V. Canton de Berne
Le Sidérolithique bernois est exclusivement localisé dans le Jura et ne fait qu'effleurer la bordure N. du Plateau suisse.
Les gisements sont encore plus abondants, plus nombreux et surtout plus réguliers que dans la partie orientale, de la chaîne jurassienne qui vient d'être parcourue. Leur distribution géographique est étroitement liée à la topogragraphie actuelle. Leur liaison avec ceux de l'E. du canton de Soleure, du Jura Bâlois, ou de lArgovie est bien apparente en règle générale.
1) LL. Rorrrer : id p: 118:
?) À. Gurzvizcer : Verh. Basel, p. 186... IX.
%) Le prof. d'Annone de Bâle, a indiqué un gisement de PI. pseudo-ammonius, près d'Aesch. MM. Leuthardt et Stehlin ont recueilli cette même espèce dans les environs d'Arlesheim (Hollenreben).
Le Sidérolithique du val de Laufon, par exemple, se rattache très bien à celui du Jura bâlois, par les gisements de Reigoldswil, de Bretzwil, d'Enge, de Himmelried, etc. dont il a été question déjà. Tous ces gisements, comme ceux du Laufonnais, d’ailleurs, ont ce cararactère commun d’avoir le même substratum : le Séquanien. Quant au superstratum, il varie quoique peu: mollassique le plus souvent, 1l est quelquefois remplacé par des éboulis ou des matériaux charriés et remaniés.
Dans la vallée même de Laufon, le sidérolithique affleure :
A VE. de Brislach.
Au S.-W. de Laufon, vers le Buchberg.
Au N.-W., vers Ræœschenz.
Le Séquanien présente fréquemment des altérations attribuables au Sidérolithique. Il est en outre souvent crevassé et fendillé. Quiquerez a indiqué des crevasses, qu'il appelait « éjectives », près de la gare de Laufon. On en voit d’autres également dans les carrières de la région. Celles du Silberloch sont trop connues par les descriptions de Gressly, pour que je m'y arrête.
Les crevasses de Rœschenz, intéressantes pour celui qui s'occupe d'histoire et de légendes populaires appartiennent dejà à la vallée de la Lucelle. Quiquerez prétend y avoir recueil du fer hépatique ‘)}. Les minerais de cette région sont intéressants à cause de leur richesse en arsenie.
Dans la vallée de la Lucelle, les dépôts sidérohthiques sont également connus sur plusieurs points, depuis Ræschenz jusqu'au delà de Lucelle et dans la direction de Charmoille, on voit des lambeaux assez importants :
Au N. et à l'E. de Petit-Lucelle, vers Ræœchenz, sur le
Séquanien.
‘) Cet échantillon doit êlre à Zurich. Quiquerez avait donné en 1858 au Musée de cette ville une collection d'échantillons pétrographiques du terrain sidérolithique. M. Rollier en à publié la liste en 1895. (IL supplément... p. 97).
Entre Petit-Lucelle et Roggenburg, sur le Séquanien.
Au N. de Roggenburg, sur le Kimmerigien.
Aux environs de Lucelle, à l'E. et à l'W. vers Char-
moille et Roggenburg, sur Séquanien également.
Ces dépots, la plupart réguliers, avec puissante couche de bohnerz furent autrefois exploités et alimentèrent le hautfourneau de Lucelle, dont les feux furent éteints en 1882,
Plus au N,, il n'y a plus que quelques poches, (ou remplissages de crevasses), par des sables ou des bols impurs. M. Rollier en à signalé deux, vers Flühen et Buchsweiler, sur la lisière alsacienne et dans le Rauracien.
À certains égards, le Sidérolithique du Plateau d’Ajoie devrait être rapproché de celui de la Lucelle. I] est d’ailleurs peu important. Thurmann et Quiquerez l'ont cependant déjà décrit. Le premier y aurait même découvert des ossements. Les dépôts réguliers sont très rares sur tout le plaeau, 1l n'y a que quelques remplissages aux environs de Porrentruy, dans la direction d’Alle et de Fontenais. Quiquerez à indiqué des argiles sidérolithiques à Beurnevésain et à Damphreux.
M. le recteur Koby m'a dit avoir observé une couche de bol rouge, sous le Tongrien, lors du creusement des canalisations de Porrentruy.
