Type : les aidono {supra, p
4) Exemples : sup., p. 80, n. 5; p. 188, n. 7. Voir aussi K,94. Cf. H. Speneer, 1, 577 seq.
5) Ce procédé se manifeste jusque dans l'écriture des noms dirini. Ainsi, pour rendre le mot japonais mikolo, on emploie un caractère chinoif plus honorifique lorsque ce titre est appliqué à Kouni-toko*talchi, premier dieu du Nihonnghi et ancêtre d'Amalérae, que lorsqu'il s*agit des autres dieux primlUfii
LR SHINNTOÏSMK tt3
riaux « ; on leur décerne, en somme, toutes les récompenses honorifiques que pourraient souhaiter les plus fidèles courtisans. Dès que le système des rangs officiels chinois est importé, au vu* siècle*, on se hâte d*en faire profiter ces êtres surnaturels. En 672, trois divinités ont fourni d'utiles renseignements militaires : aussitôt la guerre terminée, sur le rapport de ses généraux, l'empereur les élève à un rang supérieur". En 838, une distinction de ce genre ayant été accordée à un jeune dieu au mépris de l'ancienneté, une déesse jalouse exprime sa fureur en déversant sur les provinces de l'est une pluie de cendres yolcaniques\ En 851 , Szannoô et Oh-kouni-noushi obtiennent le second grade du troisième rang; huit ans après, le premier grade du même rang'; ce qui, remarquons-le, ne les met pas au-dessus d'un grand ministre ou d'un chambellan heureux*. En 898, promotion de trois cent quarante dieux par l'empereur Dalgo,
(glote du N, I, 3, insistant sur cette différence) ; et la mémeiaveur est accordée à Ho-ouori, alors qu^on la reFuse à ses frères» parce qu'il fut Taleuldu premier empereur (N, I, 85).
1) G*est le sens du mot ouaké, branche (de la famille impériale), qui termine souvent les noms de dieux (foj. Aston, op. cit., p. 20). II est possible aussi que les titres AiAo et himé (prince et princesse), attribués à tant d'êtres dl?ins, n'aient pas seulement pour origine une métaphore brillante (enfant-soleil, soleilfomeile), mais aussi quelque relation avec le principe solaire de la dynastie.
2) Au d^but (603), six rangs, divisés chacun en deux grades : donc, douxe éehelons (N, II, 127-128); en 647, treise échelons {ibid,, 228 seq.); en 649, dixneuf (idûf., 231) ; en 685, quarante-huit (iôtcf., 368). Cf. aussi N, H, 225.
4) Voy. Aston, op. cit,^ p. 237.
5) Ssannoô est un des grands dieux de la nature : mais il s'est mal conduit envers la déesse du Soleil. Oh-kouni-noushi, fils de Siannoô lui-même, n*est qu'un dieu local moins important : mais il s'est soumis aux célestes envoyés chargés de préparer le règne de Ninighi.
6) Par exemple, un premier ministre {daïljinn) avait d'ordinaire le second ou le troisième rang, parfois même le premier (voy. N» II, 225). Cette hiérarchie des rangs, on le voit, ne correspondait pas toujours à celle des fonctions. Le système, avec certaines modifications, a été conservé sous le régime actuel, et par exemple, à un diner officiel, on doit placer les invités japonais en tenant compta de l'une et l'autre échelle ; c'est un point qu'ignorent trop souvent nos diplomates.
2KI us SH»!fT0YSMC
comme don de joyeux avènement; en 1076, en 1172, nomî nations en masse*. Les prêtres n*y perdaient rien : car du classement d*un temple dépendaient les terres et les ofTrandes qui lui étaient légalement attribuées"; et parrois, on voyait un dieu pourvu de rangàjnégaux suivant les lieux divers où se célébrait son culte*. Kn revanche, quelques divinités éminentes, comme la déesse du Soleil et la déesse de la Nourriture, échappaient à ces honneurs : les vraies puissances n'ont pas besoin de décorations illusoires. La coutume tomba enfin quand la plupart des grands dieux furent parvenus au grade suprême^ : Tarbre ancestral cessa de croître et de s'élancer, toute la sève divine étant montée à sa cime.
Ainsi s'acheva la longue évolution qui tendait, par tant de modes variés, mais convergents, à l'intégration mythologique. Les deux grandes masses de dieux que nous avons distinguées, dieux de la nature et dieux-esprits, s'étaient confondues, par l'alliance anccslrale, en un vaste corps hiérarchisé. Le classement des dieux mettait le dernier sceau à la synthèse intime des mythes. Toute la vie religieuse était pour jamais glacée sous la rigidité du cachet offlciel.
i) Voir Aston, ibiiL, p. 1 tS, 23H, 323-3}^. Cf. aussi Satow. T, VII, pari. 4, p. 418; etc. Autres exemples, moins importants, mais assez curieux : %n 840« la grande divinité de Déha ayant envoyé une pluie de pierres, l'empereur lui confère le second grade du quatnî'me rang, avec félicitations pour sa nerreilleuse puissance ; en 800, promotion d'un volcan de Salsouma(àune subdivisioa infiTifurc du second grade du quatrième ran^); en 868, les dieux de Hirota et d*lkouta ayant provoqué des secousses sismiques, on leur expédie bien rite un diplùiiie; etc.
2) N, II, 318. Cf. Satow, T, VU, part. 2, p. 108 leq.
3) Aston, op. cit., p. C7, 238.
A) C'est-à-dire dès la fin du xii" siècle.
«VP
LE âlIINNTOÏSMB 28S