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VI

3)Voubouya, K, il8, 126,241; N, I, 71, 73, 94, 103, 277,320; supra, p. 112, n. i, p. 142, n. 1, p. 259, n. 3. Cette hutte isolée, que M. Aston (p. 113) signale aussi chez les Arabes, se retrouve, plus près du Japon, chez maintes peuplades océaniennes (voir Frazer, I, 253-255), Enfin, au Japon même, ridée de ri!nj)ure!é qu'entraine 1 uccouchement se manifeste par d'autres pratiques analogues, dont témoignent divers récits historiques : en 811, la femme d'un prêtre ayant élé délivrée près du Ghékou, les deux époux doivent faire une purification rituelle, et désormais aucune femme enceinte ne sera admise à dépasser le torii de ce temple; en 8S2, une chienne ayant mis bas dans Tenceinle du Palais impérial, un prince est envoyé en ambassade à Icé et Ton observe plusieurs jours d'abstinence (voy. Aston, p. 251).

4) Elle y fut observée, en 1878, par MM. F. V. Dickins et E. Satow (voir leur récit, A visit toHachijô, dans T, VI, part. 2, p. 435 seq.).

5) Pour les enfants des dieux, comme pour les petits princes impériaux, on nous signale un groupe nombreux de baigneuses (K, 190; N, I, 104, 11,293).

6) Voir Batchelor, op. cit., p. 44,

7) Vid, 5up.,p. 251, n. 1.

8) Exemple : Yamalo-daké (K, 210).

lesmœnrs des peuplades antiques. L'adoption, qui, plus tard, devait tenir tant de place dans la législation et dans les mœurs du paysS parait étrangère aux temps primitifs*. Nous arrivons enfin au droit de propriété, qui d'ailleurs présente encore un caractère familial. Dans cet ordre d'idées, il nous suffira de constater la sainteté des limites'; la simplicité des contrats ^ ; l'arbitraire des successions, qui, dans le droit public, évidemment fondé sur le droit privé, n'observent pas la règle de primogéniture^ Reste alors seulement à rappeler, pour terminer sur ces coutumes familiales, l'abandon religieux de la maison du mort% avec sa répercussion, dans le domaine politique, sur les changements de capitales^ : usage qui, une fois de plus^ met en lumière la notion de pureté rituelle illustrée déjà par la construction de la hutte nuptiale et de la cabane d'accouchement*.

1) Voir Sbighéno An-éki, The evils of abdication, heirship and a'ioplion^ conférence à la Gakoushikdi-inn, résumée par \V. Dening dans T, XV, part. 1, p. 72 seq.; Things Japanese, t7 seq. ; etc.

2) Le cas exceptionnel que signale SjiIow^ (T, VII, part. 3, p. 122) est à la fois trop vague et trop spécial pour qu'on eh puisse conclure à Tezistence primitive d^une institution que tant d'autres indices rattachent à rinfluence de la Chine (cf. d'ailleurs N, II, 2).

3)K, 45, 52; N, I, 48; etc, (Cf., pour les bornes magiques, Mauss, loccit,, p. 57, n. 6, p. 58, n. 3).

4} K, 119, etc. C'est seulement dans des circonstances extraordinaires, comme l'abdication d'Oh-kouni-noushi, qu'on voit intervenir des formes de cession solennelles (N, I, 69, 81).

5) Ce principe, évidemment étranger à la période la plus ancienne (N, I, 110), apparaît ensuite peu à peu, soit dans les faits (N, 1, 140), soil surtout dans les idées (N, I, 273, 384), et finalement semble s'aiïermir au vii« siècle (N, II, 242) ; mais en somme, si on examine la liste des premiers empereurs, on voit que ce n'était pas toujours l'un des fils qui succédait à son père, et que ce fils était rarement Talné.

6) Vid, 8up,f p. 322, n. 4. La même coutume se retrouve dans maintes régions (H. Spencer, I, 3i9 seq.), notamment en Océanie (A* Ré ville, II, 163 ; Mauss, loc, cit., p. 45, n. 1 ; etc.). Cf. aussi les usages de la Perse (0. Menant, op. cit., p. 194), et dans l'Inde, après la mort du père .de famille, l'extinction du foyer, qu'on rallume ensuite (V. Henry, 217).

7) Vid. sup., ibid. Exemple : N, I, 277.

8) L^unité psychologique de ces usages est bien marquée par une eurieuse

t\CA\ t.R S1IIMMOÏSMF

1.0 cnrarti'^ro familial <lo co< instiintions primitives varepa ralln* ciicui*» Mans Ii?< rnutiimr< prnalos', qui d*aill»*urs, comme on |»ouvîiil >'\ all«Midre, repusuiil aussi sur un fon- (Icmj'ut n»lii;i«Mi\. ili* n\»st pas que la relij;ion soit Tunique source (!<' cl* droil orimincP: mais elle en est au moin> le principe le plus an^Jon ri, à certains égards, le soutien le plus IcniHî'. ronsidrMi)ns, en cIVet. les infractions, les actions qui en naissent et les [)eines qu'elles peuvent onlrainer. A lire le Itituid de la (irundc Purilicalion, il semblera.! que les pires délits consistent à « rtMiverser les séparations des ri/.iéres, combler les canaux d'irrigation, ouvrir les vannes », et la suites «it auprès de ces attentats, vraiment exécrables pour un peuple d'agriculteurs, le fait de blesser ou de tuer, de <( couper lacluiir \ivante>», n*apparaltqu*en seconde ligne\ malgré lu souillure qu*implique toujours relTusion du sang*. D'autre part, nos recueils condamnent des crimes qu*iguorait

int>*rcli(:liun locale, qui subsi.^ta jusifn i uiit* cpoque réconte : il èlait dëfeaJu de naîlrti uu de iiKuinr mit )e sni surrr ilc l'iie irilsuukoushima.

1) LU ultdtrrvati'ur ciiiiioiâ iinti^ilnns r-rt.iiii8i:aii, l*eztirpaUon de la famille du coup.iMe T, \VI, purl. 1, fi. r>»). r.i. Maus^:, hc, ci(., p. 54.

2} OpiuiuM .soutenue |ar il. W^iperl ^tlans les MitthcUungen,.., Ileft 58, p. 3ti5 be«j.), fl iiu'iip|trijiivf rii.»ri'nz (T, XXVII, pari, 1, pp. 56, 58 .

3) M. Afli'iii peiiso au rontraire (]uo, daiis ce domaine, la morale devança plulùl larrlifrioii (.SAinf-», p. :^40-Jî7).

\) \\ X, <i<J; cf. K, ^30, .N, I, 4o, U, etc.