MM. Thiessing, Koby et Rollier ont étudié et décrit le gisement si curieux de la Roche de Mars, près Porrentruy. C'est une crevasse remplie de sable siliceux.
Pour plusieurs raisons, le Sidérolithique ajoulot, bien que très peu important, pourrait être invoqué comme une liaison entre ceux de l’intérieur du Jura et ceux de la bordure franc-comtoise et même alsacienne. Il est bien évident que ces quelques lambeaux sont les restes d'une nappe bien plus importante. La présence de bols et de bohnerz dans la gompholithe tongrienne est un argument en faveur de celte hypothèse.
Dans la vallée de la Birse entre Laufon et Soyhères, le Sidérolithique a laissé de fréquentes traces de son passage, mais il n'est plus représenté que par quelques lambeaux,
PL ÉCOREE
dont le principal est vers Liesberg, encore placé sur le Séquanien.
Dans le vallon de Mettemberg-Bourrignon, par contre il est représenté par une couche importante occupant le fond et plusieurs grandes poches ou charbonnières. Mettemberg fut visité et décrit déjà par AL Brongniart.
Vers le Moulin de Bourrignon, on voit un affleurement intéressant du Calcaire de Daubrée, rappelant celui d'Herbetswil (Ct Soleure).
Par la vallée de la Birse, ou la coupure du Vorbourg, nous arrivons en plein val de Délémont.
Rien de plus anormal, peut-on dire, que cette magniique mais pseudo-dépression ‘) de 20 km. de longueur sur 5 de largeur, isolée au milieu d’une région très bouleversée et régulièrement plissée! La formation sidérolhthique paraît y avoir accumulé ses matériaux, et la Vallée, qui en fut peutêtre le centre géologique, en est encore aujourd'hui, le centre géographique et industriel. Nulle part en Suisse, les dépôts sidérolthiques ne sont si abondants et si réguliers : leur épaisseur tolale peut atteindre plus de 70 m. D'une manière générale on peut admettre que le fond synclinal de la vallée est recouvert presque totalement par la couche sidérolithique. Sur tout le pourtour, les gisements affleurent régulièrement en bordure presque sans intérruplion, el en profondeur, la continuité de la nappe a été mise en évidence par les sondages et les puits qui ont été foncés.
Les bols jaunes (terre de Greppin) des couches supé-
1) Observons que la gare de Delémont est à l'altitude de 416 m, alors que Bienne est à 438, Soleure à 4535, Berne à 550, Porrentruy à 495 etc. Depuis longlemps déjà cette irrégularité, (la déviation subite des chaines des extrémité de la cuvette), a intrigué les géologues. Le prof. Fournel, de Lyon, latlribaait à une connexion avec les cassures des Alpes Surdes. Le D Greppin y voyait une relation entre Bienne et le Mont-Blanc par un axe de déviation des Alpes et du Jura. M. le Prof. Sleinmann de Fribourg, fail intervenir une ligne de dislocation (Sundgaulinie), provenant du pied oriental des Vosges.
rieures y sont surtout (très développés. Sur certains points, leur épaisseur dépasse 50 m. Les sables siliceux, bien moins importants sont généralement stratifiés et intercalés dans la série des assises, ce qui donne aux gisements l'allure des faciès superposés : celui des bols et celui des sables. Rarement les sables forment des remplissages irréguliers : l'exploitation n'en a pas signalé sur le fond synclinal même, mais 1l y en a plusieurs en dehors de la zone de la couche régulière, c'est-à-dire, dans le calcaire des flancs relevés et en partie abrasés des antichinaux de la bordure de la cuvette, surtout vers l'extrémité orientale,
Les bohnerz sont surtout en couche, le filon-couche 1industriel est à la base des bols. Tantôt l'épaisseur de la couche dépasse 2 m. 50, tantôt elle est inférieure à 1 m. 20, ce qui est le cas ordinaire et tantôt même, elle est si réduite, qu'on peut la considérer comme éteinte.
Le Calcaire de Daubrée est également connu dans la région. On en voit un magnifique gisement au N. de Courfaivre, à la grotte de Ste.-Madeleine. Certains auteurs qui le signalent, au N. de Corban, paraissent faire une confusion : je nv ai jamais rencontré que la gompholithe helvétienne.
