‹ Le Siam ancienChapitre 25 sur 30 · T A YOD H AM MA- J AT AK A, N · texte numérisé non relu

T A YOD H AM MA- J AT AK A, N

(Estampage N° (>;>).

Sujet. — Au centre, un Rakchasa émerge des eaux d’un lac figuré par des ondulations; au pied d'un arbre, à gauche, une figure debout; à droite, dans les branches d’un autre arbre, un singe agrippé de la main gauche à une branche.

Huit lignes d’inscription, en liant et au centre :

TRANSCRIPTION

ilc ligne 2e — 3e

„9 layodhamma xàdok 0 plira : phô

thisattv pen

phânara raja oâcli

. ton sam .

twa .

. himavant kliedt.

an pen

khârîirob pect 0

TRADUCTION

ire ligne 2e — 3e —

„9 Le jâtaka des trois vertus. Le Bo-

dhisattva étant

roi des singes, osa

lui trois.

qui.

.aux confins des Himalavas.

ce qui est

le numéro cinquante-huit.

LES RUINES DE SAJJANÂLAYA ET DE SUKHODAYA

ANALYSE

(le singe aussi prudent que fort)

Un roi de singes élail si jaloux qu'il mulilail avec ses dénis les nouveau-nés, de peur qu'ils ne lui enlevassent un jour la conduite du troupeau. Il eut lui-même un fils qui, élevé avec le plus grand soin par sa mère, loin des regards paternels, finit par exprimer le désir de faire la connaissance de son père. La mère 11e put faire autrement que d’accéder à ce vœu et amena l’enfant au redoutable roi. Celui-ci feignit d’embrasser son fils avec tendresse, cherchant seulement à l’étouffer. Le fils, qui avait la « force d’un éléphant », répondit à son étreinte par une étreinte telle que le père pensa en avoir les os brisés. Il résolut alors de se débarrasser de cet héritier incommode en le livrant en pâture à un Rakchasa des eaux; il chargea donc son fils de lui faire un bouquet de lotus cueillis dans un lac de la forêt. En arrivant au bord de l'eau, le jeune singe remarqua qu’on voyait beaucoup de traces de pas dans la direction du lac, qu’on n’en voyait pas une dans la direction contraire1. Aussi, se garda-t-il d’y entrer et se borna-t-il à cueillir des fleurs en sautant d’un bord à l’autre. Le Rakchasa, qui l'observait, loua son habileté, — son héroïsme — et sa science (tayo dhammâ , les trois vertus) ; puis, jugeant indigne d’un tel être de porter les fleurs, il les porta lui-même en le suivant. Lorsque le père connut l'issue de la machination qu’il avait arrangée contre son fils, il mourut de rage et le fils fut établi roi des singes.

Le roi des singes était le futur Devadalta et son fils, le singe prudent, le Bodhisattva.

1 La même remarque s'est déjà rencontrée dans le jataka 20, — également attribuée

ANNALES DU MUSÉE G U IM ET

BHERIVÂDA-JÂTAKA, N° 59

(Estampage N° 71).

Sujet. — Trois personnages debout encore visibles en partie; celui du milieu s’abrite sous un parasol ; arbre à droite et à gauche.

Trois lignes d’inscription en haut :

TRANSCRIPTION

ire ligne.

09 pherivàdth xàdok 0 phôthisaltv ti klong lee. . . fung khâ sick

vitok hni an pen khamrob (keâ) 0

TRADUCTION

ire ligne.

„9 Le jâtaka du tambour. Le Bodhisattva

. . battre le tambour et la foule des brigands

effrayés se sauvèrent. Ce qui est le numéro (neuf1)

ANALYSE

Un villageois, né dans une famille de tambours, était allé à Bénarès pour la fête et y avait bien fait ses affaires. Comme il traversait une forêt pour retourner chez lui, il recommanda à son fds de ne pas tambouriner constamment, de peur d’attirer les voleurs. Mais le fds prétendait que son tambour effrayerait les voleurs et il ne cessa d’en battre. Au premier coup, les voleurs crurent entendre le tonnerre et s’enfuirent ; mais la continuité du bruit fut cause qu’ils se ravisèrent, et voyant deux voyageurs seulement, ils se jetèrent sur eux et les dévalisèrent. Le père dit : « Battre une fois, deux fois, c’est bien ; battre avec excès ne vaut rien. Voilà pourquoi nous avons tout perdu ».

1 Le numéro 9 de la sixième dizaine, à moins qu'il faille compléter : le numéro 5p (de la collection entière).

LES RUINES DE SAJJANÂLAYA ET DE SUKHÔDAYA 117

Ce père était le Bodhisattva ; le fils fut plus tard un disciple indocile du Buddha.

(Estampage N° 77).

Sujet. — A gauche, un personnage presque entièrement disparu et un autre, mieux conservé, tenant dans la main gauche un sabre, et, dans la main droite, un disque. A droite, une troisième figure, debout, s’abrite sous un parasol.