0 1\ X, Gi. Je ne cruis pas^'iue la disitinclion des ofTenses en « célestes • et c teiresUes » suil. cuiume le souliful M. Ai^ton (p, 30u), un simple procédé de rhélori'iuu (.'inployé ici pour couper une ionfruc ènuméralion en deux phrases él^'gauimcril l>alaiic<.eâ. Hueile i^ue fuit l'on^Mne réelle de cette classification, elle repose luul au luuins sur u:i rothlemenl uivliilque, les pêcbés célestes étant les crimes que ^fzannoO cumuiit au C:ei.

t\ Vtl. sup.t p. 3'JJ, n. 4. Cf. auifri 6ato\v, Westminster Review^ n« cit., p. OO; riureiiz, T, XXVII, p. ^j-Sù ; Aàlon, op. cit., p. 243, 21^. Dans nos textes, riiodi.clde, m** aie jastin«\ entraîne uue purification rituelle (exemple très nel «lu K, J'Jl : >u//rtj, p. 201, n. 2). Au commencement du t« siècle, les hommes em|>loyêâ au service dos écuries impériales ayant été marqués au visage pour qu'on pùl distinguer leur corporat;on, le dieu Izanaghi déclare qu'il (( ne peut soutTrir l'odeur du sang )•, et la coutume est abandonnée (N, J, 307). Aujourd'hui même, le mot !•! plus usilc pour désigner une blessure est kéyUf c.*à-d. souillure; et quand Hepbura Teut nous donner un exemple de l'emploi du Terbe kégashi, polluer, il trouTe tout de suite celui-oi

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le rituel, comme le brigandage, la rébellion ou le refus de payer les taxes*. N'est-il pas évident que les premiers méfaits se rapportent aux plus anciens tabous religieux, les derniers, à Tordre établi par une société mieux organisée '. Mais par quelle procédure va-t-on agir contre eux? Si Ton est en présence de violations du tabou ce sera par une purification, soit générale », soit personnelle *, en même temps d'ailleurs que la vengeance, privée ' ou publique % pourra trouver à s'exercer. Dans le second cas, au contraire, la justice privée', puis l'action publique •, seront seules à intervenir; pourtant, quand les moyens humains ne suffiront pas, on aura volontiers recours à l'ordalie*. Â quelles sanctions

teH ouo ayashité miya ouo kégashi, souiller un temple en y répandant du sang (Diet.9 p. 283).

i) Supra, p. 157, n. 8, p. 200, n, 5, p. 265, n. 3, etc.

2) Un trait qui marque bien cette différence, c'est que les fautes rituelles sont regardées comme de véritables contraventions, dans le sens juridique actuel de ce mot, c^est-à-dire qu'elles ont pu être commises « soit par inadvertance, soit de propos délibéré » (B X, 60, et cf. Mauss, loc. cit,, p. 55).

3) C'est-à-dire, soit nationale (tous les six mois), soit locale. B X, 59 seq. ; K, 230 ; N, 1, 221, 224, 333, 338, 352, 378.

4)K, 39 seq., 59, 291 ; N, I, 26, 31, 48-50, 308, 360.

5) D'autant plus fréquente que la purification individuelle est assez rare . — La purification elle-même, entraînant une amende, finit par donner lieu à de nombreuses extorsions : les villageois y forcent les compagnons d'un ouvrier mort sur leur route ou d'un paysan noyé dans la rivière, les hommes de corvée qui font cuire leur riz au bord du chemin ou l'emprunteur d'un pot qui a ren- Tersé cet ustensile, et il faut un décret impérial (de l'an 646) pour mettre fin à ces abus (N, II, 221-222).

6) Exemple : les peines supplémentaires que l'assemblée des dieux inflige à Ssannoô (K, 59).

7) N, I, 334, etc. Première forme de justice qui devait suppléer, jusqu'à l'époque moderne, aux défauts de l'organisation officielle, et que cette dernière devait même autoriser, en la réglementant (voir J. Dautremer, Vendetta in Japan^ dans T, XIII, part. 1, p. 82 seq.).

8) Exercée soit par les chefs locaux, soit par le pouvoir central. L'empereur Mouretsou (498-506) nous est représenté comme aimant fort les instructions criminelles, aussi bien d'ailleurs que la vue des supplices (N, 1, 399). — Emploi de la torture noté par un Chinois : T, XXII, part. 1, p. 42; cf. aussi N, II, 82, etc.

9) Par le feu (K, 118, N, 1, 73, 85, 89, 317) ; par Teau bouillante (K, 295, N, I, 258, 316, II, 22, où un magistrat trop zélé fait périr ainsi nombre de justiciables);

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enfin aboutira-ton? Pour les fautes religieuses, le plus souvent, à une simple amende qui apaisera les dieux*, bien que de terribles châtiments aient dû exister à l'origine *. Les délits profanes, en revanche, suivant la gravité des cas, conduiront le coupable à la perte de ses biens », de sa liberté* ou de sa vie '. Au demeurant, si un même individu a violé la loi divine et la loi humaine tout ensemble, il sera logiquement condamné à une expiation rituelle doublée d'un châtiment civil \ Ainsi, la tradition sacrée et la conscience sociale

par le serpent (T, XXII, part. 1, p. 43). Cî.\supra, p. 112, n. 1, p. 149, n. 2, p. 279, n. 2.

1) K, 59, N, I, 48, 49, 57, 360 (cf. Florenz, T, XXVII, part, 1, p. 51 seq., et Aston, op, cit.f p. 303).

2) L'arrachement des poils et des ongles de Szannoô (K, 59, N, I, 48-50) en est un indice assez clair ; et quoi qu'en dise Florenz, qui ne veut voir là qu'un symbole purificatoire {loc, cit., p. 57), la rigueur habituelle des peines qu'appellent les violations du tabou (voy. Mauss, loc. cit., p. 55) montre bien qu^il s'agissait aussi d'un châtiment corporel.

3) Un certain Âganoko, ayant dépouillé le cadavre de la princesse Médori, mise à mort par ordre de Tempereur, est lui-même condamné & la peine capitale, puis gr&cié moyennent conGscationdcson domaine, qui s'appellera désormais Tama-dé, « le Prix des joyaux » (N, I, 293). Cf. aussi N, I, 308, etc.

4) Prison : N, î, 395, etc. — Esclavage : N, II, 83, 333, etc., et cf. observation chinoise dans T, XXII, pari. 1, p. 42. — Le bannissement, que nous avons déjà rencontre comme peine religieuse (K, 59, N, ï, 48 seq.), est aussi un châtiment civil (K, 300, N, I, 324, 329, II, 234, 333, 339, et cf. T, ibid.).

5) Par étranglement (N, I, 234), par le feu (N, II, 82), etc. — Pour d'autres peines moins graves : Ma Twan-Lin's Account, p. 42, etc...., et cf. Aston, Shinto, p. 244.

