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Robert-Robert parvint «pendant à le calmer, et le fit consentir à se récurer, à changer de vêtemens. Il ne fallut pas moins de deux heures à Lavenette pour recouvrer uue appareuce tant soit peu humaine. Quand cette métamorphose fut opért'e, Robert-Robert le couduisil sur le pont pour lui faire prendre un peu de bon air a>.ant l'heure du dejeHner commnii. Mais de* nouvelles contra irtés y attendaient le pauvre homme. Il n'avait pas fait cinquante pas sur ce mouvant terrain, qu'il sentit à son tour les symptômes du mal de mer, dont lis mile acci lens de ces dernières journées l'avaient exempté jusqu'alors. Ce fut en vain que Ba'ig'Uil-- 'ui conseilla de marcher, d'alier, de venir, de se d n-er le plu* de mouvement possib e, afin de vaincre, ou tout au moins d'atténuer l'inévitable malaise. Lavenette se crut perdu dès les
prem ères nausées qu'il éprouva. Il s'assild'abor I sur un rouleau d cordes, pui-> s'atfai-sa, puis s'ao. roupit sur le pont, puis, sentant augmenter sou m .1, se laissa eboir tout de Sun long ei se prit a pousser de la neiitaUes geunssemens.
Les mauvaises plaisanteries ne lui manquèrent pas plus alors qu'elles n'avaient manqué à Roberi-Roben. Il n y eut guère de différence que leplu-.de grossièreté des rieurs. Lavenelle se vit en un moment entouré de matelots. Le grand Flandrin. était nécessairement à leur télé. L'occasion de faire du bcl-espiit, sans se risquer au moindre péril, était de celles que ce m. chani Gascon ne laissait échapper jamais.
« — Ah, sandis! » s'écria-t-il, » on pari* dé maladies!... cellé-lA eu vaut bien dux ou trois autres !... Z'ai conuu beaucoup de personnes q..i sont mortes d ffne su é, ei qui cependant n'étaient point le quart aussi mal dés que mossiu a zugea brobos de 1 è.re. Mossiu est certainement une bien bel bouillir , niais ze le dis francheiueute , l'aime cent fois luiux en e dedans ma peau que ded ms la si,, nue ;
B — Abl le pauvre cher Domine I •■ clamait un aulre marin. « C'est-il vra-, maure Flandrin, qu'on meurt de ea au bout d'une heure?
» — H las-é! • ui, » répondait Flandrin. « Et dire qu'il n'y a pas même â bord le plusse éger vrt riiiaire!... Vue ! vu- ! apportez à mossiu lé premier vétérinaire qui passera dans ces paiagés !...
» — Oh! la, la, l'estomac! » criait de son côté Lavenette.
« — Ah ! grande Diu 1 » poursuivait Flandrin ; « il n'y a plusse de rèmédé ! • o là qu ! cela lui remonté dans l'estomac que! cela va feiouffer!. . quel hoir. blé maihur! ..
» — Oh! la, ;a ! » commua La eneite. >. Et dire que monsieur de La Harpe a eu l'effronterie... Oh! la, la !
» — O i i < 1 ! u reprenait Flandrin, « il lui resté eneoré une petite sohflle d es isteiicé !... Allons, allons, il y a put ë.re dé la ressurcé ! Prenons lé p-r les brasses, par les jambes, par la lé é. et secuOiis-lé vigurusemeoté ! Ce a lui fera ié plusss grand p aisir. parole d'hounur ! u
Quatre vigoureux mate'ois s'empressèrent d'exécut r la propos. ton deFl.ndriu. Ils avaient saisi Lavenette par Ida quatre membri s et commençaient à l<-; berner, eu lu imprimant, de droite à gain lie, de brusques mouvenuns d'oscillation, >u risque de lui briser la tête sur le pont. H i reiisenient qu'attiré par ses lamentables dis. Rnben-Roben parvint à percer le cercle de rieurs qui entour- itle supplicié. La présence du jeu1 e homme que les terribles événenuns de l'avant-veille avaient environné d'un < eriaia presii„e aux yeux de ces rudes personnages, suffit |.our mettre un t- rme au martyre de son compagnon. Flandrin, qui connais ait à ses dépens l'énergie de Robert-Robert, poissa même l'ebsé iuiosiié jusqu'à feinJ e d'avoir pris la défense du pauvre homme:
u — Hé ! tandis ! » s'écria t-il, • zé vous lé disais bien, Je lé laisser trauqutlé !... Passe encore >.'j| était en paifahe santé !... Mais ce n'est point quand un homme est déjà sausss déss s déssousss , qu'il convient dé é sécuer ainsi, cammé si c'était u é salade! »
Robert-Rob rt fit transporter Toussaint dan* le hamac de saehambrette, où le pauvre hwmme finit par s'endoimir profondément, mais sans cesser, même en rêvant, de matigréer contre ia perfidie de monsieur de La Harpe.
