MA TES
Dans son « Chronographe géologique » publié pour le Congrès de Zurich de 1894, Renevier admit la classification suivante :
Tongrien (Sestien, Ligurien) Sidérolithique du. Jura (Berne, Vaud). Lutétien Sidérolithique d'Egerkingen, des Alpes vaud. Rupélien (Stampien) Phosphorites.
Uu de ses élèves, M. le prof. H. Schardt attribua d'abord le Sidérolithique vaudois, aux deux étages du Bruæellien et du Sestien *). Plus tard, il rapprocha du Sidérolithique la Mollasse rouge (Olégocène sup.) du pied du Jura et soutint contre M. Rollier, la fameuse controverse des « poches hauteriviennes » ?). Partisan des anciennes théories dans quelques-unes de ses publications, il paraît aujourd'hui avoir adopté celle du prof. Dieulafait, tout en lui apportant quelques modifications, du moins d’après ce que j'ai pu en juger par les entretiens que J'ai eus avec lui, en visitant le Sidérolithique vaudois.
M. le D' L. Roller *), le géologue par excellence du Jura bernois, place le Sidérolithique au niveau du Ligurien de Mayer (— Ludien français) ou du Sannoisien des auteurs français: soit à la hauteur de l'Oligocène inférieur du niveau de la Brie.
Il va peut-être un peu loin en groupant ainsi en un seul étage, tout le Sidérolithique du Jura, ce qui mé parait une généralisation forcée ; mais 1l y a plus encore, puisqu'il en arrive à réunir ceux de la Franche-Comté, de l'Alsace, du Grand-Duché de Bade et des environs de Bâle. Par contre, il en sépare le Nagelfluh jurassique pour le faire Tongrien.
Enfin, dans une récente publication ‘)}, mon savant compatriote à présenté une étude très intéressante, quoique
) A. Scnarpr: Notice géologique sur la Mollasse rouge. p. 609.
*) Voir plus loin et Index bibliographique: Æ. Schardt.
*) L. Roruer: Les terrains tertiaires du Jura bernois, p. 43. 1892. (le Tableau) et II° Supplément p. 63-72. 1898.
‘) L. Rorrer : Die Bohnerzformation, 1905.
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très générale du Sidérolithique, qui le place définitivement parmi ceux qui connaissent le mieux ce genre de questions. M. Douvillé !) professeur à l'Ecole des Mines de Paris, a également placé le Sidérolithique du Berry dans l'Oligocène inférieur et c'est aussi cette classification qu'a admise M. de Grossouvre ?). Mais il est étrange de constater ici que le savant ingénieur de Bourges est un des rares géologues modernes qui défendent encore les vieilles idées de Brongniart à propos de l'origine des minerais en grains. Faudraitil en conclure que ce retour vers des idées bien oubliées aujourd'hui, soit l'indice d'une orientation nouvelle et que l'Ecole actualiste moderne soit à la veille d’imiter celle qui marqua la fin du XVIIE siècle ?
De leur côté, les paléontologistes ont poursuivi leurs recherches concuremment avec leurs confrères américains. La faune des phosphorites est aujourd’hui bien connue grâce aux immortels travaux de Gervais, Filhol, Gaudry pour les mammifères, de Milne-Edwards, de Lydekker pour les oiseaux, de Burguignat pour les mollusques. Tout récemment, M. Thévenin du Muséum en a présenté une sorte de revision et son ouvrage, par l'index bibliographique qui l'accompagne, est le résumé le plus complet et le plus à Jour de ces questions. | Quant à la faune du Sidérolithique proprement dit, déjà étudiée par Cuvier, Duvernoy, de Meyer, Rütimeyer, Pictet, Jordan, etc, elle vient d’être revisée par M. le D' G.-H. Stehlin, de Bâle, qui a publié à ce sujet plusieurs mémoires, dans les Matériaux pour la paléontologie suisse. M. le prof. C. Depéret, de Lyon, de son côté, a étudié la faune du Lyonnais, dans les Archives du Muséum de Lyon. Pour l'instant, il est suffisant de mentionner ces faits qui seront examinés en détail, dans la partie de ce travail consacrée à la Paléontologie ).
1) Douvrizzé : B. S. G. Fr. p. 92. 1875 et p. 392. 1881. ?) ne Grossouvre : B. S. G. Fr. 8° XVI, p. 287. 1888. 5) Consulter l'index bibliographique.