6) Cas typique dans le N, I, 308. Une princesse qu'aimait l'empereur Ritchiou est morte dans des circonstances mystérieuses {vid. sup„ p. 224). « Alors l'empereur, fâché de n'avoir pu apaiser la malédiction divine (par une première tentative indiquée supra, p. 366, n; 6) et d'avoir ainsi causé la mort de la concubine impériale, s'efforça de connaître où gisait la faute. Quelqu'un dit : «Le Kimi des Kourouma-motchi (chef de la corporation héréditaire qui s*occupait des chars) est allé au pays de Tsoukoushi, où il a passé en revue toute la corporation desKourouma-motchi, et il a emmené avec eux les hommes qui avaient été donnés pour le service des divinités (trois dieux de Tsoukoushi : cf. N, I, 307). C'est sûrement un offense ». Sur-le-champ, l'empereur fit appeler le Kimi, et l'interrogea. Les faits ayant été établis, l'empereur énuméra les offenses que le Kimi avait commises, en lui disant : « Bien que simple Kimi des Kouroumamotchi, tu t'es approprié, de façon arbitraire, les sujets du Fils du Ciel : c'est une prenûôre ofiTense. Tu t'es emparé d'eux à tort, les englobant dans la cor«

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travaillent de concert à fonder un droit criminel. Du côté religieux, on trouve surtout des vestiges de très vieux tabous, presque incompréhensibles déjà à Taube de l'histoire japonaise^; dans le domaine profane, ce sont en général des infractions mal définies, qu'une procédure de fantaisie réprime en leur appliquant des peines également arbitraires. Mais on n'en voit pas moins s'organiser peu à peu, en se dégageant de sa vieille enveloppe religieuse, un droit pénal coutumier qui sans doute n'eût guère tardé à devenir droit écrit, si, dès le début du viii* siècle, l'adoption subite d'un code chinois n'était venue mettre fin à ce progrès spontané*. Le droit public lui-même est encore tout imprégné de

poration des Kourouma-motcbi après qu'ils avaient été attribués au service des dieux du Ciel et de la Terre : c'est une seconde offense. » £n conséquence, il lui imposa la mauvaise amende purificatoire et la bonne amende purificatoire (sur ces expressions, cf. N, I, 48, et Florenz, T, XXVII, part. 1, p. 55), et il renvoya au cap Nagasou, pour s'y laver et purifier. Et quand le Kimi eut accompli cette expiation, l'empereur lui commanda, disant : « Désormais, tu ne peux avoir la charge de la corporation des Kourouma-motcbi de Tsoukousbi. » Il confisqua donc tous ces Kourouma-motcbi, et leur donna une destination nouvelle en les ouvrant aux trois divinités. » Rien de plus net que ce document où apparaît avec une clarté parfaite la distinction du côté religieux et du côté profane, soit quant à l'infraction, soit quant à la peine qui s'ensuit.

1) Les commentateurs indigènes sont en désaccord sur la signification des principales offenses énumérées dans le R X, et les caractères chinois, loin d'éclairer le lecteur européen, s'interposent souvent comme un voile sur les vieux mots japonais qu'ils tâchent de représenter. Par exemple, quatre caractères du texte, dont les deux derniers, employés phonétiquement, n'indiquent aucun sens, et dont les deux premiers ont pu être écrits aussi bien pour rendre des sons que pour donner leur sens idéographique, sont lus tantôt shirU'hUo kokoumi, c'est-àdire « les hommes blancs » (affligés de taches blanches sur la peau) d'une part, et d'autre part « les excroissances » (sur lesquelles on s'entend encore moins que sur l'espèce de lèpre précédente), tantôt shira-hi toko koumi, c'est-à-dire « la cohabitation à la clarté du jour » (shira^ blanc ou clair, hi, jour, toko, lit, koumou^ se réunir : vid. sup,^ p. 174, n. 3, et cf. T, XXVII, part. 1, p. 87 seq.).

2) En 701, première année de l'ère Taïhô, promulgation du Tathô-Rilsou^ code pénal directement inspiré du droit criminel de la dynastie des Thang(voir G. Appert, dans Nouvelle Rev. hist. de droit, 1892, p. 212 seq., 1893, p. 302 seq.)* — Il f&ut remarquer d'ailleurs que, même quand un système de lois précises aura été établi, les Japonais conserveront toujours une tendance à juger chaque espèce particulière d'après Téquité plutôt qu'en vertu de règles rigides (voy, J. H. Wigmore,^op. cU,, p. 72 seq.). *

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religion S bien que, là au<«si, une divergence croissante tende h séparer les afTaires temporelles des choses spirituelles. Cette division apparaît d{*'jk dans les mythes des dieux* ; elle se précise dans les légendes plus humaines'; elle éclate entin dans Texercice positif des divers pouvoirs de l'empereur : car, dos trois prérogatives qu'il possède, à savoir la fonction do grand-prôtre national, celle de représentant du pays vis-à-vis de l'étranger et, par suite, de chef de larmée» celle de patriarche et d'administrateur souverain de tout ce qui concerne les diverses familles \ s'il est une charge qu*il ait laissée de bonne heures à des personnages spéciaux et permanents, c'est bien son ofTicc saccrdotaP. Mais les plus anciens mythes ne nous montrent pas encore cet état de centralisation politique; et si nous y cherchons des renseignements sur les institutions qui la précédèrent, nous nous trouvons pIut<^t en face d'une démocratie que d'un gouvernement absolu. Dans le Ciel, en eiïet, il n'y a point de monarque*. Toutes l(*s fois qu'ils doivent prendre une importante décision, les dieux se réunissent en masse, et chacun a voix au conseil". C'est tout au plus si quelques figures suprêmes,

1) Cf. supra, p. 180, n. 3.

2) Fonction sacprdotnK* <\(* Koyan^ el autres dieux, dans le mythe de TiM^Iipso ('jiii d'ailleurs fut évidemment arrangé après coup) : supra^ pp. 69 l'21, 280, n. 4.

3] Abdication d'Oh-kouni-noushi (ci-dessus, p. 349, n. 2:.

4) VoirF.'jrcnz, Alfj'ipanisrhc CuUurzust'iri'ic, p. 16(3 seq,

r>) Lps ntik'it >mi sont en eiïet une corporation hiTtditaire dont Torigine se pçfl dans la l'/ende (cf. anprn, p. \S0, n. 4, et Aston, r,p. cif., p. 2(X) seq.). Lo P'^^mier empereur lui-méinf?, s'il n'a pas de collèges sacerdotaux sous la main, <-onfip volontiors à un des ministP'S le soin de diriger une fêle religieii? , on sa [«résencc (N, l, 122).

0 A-i:<'il Ta!«, (pli seml>l<a dominer tout le panth'ion, nVchappe aux Tiolences di' SzmnoM «in^ pour tninber au pouToir des dieux qui la traînent hors de sa cavt'iM'*. i.<'t état de choses trouve d'ailleurs sa confirmation dans la langue : le ni"t < t'inu'-ii^ qui piifiiifii» « souverain »> (m-'-me racine que souhèrou, gouverner, S..I. .V, T, VII. part. 2, p. 118, Aston, p. 124). el qu'on employait pour d- :«ikMier /rinpi'reur terrestre, est applique aussi bien aux dieux des Vents quVi la dOesse du Soleil.

