SALSA
tement certaines couches, au point, qu'il est impossible de les distinguer : ces couches existent donc et leur absence n'est pas réelle, c'est le cas de l’absence apparente.
3° Enfin, les phénomènes tectoniques, l'érosion continen-
tale aussi, ont souvent supprimé, même totalement: certaines assises qui avatent été régulièrement déposées : c'est le cas de l'absence accidentelle.
Et cependant, dans tous ces cas, il est bien évident que les gisements ainsi altérés. peuvent appartenir au type régulier : ils sont seulement incomplets : mais tandis que les uns le sont accidentellement, les autres le sont originellement. D'ailleurs, le fait important qui domine ici, c'est moins la puissance de variabilité des assises, que leur division grossière en trois groupes superposés, passant de l’un à l'autre, étroitement unis et cependant si nettement distincts.
La conclusion naturelle de ces considérations, c'est que la stratigraphie des gisements réguliers est complexe et variablé et que même dans le cas des types cependant réguliers, 1l peut exister une stratigraphie rudimentaire.
Les dépôts sidérohthiques des environs de Delémont sont ordinairement assez complets (Puits du Cras Franchier. de Blancherie, de Traversin, des Rondez, ete.….): les trois grandes divisions y sont en général très reconnaissables.
Au puits Bitter, près du Tirage, un calcaire lacustre a été relevé par 88"5 de profondeur, séparé des bohnerz par 3 mètres de « Terre Jaune ».
Au puits Heitsch, les bohnerz forment deux couches superposées, séparées par des bols.
J'ai d'ailleurs observé quelque chose d'analogue dans une galerie du puits Traversin. Vers la base des bols rouges, se voient des bancs sableux blancs, Jaunâtres, disposés en lentilles de 50 à 70 cm. d'épaisseur, sur 7 à 8 m. de longueur, du moins tant que J'ai pu en juger. Quelquefois meme, 1] y a deux niveaux sableux. Non loin de ces sables se rencontrent (les dépôts également en lentilles, formés par une accumulation de minerais pisolithiques, dans des bols grisä-
tres, siliceux. Le gypse y forme des lamelles entre les grains de fer. On y trouve des galets roulés, impressionnés, jurassiques, des calcaires d'eau douce: ceux que j'ai recueillis ne sont pas fossilifères, mais ils empâtent des pisolithes de fer. L'allure de ces dépots est très curieuse: pour peu je dirais qu'elle rappelle une stratification forrentielle. Ces faits, assez
Coupes relevées dans les galeries du puits de la Blancherie
(Delémont).
LÉGENDE l. Bol rouge, jaune (infér.). D. Banc des bohnerz. 2, Sable siliceux. 6, Fleur (inf.).
3. Bohnerz lévigué (= Flætz). 7. Bol de roche (brun). 4. Fleur (sap.). 8. Kimméridien.
Echelle !/,,, rares vers le milieu de la Vallée, sont beaucoup plus fréquents vers l'extrémité occidentale, où Quiquerez les a décrits : il donne le nom de Floetz à ces minerais, qu'il attribue au charriage par l'eau. à Falluvionnement. Je lui emprunte
quelques coupes :
pilou
Séprais, Auæ Boulies !.
Galets vosgiens : L m. 20 Argiles higarrées : 1 m. 20 Floetz en petits grains : 1 m. 20
Roche calcaire en bancs minces, en blocs isolés, galets calcaires : 0 im. 60
Argiles blanches et réfractaires : 1 m. 20
Argiles bigarrées : SA 1e >
Bohnerz : 0 m. 90
Aux Cerneux-Boulies. 1. Puits foncé en 1879. 2. id. en 1880.
Galets calcaires et vosgiens : 0 m.9 0 m. 60 Argiles bigarrées : 0 m. 75 0 m. 75 Galets et sables mollassiques : 0 m. 15 = Floetz en grains : 0 m. 60 0 m. 79 Argiles bigarrées, rognons cale. : 3 m. 4 3 m. 79 Bohnerz sur le Kimmeridien : 0 m. 45 0 m. 79
Dans quelques cas, presque toujours sur la bordure de de la Vallée, on observe des phénomènes de reinamiement. Vers Develier, la coupe du Sidérohthique inférieur est la suivante :
Bolus bigarré.
Bohnerz et brèches : Om. 15 Bohnerz, sable calcaire, galets : D'mTES Bohnerz, brèches : 0 m. 15 Bohnerz purs : Om. 15 Kinmeridien.
Les brèches ferrugineuses où conglomérats de Daubrée, quil ne faut pas confondre avec les brèches de remplissage purement mécaniques, ont une stratification souvent très nettement torrentielle. On peut en voir de beaux exemples dans la vallée de Soulce (S. de Delémont).
Bien que ce qui vient d'être dit concerne plus spécralement le Sidérolithique du Jura central, des environs du val
1) Voir in Rollier, I° supplément, p. 79.
de Delémont en particulier, on peut cependant l’appliquer d’une façon générale à toute la région orientale du bassin jurassien. Les gisements soleurois et argoviens sont, d’ailleurs parfois, aussi complets que ceux du Jura bernois. J'ai donné plus haut une coupe du Sidérolithique d'Oberdorf (Soleure), (p. 55).
A VW. les gisements sont très rares: il n'y a guère que celui: d'Orbe qui mérite d’être cité.
