs légendes, en même temps que les chefs locaux se rassemblaient sous l*autorité d'un seul souverain', runificalion religieuse et la centralisation politique

diant sur ceux qui les entourent, arrivent à iei englober dans leur èelât abtorbant.

i) Lang le fait remarquer en ee qui touche les mythes grecs (op. cit,^ p. 482).

2) En Grèce, par exemple : Lang, 481, n. 3, 4S3 ; Mirillier, loe. eî(., 12, 250; G. Fougères, op. cit., 257; eU.

3) Supra, p. 189. Cf. GrifHs, op. cit., p. 45; Doomin, op. cit., p. 77 teq.« 81 seq. ; etc^

LK SHINNtOÏSME 277

qui se produisirent alors de concert, l'exaltation de la déesse du Soleil, première entre les dieux, et Tapothéose de Tempereur tout-puissant convergèrent à un même résultat logique : rétablissement d'un lien mythique entre l'empereur et le Soleil. Du moment qu'on en venait à considérer le souverain comme un dieu vivants il était naturel qu'on lui attribuât une généalogie divine ; et puisque foute la faveur du culte allait à Amatéras, la plus brillante des divinités*, rien de plus normal que de la choisir pour aïeule de la famille la plus célèbre. L'idée de la domination céleste du Soleil ne pouvait que fortiRer cette tendance, en montrant le gouvernement terrestre de l'empereur comme l'exercice parallèle d'un pouvoir que la déesse elle-même lui avait conféré '. Héritier du miroir solaire et des autres insignes sacrés, représentant autorisé d'Amatéras dans Tarchipel, investi de « la succession du Soleil céleste » \ l'empereur devint Tobjet d'un loyalisme d'autant plus ardent qu'il constituait une véritable adoration religieuse*; il fut enveloppé dans la gloire du soleil. En même temps, sa généalogie se prolongeait vers des divinités encore plus lointaines ; par Izanaghi, père d'Amatéras*, il remontait vaguement, au-delà du premier couple, jusqu'aux générations des dieux primordiaux^; il atteignait

1) Vid» sup,y p. 189 seq. Cf. Aston, op, c/(., p. 38 66q.

2) Primaulé du soleil chez quantité d'autres peuples : voir par ex. A. Bé ville, op. cit., II, index, v^ soleil ; L. Marillier, dans Rév, d*hist, des re/tgions, l. XXX VU, p. 398; etc., etc.

3) Voir ci-dessus, pp. 71, 221 seq. Cf. les mythes du Pérou, du Mexique, d*Haïti (A. Héville, I, 320; Lang. 188, 194).

4) K, 244, etc.

5) Ce sentiment se montre, en effet, dans les rituels. Par exemple : « Que les augustes enfants {miko, les princes du sang), les princes (kimi^ petitsenfanls et autres agnats), les conseillers et ^tous les fonctionnaires daigne nt se tenir en garde, garde de nuit et garde de jour, et que, florissant comme la perpétuelle croissance des arbres luxuriants, toujours plus haut et toujours plus loin, dans la cour de Tempereur, ils le servent humblement. • (R V, 187- 188 ; pareillement, R VI, 195, etc.).

6) Pour celte conception d*un dieu créateur et en même temps premier ancêtre, cf. A. Réville, II, 237; Marillier, loc. cit., p, 249; etc.

7) Satow pense que ces dieux ont été ioventés pour donner une géaialogie

278 Lt

jusqu'à la naissance du monde. Poar acherer de iaire illotion sur la réalité de cette prodigieuse lignée, il ne reslaiLpIus qu*à lui donner, dans sa partie pins humaine, la consécration d*une chronologie, à affirmer que 1.792.470 ans 8*étaient écoulés depuis que le petit-fils d'Amatéras, Ninighi, était descendu du ciel S et à préciser, au petit bonhenr, depuis Tavènemenldu légendaire Djimmou jusqu'à ranrore de Thistoire, les années, les mois et les jonrs de fantaisie qu'avaient pu illustrer des événements fabnleus '•

Cette méthode fut suivie par toutes les grandes familles*. Les descendants des chefs qui avaient contribué ao triomphe de la maison impériale se trouvèrent aisément, eux aussi, des aïeux contemporains de ces aventures lointaines*. Chacun se découvrit, au nombre des héros primitifs* ou des principaux objets de la nature *, des parents en rapport avec laaitnation

tu Soleil, dont les ditax Producleurt ne sertiesi que de simples ^lilhètes (T, Vlir, pari. 2, pp. 118-120, I25->128). Je erois tu coaUtire que ees dieux primitifs sont le résultat d'une création spontanée, et qu'on se eontenU ensuite de les rattacher à la lignée impériale par un remaniement peo compliqué (voir ci-dessoB, p. 273, n. 4).