7) Vid, sup.^ p. 292, n. 1.

comme Amatéras ou Takaghi^ semblent convoquer ou présider rassemblée ^ : on écoute le dieu de la Ruse^ et on suit son avis à l'unanimité *. La société des dieux, reflet de celle des hommes, nous peint donc une vie publique analogue à celle que les peuplades primitives mènent sur la place de leur village. Or, les récits suivants, en transportant la scène sur la terre, ne témoignent guère d'une organisation plus parfaite. Les conquérants se heurtent à une longue série de chefs locaux, qui semblent gouverner en famille', et le premier empereur lui-même partage le commandement avec son frère jusqu'à la mort de ce dernier*. Peu à peu, les vaincus abdiquent ; le souverain distribue leurs terres c^ ses fidèles*^ : on assiste à une première féodalité, qui annonce déjà celle du Moyen-âge*. Mais c'est seulement au vu* siècle, et sous l'influence chinoise surtout, qu'une véritable centralisation s'établit, avec un droit administratif plus précis ^ que n'avaient jamais été les règles constitutionnelles*.

Après ce coup d'œil rapide sur la vie sociale des Japonais primitifs, voyons enfin ce que les mythes ont à nous apprendre sur leur vie morale elle-même, c'est-à-dire sur la

1) M. Dooman exagère lorsqu'il prétend {loc, cit., p. 72) que les textes ne nous disent rien sur ce point : voy. en effet K, 93.

Z) K, 54, 93. Dans les cas moins compliques, le nom de ce dieu n'apparaît pas : exemple, le jugement de Szannoô (K, 59).

5) K, 203; N, I, 192, 266-267. Cf. aussi N, II, 197, 206, 401, etc.

6) Il ne faudrait cependant pas croire, comme Hirala, que cet état social primitif soit pareil à la féodalité organisée qu'on observe à partir du xi« siècle (Hirata, Kii-daï-Iii, T, III, app., p. 50, et cf. Chamberlain, loc. cit., p. lxu). Pour ce dernier système politique, voir 'notamment G, Appert, Un code de la féodalité japonaise an xiii» siècle , da*.:.- Nouvelle Rev, hist, de droit, maijuin 1900; cf. aussi J. C. Hall, Japanese Fcudal Law» dans T, XXXIV, part. 1 (1906).

7) Voir G. Appert, Essai sur les institutions japonaises, dans Nouvelle Rev, hist. de droit, 1892, p. 212, 1893, p. 302, 731, 1896, p. 18; et K. Asakawa, The Early Institutional Life ofJapan, Tokio, 1905.

8) Par exemple, aucune règle de succession au trône (cf. supra, p. 365, n. 5).

372 LE SHINNTOÏSMC

partie la plus élevée de leur civilisation. En ce qui louche, d*al)or(J, le cùlé intellectuel, il serait oiseux de rappeler ici les caractères distinctifs de ces intelligences enfantines et les légendes naïves où ellt's condensèrent leur humble science de l'univers'. De miime pour lélruient eslliélique, que nous avons déjà observé, à maintes reprises, soit dans Tadoiira* tion profonde de cette race amoureuse du beau en présence de la nature', soit dans les premiers essais qui marquèrent chez elle le commencement dt*s divers arts*. Ce qu*il importo surtout d'examiner maintenant, c'est la morale proprement dite ; c*t à cet égard encore, ce sont les traditions religieuses qui peuvi>nl le mieux nous instruire de Fétat de choses le plus ancien, en faisant transparaître sous les actions des dieux la conduite primitive des hommes. Si nous considémus ainsi les aventures divines où survivent les sentiments du peuple qui les imagina, nous constatons un curieux mélange de passions brutales, vestiges évidents de Tantique sauvagerie, et de tendances plus douces, qui indiquent déjà une certaine culture morale. Les dieux du Shinnto sont impul-

1) Vid, 8up,, p. 31 seq., p. 230 seq.

2 K, :'2 seq., 50 seq., 04, IH, iU\, 212, 24ri, 202, etc.

3; Parurc(ci-dfssus, p.357,n.2,olcr. aussi K, 3i0;arcbitecture'p. 35ô,n.2); ^'ermr>s de la sculpture sup., p. lit, ii. 1), de la peinture (p. 142, n. 2, el cf. N, I, 350); danse (ci-dessus, p. 3i2, n. i, p. 357, n. 6, et pour les danses rclifrieusfts, K, 58, 125, N, 1, 4i, 7λ, etc.) ; musique («upni, ibid., et cf. N. G. Munro, /"C. ri(., p. 152); art HttiTaire : pormes (les outa^ avec jeux de mots, sup., p. 260, n. 1, habileté à terminer des vers incomplets, K, 214,330 , prose (los norilo surtout, :iux p'^riodcs sonores, dont les dieux admirent la beauté, N, I, iO); le tout s'uiiissant dans le drame sacré, d*où sortira le thé&tre {vid, $up,<, p. 08-09, p. 141, note, p. 210, n. 3, p. 280, n. 4, etc. ; cf. les ori^nes religieuses du tht'.atre chez d'autres peuples, A. et M. Croise!, Hist. de la LUI, grecque, t. III, pp. 24, 86, etc., Sylvain Lévi. Le Théâtre indien, p. 316 el pass.. Ed. Montet, La rclvjion et le ihcâtre en Perse, dans Rtt. iPhist. des religions, t. XIX, pp. 277 seq., M. Courant, Kn Chine, p. 141 seq., etc.; voir aussi A. Révillc, II, 84-86, pour une évolution t-DUle pareille en rolyn-'-sio, avec les mêmes représentations dramatiques des l'^gendes divines, les mêmes traits communs de peinture rougo du visage, de couronnes de plantes, etc. ; et pour plus de détails en ce qui concerne le théâtre japonais, A. Bénazet, op. citf pp. 19 seq., 39 seq.).

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ifs, impatients, violents ; toute impression vive produit chez ux une action nerveuse immédiate, un geste irréfléchi, ins- Linctif, instantané comme un mouvement réflexe ou comme Xa détente d'un arc. Izanaghi, voyant son épouse morte en couches, met en pièces son enfant'; aux Enfers, il ne peut €3ontenir un moment la curiosité quiTentraîne'; quand un «lutre de ses fils, Szannoô, vient gémir en sa présence, il le chasse, le maudit'; et le même Szannoô, à son tour^ justifie son nom do < Mâle impétueux » en massacrant, dans une soudaine montée de fureur, la bonne déesse de la Nourriture * ; en attendant que bientôt tel autre dieu, venu pour faire de tranquilles condoléances à la famille d^unami, s'emporte brusquement, renverse à coups de pieds la hutte où repose le cadavre '. Ces personnages fougueux sont braves \ comme ils convient; mais ils sont surtout rusés \ Leurs

1) m Alors Tauguste Izanaghi s'écria : « Oh ! mon auguste et charmante jeune sœurl Ohl Savoir échangée contre ce seul enfant! n Et il se traînait autour de son auguste oreiller, et il se traînait autour de ses pieds augustes, et il pleurait; et de ses augustes larmes naquit la divinité qui habile sur le mont Kagou, et dont le nom est Naki-saha-mé no kami (la Femelle qui pleure et gémit). » (K, 30-31, et la suite supra, p. 111). Pour des faits analogues chez d'autres primitifs, voy. par ex. Mauss., loc.cit., p. 46.

2)K, 35: supra, p. 316.