Les'mmede Lavenette ne dura pas moins de deux jours, connue si smi repos même tût dû offrir Mitant de bi/arerie que ses actes. Son r veii fut presque une résurr. die 1. I' «iescendit de son hamac le surlendemain matin, frais e' dispos, avec un appétit bien naiurela la suie de si ongs jeûnes, lise rendit immédiatement sur le pont, demandant à chacun si
AVENTURES DE ROBERT-ROBERT
c'était l'heuie du déjeuner. On ne lui répond tque par de nouvel es mystiticatiofis.
« — Àh ! r'est \ous, m nsieur Toussaint, a lui répliqua le Parisien qu il rencontra sur le gaillard dVvaut. « Vou» voi à doue ressuscité?... Ce n'est pardieu pas sans peine I... Oa vous a cru mort pour la qualiième fois, et lou pailait déjà de vous faire fane le saut périlleux par-dessus les bastingages... Excusez!... ce n'est pas dommage que vous vous mêliez de dormir!... Si vous Desavez faire que ça, il faul être jusie, vou^ vous en acquittez d'une façon curieuse ! Q ant à nous, pendant que vous ronfliez, nous avoi s filé rondo, je m'en nVte ! Au revoir, monsieur de La venelle.
■ —Il me semble, m >ffei, que le bâtiment marche d"une manière effrayai te, » interrompit Lavtnctte. » Je ne suis plus étonné, u a>OT si faim. 11 n'y a rien qui creuse l'estomac comme IVxeicice.
« — C'est que, voyez-vous, » ajouta Simon Barigoule qui vint à paser par 1 1, « ce n'est pas pour rien qu'on l'appuie la li<ipifj.e. C'est un s briquet qu'elle n'a pas volél Mais vous ne voyez encore i ien. Vienne seulement une brise à p en Ire un > Is dans Ils huniers, et vous m'en direz de butinas ii tiv Iles !
n — Hein! u s'écria Toussaint, en regard <nt avidement >on inteiloiuieu-, comme s'il, eût voulu le dévorer lui-même; » -i je ne me Ironipe, vous ■ enez de parler de ris.'... Ma fui ! je vous l'avoue, j'en prendrais deux liés volontii r '■
» — Ah ! oui-dà ! n ré liqua Barigoule, qui ue s'ap-i cuvait pas du quiproquo rie Laveneile ; « vous êies donc du métier, mou bra>e?... Je ne m'en se' aïs pas douté 1... Il y a bien longtemps, pour loiv, que vous n'avez exerce, ctr, malgré la leçon de. l'autre soie, vous ne ni' faites ias encore l'effet d'être ciâneoient solide sur vos panes d- rie* rière.
» — Je n-' von.? comprends pas. mon cher monsieur Simon. Mais revenons a la question, s'il vous plaît. Je crois quevors avez par é de pren re un ris louia l'h ure? »
Lavenrtie ne savait pas qu'on ippel e de ce nom la nui œuvre pjr laque le. on d munie la surface d une vo>le, en repliant cetie vo'le sur la verge, quand le vent SouffL assez furi pour compromet re la mâture.
a — Oui, » répondit Barigoule: « je disais ton! à l'heure que, si ça i mtinue de marcher ro dément, j nus ne laiderons pas à prendre un ri», ei que, si le cœur vous en dit...
» — Ceriaim meut, certainement, que le cœur m'en dn ! » s'écria Laveielte; « et l'estomac aussi, je vous prie de le croire! Ah! Dieu! je notais pas ce que je ne dévorerais poiiu maintenant! Je crois qu-* je mangerais des pier es crues! Mais en ce cas la nourriture n; doit pas être au-.si mauvaise iii qu'elle en a l'air au premier conp-d'œil. Je n'ai pas encore tu l'agrément d'en goûur... malheureusement!. . mais, d'uH côté, vous me parlez de ris, et de l'autre, j'aperçois, sur le pont du bâiini'ii , une foule de cag.-s avec u assortiment de volailli s qui ne laisse p-s d'avoir son p. lit mérite. Je m'arrangerais fort bien, pour ma part, de cette grosse poule là bas, avec un peu de ce ris dout vous parliez. »
En ee moment, le vent aya' t encore fraîchi, selon les prévisions de Barigoule, l'ofli it-r de quart cria aux matelots de service : « Rangs à prendre deux ris dans tes huniers! •