2) N, I, 111 seq. Voir William Bramsen, Jap€ne»e CkrotuUogkal iahlti, Introd.; Chamberlain, Kojiki, Introd., pp. LifetpoM. ; Aston, Eari^Jmpama Hiitory, dans T, XVI, part. I ; etc. En résumé, comme le disait Brameeii» toute cette chronologie est u une des plus grandes fraudes littéraires qu*on ait jamais perpétrées. » Cf. la chronologie de la Genèse (par ex., PiepenbriDg, dans Icv. (Thht. des religions, t. XXI, pp. 38-39).

3; Filles se donnèrent des oudji-gami, ou dieux de bmille (fw ei-deteas. p. 140, n. 3; et cf. Satow, T, lil, app. p. 81; Aston, Skinîùt p. 47 eeq.; Dooman, toc, cit., p. 78; etc.).

4) Exemple : les trente deux dirinités qui, d*après le Kioudfjikif auraient formé la cour de Ninighi à sa descente du ciel (voy. Aston, op. df., p. 185; N, I, 316). Cf. Grims, op. cit., p. 45.

5) A défaut de personnages nationaux, on fa chercher des étrmofers (par ex., N, I, 1Ô0*170}; et il semble même que des divinités hindoues aient flni par devenir les oudl/i-yamt de familles japonaises (voy. Aston, op. ct7., p. 48).

6) Cette confusion, remarquée d'ailleurs depuis longtemps (voy. J. J. Rein, Japan, p. 443), a toujours étonné un peu les commentateurs du shiiiiitoisnie. Satow trouve étrange que « des abstractions aient des descendants hamaios • {Handbook^ p. 67} ; mais les divinités aquatiques auxquelles il fait allnaioa

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sociaU y^% occupait. Nos vieux recueils en fourairaieut iniUe «emp^; car il n'est guère de mythe, important ou non, qui jff soit accompagné d'un rappel généalogique ^ Aussi biep les mêmes documents nous signalent-ils expressément Cftte tendance et les abus qu'elle produisit. Au début du f^ siècle, deux décrets impériaux censurent les puissantes familles qui, « de'propos délibéré, se réclament d'une haute lignée », les fonctionnaires hardis qui a tantôt se donnent comme descendants des empereurs, tantôt attribuent à leur race une origine miraculeuse et disent que leurs ancêtres sont descendus du ciel » ; et le mal est si grand que^ pour y remédier, Innghiô doit recourir au jugement des dieux, à l'ordalie par l'eau bouillante'. Mais, deux siècles plus tard, tout est à recommencer : en 647, un nouvel édit déplore l'audace de ceux qui ne craignent pas d*usurper « d'abord les noms des dieux, ensuite ceux des empereurs », tout cela « au gré de leurs caprices » ; et Kôtokou décide de rendre une série d'édils contre ces empiétements*. Ainsi, toute la noblesse s'empare des noms divins pour donner aux titres héréditaires qui, en ce temps-là, tenaient lieu de noms de famille*, le

vtd. 8up,, p. 119, n. 2) étaient, pour les Japonais primitifs, des êtres bien vivants^ et il ne leur fallait pas un grand effort d'imagination pour supposer qu'elles avaient pu laisser une postérité humaine* Celte assimilation des ancêtres à des objets naturels est d'ailleurs une conception très répandue : voy. Marinier, loc, cU,, 241, 250. Dans le Shinntô, elle prend même parfois une allure très raisonnable : nombre de familles du Shôdijirokou se contentent, en effet, de rattacher leur origine aux divers dieux Producteurs (voy. ci-dessus, p. 140, n. 3 ; et Aston, op. cit,, p. 46, 175).

1) K» 42, 50, 51, 52, etc..

2) Koukatakhi : N, I, 316-317 {youiogouri, dans la langue moderne). Voir plus haut, p. 263, n. 1. Cf. aussi Parker, loe. d(., p. 42, et Florens, dans les Mittheilungen,..t^9 p. 179.

3) N» II, 226-227. Toutes ces mesures n'eurent d'ailleurs aucun effet. En plein xiii* siècle, l'écrivain politique Tchikafousa (sur lequel voy. Aston, HUL of Jap. LUerature^ p. 164 seq.) distribue avec aplomb des aïeux aux grandes familles féodales : les Minamoto descendront de Yamato-daké ; les Taîra, de Tempereur Tchouaï ; les Takashioa, de Tempereur Ninntokou ; et les Ohoyé, iê la déesse du Soleil elle-même! (voy. T, IX, parL 2, p. 183, 186).

