FRONT1N, LISETTE, D'ALBINS, HORTENSE
GÉRONTE
Tu fais bien de sortir, insigne fanfaron ! Mon indignation au comble parvenue...
A quel point, juste ciel ! il fascina ma vue !
d'albins.
N'y songez plus, monsieur-, oubliez une erreur
(Montrant Hortense.) Que vous réparerez en faisant son bonheur.
(A Hortense, en lui rendant le portrait.) Ce portrait précieux doit, ô divine Hortense ! De l'amant le plus tendre être la récompense. Dans les mains de Fierval trop lougtemps profané, C'est par vous désormais qu'il doit être donné ; En de meilleures mains 11 tombera peut-être.
GÉRONTE
Mon cherd'Albins!... Jamais pourrai-je reconnaître. . d'albins.
Ah! si vous le pouvez!... Ne gênez plus son choix ; A votre aimable fille abandonnez vos droits ; De son portrait souffrez qu'elle-même dispose.
GERONTl .
Soit, j'y consens.
d'albins, tombant aux pieds d'Hortense.
HorteBse!...
(Hortense lui donne le portrait.
GERONTE.
Ah! ah!... je vois la cause De ce zèle si pur. . Vous l'entende/ vraiment !
D'ALBINS.
Ah ! daigwez confirmer un aveu si charmant...
UORTENSL
Que vos bontés, monsieur, m'autorisaient à faire ; A quoi sert cet aveu sans celui de mon père?
GÉRONTE
Il te p'ait, mon entant : qu'il t'épouse demain ! Mon choix était si beau ! Puis-je blâmer le lien '
îîtt
ROUGET DE L'iSLE
Celui-ci, dans- le fond, vaut, je crois, mieux que l'autre ; Et d'ailleurs, à présent il n'y va rien du nôtre. S'il te fait enrayer, s'il n'est pas bon mari, Souviens-toi bien, au moins, c'est tei qui l'as choisi.
Lisette !
Eh bien?
FRONTF\.
UStTTTE.
FRONTIK.
Tu vois leur bonheur qui s'apprête ; Serons-nous seulement spectateurs de la fête?
LISETTE
Oui, simples spectateurs.
FRONTON
Àh ! quelle cruauté !
LISETTE
Veux-tu que je te parle avec sincérité? De ton esprit jaloux je crains quelque lubie.
FRONTON
Moi, jaloux !.,. Va, j'en suis revenu pour la vie.
LISETTE
Pour l'instant... Mais qu'un fat vienne encor se vanter D'avoir. .
rROXTIN.
Je te promets de Be pas l'écouter.
USEITE.
Mais il te donnera les preuves les plus sûres...
j noN i m Je les regarderai comme autant d'impostures.
LISETTE
Et s'il te faisait voir...
FRONTIN
Je fermerai les yeux.
LISETTE
Te voilà, pour le coup , ainsi que je te veux. Mais plus de visions, de jalouses faiblesses ' Pour demeurer toujours fidèle à tes promesses, Songe que d'un jaloux, lorsqu'il faut se venger, ' Une femme jamais n'a su rien ménager.