Six lignes d’inscription, au centre :

TRANSCRIPTION

ire ligne 2e — 3e —

„9 sangkh xàdok 0 phôthisat tv kiet nai krakul khon peâ sangkh liai khâ

TRADUCTION

ire ligne 2e — 3e —

„9 Le jâtaka de la conque, le Bodhisattva naît dans

une famille de souffleurs de conque fait tuer

ANALYSE

Le jâtaka 60 intitulé le « bruit de la conque » est une autre version du jâtaka 5q intitulé le « bruit du tambour ». Toute la différence est

ANNALES 1)U MUSEE GUIMET

que l’inslrumenl est une conque au lieu d’un tambour, et que l’imprudent qui la fait résonner est le père, le sage (c’est-à-dire le Bodliisattva, qui s’efforce vainement d’empêcher un bruit inutile et dangereux) étant le fds.

On se demande pourquoi ces deux scènes si semblables, si étroitement apparentées l’une à l’autre, et si voisines dans le recueil pâli , sont si éloignées l’une de l’autre sur le monument.

ASATAMANTA- JATAKA1, N° 61

(Estampage N" 78).

Sujet. — A gauche, une figure debout portant une hache sur l’épaule; au centre, un personnage allongé sur un lit ; à droite, le Bodliisattva assis et un personnage les mains jointes.

Trois lignes d’inscription, en haut :

TRANSCRIPTION

ire ligne.

o9 pilot

Ihisattv liai siksa song chai, mee thân

TRADUCTION

ire ligne

09 le Bodhi-

sattva fait que le disciple au cœur double, la mère du maître

Au temps de Brahmadatta, roi de Bénarès, des parents brahmanes

1 Ce jataka ne porte pas de numéro dans le corps de l'inscription, cependant le R. P, Sçhniitt a pu t'identifier avec le jataka 6j du recueil pâli.

LES RUINES UE SAJJANÂLAYA ET DE SUKHÙDAYA

avaient envoyé leur fils, âgé de seize ans, à Taxaçilâ en Gandhara, pour y recevoir les leçons d’un maître éminent. Quand le jeune homme revint à Bénarès, sa mère lui demanda s’il connaissait les mantras Asâta1 2. Comme il répondit négativement, elle le renvoya à Taxaçilâ. Il n’y trouva plus son maître, cpii s’était retiré dans la forêt pour y soigner sa vieille mère âgée de 1 20 ans : il alla l'y rejoindre et le pria de lui enseigner le mantra Asâta. Or, il n’existe pas de mantras de ce nom ; mais le maître comprit qu'on voulait dégoûter le jeune homme des femmes et du mariage. Il le chargea donc des soins à donner à la vieille femme, en lui recommandant de s’extasier sur la beauté qu’elle avait dû avoir et dont il voyait des restes encore si remarquables. La vieille, l’entendant vanter sa beauté, lui proposa de se divertir avec elle: il répondit qu’il craignait son maître. Elle l’engagea alors à le tuer ; mais il repoussa cette proposition. Elle offrit de le tuer elle-même. L’élève, selon l’ordre qu’il avait reçu, redit tout à son maître, qui plaça dans son lit une figure en bois d’udumbara -. Alors l’élève se rendit auprès de la vieille, lui mit une hache dans les mains et lui dit que son fils était au lit. Elle se dirigea vers le lit, tenant la hache et guidée par un fil attaché au mannequin (car elle était aveugle). Arrivée près du lit, elle trancha avec sa hache le cou de la figure de bois; mais aussitôt la voix même de son fils lui fit comprendre qu elle avait été jouée, et elle mourut de rage. Le maître dit alors à son élève : « Cher fils, il n’existe pas d’Asûta mantra, mais la mère a voulu te dégoûter des femmes. » Lejeune homme retourna chez lui ; et, sa mère lui ayant demandé s’il connaissait le fameux mantra, il répondit qu’il était prêt à se consacrer au culte du feu. En effet, il se fit ermite et ne songea plus qu’à arriver au monde de Brahmâ.

Ce disciple devait être un jour Ananda ; le maître était le Bodhisattva.

1 Asâta, c’est l’absence de paix, de joie, le tourment du désir. Un asàtamantra est donc une formule qui protège contre ce tourment, qui en préserve. De là le litre du j&taka.

2 Sorte de figuier, ficus glomerata.

ANNALES DU MUSÉE GUIMET

NANDA-JÀTARÀ, N° 39

(Estampage N° 80).

Sujet. — La partie gauche est incompréhensible ; à droite, un personnage prosterné, un autre assis, le dominant.