4) Voir plus haut, p. 140^ n. 3.

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prestige utile d*un lustre nouveau'. Les corporations offîciellesy héréditaires aussi*, qui jouent un si grand rôle dans l'organisation sociale de Tépoque*, n*agissenl pas d*aulre façon : témoin le récit de réclipse\ Enfin, les familles sacerdotales, héréditaires encore', poussent à Textrême ces revendications, accaparent lesdieux les plus populaires, forgent des légendes, au besoin, pour placer le temple qu*elles desservent sous rinvocaiiondu nom étincelanl qui fera affluer les fidèles et les offrandes*. Par là se justifient nombre de cultes locaux ^ : le prêtre vit de Taulel qu'il a su dresser à ses aïeux

i) Pour les ivanlagei qu'elle en retirait, voir N, II, 227.

2) Lei bè. Voir Alton, op. cit., p. 11?, 183 leq. ; et N, 1, 43.

3) N, I, 43, 47, lOi, 139, 175, 280, 307, 314, 322, 340, 350, 359, 365, 375, 406; II. 4, 13. 27. 29, 31, 32, 95, 125, 129. 204, 217, 224.

4) Ci-dessus, p. 68-69. Cinq corporations fameuseï rattachant leur origine aux principaux acteurs de cette légende : à Koyané, les nakatomi^

e*eit-à-dire les grands- prêtres nationaux, représentants religieux de Temperear lui-même ; à Fouto-tama (dont le nom peut sigoiQer, soit • grand joyau >•• soit « grand don »)• les imi-br, prêtres chargés notamment de préparer lei offrandes du culte public; à Oudzoumé, les saroume, danseuses sacrées de la cour (n/pra, p. liO, n. 3); à Ishikoridomé, (dont le nom, d'ailleurs très obscur, peut Touloirdire u tailleur de pierre m, et par là évoquer Tidée des moules de pierre où on coulait les objets de bronze), les fubricants de miroirs; à Toyo-tama entia (ou Tama-no-ya, cf. K, 55 et N, I, 47), tout naturellement, les joailliers. Remarquons rimportance attribuée ainsi à Koyané, qui par là derenait, atee Ttkémika-dzoutchi et Foutsou-noiishi, l'un des trois dieux ancestraux]d*uDe branche fameuse des Nakatomi, les puissants Foujiwara (sur cette grande maison, TOy. G. Appert, Souvelle revue hist'trôjw de th"U, 1896, p. 36 seq.'i. Notoni auKsi que cette prodigieuse famille, qui sut fournir pendant des siècles aux empereurs leurs épouses, leurs ministres ri tous leurs hauts fonctionnaires, finit par leur imposer également, au ix* siècle, lo culte de leurs ancêtres maternels, c'est-àdire celui de ses propres dieux dorne$liques (voy. Satow, T, VII, part. 4» p. 411,413, 417).

5) Cf. note précédente. Nous y reviendrons au sujet du Culte.

6) Fxcmple de mythe remanié : l'histoire du Feu dans le RXII (voy. Satow, Westminster Review, n^ ct'r, p. 19; cf. pour l'Inde antique, Victor Henry, op. cit., pp. 21-22). Exemple de légende inventée de toutes pièces : la fondation du temple de Kashima (T, VU, part. 4, pp. 4i)9-410).

7} L'oudji-gami devient un tchindjiou, ou dieu protecteur local. Remarquons à ce propos les mots bhima et kouni 'île ou pays), qui entrent dans certains noms de dieux (voir T, Vil, part. 2, p. 129). Même évolution, sous l'influence sacerdotale, dans bien d*autres religions (par ex., Piepenbring, /oc. cif., pp. 15-16, 18, 37 seq., 45, 48, 61).

