‹ Le Sidérolithique Suisse: Contribution à la Connaissance des Phénomènes d'Altération Superficielle des SédimentsChapitre 28 sur 80 · RER · texte numérisé non relu

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Son épaisseur varie beaucoup d'un grain à un autre. En général, son volume est plus grand que celui du noyau. Un géologue de grande valeur, trop tôt enlevé aux admirables travaux qu'il avait commencés et que J'ai suivi dans cette partie de mon étude, M. le prof. Bleicher !), de Nancy, évaluait le rapport des volumes de l'enveloppe et du noyau à */,, pour une pisolithe du plateau de Feneyrols (Tarn-et-Garonne). Sur les échantillons que j'ai examinés, près de 250, et proveñant la plupart du Jura suisse, j'ai rencontré fréquemment ces mêmes nombres, mais assez souvent aussi les proportions 3 2/1, 4/1, 4 12/1, et même 5/1, tandis que 2 {2/1 ou 2/1 sont beaucoup plus rares. Je n'ai constaté que deux cas donnant 1/1. Ces déterminations ?) sont très délicates et n’ont d’ailleurs pas très grande importance. Elles ont toutes porté sur des échantillons réguliers et bien conservés, à surface polie et intacte. Suivant les pisolithes examinées, l'enveloppe se présente différemment. Ordinairement, on voit assez nettement l'emboîtement des couches et leur délimitation réciproque, tandis que dans certains cas, pas très rares, ces distinctions zonaires sont imperceptibles : les couches paraissent comme soudées les unes aux autres, en quelque sorte anastomosées, totalement ou en’partie seulement.

Lorsque les zones sont distinctes, une bonne cassure au marteau suffit pour les séparer. On obtient alors toute une série de fragments en calottes d'épaisseur très variable,

1) Je n'ai malheureusement pas connu M. Bleicher, mort en 190k mais grâce à lamabilité de Madame Bleicher, j'ai pu me mettre au courant des idées el des travaux du savant et regretté professeur de Nancy. Je me fais un devoir d'exprimer iei à Madame Bleicher, toute ma gratitude bien sincère,

*) La méthode que j'ai suivie pour ces déterminations peut se résumer ainsi: briser délicatement la pisolithe dans un mortier en acier poli, afin de n'en pas perdre ; séparer le noyau de l'enveloppe et mesurer successivement le volume de chaque partie par immersion dans un Lube gradué rempli d'eau distillée, Il est nécessaire d'avoir une certaine habitude pour bien réussir dans la séparation du noyau et de l’enveloppe: quand celte séparation n'est pas facile, on rejette l'échantillon, pour en examiner un autre.

mais ordinairement constante pour chaque. fragment d'une même couche. La calotte est limitée par deux surfaces lisses, brillantes, poles, aussi bien du côté interne que du eôté externe. C'est à une disposition analogue, plus exagérée si l'on veut, que sont dues certaines formes, d’ailleurs très rares, (je n'en ai Jamais trouvé moi-même), qui rappellent beaucoup l'aétite (pierre d’aigle): la pisolithe renferme un noyau libre dans l'enveloppe. À l'œil nu où même encore à la loupe, l'enveloppe apparaît souvent comme formée par une composition homogène: on n'y distingue pas de dissemblance de texture, du moins dans les cas de bonne conservation. Mais si l’on pousse les investigations plus avant, par des coupes minces, faites à même la pisolithe ou sur une pisohthe traitée préalablement par l'acide chloryhdrique à la longue, puis par l’eau régale, on obtient des renseignements plus précis.

Les coupes minces sont particulièrement utles dans les cas où l'écorce est soudée en une grosse couche, à peu près unique, ou encore lorsque les zones corticales distinctes semblent disparaître par une atténuation progressive, car elles permettent de relever la structure cachée des zones. Ces coupes sont très fragiles, rarement asssez étendues et 1l est préférable de recourir à celles obtenues sur des pisolithes traitées par les acides.

Comme son nom l'indique, le noyau comprend la partie centrale, interne de la pisohthe. Il ne saurait être confondu avec l'écorce, car 1l est homogène, ne présente pas de couches ou de zones concentriques. Sa coloration est analogue à celle des couches de l'écorce des échantillons bien conservés, Par suite d’altération due aux actions atmosphériques, il devient rouge-ocreux, souvent très différent des zones corticales, dont 1l se sépare plus facilement, lorsque cette altération n'est pas trop profonde. Il est limité par une surface. polie, peu brillante. La cassure est presque toujours terreuse ; du moins, elle est bien différente de celle des couches.

Bleicher ‘} a donné une excellente méthode d'étude des

1) Bueicuer : Le minerai de fer de Meurthe et Moselle: Bull. Soc. industr. de l'Est, 1894.

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