C.ÉROVTE
Que veut dire ceci? je ne saurais comprendre....
d'albtns.
Son air triste et confus doit assez vous l'apprendre...
(Arrêtant Fierval qui veut s'évader.) Ou ! non pas, s'il vous plaît, vous ne sortirez point ; Il n'est pas temps encore.(\ Géronie.)Je vais de point en point Vous éclaircir, monsieur, ce singulier mystère. Vous connaissez pour vous mon amitié sincère ; Je gémissais tout bas du triste aveuglement Qui vous faisait forcer un objet si charmant A prendre pour époux, à se donner pour maître Le mortel le moins fait pour aspirer à l'être; J'espérais que le temps dessillerait vos yeux : Mais prêt à voir former ces liens odieux, Je n'ai plus consulté que mou désir extrême De vous servir, monsieur, dans un autre vous-même. Par l'honneur (Bas à Hortense.), par l'amour (Haut), j'aî juré de Ou de vous épargner l'horreur du repentir. I périr,
De tous ses pas, hier, observateur sévère, Travesti, sans témoin, près d'un lieu solitaire, Je l'aborde dans l'ombre et déguisant ma voix : •— - C'est vous qui de Géronte avez fixé le choix, » Dis-je ; épouser Hortense est un bonheur insigne, » Mais il faut me prouver que vous en êtes digne. « Défendez vous. »
GÉRONTE
Eh bien ?
d'aluns.
Le croirez-vous jamais ?
Le lâche... Mais pardon, monsieur, je rougirais De répéter ici ce qu'il m'osa répondre.
GÉRONTK.
Il refusa...
d'albins.
Ce trait va bien mieux vous confondre : lihiigné, furieux, quoique très peu surpris, l'exigeai qu'en mes mains son écrin fût remis, Pour avoir un garant de son ignominie, Pour pouvoir au besoin prouver son infamie... Et le voilà.
GÉRONTE
Morbleu ! vous ne répondez rien !
d'albins, a Fierval.
Tel que je l'ai reçu je vous rends cet écrin ; N'y cherchez plus pourtant cette image chérie i,)u'un autre n'eût jamais cédé qu'avec la vie.
(A mi-voix.) Il serait avili, ce portrait adoré, Dans vos main; plus longtemps s'il était demeuré.
GÉRONT1
Si j'y conçois plus lien, que le diable m'emporte!
\ l'ierval.)
Mon cher monsieur, de grâce examinez ma porte : Gardez-vots bien jamais d'en approcher le seuil, Ou bien attendez-vous au plus brutal accueil ; Et dussiez.. vous trouver ma requête incivile. Votre présence ici devient fort inutile: Sortez, morbleu !.. Sortez.
IIIRV ai .
Eh! làl point de courroux !...
Les hommes, en honneur, sont des êtres bien fous ! Je vais me marier; mais pour avoir ma femme,
Ii me faut, en champ clos, descendre pour madame Moi, j'abhorre le sang ; je suis un boti humain Qui ne me pique pas des mœurs d'un paladin, Et j'agis... prudemment dans cette circonstance. Voilà que maintenant, pour prix de ma prudence, On me jette la pierre ; on crie haro sur moi !... Oh ! parbleu ! c'est trop fort ! Messieurs, en bonne foi, De pareils procédés ne sont point supportables. Adieu, dans d'autres temps vous serez plus traitables; Le repentir suivra ces éclats insensés.
(A Hortense.) Vous, qu'un père accordait à mes vœux empressés, Et dont le cœur peut-être obéissait sans peine, Recevez mes regrets : une si belle chaîne Eût fait, sans en douter, notre bonheur à tous ; J'eusse été trop heureux de me voir votre époux, Vivant, bien entendu... Mais mort !... adieu, madame ! Ce mot me désespère; il déchire mon âme... Je me consolerai, cependant, si je puis... Pour une que l'on perd, l'on en retrouve dix.
LISETTE l'arrête, lui prend l'écrin d'où elle lire l'entourage du portrait d'Hortense.
Privé de son portrait, ce superbe entourage
M'offre d'un jeune fat une parfaite image :
Les dehors en sont beaux ; mais regardez au fond.
(Fierval sort.