‹ Le Siam ancienChapitre 26 sur 30 · HISTOIRE DE LA MISÈRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA MISÈRE

A Bénarès, autrefois, sous le règne de Brahmadatta, un notable avait pour intendant un de ses camarades de jeux et d’études tombé dans le malheur et appelé Kâlakarni. Dans la maison du notable on n’entendait que : Viens ici, Kâlakarni ! Assieds-toi, Kâlakarni ! Mange, Kâlakarni ! On souffrait d’entendre répéter ce nom de mauvais augure *, et on en fit l’observation au maître ; mais il répondit que les noms n’ont par d’importance et qu’il ne faut pas s’en préoccuper. A quelque temps de là, il fit une absence et confia la garde de sa maison à Kâlakarni. Des voleurs,

t Kâlakarni est la misère personnifiée

ANNALES DU MUSÉE GU IM ET

le sachant parti, crurent la maison vide et l'investirent pour la dévaliser. Mais Kâlatarni veillait ; il distribua des instruments de musique aux hommes qu’il avait sous la main et qui, à un moment donné, firent un épouvantable charivari. Les malfaiteurs, surpris, épouvantés, s’enfuirent laissant là leurs instruments de vol qui furent retrouvés le lendemain. Les gens de service ne purent s’empêcher d’admirer la prudence de Kâlakarni, et le notable de retour, apprenant ce qui s était passé, renouvela ses observations précédentes, disant que le nom d’un individu importe peu, que de bonnes dispositions rachètent et au delà un nom malsonnant. Si, comme on le lui demandait, il avait congédié Kâlakarni, il aurait été dévalisé.

Ce notable qui regardait plus au cœur qu’au nom d’un homme n’était autre que le Bodhisattva.

Sujet. — A droite, le Bodhisattva assis sur un tabouret: à gauche, un personnage assis les mains jointes.

Trois lignes d’inscription en haut:

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