‹ Le Sidérolithique Suisse: Contribution à la Connaissance des Phénomènes d'Altération Superficielle des SédimentsChapitre 13 sur 80 · NEO · texte numérisé non relu

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La distribution des phosphathières du Quercy ne semble soumise à aucune loi. M. Thévenin n'admet pas comme M. Péron, que leur extension soit limitée par la courbe 350 des terrains tertiaires. Elle ne paraît pas non plus liée aux phénomènes tectoniques, failles, anticlinaux ou synclinaux de la région. Par contre toutes les phosphatières et M. Thévenin en indique 85 sur sa carte, affleurent dans les terrains calcaires ; mais aussi bien dans le Bajocien ou le Bathonien (Villeneuve, Aveyron) que dans le calcaire sublithographique des Causses où même dans le Lias inférieur (Villefranche). Dans le Gard, c’est tantôt l'Oxfordien (Quissac) tantôt le Crétacé : Ugonien, Néocomien (Uzès), qui servent de substratum.

Je rapproche des phosphorites, les remplissages à nodules de chaux phosphatée du Jura neuchâtelois. Ces remphssages assez rares sont évidemment une forme locale de Sidérolithique. Toutefois, je crois devoir les séparer du Sidérolhthique proprement dit.

Plusieurs hypothèses ont été émises pour expliquer le mode de formation des phosphorites: je ne mentionnerai que les principales :

A. Hypothèses anciennes. Toutes les hypothèses de ce groupe ont pour caractère commun d'attribuer aux phosphorites une origine interne. L'acide phosphorique aurait été enlevé, suivant les uns (de Mercey), aux phosphures métalliques profonds, suivant les autres (Renaud, Cornet, Strahan), aux dépôts phosphatés marins dus à l'accumulation d'organismes. Dans un cas comme dans l'autre, la dissolution se serait faite par des eaux thermales et la sédimentation des phosphates dans des crevasses préexistantes serait ainsi filonienne. Ces théories n'ont plus que de rares partisans (M. de (rossouvre).

B. Hypothèses modernes. Ce groupe se divise en deux sous-groupes, comprenant l’un, les hypothèses qui attribuent aux phosphorites une origine animale ; l’autre, celles qui en font des produits d'altérations superficielles.

D'après les premières hypothèses, les phosphates de chaux seraient dus à la décomposition des matières organiques, particulièrement des cadavres d'animaux accumulés sur certains points. Les nombreux ossements trouvés dans les phosphatières paraissent autoriser cette interprétation. (Vasseur, Péron, etc.).

Le prof. A. Gautier à fait sienne cette hypothèse en la précisant: sous l'influence de ferments oxydants, les matières organiques se transforment en phosphates ammoniacaux, qui passent aux phosphates bi, tricalcique où alumino-potassique, au contact des argiles et des calcaires. Les nitrates qui se forment en même temps sont enlevés par les eaux d'infiltration.

Tout récemment M. W. Collet a donné une autre forme à cette interprétation, en faisant intervenir l’ammoniaque produit par la décomposition de la matière organique, sur le phosphate de chaux en solution, pour le t‘ansformer en phosphate d’ammonium, lequel agit alors sur le carbonate de chaux des coquilles calcaires. L’acide phosphorique remplace ainsi l'acide carbonique, par pseudomorphose. Le phosphate d’ammonium en solution agit non seulement sur les calcaires, mais aussi sur les silicates.

Les hypothèses du second groupe comprennent surtout celles de MM. A. Carnot, Dieulafait et E. van den Bræœck.

M. Carnot attribue une large part au ruissellement et aux eaux d'infiltration; tandis que Dieulafait donnait une signification toute particulière aux phénomènes de corrosion ; par malheur pour son hypothèse, il la compliquait par des évaporations lagunaires. Mais il expliquait parfaitement le creusement des puits et la concentration des phosphates. M. van den Bræck, met en relief les phénomènes de dissolution des roches calcaires par les eaux météoriques surtout.

En résumé donc, les hypothèses modernes ont pour caractère dominant et commun d'attribuer aux phosphorites une origine externe, superficielle: elles récusent toute provenance interne et ainsi, les phosphorites deviennent des pro-

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duits d’altération superficielle ét continentale: des produits sidérolithiques 1).

De plus, ces quelques considérations élablissent la généralité des actions sidérolithiques, qui prennent définitivement place parmi les agents importants et règuliers de lérosion continentale.

La différenciation pétrographique et minéralogique des formations devient la résultante du jeu des facteurs météoriques et géologiques et trouve une explication rationnelle dans la variabilité de ces facteurs, eux-mêmes fonction de leur milieu géographique.

Enfin, cette double différenciation, qui aboutit à une série de produits bien distincts, passant régulièrement de l’un à l'autre, tout en gardant un cachet commun qui permet leur rapprochement, s'exprime, dans les cas particuhers, comme dans l’ensemble des formations, par la tendance à l'isolement de certains éléments qui donnent aux dépôts cette apparence de sédimentation fractionnée, qui à fourmi les critériums de la classification précédemment exposée.

Les éludes qui suivent sont exclusivement consacrées aux formations sidérolithiques proprement dites, ordinairement caractérisées par leurs minerais de fer en grains ou bohnerz. Nous aurons à examiner successivement leur distribution géographique, les caractères pétrographiques et chimiques des matériaux, la composition stratigraphique des dépôts et enfin les restes organisés, animaux ou végétaux qui y ont été trouvés.

) Une bibliographie très complète sur les phosphorites à été publiée par M. Taëvexnx: Etude géologique de la Bordure S.-W. du Plateau Central, 1903. Je ne puis mieux faire que d'y renvoyer. Consulter également l'index.

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