3) c Le grand et auguste Izanaghi dit à Tauguste Szannoô : « Comment se fait-il qu'au lieu de gouverner la région que je t*avais confiée, tu te lamentes et pleures? » Il répondit : « Ton serviteur gémit parce qu'il désire aller à la terre de sa feue mère, au Né no kata-sou kouni. » Alors le grand et auguste dieu Izanaghi fut très irrité, et dit : <( S'il en est ainsi, tu n'habiteras pas cette terre », et aussitôt il le chassa, d'une expulsion divine. » (K, 45 et cf. supra, p. 93).

4) N, I, 32 : supra, p. 32, et cf. p. 296, n. 7.

5) K, 98 : supra, p. 240, n. 2.

6) Exemple : Yamato-daké, qui, souvent seul et parfois sans armes (supra, p. 236, n. 3), va combattre tous les ennemis de Test et de l'ouest (K,203, 206, 209-210, 217).

7) Nous en avons déjà rencontré bien des preuves (supra, p. 261, n. 2, p. 268, n. 4, in fine, p. 270, n. 1, etc). D'une manière générale, la ruse est admirée, estimée, comme chez tous les primitifs. Les dieux y ont sans cesse recours^ soit entre eux (voir pp. 68-70), soit dans leurs rapports avec les hommes (p. 236, n. 3)» et les hommes y ont recours pareillement, soit entre

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guerres perpétuelles, en dépit du formalisme sacré qui les décore', de l^amplourdes délls*, du loyalisme ardent qu'on voit s'y manifoslor', n'en comportent pas moins des moyens de combat d'une {générosité douteuse. CVst h des guel-apens que njimmou a recours pour se débarrasser de ses adversaires' ; Vamafo-<laké, le « bravo du Japon «,1e type illustre

rux (cxi^mplos ci-dpsfuup^ fdit dans loiirs rapports avec les dieux \k commeacpr f'ar lt»s ii.'iiv.'s liii«*ssi*s (!«• nos Milufls : cf. sur ce dernier point Manliier, dans IUiur<rhist des rt/»7i..i,s-. t. XXXVï, p. '153».

i)K, 13:?. l»il, IKO, ISl. iOi. a.-., N\ l, 113, li9, 121,elc. Cérémonies piir»fn«Mit nhii'lli's, comme duns l'anti<]uité ocfi<lenlale (rf. noire Ihèse Le Droit dr lu 'jii'rn' sms la Hvifuhtiijnc rotiviinc. Pans, 1891, p. 42 leq., el, pour le dolu^ t'onus ou temps de f^uerre, p. 89 seq.» 130 seq.» etc.).

2 K,:n."N. ^r)F.*q., iki, ..ic.

:\ K, H'i s»».!., los, ll'J. 114. etc.

\, u n :aii'l faiiLMisU* K iniou-Vtmato*lhart'-biko (nom primitif de Djimmou) arnva à li ^riii'le c;ivi;rnf d*Oli?aka, dfS Tsoulclji-^'lioumo à queue, quatrevJDfits iuiLMnd.*, Ty att«'n'I.'iioiil. Alors l'auirusto liU de la C«^lesle divinité commanda qu'un lianquel fût nilert aux quatre-vingts bri^&nds. Fuit il désigna quitn^-vitiL'lsForviteurs, un pnur chacun tlesqualre-vinj^labrig'andf, fit ceindre un «-.'ilir* à cil tniii di> ri>s 8orvil(*urs, ot l?ur di Mina ses instructions, en leur d î^tiit: " Lor.-"}!!)' v>)ii5 m\'ntenilrez chanter, frajipez tous en mt^me temps. » Kl h> rliimt p ir ltM|iiol il |i>ii avertit qu'ils devaient se mettre i frapper les Tsouti iii-ijhiiuino disait : « Dans la f:rand«.' caverne d'uhsaka, des hommes sont eiiln*s il eo tienii^nt n'»mbreux. Bit>n que ccê hommes soient entrés et se tienn«>nt iiomhrt'ux, les (ils di^s puissants guerriers les abaltront et les anéantiront avec h'iirs t'Mes de m:iiil»*ls, avec leurs maillets de pierre. Les fils des |»uissanls f^MUTriirs, avec hMir? télés de mailli-ts, avec leurs maillets de pierre, fcraifiit ln»*n de frapper, mainlonanl I >» A ce clianl, ils tirèrent leurs armes el, simulianéiiicnt, les massacp'TPnl tous. » (K, lil-142). Ct'l exploit est suivi de chants dt* fiicrre que nous donne le passage correspondant du N, et dont un seul expuiftlo pt>r[nellra d'apprécier le caracltTt^ archaïiiue : « Ho l c'est le moin«Mit. Ilo ! c'est ie moment. liât liai IVha ! T"Ut-;i-rnoure, mes enfants 1 Tonl-A riii'iire, m«?s enfants I •> .N, I, 124; vi cf. d'autres chants analogues, sans «ortir de la lé^'.n.h? d.r Djimmou, dans le K, liO-lil, 142, 143, 144, dans le .\, 1. lis, iji, 12:^ 12t), 127). —Auparavant, le même Djimmou aTait fait périr un enntMni dans un {'.oi'e, que ce dernier d'aii.eurs lui destinait. » Il y avait dans L»uda d'*ux frèr«*s. Oukishi aîné el Ouka^hi cadet (Yé-Oukashi et Oto-Oukashi). L'auguste K imnn-Yamato-lharé-b kuMïVuya le corbeau long de huit pieds en éciaireur, pour les interroger et leur dire : n L'auguste enfant de la Céleste divinittî est veiiu jusqu'ici. Voulez-vous respeclueusement le servir? » Mais Oukashi aîné attendit de pied ferme, et il lança une fiéche sifflante contre le messager pour l'obliger à retourner en arriére. En sorte que Tendroil où la flèche sifflante était tombée 8*appeile maintenant Kaboura-xaki (la Pointe de la

LR SHINNTOÏSMB 375

du guerrier, se déguise en femme pour égorger des chefs ennemis qui se livraient à la joie d'une fêteS ou bien tue par

flèche). Puis, disant qu'il voulait combaUre, il essaya de rassembler une armée. Mais comme il n'y pouvait parvenir, il déclara d'une manière trompeuse qu'il servirait avec respect l'auguste prince; sur quoi, il bâlit une grande salle, y plaça une trappe, et attendit. Sur ces entrefaites, Oukashi cadet vint se présenter au préalable, et rendit hommage, disant : « Le frère de ton serviteur, Oukashi l'atné, a renvoyé, en tirant sur lui, le messager de l'auguste enfant de la Céleste divinité, et, se proposant de t'attendre pour t'attaquer, il a essayé de réunir une armée ; mais, ne pouvant y parvenir, il a bâti une grande salle et disposé à l'intérieur une trappe, dans l'intention de s'emparer de toi. Ton serviteur est donc venu t'informer de tout cela. » Alors l'auguste Mitchi no Omi ancêtre des chefs d'Ohtomo, et l'auguste Oh-koumé, ancêtre des seigneurs de Koumé (cf. K, 112), convoquèrent Oukashi aîné et l'insultèrent, en lui disant : « Dans la grande salle que tu as bâtie pour servir le 'prince avec respect, entre donc le premier, toi, méchant drôle, et déclare nettement la manière dont tu entendais respectueusement le servir. » Et aussitôt, saisissant la poignée de leurs sabres, jouant avec leurs lances et Gxant leurs flèches dans leurs arcs, ils le poussèrent à l'intérieur: si bien qu'il fut pris dans le piège qu'il avait lui-même préparé, et qu'il mourut. Puis ils le tirèrent au dehors, et le taillèrent en pièces ; de sorte que l'endroit s'appelle Ouda no Tchihara (la Plaine du sang, d'Ouda). Gela fait, l'auguste prince donna à son armée tout le grand festin que lui offrait Oukashi cadet. » (Suit un chant de victoire, puis l'indication qu'Oukashi cadet, en récompense de sa trahison, devint le chef héréditaire d'une corporation chargée de fournir l'eau à la Maison impériale. K, 138-141).

