Aspect et structure des Minerais
Si les bohnerz caractérisent la formation sidérolithique, le fer ne s’y trouve pas cependant nécessairement à l'état de pisolithes, mais encore très fréquemment en masses, de formes, de dimensions très variables, conservant quelquefois certaines analogies avec l’état pisolithique, ou bien au contraire, très concrétionnées ou même nettement compactes.
Le fer pisolithique, comme l'indique son nom (bohnerz), se présente en grains globuleux, arrondis et polis, isolés, de dimensions très variables. Le D' Greppin dit fort à propos à ce sujet, que « les grains de fer sont miliaires, pisaires et même ovaires »!). [1 aurait pu même ajouter encore « céphalaires », puisque dans quelques cas, d'ailleurs très rares, ils atteignent des dimensions considérables. On en a signalé quelques-uns qui mesuraient plusieurs décimètres de diamètre. Je possède un échantillon, trouvé dans les mines de Delémont et qui pèse 2895 gr. Il n'est pas très régulier : son plus petit diamètre n’est cependant pas inférieur à 11 em.
Pour l'ordinaire, les grains ont la taille d'un pois commun, leur diamètre variant entre quelques nullimètres et Î em. Cependant très souvent, 1ls sont plus petits, à peine visibles à l'œil nu, ou bien au contraire, ils sont beaucoup plus gros, nuciformes par exemple.
I n'y a aucune régularité constante à ce point de vue ; c’est à peine s'il est possible de reconnaître quelque trace d'uniformité dans la sédimentalion des pisolithes et encore faut-il toujours admettre de très nombreuses exceptions. Ainsi par exemple, au puits Blancherie, à Delémont, on voit des bancs de plusieurs mètres de longueur dont les pisolithes, très régulières, ont à peu près toutes les mêmes dimensions; mais très fréquemment, on y trouve, isolées, d'autres pisolithes beaucoup plus grandes.
Lorsqu'elles sont fraîchement extraites des bols et
1) D' J, B. Green: Matériaux, p. 153. 1870.
qu'elles n'ont pas subi l'action des agents atmosphériques, les pisolithes sont brillantes, leur surface très lisse est comme recouverte d'un vernis luisant, à reflets gras et onctueux dont la teinte, liée à celle des bols, varie peu, du jaunefoncé au rouge-brun. Les pisolithes enclavées dans les calcaires ou dans le ciment des conglomérats ne présentent pas ces colorations : leur surface est noire métallique, brillante et lisse. D'ailleurs, ces colorations sont très délicates et disparaissent rapidement à la lumière ou par la dessication. La surface devient alors terne, sombre, sans reflet et c’est à peine si le frottement peut lui rendre un certain brillant.
Quant à la forme, les pisolithes sont ordinairement à peu près sphériques. Souvent cependant, elles sont un peu aplaties ou allongées: plus rarement, elles sont lenticulaires. Dans quelques cas, elles sont encore plus irrégulières, leur surface est recouverte de tubercules ou très diversement déformée : mais ce sont alors des effets mécaniques ordinairement dûs à la pression où à des phénomènes de remaniement. Très souvent aussi, plusieurs grains soudés ensemble et recouverts d'une enveloppe commune, n'en forment plus qu'un seul, mais ce n'est plus alors une pisolithe, mais un véritatable agglomérat.
En effet, ce n'est pas aux dimensions, ni même à la forme, puisque, dans un cas comme dans l’autre, des variations sont possibles, mais à la structure interne, qu'il faut reconnaître les pisolithes sidérolithiques.
L'examen macroscopique, à l'œil nu, ou seulement à la loupe, sur une coupe choisie, obtenue par polissage ou seulement par une bonne cassure au marteau, montre deux parties très distinctes :
1° Une enveloppe.
920 Un noyau ou masse centrale.
L'enveloppe de toute pisolithe régulière et non altérée apparaît comme un emboîtement de couches minces, continues et concentriques, à cassure noire, à reflets métalliques, quelquefois légèrement 1risés.