LE JÂTAKA DE LA PERDRIX
Jadis, il y a bien longtemps, une perdrix, un singe et un éléphant habitaient un grand nyagrodha sur le liane de l’Himavat. Us décidèrent que l’aîné d’entre eux jouerait le rôle de précepteur (ou de président). Il fallut donc déterminer l’âge de chacun d’eux.
L’éléphant, appelé à s’expliquer le premier, dit que, du plus loin qu’il lui souvienne, la cime de l’arbre lui venait au nombril; le singe dit que, s’étant assis à terre, il n’avait qu’à tendre le cou pour manger les plus hautes feuilles. La perdrix conta que, ayant mangé des fruits d’un
LES H LINES I)E SAJJANÀLAVA ET DE SUKHÙDAYÀ
grand nyagrodha, elle avait laissé tombé sa fiente en cet endroit et que ce nvagrodha en était né. Elle était donc de beaucoup l’aînée du singe et de l’éléphant, qui la reconnurent comme telle et lui rendirent les hommages dus à un précepteur.
L’éléphant fut, au temps du Buddlia, Moggallâna; le singe, Çariputra; quant à la perdrix, c’était le Bodhisaltva.
RARA-JATAKA, N° 38
(Estampage N° 5i).
Sujet. — A gauche, un oiseau s’élançant sur le sol; à droite, un arbre dont les rameaux supportent le Bodhisaltva.
Cinq lignes d'inscription en haut et à gauche :
TRANSCRIPTION
ire ligne. <>9 pakka xadok 0 plira : phothi 2e — saltv pen
lien nai .
(kin plâ) khâiiiroh sa m sih peed 0
ire ligne. o9 Le jâtaka de la grue. L'illustre Bodhisaltva
2e — étant
3e — voir dans.
4e — .... manger le poisson. Numéro
5e — trente-huit.
ANALYSE
Une grue avait réussi à manger tous les poissons d’un étang en les emportant au bout de son bec, sous le prétexte de les transporter dans Ann. G. — S. A., 2« part
ANNALES DU MUSÉE GU IM ET
un lac plus grand et plus profond ne se desséchant pas au temps chaud. Les poissons dévorés, il ne restait plus qu'un crabe dans l’étang; l’oiseau voulut en faire un dernier festin. Mais l’animal aquatique était soupçonneux; il ne voulut pas que la grue le prît avec son bec; il préféra la saisir lui-même par le cou avec ses pinces. La grue s’y prêta; mais, quand le crabe la vit passer devant le lac et se diriger vers un arbre, il aperçut le danger qu’il avait entrevu et serra le cou du volatile. Celui-ci, qui étranglait, demanda grâce; mais le crabe déclara qu’il ne lâcherait prise que si la grue le déposait sur le bord du lac. Elle obéit, mais avant d'entrer dans l’eau le crabe l’étreignit si bien qu’il lui coupa le cou comme on coupe un lotus avec un sécateur. Le Bodhisattva était alors la divinité de l'arbre où perchait la grue et prononça à cette occasion une sentence sur la fourberie.
Nota. — Ce récit se trouve dans le Pantchatantra (i, 8) et dans l’Hitopadeça (iv, 7). La Fontaine (x, 4) n’en reproduit que la première partie.
NACC A-JATAK.A, N° 32
(Estampage N° 5a).
Sujet. — La gravure est fruste.
Six lignes d'inscription en haut et à droite :
TRANSCRIPTION
ire ligne. 09 (nacha :) xàdok u phra : phô
2e — thisaltv
5° — pen khâiiirob
Ge — sâm sib (song) 0
TRADUCTION
ire ligne. 09 Le jâtaka (de la danse). L’illustre Bo-
LES RUINES DE SAJJANÀLAYA ET DE SUKHÔDAYA
dhisattva .
c’est le numéro
trente (deux).