1) ce En arrivant à la maison des deux brigands Koumasos (rebelles du sud de Tsoukoushi, que l'empereur lui avait ordonné d'aller combattre), l'auguste Ouoousou (un des premiers noms du héros) vit que, près de cette demeure, il y avait une triple ceinture de guerriers qui s'étaient creusé une caverne pour l'habiter. Ceux-ci discutaient bruyamment une fête pour la nouvelle caverne et préparaient leur nourriture (ils allaient « pendre la crémaillère » : cf. K, 327- 328). L'auguste prince se promena nonchalamment aux alentours, attendant le jour des réjouissances. Quand vint ce jour, ayant délié son auguste chevelure qui jusqu'alors était nouée au sommet de sa tète (coiffure des garçons, cf. K, !^), et l'ayant rabattue à la manière des jeunes filles, puis ayant mis les augustes vêtements de sa tante (Yamato-himé, la grande-prétresse d'Icô, cf K, 183, 186], il avait tout l'aspect d'une jeune GUe véritable. Mêlé aux concubines, il entra dans la caverne. Alors les deux brigands Koumasos, frère aîné et frère cadet, charmés à la vue de cette vierge, la placèrent entre eux, et manifestèrent leur joie de façon exubérante. Mais quand la fête fut à son plus haut point, l'auguste Quo-ousou, tirant le sabre qu'il avait caché dans son sein, et saisissant le frère aîné au collet, lui enfonça l'arme dans la poitrine; sur quoi le plus jeune frère, alarmé, s'enfuit au dehors. Mais, le poursuivant et l'atteignant aux derniers degrés de la caverne, et le saisissant par la peau du

37C LE SIIINNTOÏSME

surprise un homme qui se croyait son ami et auquel il n'a laissa* qu*uii salin* de bois pour se défendre * : Djinnghù cache bes soldais dans un » vaisseau de deuil » \ puis, quand les

th'S, Taufruslf ] rir:rc lui • ijf» n';a t'Hi fnl-rc au bas des reins. Alors le Lrigand

K'Kiir.i^M par'.;i, -î r.i:.t : « N- r-iiiup pas K' sabn^ : ton serviteur a quelque

'.•■M' ;i «J.ie. ' 1/uv «il**- {-r ;«;i' .:•: !..ir<"k J-^nc u:i uo'Jiiiit Je rLpi:, en le

i,..i ::lrr.:i!.' ûi'Mlu i !• rrt'. Kt !•■ l-i :.' \!: i il«^man-ia . ■■ Qui ojt la persan»-

.ii..i.rti' .' M 1! r»'|<'ii'l.i : u .!•■ &UIB l'aij.u'usle eiifaîil d'rJh-larashi-nik'VOshiro-

•luaUê ^« I** si'i.'ncur ^.'ouvcrii-iiit, prince parfait et pranJ », nom primiiif de

IViiipt'r'-ur i\<'.lv>), If rvlr^t*; <>j-.iv(*ra.;i <;ui, rOsidanl c-n son palais de Hishirc à

M.iMîiMii.îioii, /.lUVïTuo ].i 'l«Tr«' «los Huit j;raiides Tes; et mon nom est : >« le

roi Vaiii;il«<-ii.]<>-r'MUiiii '• lo îi-unc iionimedu Yamato • , anci»*n nom de Yamato-

\ikr). .\pprr:i;iiit qutf vous deux, misérables bandits Koumasos, tous éties

!.^•■ulnis tt irir:fjirrtiifux, rVst lui (lo souverain) qui Ui'a ecToyé avec le com-

iMinirniciit de vmus saisir et de vous mt-ttrc à mort. ** Le brigand Koumaso

dit : (li'li d" t rtri* vi:ii. IVr:'>'.<nno dans l'i^uest ii'rtait brave et fort comme

ii'ius '\fux. Mais dans la Terre du ltiimI Yamato, il y a un homme plus brave

que nu'js d>'nx : oui, i\ y en a un. <)^'^t pourquoi je veux t'oiïrir un auguste

nom. horeiiavaiit. il t-A jui^te qtif tu ttù» lnuè comme l'auguste enfant Va-

ii:ato-(!iil\i'-. • A p< inr ava:t-il liM::iir.(' i|ii(' Taufruste prince le fendit comme un

iiii'ii!) Il '11. <l !'a<di**va. Kl d< s 'm -ii.-, il It.t toujours loue sous Taugusie nom

■ r.nj.i^î.' Y.irn.ii.. :,.k.'. n K, î.<V)--Jn»<, et rf. N, I, ^Oi). Cettelégende montre

Itii'ii i'a-lniir:iti«>n f;<riérale des h'»mn)rs du temps pour les perfidies heureuses,

pnisijiiVn pareil ras l'*s victimi's rllrs-mt'^me.« sont les premières à exalter leur

\aiii<]<ioiir. r.:. /iMis >'intro luismt. di/^^uis'*, dans la demeure de Lycaon, puis

!•• tu i!il, avf.; i.'.-i li!?, atiiiiiî.i'U'lu frïlin(Pau5anias, Vin,2, 1; Ovide, ¥c'/!zm.,

1, ir.:i H'.].).

1) (c Kiitr.int dans la Terre d'Mzoumr», et dt^sirant tuer le brigand de ce pays, di's f<nn arrivt''!! il si- t:a d'ami lu* avec lui. Kiisuite, ayant fabriqué secrètement, uvt-i: tlu bu: s de cii'-Mi', un faux sabro, et s'en étant augustement ceint, il alla bo Uîi'yjnor av(:<- lo bri^'in<l dans II riviî^ro lli. Puis, sortant de Teau le premier, cl [irenant «t iiioUant i «on r<V> le sabre (]U'' le brigand d*Idioumo aTaitenleTè et post' à terro, l'au^'Ubte Yamato-duké dit : « échangeons nos sabres! » Et aiîisi) qiiani il f:'.>rtil à son tour de ia rivi>''re, lo brigand d*ldzoumo te ceignit du faux sabn; d<* raii,::(istd Yainato-dak<'*. Sur quoi l'auguste Yamako-daké le trompa, en lui dii^ant : » Viens donc! et croisons nos sabres! ■ Mais lorsqu'il voulut Rortir son sabre, le bri^^and d'idzoumo ne put tirer ce sabre imité. Aussitôt l'auf^iiste Yainako-daké lira ie sii*n, ol tua K* brigand d*Idioumo. Puis il chanta auLMistem«>nt, disant : » «Juel mallietir qu-* le sabre dont s*était ceint le brigand (l'Idzoïimo, et autour duquel s'enroulaient tant de cordons. n*ait pas eu de lame vérilabi.' ! ^ K, 2iW-'J()i»).