Enfin, fréquemment intercalé dans les bols où même les recouvrant, on voit un calcaire d'eau douce à Planorbes, grains de Chara: la Raitsche !) du D Greppin. Il y a plusieurs niveaux de cette Raitsche et c’est à tort qu'on les a confondus. On peut en voir un affleurement intéressant sur la rive droite de la Scheulte, entre Courroux et Courcelon, puis plus à l'E. entre Courcelon et Vicques.
Sans exceplion, les dépôts réguliers de la Vallée reposent sur le Kimmerigien. Quant au superstralum, 1l varie.
1) En patois, raitsche, signilie grossier, couvert d'aspérités ete... M. Rollier le fait synonyme de croûte, inerustalion. Dans ce lravail, la Raïitsche est sidérolithique et je ne la confonds pas avec les calcaires d'eau douce acquitaniens. (Voir la note de M. Rollier p. 74 I° supplé-
ment aux Matériaux).
LÉTNOARE
C'est le plus souvent la Mollasse alsacienne. Les ébouhis cachent les affleurements au pied des pentes, mais c'est un contact évidemment accidentel !).
Dans la pare orientale de la Vallée (le val Terby), le Sidérolithique est en couche régulière bien visible ; la couche des bohnerz paraît peu épaisse. À la Mochairde, au S.-W. de Mervelier, un puits ouvert n’a pas rencontré la couche de fer en grains sur le calcaire, par 72 m. de profondeur. A l'E. du village, j'ai observé une crevasse dans le Kimmerigien, dont les parois étaient absolument recouvertes de calcite en gros cristaux, colorés par le contact des bols. On peut d’ailleurs parfaitement suivre l’affleurement en couronne de la nappe régulière, sur presque tout le pourtour, depuis le village de Vicques.
I y a également des poches et des remplissages :
Sur la colline de la Mochairde, au S.-E. de Mervelier.
Aux Esserts-Jeannerins, à l'E. de Montsevelier.
Au N. de Corban, au Fringeli.
D’après M. Rollier, cette dernière poche de sable siliceux serait dans le Rauracien.
Le Sidérohthique des environs de Merveher est caractérisé par ses splendides silex disséminés dans les bols.
Vers Vicques, le Sidérolithique garde la même allure, 1l est en couche régulière et en remplissages. On pouvait voir ces derniers temps, une magnifique crevasse, de plus de 10 mètres de profondeur, dans les calcaires du Kimmerigien de la carrière située entre Vicques et Recollame. L'examen de ces calcaires de Vicques montre, à l'évidence, le contact des dépôts sidérolithiques qui sont d'ailleurs bien visibles et souvent superficiels, plus à FW., depuis Vicques, vers Courroux et Delémont, jusqu'au delà de Develier. La coupure de la Birse permet de suivre l'allure des couches et montre de nombreuses crevasses, soit au N., soit au S$.
') Consulter les coupes relevées par Quiquerez et publiées par le D' Rollier (I° Supplément p. 75-96).
La couche des éboulis et surtout celle des bols sont quelquefois si épaisses, que pour atteindre les bohnerz il faut descendre à plus de 100 m. C'est ainsi qu'au puits Gréby au N.-W.de Delémont, les marnes Jaunes à elles seules mesuraient 87 m. et qu'à 133 m. de profondeur, les minerais n'étaient pas encore atteints. Mais plus à l'W. encore, vers Domont, la couche n'est qu'à 60 m. de profondeur ou même seulement à 15, comme par exemple vers Develier (Lieu-Galet). L'exploitation sans puits est par suile bien vite rendue impossible.
Dans la plane au S. de Delémont, vers Courrendlin- Courtételle, la couche des bohnerz est assez profonde ; les puits actuellement ouverts, au nombre de quatre, descendent à la profondeur de :
127 m. Puits Lachat, abandonné, utilisé pour l'aérage et la ventilation.
107 m. Puits Blancherie, en exploitation. La profon-
deur maximale est 127 in.
S m. 75. Puits Traversin, en exploitation.
4 m. 50. Puits de la Croisée, ancien puits remis en
activité (octobre 1906).
Ces données sont assez significatives si l’on tient compte de ce fait que tous ces puits sont foncés en une région, dont l'altitude varie entre 400 et 425 m.
Dans la partie occidentale de la vallée: Séprais, Montavon, Boécourt, etc la nappe sidérohthique se continue également avec la même allure. Toutefois, son épaisseur est moindre et par suite les bohnerz sont moins profonds. Quiquerez à signalé dans certaines minières des couches de Flcætz. La gompholithe ou Calcaire de Daubrée affleure également au-dessus de Courfaivre.
