‹ Le Siam ancienChapitre 20 sur 30 · LA PRUDENTE ANTILOPE · texte numérisé non relu

LA PRUDENTE ANTILOPE

Une gazelle se dirigeait vers un arbre sepanni pour en manger les fruits; en approchant, il lui vint à l'esprit qu’un chasseur pouvait être caché dans l'arbre, et elle se tint à distance. Or, c’était précisément le cas. Le chasseur, pour attirer l’animal, lui jette des fruits. Cette pluie de produits de l’arbre justifiant ses soupçons, la gazelle regarda plus attentivement et finit par distinguer son ennemi. Mais, sans faire semblant de l'avoir aperçu, elle s'adressa à l’arbre pour lui déclarer qu’il n’était pas un arbre comme les autres et que, se méfiant de lui, elle s’éloignait. Le chasseur dépité lui dit qu’il ne se souciait pas d’elle. « Que Lu te soucies ou que tu ne le soucies pas de moi, répondit la gazelle, il te faudra bien expier tes crimes dans les huit grands enfers et dans les seize ussadas (petits enfers). »

La prudente gazelle était le Bodhisaltva; Devadatta était le chasseur.

KUKkU RÀ-JATAKA, N° 22

(Estampage N" 3 9).

Sujet. — A gauche, un roi et une autre figure, assis sur un trône orné de rinceaux ; à droite, deux figures, les mains jointes, assises sur le sol. Au milieu, à l’extrémité du trône, un chien est allongé sur le ventre, la tête redressée ; il semble parler au roi qui l’écoute les mains jointes. Un bouquet de fleurs d’iris est figuré entre le roi et l’animal.

Quatre lignes d’inscription en haut et à droite :

LES RUINES DE SAJJANÂLAYA ET DE SUKHüDAYA

TRANSCRIPTION

i10 ligne.

kukkiir xàdok 0 pbra : phôthisa

dtv peu hmâ thessanâ dharrma

kë ann

pen khâihrob y! sib song.

TRADUCTION

iIe ligne.

Lejâlakadu chien. L’illustre Bodhisattva

étant chien prêcha le dharma

à ce qui

est le numéro vingt-deux.

ANALYSE

Brahmadatta, roi de Bénarès, apprit un beau malin que les courroies et le tablier de son char, qui était resté dans la cour du palais par une nuit pluvieuse, avaient été mangés par les chiens. Il donna donc l’ordre de tuer tous ceux qu’on rencontrerait : ce fut un massacre épouvantable. Beaucoup de ces animaux allèrent implorer l’intercession d’un de leurs pareils qui vivait dans le cimetière à la tête d’un nombreux troupeau. La généreuse bête alla courageusement trouver le roi, le questionna, lui démontra l’injustice qu’il y a à frapper des êtres dont la culpabilité n’est pas démontrée. Après lui avoir fait la leçon sur les devoirs d'un roi, il offrit de lui prouver que les criminels étaient non hors du palais, mais dans le palais même du roi. On fit venir les chiens de Sa Majesté, on leur administra un vomitif et leur culpabilité apparut manifeste. Le roi émerveillé de la pénétration et de la sagesse de ce chien lhonora du parasol blanc. Mais il refusa tout honneur et ne demanda au roi que l’exercice de toutes les vertus. Bien morigéné par ce chien, le monarque mérita, en mourant, d’aller dans le monde des dieux.

Ce chien était le Bodhisattva; le roi était Ananda.

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

BHOJÂJÀNIYA JÂTAKA, N° 23

(Estampage N" 40).

Sujet. — A gauche, un roi et un autre personnage, les mains jointes, sont assis sur un trône orné de rinceaux; au centre, un cheval est assis de profil, la tête tournée à droite vers cinq personnages qui l’écoulent dans une attitude respectueuse. Au dessus de l’animal, un bouquet de fleurs d’iris.

Quatre lignes d’inscription en haut à droite :

TRANSCRIPTION

irc ligne

„9 bhoxaxanïy xàdok 0 phra : phothisallva pen ma thessanâ dharrma kë phrayâ (bodai khâ) chet khon | 9 ann pen khâriirob y! sib sam 0

TRADUCTION

ire ligne.

09 Jâlaka du cheval de bonne race Bhoja. L’illustre Bodhisallva

étant cheval prêcha le dharma au phrayâ (on ne tua pas) les sept personnes. Ceci fait le numéro vingt-trois.

ANALYSE

Le roi Brahmadalta fut cerné dans Bénarès. sa capitale, par sept rois qui voulaient avoir son royaume de gré ou de force. Très embarrassé, il tint conseil avec ses ministres, et l’un d’eux se fit fort de repousser l’ennemi, pourvu qu'il lui fût permis de monter le cheval de parade du roi, de la bonne race Bhoja du Sindh. Sa demande lui fut accordée et, dans une première sortie, il enfonça une des sept armées, dont il ramena

LES RUINES DE SAJJANÂLAYA ET DE SUKIIÔDAYA

le roi prisonnier. Cinq antres sorties successives eurent un résultat semblable: mais, à la sixième, le cheval fut blessé. On voulut le remplacer, il se fâcha et réclama, annonçant qu’on ne réussirait pas avec un autre cheval. Il fut donc repris et la septième sortie eut un plein succès. Amené devant le roi, le noble cheval demanda la grâce des rois vaincus et des honneurs pour celui qui l'avait monté. On fit droit à sa demande; mais on ne lui eut pas plutôt ôté son harnachement qu’il mourut. Brahmadatta lui fit de splendides funérailles, réintégra dans leurs royaumes respectifs les sept rois prisonniers et accorda de grands honneurs à celui qui avait monté le cheval de bénédiction.