Le Sidérohthique des dents du Midi peut être rapproché des gisements réguliers. bien que certaines de ses assises semblent remaniées. Voici une coupe relevée au-dessus du glacier de Soix, par MM. E. Favre et H. Schardt :
1. Poudingue calcaire avec nodules calcaires et siliceux : Lim. 20 2, Marne sableuse jaune, verdâtre ou rouge : 0 m. 40 3. Poudingue-brèche cale, à fragments souvent anguleux : 5 m. — 4. Grès jaune et marne ferrugineuse (bolus) : 0 m. 40 ». Poudingue ealeaire compact : 2 m. —
6. Grès jaune-verdätre ou roux, ferrugineux et sableux avec fer pisolithique el grains de quarz trans-
lucide : im. 30 7. Poudingues à galets roulés (urgoniens) : 4 m. -
S. Grès dur, jaune, roux, avec gros fragments de caleaire remplissant des veines, des poches dans le calcaire urgonien corrodé : 0m, 20
Ainsi que je l'ai fait observer déjà, l'allure de la couche des bohnerz est très irrégulière. Dans le val de Delémont, par exemple, où elle est bien connue, elle atteint son maximum de développement et de régularité vers le centre: sur les bords, elle est moins développée, plus remaniée ete. Toutefois, 1l est intéressant de remarquer que les anciens mineurs exploitérent d'abord les gisements sidérolithiques découverts sur les bords de la cuvette synelinale: ce n'est que vers le commencement du siècle dermer, que le système des puits a remplacé celui des galeries inclinées. Tous les puits forés aux environs de Delémont n'ont pas rencontré les bohnerz et il n'est pas rare, que dans une exploitation réguhère, la couche du fer en grains fasse presque brusquement défaut. Les phénomènes tectoniques ne jouent cependant ici aueun rôle : la couche n'est pas déjetée, elle s'éteint simplement, pour re-
CS ce
naître plus loin. Pour ce motif, il semble, que les bohnerz forment moins une couche qu'un niveau marqué par des amas en lentilles, d’étendue parfois assez grande et dont l'épaisseur peut atteindre jusqu'à deux mètres.
Ne pouvant m'arrêter plus longtemps sur ces questions, je me contenterai de résumer rapidement quelques-unes des principales observations faites par A. Quiquerez !).
Puits dans lesquels la couche des bohnerz n'a pas été rencontrée.
Profondeur :
Bassecourt : (.......……. : {2 sept. 1865) 37 m. 69 Berlineourt : (N.-W. du village ; 1867) 16 m. 20 id. (Puits de l'Avenir : 1866) 15 m. 60 Corban: (Pied du Plain-Faven : 1854) 8 m. 10 Courroux : (Dos les fosses ; ? ) 20 m. 40 id. (Derrière la forge : 1856) 45 m. 00
id. (Vers les Maisons : ? } 72 m. 00 Delémont : (Près Gréby : 1854) 133 m. 05 id. (Puits Pallain : 1878) 48 m. 00
id, (Les Rondez : 1866-67) 79 m. 50
Dans tous ces puits, les bohnerz ne sont pas en couche: du moins leur couche n'y à pas été rencontrée, si ce n'est parfois dans les galeries. Les fouilles ont toujours été poussées Jusqu'à la rencontre du calcaire kimmeridien, qui forme le substratum réguher du Sidérolthique des environs de Delémont. Enfin, l'examen des coupes données par Quiquerez permet d'attribuer la plupart de ces dépôts au Sidérolithique régulier, incomplet, à faciès argileux où plus spécialement à faciès des bols stériles.
2, Dépôts réguliers & faciès siliceux.
Contrairement à ce qu'on croit d'ordinaire, tous les dé-
pots de sables siliceux sidérolithiques (— hupper) ne sont pas
D LB Rocuer : I supplément, p. 81-93. 1898.
irréguliers : plusieurs sont nettement stratifiés et méritent d'être étudiés très attentivement.
Et d'abord, je rappellerai que les plus intéressants, comme aussi les plus importants sont :
L Le groupe du Jura bernois central, comprenant ceux de la vallée de Moutier, (au S. W.: pâturage communal, La Crâtre, Petit-Champoz, ete..; au N.-W.: Champ-Vuillerat, près du Stand...): des environs de Souboz, vers les Ecorcheresses.
IT. Le groupe de la vallée de Court-Tavunnes, comprenant ceux de Champ-Chalmé, au N.W. de Court; des environs de Tavannes, de Loveresse, de Saincourt, du Fuet, ete...
Je crois pouvoir rapprocher de ce groupe les dépôts de la vallée de la Dünnern (Soleure), de Matzendort et aussi celui de la Bottière, près de Bellelay.
IT. Le groupe de Longeau (Lengnau), à la limite des cantons de Berne et de Soleure, sur la bordure interne du Jura.
IV. Le groupe du Jura bâlois, comprenant surtout les beaux gisements de Lausen (près de Liestal).
Tous ces gisements sont en réalité stratifiés, tout aussi bien que ceux qui ont élé décrits et étudiés précédemment. Mais comme très souvent, les sables sont peu ferrugimeux el par suite presque incolores, blancs s'ils sont purs, la distinelion des couches y est souvent très difficile.
A Lausen par exemple, au Kohlholz, une coupe du gisement de hupper donne la stratigraphie suivante :
{. Le recouvrement quaternaire et la terre végétale.
2. Une couche régulière de bolus rouge-brun avec concrétions ferrugineuses ou siheeuses : D m.