La chaîne de St-Brais forme la bordure W. de la Vallée et aussi la limite de l'expansion des produits sidérolithiques dans cette direction. Il n’y a donc pas de continuation apparente vers l’W, mais les dépôts du Val Terby se rattachent à ceux de la région de la Hohe-Winde et de la vallée
Peau
de la Scheulte: Marchstein, Nusselboden, Girlend.., soit au Sidérolithique soleurois du N. du Goldenthal.
Le Sidérolithique de la Marchstein est intéressant par son Calcaire de Daubrée bien apparent. Il y a une grande poche et une nappe qui suit le fond de la vallée. Vers le Grand-Mont, (E. du val Terby) le Kimmerigien se substitue au Séquanien comme substratum. Le superstratum est assez souvent la Mollasse alsacienne dont 1l reste quelques lambeaux, mais aussi le quaternaire.
Vers le S., la nappe régulière de Delémont se rattache à celle du val de Moutier, mais auparavant à celle du vallon Vermes-Soulce.
Dans le petit val de Vermes, le Sidérolithique est également en couches régulières, visibles sur plusieurs points au N. du village, au pied du Plainfayen; au S., au pied du Raiïmeux ou vers l'E. Devant-la-Mait. Par Devant-la-Mait, le Sidérolithique de Vermes se rattache facilement à ceux du Val Terby et de la Scheulte.
J'ai découvert quelques poches de sables siliceux, peu considérables, le long du pied de Plainfayen, dans le Kimmeridien. Le Calcaire de Daubrée est bien visible à droite de l'entrée des gorges d'Envelier.
Dans les gorges mêmes, le Sidérolithique affleure très bien dans la petite synchnale de Notre-Dame longeant le pied N. du Ranieux, pour continuer directement vers l'W. On trouve également sur le Séquanien des blocs de fer compact, amorphe, très lourd.
Par Rebeuvelier d'abord, puis par la Verrerie de Roche, où J'ai signalé des crevasses sidérolthiques fossilifères, la couche se continue dans le vallon de Soulce, jusqu'au de là d'Undervelier, pour se terminer définitivement dans cette direclion en avant de la Blanche Maison. Le Calcaire de Daubrée est également en bancs de plusieurs mètres d'épaisseur au N.de Soulce. On voit dans le voisinage un remaniement du Sidérolithique dans la Mollasse.
La position stratigraphique est toujours la même : entre le Kimmeridien et la Mollasse alsacienne.
ne (0 VE Dre
La nouvelle route de Soulce à Courfaivre a mis à jour plusieurs crevasses remplies de sables siliceux, creusées dans le Séquanien.
On à signalé un lambeau de Sidérolithique sur Raimeux. Gressly, je crois, en parle déjà quelque part. Je ne sais si Je l'ai bien retrouvé, car les terres rouges, très ferrugineuses, mais sans bohnerz, que je connais sur ce haut-plateau, quoique placées sur le Kimmeridien, me semblent assez énigmatiques. Toutefois, jusqu'à preuve du contraire, je veux bien les envisager comme sidérolithiques, du moins comme une « espèce » de Sidérolithique !
Les dépôts du val de Moutier rappellent absolument ceux du val de Delémont. Il y a toutefois lieu de remarquer que les sables siliceux y sont tout particulièrement abondants et que les bohnerz n'y sont pas exploités. Les faciès des sables et des bols sont encore superposés, mais cependant déjà plus distincts, presque séparés.
Le Sidérolithique de Moutier comprend :
1° Une nappe en apparence régulière, formant couche à peu près continue en profondeur, dont l’existence est révélée par les affleurements en bordure sur les bords de la cuvette, mais dont l'allure est cependant hypothétique, faute de sondages profonds. Toutefois, on peut admettre que cette nappe est comparable à celle du val de Delémont, mais plus pauvre en bohnerz.
2 Des poches quelquefois considérables et remplies surtout de sables siliceux et de terre réfractaire, disséminées le plus souvent en dehors de la zone de la nappe régulière, dont elles sont les racines.
