‹ Le Sidérolithique Suisse: Contribution à la Connaissance des Phénomènes d'Altération Superficielle des SédimentsChapitre 42 sur 80 · CURE · texte numérisé non relu

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forte adhérence entre le ciment et la surface des galets. L'action des agents atmosphériques facilite le décollement, ce qui se comprend facilement. Certaines gompholithes ne sont d'ailleurs ni très dures, ni tenaces, par exemple, celles de la grotte de la Madeleine, au S.-W, de Courfaivre. Ce peut être les résultats des actions mécaniques, tectoniques, ou simplement de l'altération chimique due à l'érosion et qui se révèlent surtout par des infiltrations et des remplissages de calcite. J'ai vu, au musée de Zurich, une pisolithe brisée dont les deux parties sont réunies par de la caleite. Je possède d'ailleurs un échantillon analogue, provenant de Courfaivre, Au Mont de Chamblon, j'ai également recueilli une pisolithe brisée, mais dont les parties se sont soudées entre elles, après dénivellement, sans ecalcite intermédiaire.

Ces remplissages de calcite ont pris dans certains gisements, une sigmfication très particulière. Ce ne sont plus de petites veinules où de minces bancs remplissant les fissures et les crevasses, mais quelquefois des couches véritables, mesurant jusqu'à 10 cm. d'épaisseur et se poursuivant sur plusieurs mètres carrés de surface, comme par exemple au S. de Vermes (J. b.). J'ai observé dans cette localité, une gompholithe. formée par un ciment tantôt très calcaire, rougevif, empâtant les pisolithes très rapprochées. et presque sans galets. ou tantôt au contraire, bien moins dur, tendre el craveux, jaunâtre. Il y a d'ailleurs une forme intéressante, le passage de ce dernier type au calcaire Jaune sans pisolithe ferrugineuse : c’est une roche calcaire assez résistante, jaunâtre, avec veimnules de calcaite concrétionnée el contenant une quentité de pisolithes calcaires très petites, rappelant des graines de characées. Je n'ai pu malheureusement retrouver la couche en place. Les infiltrations de calcite sont surtout abondantes dans la couche rouge à pisohthes ferrugineuses. J'ai remarqué de magnifiques cristallisations bacillaires. d'une calcite jaune, rose. Ces infiltrations et ces cristallisations paraissent indiquer une circulation très intense d'eau calcaire, au travers de la gompholithe brisée et fissurée. En outre, durant cette dislocation de la roche, il est arrivé que les

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pisolithes ont été brisées ou qu’elles se sont décollées du ciment qui les englobait. Peut-être, que du fait que dans ces gisements, comme au S. de Vermes, où l'on trouve une quantité de pisolithes décollées et entourées par des cristallisations de calcite, interposées entre elles et leurs alvéoles primitives, pourraiton conclure, que ce remplissage indique, que la dislocation de la roche a dû se produire peu après sa sédimentation, la liaison intime des pisolithes et du ciment n'ayant pas encore pu s'établir ?

Lorsque le ciment est moins abondant, la roche manque d'homogénéité: elle est nécessairement moins résistante: les galets sont seulement accolés. On observe quelquefois cette forme, cependant, elle est assez rare. Les pisolithes de fer sont alors moins nombreuses, mais le fer en état d'imprégnation ou même de coulées amorphes, mamelonnées, etc., y est assez fréquent. À la Marchsteim, j'ai recueilli un échantillon de ce genre, dans lequel les galets sont associés très intimement et presque sans ciment.

Toutes ces considérations, que je dois forcément abréger, m'amènent à étudier une question des plus intéressantes, mais d'autant plus complexe et qui, pour la gompholthe de Daubrée, prend une signification toute particulière, je veux parler des actions résultant du contact réciproque des différents éléments de la gompholithe. Toutefois, une étude spéciale étant consacrée, dans ce travail, aux altérations sidérolithiques, je crois devoir y joindre la continuation de ces recherches pour ne pas diviser une série d'études qui se complètent mutuellement. En effet, ces actions résultent, ou de l'influence du ciment sidérolithique sur les éléments qu'il empâte, ou du contact réciproque des éléments entre eux. Or, dans le premier cas, ces actions se réduisent à des altérations chimiques, n'’en- Wrainant qu'exceplionnellement des modifications morpholologiques el appartenant donc bien aux altérations ‘sidérolithiques et dans le second cas, les phénomènes obscurs de la formation des cailloux impressionnés, ne paraissent pas pouvoir en étre séparés totalement. H n'y a done pas lieu de Sel OCCUPEr ICI,

La gompholithe de Daubrée, qui dans certains cas, peut passer à un calcaire avec pisohthes de fer et qui est alors le calcaire de Daubrée, a été reconnue en plusieurs régions dans le Jura. Elle est représentée dans le Jura oriental, mais je nen connais pas de gisement bien caractérisé, sauf ceux du Randen.

Dans le canton de Soleure, 11 y a les gisements du Guldenthal, de la Ferme de Moos, de Mümliswyl, de la vallée de la Dünnern, ete.

Dans le canton de Berne : La Marchstein (vallée de la Scheulte): dans le val de Delémont: au S.-W. de Courfaivre : au S.-ÆE., de Vermes, au N. de Soulce, au Moulin de Bourrienon, etc.

En souvenir des géologues français qui ont visité nos gisements suisses, je mentionnerai celui de Roppe, près de Belfort, que Delbos, Daubrée et Bleicher ont si admirablement déerit et étudié,

En résumé, les formations sidérolithiques calcaires doivent élrer attachées au Sidérolithique lui-même qu'elles accompagnent. Elles sont le résultat d'un travail spécial, qui semble ne s'être produit que très irrégulièrement dans le temps comme dans l'espace. Leur composition chimique, leur aspect témoignent de cette 1rrégularité et les rapprochent des autres matériaux sidérohithiques.

Par rapport aux dépôts sidérolithiques,:ce sont des « Accidents » si l'on veut, mais en réalité ce sont des formations régulières !), produites par un phénomène particulier, lié à l'ensemble des actions sidérolithiques.

La variabilité de leur composition chimique s'explique, comme pour les bohnerz ou les bols, par des influences locales et l'irrégularité de leur distribution géographique actuelle témoigne, soit d'une répartition primitive {rès restreinte, ou d'une érosion très puissante, soit d'une formation primitive très localisée.

1) Ces formations sont souvent en bancs assez épais el en position

régulière dans la stratitication des dépôts sidérolithiques,

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