‹ Le Sidérolithique Suisse: Contribution à la Connaissance des Phénomènes d'Altération Superficielle des SédimentsChapitre 25 sur 80 · DEA GET RU · texte numérisé non relu

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ment délicate et leur analogie avec ceux du Jara pourrait être plus superficielle que réelle,

M. le prof. Lugeon !) a signalé tout récemment un gisement sidérolithique sur la route de la Gemmi. C'est, semblet-il, le gisement le plus oriental des Alpes suisses. Il n'y à ni bol, ni bohnerz proprement dits, mais par contre « une roche verte très étrange injectant l’Aptien dont elle remplit les fentes ».

Peu auparavant, M. F. Jaccard ?) avait fait connaitre un gisement analogue à la Hornfluh.

Le véritable sidérolithique alpin, bien caractérisé est aux Dents du Midi, où il a été reconnu par de la Harpe en 1853, au-dessus du lac Célaire (ou Séleyres, lac vert). Il y existe en couche assez régulière, visible sur plusieurs points et intercalée entre le Crétacé et le Nummultique. Il a été l'eCONNU :

1° Au pied de la cime de l'Est (Dent Noirel.

2% Au pied de la Forteresse sur l'arrète qui descend entre Soix et Chalins.

3° Au pied de la Dent du Midi, au-dessus du lac Vert.

40 Il existe vraisemblablement dans les parois de la Dent Jaune.

La roche sidérolithique est lourde, à pâte brun-foncé, rougeâtre quelquefois par oxydation et contient des grains de quartz et des pisolites de fer à structure concentrique rappelant les bohnerz. Il y a également une brèche avec fragments corrodés et polis d'Urgonien reposant sur l'Urgonien *) en banc.

Dans le Massif des Diablerets, E. Renevier a eu la bonne fortune de trouver des fossiles d’eau douce dans des calcaires accompagnant des grès ferrugineux. Le gisement

1) D'après des indications particulières que je dois à l’amabilité de M. Lugcon.

*) F, Jaccarn: La région de la Brèche de la Hornftuh. 1904.

5) E. Favre, H. Scmarpr : Matériaux, 568, 581... 1887.

est à une altitude de 2700 m. à peu près. Le Sidérolithique en banes épais de 25 à 30 cm. repose sur l'Urgonien corrodé et crevassé. Le fer est en masse amorphe, non en pisolhithes. C'est une sorte de grès trés ferrugineux, brunâtre ou rougeâtre recouvert de marnes à Chara helicteres et subordonné à un calcaire à Zimnœa longiscata. (Grande Vire de la Dent de Morcle).

C'est à la base du Nummulitique sup., au lieu dit Mine de Houille, que se trouve ce gisement, le plus intéressant des Alpes.

Je vais mentionner rapidement quelques autres gisements, à seul titre d'en compléter l'énumération, car la plu-

part sont peu importants et quelques-uns même sont très douteux comme gisements sidérolithiques.

A Ecuellaz, Renevier indique une roche ferrugineuse pisolhthique entre le Gault et le Nummulitique, mesurant de 1 à 4 m. d'épaisseur.

Les stations de Cordaz et du Glacier de Zanfleuron, indiquées par de la Harpe, n'ont pas été retrouvées. Quant au gisement à bolus bleu intercallé entre les bancs dolomitiques et la brèche à Echinodermes (calcaire de la Tinière), jai beaucoup de peine à le croire sidérolithique et en tout cas, je ne saurais souscrire à la conclusion des auteurs, qui voudraient le considérer comme le résultat d'une émission boueuse !).

La frontière valaisanne n’est pas la hmite W. de l’extension sidérolithique qui se poursuit encore à travers le Chablais, jalonnant son passage par de rares lambeaux et quelques ‘traces disséminées.

M. Lugeon a signalé par exemple à Trévennensaz, du sidérolithique injectant le Trias ?

Plusieurs auteurs ont cru pouvoir fixer très rigoureusement la limite de dispersion du sidérohithique alpin, 1l me semble plus prudent d'admettre, que son aire géographi-

1) E. Favre, H. Scxarpr : id. p. 325. 1887.

que est plus étendue qu'elle ne le paraît a priori. L’érosion et l'intensité des bouleversements orogéniques des Alpes l'ont évidemment réduite et de plus il semble que nos documents sur ce point sont encore bien incomplets.

De cette esquisse rapide, il est possible, de dégager quelques conclusions générales qui sont du plus grand intérêt pour ces recherches.

Le Sidérohthique suisse actuel est le reste, ses gisements sont les lambeaux bien réduits, des anciennes nappes qui s’étendaient primitivement sur la région jurassienne et une partie des Alpes occidentales, formant deux grands bassins, bien distincts, séparés par le Golfe du Plateau.

Ces nappes primitives étaient très étendues. Cependant aueun fait ne démontre leur continuité, pas plus dans le Jura que dans les Alpes; au contraire, nous avons le droit de supposer, que déjà alors, le relief du sol était accidenté par les premières ébauches des grands plissements jurassiens et alpins non encore réalisés.

La répartition actuelle des gisements sidérolithiques résulte de ce premier fait; mais elle est surtout la conséquence des actions multiples et variées de l'érosion et de l'abrasion qui ont modelé les reliefs actuels du Jura et des Alpes, car ce qui subsiste aujourd'hui du Sidérolithique primilif c'est exclusivement ce qui à échappé à l'érosion et à l’abrasion.

Pour ce motif, la reconstitution paléogoégraphique du Sidérolithique primiuf est des plus délicates: nous pouvons juger du passé par le présent, quand nous retrouvons des traces, des lambeaux, mais nous tombons en pleine hypothèse dès qu'il s'agit de régions ne possédant plus les racines des anciennes nappes et de pareilles régions ne manquent ni dans le Jura, ni dans les Alpes surtout !).

1) Plusieurs gisements sidérolithiques alpins, (comme aussi les allérations conuues sous le nom de « chancre », dans le canton de Neuchâtel) se rattachent plutôt aux « produits de décalcification » (p. 27), qu'au Sidérolitique proprement dit.

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