Ce cheval était le Bodhisatlva; son cavalier devait être un jour Câriputra, et le roi, Ananda.

(Estampage N° 41).

Sujet. — A gauche, un roi assis sur un char; au centre, un cheval est assis, la tête tournée à droite vers un groupe de personnages agenouillés dans une attitude respectueuse. Au-dessus du roi, trois fleurs de lotus; au-dessus du cheval, un bouquet de fleurs d’iris.

Trois lignes d’inscription en haut et à droite.

TRANSCRIPTION

i,e ligne. 09 khôjânly xâdok „ phra : phôthisattv 1"' — pen ma thessanû dharrma kee phra : yâ

3e — chet khon 9 | an pen khâiiirob yï sib si 0

1 Ce jâtaka et le précédent sont semblables; l’un est figuré sur le plafond du premier couloir de droite, l’autre forme le linteau de la porte, il est gravé sur la face verticale interne; le dessous du linteau que nous avons aussi reproduit était orné de rinceaux. — Le titre du jâtaka paraît fautif. Dans le texte pâli, ce titre est Ajaiinajàtaka, le jâtaka du noble (animal). Gajàjùnhja signifierait « de la noble race des éléphants ».

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

TRADUCTION

ire ligne. 09 Le jâtaka du noble cheval. L’illustre Bodhisattva 2° — étant cheval prêcha le dharma aux phrayâs

3e — sept personnes. Ceci est le numéro vingt-quatre.

ANALYSE

Ce jâtaka est une version du jâtaka 23 et n’en diffère que très peu. Au lieu d'un seul cheval, il y en a deux qui sont frères, attelés l’un et l’autre à un char de guerre. A la sixième sortie, l’aîné est blessé. On le dételle pour le remplacer; mais il proteste et on l’attelle de nouveau. Le dénouement est le même que précédemment.

L’aîné des chevaux était le Bodhisattva; le roi devait être un jour Ananda.

VATT ARA- JÂTAKA, N° 35

(Estampage N" 48).

Sujet. — A gauche, une figure assise; à droite, une autre debout. Deux lignes d’inscription en haut :

TRANSCRIPTION

iri ligne. 09 phatlhaka : xadok 0 phra : phôthisattv pen 2e ann pen khâmrob sâm sibhâ 0

ir* ligne. 09 Le jâtaka de la caille. L’illustre Bodhisattva étant 2e — ce qui est le numéro trente-cinq.

LES RUINES DE SAJJANÂLAYA ET DE SUKIIODAYA

ANALYSE

Autrefois, le Bodhisattva naquit comme caille dans une forêt du Magadha. Il fut nourri avec soin par ses parents, mais n’était pas encore en état de marcher ni de voler quand survint un terrible danger: un incendie dévorait la forêt et faisait fuir les oiseaux, qui se sauvaient par bandes de leurs nids. Le père et la mère du Bodhisattva firent comme les autres, abandonnant leur rejeton, qui resta seul dans le nid. Le fléau approchait et le malheureux volatile, ne sachant comment échapper à la mort, se mit à penser aux Buddhas, aux vérités, aux vertus, aux qualités dont ils sont les dépositaires. Et le feu, qui n’était plus qu’à 16 karlsas, s’éteignit comme une torche plongée dans l’eau.

SAIOJNA-JATAKA, IS° 36

(Estampage N° 4 y).

Sujet. — A droite, un arbre dont les branches supportent un oiseau ; à gauche vole un autre oiseau. Sur le sol s’élèvent des flammes qui lèchent le tronc de l'arbre.

Quatre lignes d’inscription en haut et à gauche :

TRANSCRIPTION

I re

ligne.

09 sakunâ xàdok 0 plira : phô

thisattv. . . sai.

ann pen khâiiirob

sâm sib hok 0

TRADUCTION

,re

ligne.

09 Le jâtaka de l’oiseau. L’illustre Bo

dhisattva ... en vérité .

ce qui est le numéro

trente-six.

ANNALES DU .MUSÉE U U IM ET

ANALYSE

Sous le règne de Brahmadatla, roi de Bénarès, le Bodhisatlva, né parmi les oiseaux, vivait entouré d’animaux de son espèce, sur un grand arbre.

Il remarqua un jour que, deux branches s’étant frottées l’une contre l’autre, il était tombé de la poussière et il s’était élevé de la fumée. Il avertit ses compagnons que cet arbre brûlerait et qu’il fallait chercher une autre demeure. Une partie des oiseaux le suivit, mais d’autres ne l’écoulèrent pas, dirent qu’il « voyait un crocodile dans une goutte d’eau » et restèrent sur l’arbre.

Mais bientôt l’incendie se développa, l’arbre brûla et les oiseaux qui n’avaient pas voulu le quitter, aveuglés par la fumée, ne purent s’échapper et périrent dans les flammes.

TITTIUA -JÀTAKA, N° 37

(Estampage N° 5o).

Sujet. — Un arbre est visible au centre. L’inscription est fruste.

ANALYSE

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