La couche régulière à bols et à bohnerz [souvent assez importants pour être exploités (environs de Corcelles, de Cremine..)] repose tantôt sur le Kimmeridien, tantôt sur le Portlandien. Son recouvrement est encore plus varié et des travaux réguliers rendraient incontestablement un grand service en élucidant la question. La construction de la voie du chemin de fer Moutier-Soleure n’apportera aucun renseigne-
ment bien important; par contre si le projet du Moutier- Granges se réalisait, on pourrait espérer quelques découvertes utiles.
Dans la partie orientale, soit à l'E. de Grandval, Île Sidérolithique régulier, autrefois exploité (pour le haut-fourneau de St-Joseph, transporté à Choindez depuis 1843), repose sur le Kimmeridien et est recouvert par la Mollasse alsacienne. 11 rappelle done absolument le Sidérolithique du Jura oriental auquel il se rattache par le Bechlet et le vallon d'Elai. (Moos et le Guldenthal...).
Dans la région de Moutier-Grandval, le Kimmeridien forme encore le substratum le long du Raimeux et de la Basse-Montagne, jusque vers le Coulou; au N., le long du Graitery, 1l en est encore ainsi, jusqu'à la coupure ouverte par la Birse, à la sortie des gorges de Court. Plus à l'W. la couche régulière repose sur le Portlandien. Le recouvrement n'est plus alors, dans cette partie de la vallée, la Mollasse alsacienne, sauf quelques exceptions cependant, il y a entre elle et les bols supérieurs une couche de calcaire lacustre à Lymnæa longiscata… et fossiles d’eau douce, considéré autrefois comme Purbeckien et envisägé aujourd'hui, comme analogue à la Raitsche de Delémont.
D’après M. Rollier, au N. de Moutier, ce calcaire éocène serait subordonné à la gompholithe d’Ajoie.
- Plus à FW:, dans la partie occidentale, vers Souboz, Sornetan, le Châtelat, cette disposition ne se conserve qu'en parüe: le Portlandien fait quelquefois place au Kimmeridien (S. de Sornetan) comme substratum et le recouvrement est tantôt la gompholithe, tantôt la Mollasse alsacienne: le calcaire à lymnées manque, comme dans l'extrémité orientale.
Je rapprocherai de ces gisements, le Sidérolithique du plateau de Bellelay absolument de même position, interealé entre le Portlandien et la gompholithe, recouverte par la Mollasse.
Les poches de sables sont disséminées tout le long de la vallée; mais cependant elles sont surtout abondantes et fréquentes aux environs de Moutier. Dans la partie orientale,
les crevasses des calcaires du Raimeux contiennent souvent des sables assez étranges, de colorations diverses par suite de l’altération due aux infiltrations. Au-dessus de Grandval par exemple, on peut recueillir un sable à gros grains, presque noirâtre, à reflets brillants. Des concessions ont été accordées à plusieurs reprises et en 1850 notamment, on bâtit à Crémine une maison et des fourneaux, pour le traitement de ces matériaux siliceux, en vue d’en extraire l'argent qu'ils contenaient! De pareilles crevasses sont très fréquentes sur tout le flanc du Raimeux et j'en ai exploré plusieurs.
Les véritables et principales poches de sables et de terre réfractaire !) sont:
Sur le pâturage communal de Moutier: Pelit Champoz,
la Crâtre, à la gauche de la sortie des gorges de Court.
Entre Pierrefitte et Sornetan.
Au N. de Moutier, au Champ Vuillerat.
Il ne saurait être question d’énumérer ici toutes ces poches trop nombreuses et très semblables : plusieurs, non encore découvertes, se trahissent par l’affaissement du sol ou la végétation qui les recouvre. En parcourant le Graitery, on trouve fréquemment des lambeaux sidérolithiques ou des poches de sables presque jusqu'au haut de la voûte, soit à plus de 900 m. d'altitude. Ces lambeaux relient naturellement le Sidérolithique du val de Moutier à celui du val de Court- Tavannes, dont 1l a été question déjà à propos de celui de St.-Joseph. Moins important que celui de Moutier, il en à cependant le caractère et l'allure; la gompholithe d'Ajoie et le calcaire à Lymncæa longiscata y font totalement défaut. La couche régulière est exclusivement intercalée entre le Portlandien et la Mollasse alsacienne. Depuis St-Joseph, jusqu'au delà de Tavannes, on peut suivre la couche sidérohthique
‘) Les principales sont concessionnées et exploitées très régulière-
ment pour la fabrication du verre (Verrerie de Moutier) et des briques réfractaires (briqueteries de Moutier de la Soc. de Roll).