Trois lignes d’inscription, en haul :

TRANSCRIPTION

ire ligne. 09 nanda xadok o mieo phôthisattv

TRADUCTION

ire ligne. 09 Le jâtaka de Nanda. Quand le Bodhisattva

ANALYSE

Sous le règne de Brahmadalta, à Bénarès, un propriétaire vieux, marié à une jeune femme qui lui donna un fils, fit la réflexion que sa femme pourrait bien, lui mort, prendre un autre mari, et frustrer son fils de son héritage. Il résolut de confier sa fortune à la terre, et, accompagné d’un esclave appelé Nanda, il alla l'enfouir dans un endroit de la forêt, recommandant à Nanda d’y veiller, et, au temps voulu, de révéler la cachette à son fils ; puis, il mourut. Le fils ayant grandi, et ayant été instruit par sa mère de ce que son père avait fait, interrogea Nanda, qui en convint à son tour: il prit donc l’esclave avec lui, se munit d’une bêche et d’une corbeille et se rendit dans la forêt. Arrivé à un certain point, Nanda lui demanda brutalement s’il se flattait de trouver là un trésor. Le jeune homme, sans rien dire, passa outre; il revint deux ou

LES RUINES DE SAJJANÂLAYA ET DE SUKHÔDAYA

trois fois en ce lieu, n’obtenant rien que les injures de son esclave. Très embarrassé, il consulta un propriétaire voisin, qui avait été l’ami de son père. Celui-ci lui expliqua que l’endroit où l’esclave lui parlait insolemment était précisément celui où le trésor était caché, qu’il n’avait qu’à y creuser la terre. Il retourna dans la forêt avec l’esclave, et, lorsque celui-ci lui adressa les injures attendues, il s’empressa de creuser le sol et en retira le trésor, dont il lit un bon usage ensuivant les conseils de l’ami de son père, lequel n’était autre que le Bodhisaltva.

L’histoire est racontée à propos d’un religieux qui, tant qu’il était dans le couvent, était obéissant, mais devenait insolent, dès qu’il était dehors. De même Nanda est un esclave fidèle, mais cesse de l’être et succombe à de mauvais désirs, dès qu’il a le trésor sous ses pieds.

RHADIR ANGARA- J ATÀRÀ, N° 40

(Estampage N° Si).

Sujet. — A gauche, un monticule ondulé; adroite, un personnage debout, gesticulant.

Trois lignes d’inscription, en haut et à gauche :

i” ligne. „9

2e — phôthisattv pen ....

3e — khâiiirob si(b) . . . .)

TRADUCTION

ire ligne. »9

2e — le Bodhisattva étant

3e — numéro (quarante)

Ann. G. — S. A., 2e part.

ANNALES DU MUSÉE GUI MET

ANALYSE

LES CHARBONS DE BOIS d’aCACIA

Au temps du roi Brahmadalta, un notable de Bénarès, qui avait reçu une excellente éducation, avait fondé, à ses frais, six établissements pour la distribution des aumônes, un à chacune des quatre portes de la ville, un au centre, un devant sa propre demeure. Celui-ci reçut un jour la visite d’un Pralyekabuddha1 qui, après une semaine de jeûne, vint, à travers les airs, pour obtenir des aliments. Mais Mâra2, pour faire échec au notable et causer la mort du Pralyekabuddha, fit apparaître une fosse remplie de charbons incandescents, profonde de 80 palmes, de sorte que le serviteur, chargé de porter au PraLyekabuddha sa pitance, recula épouvanté, et que tous ceux qui furent envoyés après lui prirent également la fuite. Informé de ce prodige, le notable flaira un mauvais tour de Mâra ; mais il était décidé à n’avoir pas le dessous. Il arriva avec un plat chargé d’aliments, aperçut Mâra qui se tenait dans l’air et lui porta un défi : il traversera le brasier et le Pratyekabuddha recevra sa portion. Et voici qu’un lotus immense s’éleva du fond de la fosse, dépassant le brasier de sept palmes, et reçut les pieds du notable, en même temps qu’il lui répandit sur la tête et le corps un boisseau de pollen semblable à une poudre d’or. Du milieu des feuilles qui l’entouraient, le notable tendit le vase plein de nourriture au Pratyekabuddha. Celui-ci remercia, jeta le vase en l’air, s’éleva lui-même dans les hautes régions et se dirigea vers l’IIimavat en marchant sur les nuages. Mâra s’en retourna chez lui confus, pendanl que, debout dans le calice du lotus, le notable faisait à la foule l’éloge du don et de la moralité, puis rentrait dans sa demeure au milieu des applaudissements.

Ce notable n’était autre que le Bodhisattva.

1 Buddha d’un ordre inférieur qui paraît dans le monde, lorsqu’il n’y a pas de Buddha proprement dit.

2 Le démon, le tentateur, l’esprit du mal.

LES RUINES UE S AJ J ANAL AY A ET DE SUKHÔDAYA

KALAKANNI-JÂTAKA, N' 83

(Estampage N° 82).

Sujet. — Au centre, le Bodhisattva assis ; à droite, une figure prosternée, les mains croisées sur la poitrine.

Trois lignes d’inscription en haut :

TRANSCRIPTION

ire ligne. „9 kâlakanni xàdok 0 mieo phôthisattv 2e — ... lee pen sahây dvy . phü

3e — ... kâlakanni

ire ligne. „9 Le jâtaka de Kâlakanni. Quand le Bodhisattva 2e — et étant ami avec . . un homme

3" — ... méchant

ANALYSE

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