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imaginaires'; ou bien, il s'empare du dieu ancestral de quelque famille voisine, l'exploite à son profit'. Un jour viendra où les savants eux-mêmes tomberont dans ce travers : le philologue Maboutchi regardera comme son premier parent le corbeau qui guida Djimmou dans ses conquêtes ' ; le pieux Hirata se réjouira do penser qu'il descend, par Kouammou\ de la déesse du Soleil '^ ; et ainsi se trouvera illustrée la thèse, SI chère à ce grand théologien, que tout Japonais provient d'une souche divine V

Un dernier phénomène enfin s'impose k notre attention : le retentissement de ce travail humain sur la hiérarchie céleste elle-même. En effet, le monde des dieux ne s'ordonne pas seulement d'après l'importance réelle des dieux naturistes ou des dieux-esprits qui le composent" ; ni même par suite du tassement que produit toujours la superposition d'une religion nationale au culte des anciennes tribus' : il s'organise

1) Exemples : T, VII, part. 2, p. 131; part. 4, pp. 411-413. Cf. les procédés des 8hainan8(H. Spencer, I, 425), etc. — Au besoin, le prêtre soutiendra que, son divin ancêtre vivant en lui, il est lui-môme le corps visible du dieu ; c'est le cas du oh'hafouri, ou prêtre en chef, de Souha, dont la maison est appelée s/iinnclen (divine demeure), et qui, lors de la fête annuelle, n'officie pas lui-même, mais au contraire siège sur un trône dans Tenclos sacré et reçoit les hommages du peuple (voy. K, 102, sur le dieu Také-mi-na-gata, ancêtre supposé de cette famille sacerdotale ; et Aston, op, cit., p. 177). Cf. la fête du Ghareja californien (Bancrofk, Native races of the Pacific States of NorthAmerica^ I, 363, et A. Réville. I, 240).

2) Voir T, III, app., p. 81. Un oudji-gami devient ainsi le principal dieu local, et c*est lui qui, plus tard, quand les divisions administratives du culte auront été précisées, sera le dieu central de Vitchi'no'miya, ou premier temple de la province (cf. T, VII, part. 2, p. 129-130; et Aston, op. cit., p. 47).

3) Le Ya-ta-garassou : voir plus haut, p. i53, n. 5. Cf. Satow, T, III, app., p. 9, et Aston, op. cit., 46, 136.

4) Le cinquantième empereur (782-805), auquel la famille Sataké rattachait son origine.

5) Voy. T, III, app., p. 36.

6) Supra, p. 22, n. 2.

7) En particulier, pour les dieux de la nature, d*après les fonctions qui les amènent à régir un département de Tunivers {supra, p. 177).

8) Allan Menzies, History of Religion, Londres, 1895, et cf. Goblet d*Al?iella, dans Rev. d'hist. des religions, t. XXXIV, p. 209.

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encore suivant l'idée que les hommee le foDl de la dignité relative des personnes divines, en raison même du rang des nobles familles qui se les sont données pour parents. Quelle que soit la grandeur d'une puissance de la nature» elle devient plus glorieuse encore par l*eflet de cette adoption forcée. La condition sociale des protégés réagit sur celle des patrons; les règles de préséance s'étendent des uns aux autres; le protocole de la cour, avec ses distinctions orgueilleuses % projette jusque dans la Plaine des hauts cieux l'éclat de son prestige souverain. On voit doncs'étagefi avec des gradations de plus en plus rigoureuses, tout ce peuple immense des dieux anceslraux, depuis les dieux majeurs de la lignée impériale jusqu'aux dieux inférieurs de la petite aristocratie; et lantlis que les uns reçoivent les suprêmes honneurs", d'autres ne sont l'objet que de soins limités avec une prudence minutieuse'. GiTtains même sont dégradés, méprisés, pour peu qu'ils se soient montrés rebelles, jadis, à l'autorité impériale : ce seront désormais des mauvais dieux, des démons \ Kn revanche Jes dieux favoris sont magnifiés : on les décore de litres superbes*; on les assimile aux princes ioipé*

i) Voir les rituels : par eierople, R X, 59.

2) Les huit pn^tecteurs spéciaux de la maison inpérials, qot la fraid«-vestale adore dans le K I, lli cf. plus haut, p. 274, a, 4), sool : cinq dieux Produoleur8(Kaini«mousoubi. Taka-mi-mousoubi, Ikou-mouaoubi, Taroa-mouaoubî, Tama-tsoumé-mousouhi), Oh*miya*no-mé (la Femme du grand Palaia, qui persoimine la fonction des dames dlionneur, voy. R VUI, 195), Ob-mi<-kê-Uoa-' karni (la déesse de la grande Nourriture) et Koto-shiro-nousbi (qui conseilla à son (tore Oh-kouni-noushi de se soumettre à Ninighi). Consiatoni ici, une fois de plus, rimportance accordée à la déesse de la Nourriture (cf. cl-deaaas, p. 178, II. 2). Au XIV siècle, on essaiera de remplacer le vieux culte duGhékou par une adoration plus philosophique : celle de Kouoi-toko-tatchi (foy. Alton, op. Cl/., p. 175); mais en vain.

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