2) « Tau'lis qiio Tau juste princesse Ukiniga-taraslii nom réel de Timpératrico) revenait ou Yamatu (apr<'>s avoir conquis la Cort*e), comme elle aiait des doutes quant au cœur du peuple, elle prépara un vaisseau de deuil (cf. si^ra

Lfi SHtNNTOÏSME 37?

deux armées se trouvent enfin face à face, elle fait cribler de flèches des troupes qui, trompées par elle, avaient déjà rompu les cordes de leurs arcs *. Presque toujours, d'ailleurs, ces stratagèmes sans merci sont employés contre des « rebelles » : les Japonais d'alors n'agissent pas autrement que les Européens d'aujourd'hui dans leurs rapports avec les a races inférieures » qui font quelque objection à se laisser conquérir ; c'est la lutte brutale; fondée sur l'orgueil', la cupidité » et l'ignorance*, avec toutes les ruses sauYages,loutes les lueurs farouches qui s'allument sous le front bas du guerrier*. Entre eux, au contraire, ces hommes violents prati-

p. 132, D. 5), mit dans ce vaisseau l'auguste enfant (né au moment de son retour), et laissa se répandre le bruit que Tauguste enfant était mort. Pendant qu'elle s'avançait ainsi, le roi Kagosaka et le roi Oshikouma (ses beaux-ôls), ayant appris ce voyage, pensèrent à l'attendre pour la tuer. Ils se rendirent à la plaine de Toga, cherchant un présage ; et le roi Kagosaka était monté sur un chêne, quand un grand sanglier furieux survint, déracina le chêne, et dévora aussitôt le roi Kagosaka. Son frère cadet, le roi Oshikouma, sans se laisser abattre par cet événement, rassembla une armée et resta en embuscade, pour attaquer le vaisseau de deuil qu'il croyait vide (de défenseurs). Mais alors, des flancs du vaisseau, une armée débarqua, qui se présenta pour la bataille. » (K, 235).

1) <c Les deux armées combattaient sans aucun recul. Alors l'auguste Takéfourou-kouma (général en chef de l'impératrice) combiua un plan : il fit dire que Tauguste princesse Okinaga-tarashi était morte, que par conséquent il n'y avait plus de motif pour continuer la bataille ; et sur-le-champ, il fit rompre les cordes des arcs, pour montrer qu'il se rendait • Le général en chef du roi Oshikouma, trompé par ce mensonge, Bt aussi détendre les arcs et déposer les armes. Mais à ce moment, les guerriers (de l'impératrice) tirèrent des nœuds de leur chevelure des cordes préparées à l'avance, bandèrent de nouveau leurs arcs, puis poursuivirent et taillèrent en pièces les ennemis. » (K, 236; et cf. le N, I, 329-240, où le général de Djinnghô, employant par surcroît le stratagème que le K attribuait à Yamato-daké, fait jeter à l'eau par ses troupes des sabres de bois^ que vont remplacer leurs armes véritables).

2) K, 101 : « Nous avons daigné conférer à notre auguste enfant ton royaume, le Pays central des plaines de joncs, comme la terre qu'il doit gouverner. Mors, comment est ton cœur? (Que dis-tu à cela?) ». K, 108 : « Cette route étant celle par où notre auguste enfant va descendre du Ciel, qui donc ose se trouver ainsi sur son passage? ». Etc.

3) N, I, 200 {supra, p. 334, n. 2), K, 229 (infra, p. 382, n. 2), etc.

4) N, 1, 203, 206, 212, etc.

5) On aimait mieux, parfois, tuer femmes et enfants que de les laisser tomber aaz mains du vainqueur (N, II, 264).

378 LE STITTVKTOÏSMI

quenl d('}h certaines vertus sociales, lis sont trop pleins de vio, trop (k'hordanis de passions pour ne pas commettre parfois des crimes ; mais ils connaissent aussi Tamour mutuel, princi[)e de toute moralité. Ce sentiment perce d*abord sous une forme inférieure, intermédiaire entre Tégoïsme pur et la véritable sympathie : Tamour-propre qui veut Tapprobation d^aulrui*, qui enj^endre la vanité sous ses formes les plus diverses \ et qui, dans les cas d'extrême humiliation, ne laisse d'autre alternative que la vengeance* ou la mort^ Puis, Tamour du prochain apparaît à son tour« commence à se montrer dans le cercle de la famille. L* amour sexuel, à lire nos récits, semble presque toujours débuter en coup de foudre ^ ; mais^ malgré la fougue de leurs instincts, les hommes traitent le plus souvent avec douceur les compagnes qu*ils se sont choisies % et celles-ci leur témoignent un pro-

i) Cel 4' ego-allruismo », qui d'ordinaire prépare l'altruisme proprement dît (cf. M. Spencer, Principes de p$ycholvyie, § 519 seq.. Principes de iociologie^ § 9^ seq ), et qui joue naturellement le plus grand rôle dans une société de gucrritTs roinuie celle que nous décriTenl nos légendes, restera le plus sûr fondement de la morale chez leurs descendants, soit à l'époque féodale, loit môme à l'heure présente.

2) Par exemple, les folles dépenses pour la construction des tombeiux (voir le N, II, 218 seq.).

3) K, 3H, 70, 116, 112, 306. 336, etc.,

4) K, 101, 198, 237, 303, 308, etc.

5) K,62 {supra, p. 268, n. 4), 72 (p. 270, n, 1), 94 (p. 292, n. 4), 115 (p. 237), 122 (p. 117, n. 3).

0) Celte exception à la brutalité primitive apparaît déji dans les plus anciens restes de la littérature archaïque, c*cst-à-dire dans les chants. Exemple : Ohkouni-noushi faisant sa cour û la princesse de Nouna-kaha. « Ce dieu Ya-tchihoko [<c dieu des Huit mille lances », un des cinq noms du héros), alla courtiser la princesse de Nouna-kaha («^ Hivière-la^une », nom de lieu sans doute), dans la Terre de Koshi; et en arrivant à la maison de la princesse, il chanta, disant: « Moi| Tauguste dieu des Huit mille lances, n'ayant pu trouTer une épouse dans la Terre des Huit îles, et ayant appris que, dans la lointaine Terre de Koshi, il y a une vierge sage, ayant appris qu'il y a une vierge très belle, je me liens ici pour la demander vraiment, je Tais et viens pour la demander. Sans même avoir dénoué le cordon do mon sabre, sans avoir encore détaché mon voile, je pousse la porte en planches fermée par la jeune fille ; tandis que je suis ici, je tire la porte en avant. Tandis que je suis ici, le nouyé (cf. sup,, p. 155, n. 8) chante sur la montagne verte, et le véritable oiseau de la lande, le {aisan,

LB SHINNTUÏSMB 379

fond dévouement*. Les parenis, à quelques exceptions près •, sont fiers de leurs rejetons, dont ils célèbrent la naissance par des exclamations enthousiastes' ; les enfants^ même les

fait résonner son cri; roiseaude la basse-cour, le coq, chante. Oh î quel malheur que ces oiseaux chantent! Oh! ces oiseaux! Que ne puis-je les battre jusqu'à ce qu'ils soient malades!... » (Ces malédictions lancées contre les oiseaux annonciateurs de Taurore s'expliquent assez par l'ancienne coutume qui imposait aux amants japonais, comme aujourd'hui encore aux indigènes de Formose et d'autres pays, de n'avoir que des rendez-vous nocturnes). Alors la princesse de Nouna-kaha, sans encore ouvrir la porte, chanta ainsi de l'intérieur : « G dieu auguste des Huit mille lances! Etant une vierge pareille à une plante languissante, mon cœur est certes un oiseau sur un banc de sable du rivage : il sera maintenant, en vérité, un pluvier; ensuite, ce sera un oiseau gentil. Ainsi, pour ce qui est de ta vie, daigne ne pas mourir.,. » Second chant de la princesse : « Quand le soleil se sera caché derrière les montagnes vertes, dans la nuit noire comme les vrais joyaux de la lande (baies du hiôghi, Ixia chinensis), je sortirai. Tu viendras radieux, avec des sourires, comme le soleil du matin; et tes bras blancs comme des cordes de fibres de mûrier frapperont doucement ma poitrine, tendre comme la neige fondante. Et nous frappant doucement, entrelacés, nous étirant et, nous reposant sur nos bras, vrais bras-joyaux, les jambes étendues, nous dormirons. Ainsi, ne me parle pas trop amoureusement, auguste diea des Huit mille lances!... » C'est pourquoi, cette nuit-là, ils ne s'unirent point; mais la nuit suivante, ils se rapprochèrent augustement. » (K, 75-78).

1) Exemple : le sacrifice d'Oto-tatchibana, épouse de Yamato-daké. « Lorsqu'il traversa la mer de Hashiri-midzou (l'Eau courante), la divinité de ce passage souleva les vagues, secouant le vaisseau de telle manière qu'il ne pouYi^it plus avancer. Alors son impératrice, qui s'appelait l'auguste princesse Oto-tatchibana (m. à m., cadette-orange], lui dit : « Ta concubine entrera dans la mer à la place de l'auguste enfant (prince). L'auguste enfant doit achever la mission pour laquelle il a été envoyé, et revenir faire son rapport. » Lorsqu'elle fut sur le point d'entrer dans la mer, elle répandit huit épaisseurs de nattes de latches, huit épaisseurs de tapis de peaux, et huit épaisseurs de tapis de soie au sommet des vagues, et elle s'assit au-dessus. Aussitôt les vagues furieuses tombèrent soudain, et l'auguste vaisseau put avancer. Alors l'impératrice chanta, disant : <( Ah I toi de qui je m'inquiétais, quand tu étais au milieu des flammes du feu brillant sur la petite lande de Sagamou, d'où l'on voit la véritable cime! » Sept jours après» l'auguste peigne de l'impératrice était rejeté à la plage; et ce peigne, aussitôt recueilli, fut placé dans un auguste tombeau que l'on cons- Uuisit à cet effet. » (K, 212-213; et cf. supra, p. 260, n, 1).

2) K, 20 {supra, p. 251, n. 1), 127 (p. 233, n. 5).

3) K, 43 (swp., p. 252, n. 6), 52 (sup., p, 66), etc. — Cf. aussi les sentiments paternels d'un empereur légendaire, Ohdjinn. Son fils est devenu amoureux de la <c Princesse & la longue chevelure », que lui-môme se

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plus emportés par nature, se montrent soumis et obéissants'. Dans les rapports entre ces enfants eux-mêmes, la sympathie est moins développée : Yamato-daké inaugure sa rude carrière par un fraticide *, crime trop commun dans nos recueils » ; mais quelle plus belle figure de grande sœur, maternelle et indulgente, que celle d'Amatéras, la sereine déesse % et quoi

réservait. Averti par un vieux ministre^ il examine la difficulté en philosophe, et, quelques jours après, à roccasion d'une fête, il charge la jeune ûUe d'offrir à boire au prince. « Mon cœur, dit-il, était de plus en plus ridicule : le voici repentant. » Bientôt le fils pourra chanter son bonheur : « Oh I la TÎerge de Kohada, au delà des routes 1 Sa renommée était venue jusqu'à moi comme le grondement d'un tonnerre lointain; et maintenant, nous avons nos bras pour oreillers! » (K, 247-250).

1) L'empereur Kéiko, <( alarmé par le courage et la férocité du cœur de son auguste enfant », Yamato-daké, l'envoie batailler contre les rebelles de Tsoukoushi (K, 20(3). A peine le jeune héros est-il de retour que son père lui ordonne d'aller maintenant combattre « les dieux sauvages et les révoltés des douze régions orientales », avec un seul compagnon et une lance de houx, ce Ayant ainsi reçu les commandements et s'étant mis en route, il vint au temple de la grande et auguste déesse dlcé, et adora dans Tauguste cour de la déesse ; et aussitôt, il alla parier à sa tante, Tauguste Yamato-himé, en lui disant : « Certes, le Céleste souverain désire que je meure bien vite ; car, après m'avoir envoyé soumettre tous les méchants de l'Ouest, je ne suis pas plus tôt revenu que, sans me donner une armée, il me fait repartir pour pacifier maintenant les méchants des douze régions de TEst, Par conséquent, je crois qu'il veut sûrement ma perte. » Il s'éloigna donc, avec des lamentations et des larmes... » (K, 209-210). Le farouche guerrier pleure : mais il obéit.

2) «c Le Céleste souverain dit à l'auguste Ouo-ousou (ancien nom du héros) : « Pourquoi ton frère aîné ne vient-il pas aux grands repas augustes du matin et du soir? Sois donc celui qui prendra la peine de lui enseigner (ses devoirs). » Ainsi ordonna-t-il; mais, pendant cinq jours encore, le frère aîné ne se présenta pas. Alors le Céleste souverain daigna interroger l'auguste Ouo-ousou : « Pourquoi ton frère aîné est-il si long à venir? Ne lui aurais-tu pas rappelé ses devoirs? » Il répondit : « J'ai pris cette peine. » Le Céleste souverain lui demanda encore : « De quelle manière as-tu pris celte peine? » Il répondit : « De bon matin, comme il venait aux cabinets, je l'ai saisi, écrasé, et, Tébranchant (lui arrachant les membres), je les ai enveloppés dans une natte et jetés au loin. » (K, 205-206. Cf. le réalisme de certaines légendes classiques : par ex.,

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